Mandataire auto, achat vente : intermédiaires automobile
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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Si vous êtes passionné d’automobile et que vous avez la fibre commerciale, devenir mandataire automobile peut être une activité professionnelle particulièrement intéressante pour vous. En effet, en tant que mandataire auto, vous jouez le rôle d’intermédiaire entre le concessionnaire automobile et les particuliers. En contrepartie, vous touchez une commission sur les ventes.
Dans cet article, on répond à toutes les questions que vous vous posez pour savoir comment devenir mandataire automobile et vous lancez sereinement.
Mini-Sommaire
Le mandataire automobile est un professionnel mandaté par un particulier ou une entreprise pour trouver un véhicule correspondant à un cahier des charges défini dans le contrat de mandat. Le mandataire auto a donc un rôle d’intermédiaire entre son client qu’il représente et au nom duquel il agit, et les concessionnaires automobiles. Comme il représente ses clients, c’est lui qui conclut la vente.
Bon à savoir : le mandataire automobile est à distinguer du courtier automobile. Le premier procède à la vente lui-même, ce qui n’est pas le cas du second.
Les missions du mandataire automobile sont multiples puisqu’il conseille ses clients, cherche le véhicule correspondant aux critères validés ensemble, et aide à la réalisation des formalités administratives.
Si certains mandataires automobiles sont généralistes, d’autres, au contraire, font le choix de se spécialiser. Il est effet possible de spécialiser dans un certain type de véhicule (professionnels, de luxe, etc.) ou une marque en particulier.
Question fréquente : quelle différence entre un mandataire opaque et un mandataire transparent ? Un mandataire opaque achète le véhicule avec sa propre société et revend le véhicule à son client à un prix qu’il détermine. À l’inverse, un mandataire transparent agit au nom et pour le compte de son client, et signe en son nom. Il perçoit une commission qui correspond à un pourcentage du prix de vente. Mais c’est le client qui paie le véhicule directement auprès du concessionnaire.
Le métier de mandataire automobile n’est pas une profession réglementée. Il est donc possible de devenir mandataire automobile sans diplôme. Cependant, il est préférable d’avoir des connaissances solides en automobile et des notions de mécanique, afin de pouvoir conseiller les clients et de répondre à leurs questions. De même, avoir des compétences en vente est un vrai plus pour trouver des clients et négocier des partenariats et les meilleures conditions de vente avec les concessionnaires.
C’est pourquoi, obtenir un BTS technico-commercial ou en négociation relation client peut être utile avant de se lancer. Vous pouvez aussi travailler dans une concession pour vous familiariser avec le secteur d’activité et les pratiques, et développer votre réseau professionnel avant de devenir mandataire automobile indépendant.
Même si la profession de mandataire automobile n’est pas réglementée, la spécificité de l’activité nécessite de se conformer à certaines obligations spécifiques comme la souscription d’assurances obligatoires et la tenue d’un registre de brocante ou de police.
Pour devenir mandataire automobile, il est obligatoire de souscrire à une assurance pour chaque véhicule en vente si vous les achetez avant de les revendre à vos clients (mandataire opaque).
D'autre part, la majorité des mandataires automobiles souscrivent aussi à une assurance professionnelle aussi connue sous le nom de RC Pro. Ce contrat d’assurance permet d’être couvert en cas de dommage causé aux biens ou aux personnes dans le cadre de votre activité. En complément, une protection juridique peut être très utile, notamment pour être conseillé et accompagné en cas de litige avec vos clients et/ou les concessionnaires.
Il est également possible de prendre une assurance multirisque pour être couvert de manière plus globale, par exemple, en cas d’intempéries qui viendraient détériorer ou détruire votre local professionnel ou en cas de vol d’un véhicule.
En tant que mandataire automobile vous devez tenir un registre qui mentionne toutes les informations relatives aux transactions que vous effectuez. Cela comprend aussi bien les données concernant le véhicule pour permettre son identification, la date de la vente, le nom du client et ses coordonnées, et le prix de vente.
En pratique : ce registre doit être paraphé par la mairie ou la police avant le début de l’activité.
Pour devenir mandataire automobile, vous pouvez devenir franchisé ou exercer en tant qu’indépendant. Dans les deux cas, vous devez choisir un statut juridique adapté.
Il existe des franchises de mandataires automobiles. En rejoignant l’une d’elles, vous avez votre propre structure, mais vous bénéficiez de la renommée de marque, de son réseau de partenaires et des conditions négociées, ainsi que d’une formation. En contrepartie, vous devez verser un droit d’entrée, puis une commission calculée sur le chiffre d’affaires.
Vous pouvez aussi décider de devenir mandataire automobile indépendant. Dans ce cas, vous devez créer votre réputation, vous faire connaître, construire votre réseau professionnel, etc. vous-même. Mais vous êtes libre de choisir vos partenaires, et votre chiffre d’affaires vous appartient en totalité.
Que vous soyez en franchise ou indépendant, pour devenir mandataire automobile, vous devez créer votre entreprise (sauf si vous êtes salarié). Plusieurs solutions sont envisageables en fonction de vos besoins, et notamment de si vous souhaitez entreprendre seul ou avoir des associés.
Le premier statut juridique envisageable pour devenir mandataire auto est l’entreprise individuelle (EI). Avec ce statut, vous exercer en nom propre. Vous entreprenez seul sans avoir à créer une société. Cependant, la frontière entre votre patrimoine personnel et votre patrimoine professionnel peut parfois être floue. Cela peut avoir d’importantes conséquences si vous rencontrez des difficultés financières avec votre activité professionnelle.
À noter : en EI, vous devez déposer vos comptes annuels (bilan comptable et compte de résultat).
L’entrepreneur individuel est un travailleur non-salarié (TNS). Le taux de cotisations sociales est de 45 %. Il est aussi soumis à l’impôt sur le revenu (IR) par principe, mais il peut opter pour l’impôt sur les sociétés (IS).
En entreprise individuelle, il existe un régime spécial : la micro-entreprise. Il s’agit d’un régime simplifié réservé aux entrepreneurs qui réalisent un chiffre d’affaires annuel hors taxe inférieur à 77.700 euros en prestation de services. Les démarches de créations et les obligations administratives et comptables sont allégées en micro-entreprise.
À noter : en micro-entreprise, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires tous les mois ou tous les trimestres, même s’il est équivalent à zéro.
Autre avantage, le taux de cotisations sociales est réduit à 26,1 % depuis le 1er janvier 2026, et les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. Donc si vous ne faites pas de vente, vous n’avez pas de cotisations Urssaf à payer.
Cependant, le plafond de chiffre d’affaires en micro-entreprises peut s’avérer contraignant pour le développement de l’activité. Par ailleurs, vous ne pouvez pas déduire vos charges de votre chiffre d’affaires. Néanmoins, un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué lors de votre déclaration de revenus annuelle.
Pour devenir mandataire automobile, vous pouvez créer une société comme une société à responsabilité limitée (SARL).
Bon à savoir : vous pouvez être le seul associé de votre SARL. Dans ce cas, on parle d’EURL. Les règles de fonctionnement sont les mêmes.
La SARL est dirigée par un gérant qui peut être un associé ou un tiers. Le régime social du gérant de SARL dépend de son degré de participation au capital social de la société :
La SARL est soumise à l’impôt sur le revenu par défaut. Il est possible d’opter pour l’IS à tout moment. Cette décision est irrévocable.
À noter : le capital social minimum en SARL est de 1 euro.
Pour créer une société et devenir mandataire automobile, vous pouvez choisir de créer une société par actions simplifiée (SAS).
Bon à savoir : il est possible de créer une SAS à associé unique. Il s’agit alors d’une SASU qui obéit aux mêmes règles de fonctionnement.
La SAS est dirigée par un président qui peut être un associé ou un tiers. Le régime social du président de la SAS dépend de s’il est rémunéré ou non au titre de ses fonctions. Si le président de la SAS est rémunéré, il est assimilé-salarié avec un taux de cotisations sociales de l’ordre de 82 %. La protection sociale est la même qu’un salarié, sauf qu’il n’y a pas d’assurance chômage. Au contraire, si le président de SAS n’est pas rémunéré, il n’a pas de protection sociale et aucune cotisation n’est due.
Par principe, la SAS est soumise à l’IS. Toutefois, pour les cinq premiers exercices comptables, il est possible d’opter pour l’IR.
À noter : en SAS, la responsabilité des actionnaires est limitée au montant de leurs apports comme en SARL et le capital social minimum est de 1 euro.
Contrairement à la SARL, la SAS offre une grande liberté statutaire aux actionnaires. Ils peuvent organiser le fonctionnement de la société comme ils le souhaitent.
Astuce : micro-entreprise, SASU, EURL... Chaque statut a ses avantages et ses contraintes. Legalstart vous donne toutes les clés en main pour choisir la structure la plus adaptée à votre projet et à vos besoins.
Pour devenir mandataire automobile, plusieurs étapes sont à respecter, à savoir :
L’étude de marché est une étape préalable à ne pas négliger. C’est ce qui va vous permettre d’une part de connaître votre marché (concurrents directs et indirects, prestations proposées, prix pratiqués, etc.), et d’autre part de connaître votre clientèle cible (ses attentes, ses habitudes, son avis sur les concurrents, etc.).
Grâce à votre étude de marché, vous allez pouvoir vous positionner correctement sur votre marché, et vous démarquer de vos concurrents. C’est aussi un très bon outil pour savoir où vous implanter géographiquement, et identifier les concessionnaires automobiles avec qui vous pourriez travailler.
Le business plan est un document à la fois complet et synthétique qui permet de présenter votre projet. Il résume son historique, mais aussi et surtout le business model et les prévisions financières. C’est donc le business plan qui permet de s’assurer de la viabilité de votre projet.
En pratique : si vous avez besoin d’un financement bancaire pour vous lancer, ce document est incontournable.
En fonction des choix que vous faites pour devenir mandataire automobile (franchisé, local acheté ou loué ou télétravail, mandat opaque ou transparent…), vous pouvez avoir besoin de fonds pour lancer votre activité. Si votre épargne personnelle n’est pas suffisante, vous allez devoir financer votre projet. Plusieurs possibilités s’offrent à vous :
Les démarches à réaliser pour créer votre entreprise dépendent du statut juridique que vous avez choisi.
Ainsi, pour créer une entreprise individuelle ou une micro-entreprise, vous devez vous inscrire en ligne sur le Guichet unique. Vous pouvez réaliser cette démarche vous-même ou faire appel à un professionnel.
Pour créer une société, SARL, EURL, SAS ou SASU, plusieurs étapes sont à respecter :
Bon à savoir : en choisissant Legalstart pour la création de votre entreprise, vous profitez d'un accompagnement dédié tout au long du processus. Notre service inclut la préparation de votre dossier, la collecte des documents nécessaires et la soumission de votre dossier via le Guichet Unique de l'INPI. Simplifiez votre démarche entrepreneuriale avec Legalstart, où nous veillons à la conformité et à la rapidité de vos formalités administratives
Le budget à prévoir pour devenir mandataire auto à son compte dépend de votre statut (franchisé ou indépendant), de la forme sociale choisie (EI ou société) ou encore de qui réalise les démarches administratives. Entre également en compte le type de mandats (achat ou non des véhicules par vos soins), etc.
En moyenne, hors achat des véhicules, il faut compter environ 5.000 euros au minimum pour se lancer en franchise. Si vous souhaitez être mandataire automobile indépendant, le budget peut aller de 0 euro à quelques centaines d’euros.
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Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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