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Chloé Tavares de Pinho
Diplômée de l’INSEEC et de l’Université de Reims en droit des affaires.
Si le statut d’auto-entrepreneur présente de nombreux avantages en matière de création et de gestion comptable, il n’offre cependant pas la même protection sociale que celle d’un salarié. C’est pourquoi les professionnels ont la possibilité de souscrire des contrats d’assurance pour améliorer leur couverture. Qu’en est-il du dispositif de la loi Madelin, qui s’applique aux travailleurs non salariés ? Est-il intéressant pour les micro-preneurs ? Legalstart fait le point sur la loi Madelin et le statut d’auto-entrepreneur.
Mini-Sommaire
Introduite en 1994, la loi Madelin est un dispositif fiscal conçu pour améliorer la protection sociale des travailleurs non salariés (TNS). Elle leur offre la possibilité de déduire leurs cotisations à des contrats d’assurance de leur résultat imposable, selon les seuils du PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale) en vigueur.
Cette loi leur permet de renforcer leur couverture sociale et d’encourager leur épargne retraite, car ces professionnels ne bénéficient pas d’une protection aussi importante que celle des salariés. Par ailleurs, les avantages fiscaux qu’elle procure les aident à mieux gérer leur trésorerie.
Outre ces avantages, la loi Madelin présente certains inconvénients. Il est, entre autres, nécessaire d’effectuer des versements réguliers aux assurances, avec parfois des frais élevés. Le rachat ou l’accès au capital sont également limités à des conditions spécifiques.
Oui, en pratique, les auto-entrepreneurs ont la possibilité de bénéficier de la loi Madelin. En effet, ce dispositif concerne les professionnels non salariés qui exercent une activité de type BNC (bénéfices non commerciaux), BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou bien BA (bénéfices agricoles). C’est, par ailleurs, le cas des gérants non salariés de SARL, de SELARL ou d’EURL qui dépendent du statut TNS. Il s’applique enfin aussi aux personnes dépendant de la Maison des artistes, et à celles affiliées à la Sécurité sociale des artistes-auteurs (anciennement AGESSA), si leur activité entre dans la catégorie des BNC.
☝️ Bon à savoir : ce dispositif est également éligible pour les personnes disposant du statut du conjoint collaborateur.
Cependant, si vous êtes en micro-BIC ou en micro-BNC, la loi Madelin n’est pas forcément avantageuse. En effet, l’auto-entrepreneur bénéficie déjà d’un abattement sur son bénéfice imposable. Or, la déduction offerte par la loi Madelin entre dans cet abattement. Il n’y a donc pas d’intérêt de souscrire un contrat de loi Madelin, sauf potentiellement un contrat de mutuelle et/ou de prévoyance, dont les tarifs peuvent demeurer intéressants pour le professionnel indépendant.
Il existe quatre types de contrats de loi Madelin :
Il permet à l’entrepreneur de souscrire une mutuelle ou une complémentaire santé. La mutuelle loi Madelin couvre alors ses frais de santé, comme les consultations de médecin ou les hospitalisations.
📝 À noter : en cas de décès de l’entrepreneur, ce contrat délivre aussi une rente à la famille du défunt, et parfois un capital décès destiné à couvrir des coûts comme les frais d’obsèques.
L’entrepreneur a la possibilité de se construire un capital pour sa retraite. Depuis 2019, ce dispositif est remplacé par le plan d’épargne retraite (ou PER), à la suite de l’instauration de la loi PACTE.
Le contrat de perte d’emploi permet de bénéficier du versement d’indemnités pendant un à deux ans à la suite d’une perte involontaire de l’activité professionnelle. Pour recevoir l’indemnisation de la garantie perte d’emploi, l’entrepreneur doit cependant :
☝️ Bon à savoir : pour rappel, les taux d’abattement en micro-entreprise sont de 34 % pour les activités micro-BNC, 50 % pour les prestations de services et 71 % pour une activité de vente ou d’hébergement.
Cependant, les auto-entrepreneurs ont la possibilité de comparer les garanties et les tarifs proposés par ces contrats. Certains peuvent demeurer potentiellement intéressants pour leur activité.
Afin de souscrire un contrat loi Madelin, l’entrepreneur commence par comparer les offres disponibles. Selon les assurances, les tarifs et les garanties évoluent. Il s’avère intéressant de se tourner vers des comparateurs en ligne pour analyser les possibilités, ou de faire appel à un conseiller financier.
📝 À noter : il est nécessaire de bien vérifier que l’assurance dispose d’une accréditation loi Madelin.
Le micro-preneur peut ensuite souscrire à l’assurance de son choix, en remplissant un dossier et en fournissant les justificatifs demandés, comme un document attestant son statut d’auto-entrepreneur ou sa déclaration de revenus. Une fois le contrat validé, il réceptionne une attestation de souscription.
Un auto-entrepreneur peut renforcer sa protection sociale en :
☝️ Bon à savoir : pour rappel, selon l’activité de l’auto-entrepreneur, il peut être amené à souscrire une responsabilité civile professionnelle, une assurance multirisque professionnelle ou encore une assurance décennale.
La loi Madelin est un dispositif fiscal dédié aux entrepreneurs disposant du statut de travailleur non salarié (TNS). Il s’applique à ceux qui exercent une activité de type BIC, BNC et BA. Il concerne aussi les gérants non salariés d’EURL, de SARL et de SELARL, ainsi que les auteurs affiliés à la Sécurité sociale des artistes-auteurs et les artistes qui dépendent de la Maison des artistes tout en pratiquant une activité entrant dans la catégorie des BNC.
Le PER (plan d’épargne retraite) remplace depuis 2019 le contrat d’assurance retraite de loi Madelin, suite à la mise en place de la loi PACTE. Les auto-entrepreneurs ont la possibilité de souscrire un PER. Une fois à la retraite, ils pourront recevoir une rente viagère ou un versement en capital. Ils ont aussi la possibilité de procéder à un déblocage anticipé, notamment dans le cadre d’un achat immobilier.
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Chloé Tavares de Pinho
Diplômée de l’INSEEC et de l’Université de Reims en droit des affaires.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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