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Comment devenir moniteur de ski ?

Léna Cazenave - Image

Léna Cazenave

Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille. 


Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
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 L'essentiel de l'article :

  • Le diplôme d’État (DE-Ski) de moniteur national de ski alpin ou nordique est obligatoire pour enseigner le ski contre rémunération en France.
  • La formation, organisée par l’ENSA (École Nationale de Ski et d’Alpinisme), comprend 525 heures réparties sur 2 cycles et 10 unités de formation. Sa durée moyenne est de 7 ans, ponctuée d’un test technique d’entrée et d’épreuves intermédiaires.
  • Pour exercer en indépendant, le statut de micro-entrepreneur est privilégié par la plupart des moniteurs. La SASU et l’EURL conviennent aux activités en développement.
  • Toute personne souhaitant exercer doit déclarer son activité au service départemental de la jeunesse, de l’engagement et des sports (SDJES) pour obtenir sa carte professionnelle d’éducateur sportif.

Si vous skiez avec aisance et souhaitez transmettre votre passion en montagne, le métier de moniteur de ski peut représenter une voie professionnelle. Cette activité saisonnière réglementée combine pédagogie, technicité et autonomie, dans un cadre encadré par le code du sport.

Mais quel diplôme prépare à ce métier ? Comment se déroule la formation ? Quelles démarches faut-il accomplir pour s’installer en indépendant ? Quel statut juridique privilégier pour devenir moniteur de ski ? Legalstart répond à toutes vos questions.

Mini-Sommaire

Devenir moniteur de ski : quelles sont les missions ?

Le moniteur de ski est un éducateur sportif diplômé. Il enseigne, encadre et anime des activités de glisse sur les domaines skiables : ski alpin, ski nordique, snowboard, freeride, télémark.

Son rôle dépasse la transmission technique. Il évalue le niveau de chaque élève, adapte sa pédagogie, choisit les pistes appropriées et veille en permanence à la sécurité du groupe. En cas d’incident, il doit savoir réagir et alerter les secours.

Le moniteur exerce essentiellement entre décembre et avril, soit 3 à 5 mois par an. Cette activité saisonnière implique de cumuler une seconde activité le reste de l’année, salariée ou indépendante : encadrement de sports d’été, accompagnement en montagne, autre métier.

 Bon à savoir : selon l’École nationale des sports de montagne, on dénombre environ 17 000 moniteurs de ski répartis dans 250 stations françaises, principalement concentrées dans les Alpes du Nord.

Quel diplôme faut-il pour devenir moniteur de ski ?

Pour devenir moniteur de ski, vous devez détenir un diplôme d’État (DE-Ski). Cette obligation découle du code du sport, qui réserve l’enseignement, l’animation et l’encadrement rémunérés aux titulaires d’un titre figurant sur une liste limitative.

Quatre diplômes ouvrent l’exercice de la profession :

  • le DE-Ski moniteur national de ski alpin et ses activités dérivées ;
  • le DE-Ski moniteur national de ski alpin spécialisé en entraînement ;
  • le DE-Ski moniteur national de ski nordique de fond et ses activités dérivées ;
  • le DE-Ski moniteur national de ski nordique de fond spécialisé en entraînement.

Ces titres sont enregistrés au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) au niveau 5, soit l’équivalent d’un bac+2.

 Attention : tous les titulaires du diplôme sont soumis à un stage de recyclage tous les 6 ans, organisé par l’École nationale des sports de montagne. Ce passage conditionne le maintien des prérogatives d’exercice.

Comment se déroule la formation au DE-Ski à l’ENSA pour devenir moniteur de ski ?

La formation est encadrée par l’ENSA (École Nationale de Ski et d’Alpinisme), basée à Chamonix. Le cursus est régi par l’arrêté du 28 septembre 2023.

Il se compose de 2 cycles de 245 heures chacun, auxquels s’ajoutent 35 heures de formation générale commune, soit 525 heures au total réparties sur 15 semaines.

Pour accéder à la formation, vous devez réussir un test technique très sélectif : un slalom chronométré sur deux passages. Le candidat doit réaliser un temps inférieur à un temps de base établi par un coureur de référence.

Une fois le test réussi, le cursus se déroule en plusieurs étapes :

  • le 1er cycle comporte 4 unités de formation (UF), un stage pédagogique de 25 jours minimum et une épreuve technique de slalom géant appelée Common Training Test (CTT, anciennement Eurotest) ;
  • le 2nd cycle comporte 6 unités de formation, un stage pédagogique d’application et une épreuve de sécurité finale.

Dès la validation de l’UF1, vous obtenez le statut de moniteur stagiaire. Vous pouvez alors enseigner contre rémunération dans une école de ski agréée, dans la limite de vos prérogatives.

 À noter : la durée moyenne de formation est de 7 ans, en raison de l’alternance entre stages, expériences pratiques et épreuves certificatives. Certaines équivalences permettent de réduire ce délai pour les sportifs déjà titulaires d’un diplôme proche ou d’un classement en compétition.

Quelles sont les démarches pour devenir moniteur de ski indépendant ?

La plupart des moniteurs de ski exercent en travailleur indépendant. Avant votre première prestation, plusieurs démarches sont obligatoires.

Déclaration au SDJES et carte professionnelle

Tout éducateur sportif rémunéré doit déclarer son activité au service départemental de la jeunesse, de l’engagement et des sports (SDJES) du lieu d’exercice. Cette déclaration s’effectue à l’aide du formulaire Cerfa n°12699*03, accompagné des pièces justificatives.

Elle conditionne la délivrance de la carte professionnelle d’éducateur sportif, valable 5 ans. Sans cette carte, l’enseignement rémunéré est considéré comme un exercice illégal de la profession.

 Attention : la souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est obligatoire pour tout éducateur sportif en application de l’article L321-1 du code du sport. Elle couvre les dommages causés à un élève ou à un tiers pendant l’enseignement.

Choix du statut juridique

Le statut juridique conditionne la fiscalité, la protection sociale et les obligations comptables. Trois options dominent chez les moniteurs de ski.

Les moniteurs indépendants peuvent créer une micro-entreprise en ligne via le Guichet unique de l’INPI. Le régime de micro-entrepreneur est privilégié au démarrage. Le plafond de chiffre d’affaires applicable aux prestations de services s’élève à 83 600 € HT pour 2026.

Le choix d’une SASU ou d’une EURL convient mieux aux moniteurs qui développent leur activité au-delà du seuil micro. Ces structures offrent une responsabilité limitée aux apports et permettent d’opter pour l’impôt sur les sociétés.

L’activité étant classée en profession libérale réglementée, le code APE attribué relève de l’enseignement de disciplines sportives (85.51Z).

 Bon à savoir : Legalstart accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches d’immatriculation et de déclaration d’activité sur le Guichet unique, pour limiter les risques d’erreur et gagner du temps.

Devenir moniteur de ski : quel est le salaire ?

La rémunération varie selon votre expérience, la station, votre clientèle et la fréquentation. Un moniteur débutant facture en moyenne 30 à 50 € HT de l’heure. Un moniteur confirmé peut atteindre 70 à 80 € HT, voire davantage en cours particuliers haut de gamme.

Sur une saison complète (de décembre à avril), un moniteur indépendant peut générer entre 5 000 € HT et 25 000 € HT de chiffre d’affaires brut, charges sociales et fiscales non déduites.

La concentration de la clientèle sur les vacances scolaires impose souvent des semaines de 7 jours sur 7. Le rattachement à une école comme l’École du ski français (ESF) facilite l’accès aux élèves, mais l’exercice en clientèle directe ou en structure indépendante reste possible.

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