Comment créer une SASU en 2026 ? Les étapes à suivre
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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L'essentiel de l'article :
Lorsque vous vendez les titres de votre société, la plus-value réalisée est en principe soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, ou au barème progressif de l'impôt sur le revenu sur option. Pour un entrepreneur qui cède une entreprise valorisée plusieurs centaines de milliers d'euros, cette charge fiscale peut représenter un montant considérable et réduire d'autant la capacité de réinvestissement.
Comment fonctionne concrètement ce dispositif ? Qui peut en bénéficier, et quelles conditions la holding doit-elle remplir ? Quelle part du produit de cession faut-il réinvestir si les titres sont revendus avant trois ans ? Cet article répond à ces questions et précise les cas dans lesquels le report d'imposition prend fin.
Mini-Sommaire
L'apport-cession désigne une opération en deux temps, prévue à l'article 150-0 B ter du CGI. Dans un premier temps, vous apportez les titres de votre société opérationnelle à une holding soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) que vous contrôlez. Cet apport génère une plus-value (différence entre la valeur d'apport et le prix d'acquisition initial), mais celle-ci bénéficie d'un report d'imposition automatique.
Dans un second temps, la holding peut céder les titres reçus à un repreneur. Le produit de la vente reste au sein de la holding et peut être réinvesti, tandis que l'imposition de la plus-value d'apport reste en report tant que les conditions légales sont respectées.
👍 Exemple : Marc, fondateur d'une SAS de conseil valorisée 800 000 €, souhaite céder son entreprise. S'il vend directement ses titres (acquis pour 10 000 €), la plus-value de 790 000 € est soumise au PFU de 31,4 % en 2026, soit environ 248 000 € d'impôt immédiat. En apportant d'abord ses titres à une holding qu'il contrôle, Marc place cette plus-value en report. La holding cède ensuite les titres au repreneur : les 800 000 € restent disponibles dans la holding pour de futurs investissements.
Le bénéfice du report d'imposition lors de l’apport cession est subordonné à plusieurs conditions cumulatives, portant à la fois sur la personne de l'apporteur et sur la holding bénéficiaire de l'apport.
Une présomption de contrôle existe dès 33,33 % des droits si aucun autre associé ne détient une participation supérieure.
👍 Bon à savoir : le contrôle s'apprécie à la date de l'apport, en tenant compte des droits détenus par l'apporteur à l'issue de l'opération. Un apport qui ferait perdre le contrôle de la holding ne serait pas éligible au report.
Le report d'imposition prévu à l'article 150-0 B ter du CGI ne s'applique qu'à certaines catégories de titres lors de l’apport cession :
Les titres apportés doivent avoir été acquis ou souscrits par l'apporteur en qualité d'associé ou d'actionnaire, dans la gestion de son patrimoine privé.
Le maintien du report d'imposition dépend du délai écoulé entre l'apport et la cession de titres par la holding. Deux situations se distinguent.
Si la holding conserve les titres apportés pendant au moins 3 ans à compter de la date d'apport, le report d'imposition est maintenu sans condition particulière de réinvestissement. La holding dispose alors d'une liberté totale dans l'affectation du produit de cession.
Si la cession intervient moins de 3 ans après l'apport, la holding doit réinvestir une fraction du produit de cession dans une activité économique éligible pour maintenir le report.
La loi de finances pour 2026 a modifié les paramètres de cette obligation pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026.
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Cessions avant le 21/02/2026 |
Cessions depuis le 21/02/2026 |
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Quota de réinvestissement |
60 % du produit de cession |
70 % du produit de cession |
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Délai de réinvestissement |
2 ans à compter de la cession |
3 ans à compter de la cession |
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Durée de conservation des actifs acquis |
12 mois (invest. direct) / 5 ans (via FCPR, SCR) |
5 ans dans tous les cas |
Le réinvestissement peut prendre trois formes, cumulables ou alternatives :
Attention : certaines activités ne sont pas éligibles au réinvestissement : gestion de patrimoine mobilier ou immobilier, location de biens meublés ou nus. Depuis la loi de finances 2026, les activités de marchand de biens, de lotisseur, d'agence immobilière et de promotion immobilière sont également exclues.
Exemple : reprenons le cas de Marc. Sa holding cède les titres de la SAS de conseil 18 mois après l'apport, pour 800 000 €.
Scénario 1 : la holding réinvestit 560 000 € (70 % de 800 000 €) dans la souscription au capital d'une société opérationnelle soumise à l'IS, dans les 3 ans suivant la cession, et conserve ces titres pendant au moins 5 ans. Le report d'imposition sur la plus-value de 790 000 € est maintenu.
Scénario 2 : la holding place l'intégralité du produit de cession sur un compte à terme sans réaliser de réinvestissement éligible dans le délai de 3 ans. Le report prend fin : Marc est imposé sur la plus-value de 790 000 € au PFU de 31,4 %, soit environ 248 000 € d'impôt, auxquels peuvent s'ajouter des intérêts de retard.
Le report d'imposition de la plus-value d'apport cesse, et l'impôt devient exigible, dans les situations suivantes :
La fin du report entraîne l'imposition de la plus-value selon les règles en vigueur l'année de l'apport initial, soit le PFU de 31,4 % en 2026 selon service-public.gouv.fr, soit le barème progressif sur option.
La donation des titres de la holding constitue un cas particulier. Lorsque l'apporteur transmet les titres reçus en échange de l'apport à un donataire (enfant, conjoint), la plus-value en report est définitivement purgée, sous deux conditions :
En cas de décès de l'apporteur, la transmission des titres par succession purge également la plus-value en report, sans condition particulière.
👍 Bon à savoir : la donation-purge constitue l'une des stratégies les plus efficaces pour transformer le report en exonération définitive. Elle peut être combinée avec les abattements de droit commun en matière de droits de donation (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans en 2026). Compte tenu du risque de requalification en cas de cession rapide, il est préférable de se faire accompagner par un avocat fiscaliste ou un notaire pour structurer le calendrier de l'opération.
Résumer cet article avec :
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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