Skip to content
Se connecter
Fiches pratiques Gérer une entreprise Comptabilité Amortissement d’un véhicule : quelles sont les règles à connaître ?

Amortissement d’un véhicule : quelles sont les règles à connaître ?

Thomas Wittenmeyer - Image

Thomas Wittenmeyer

Diplômé de l'ESSEC Business School.


Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
(String: )

L'essentiel de l'article :

  • Quand une entreprise achète un véhicule, elle ne peut pas déduire la totalité du prix la première année : le coût est étalé sur la durée de vie du véhicule.
  • Pour les véhicules de tourisme, l’amortissement est plafonné selon les émissions de CO₂ : de 9 900 € (véhicules les plus polluants) à 30 000 € (véhicules électriques) en 2026.
  • Les véhicules utilitaires ne sont pas plafonnés : l’intégralité de leur coût est déductible.
  • La fraction d’amortissement non déductible doit être réintégrée chaque année dans la liasse fiscale.
  • La méthode linéaire (20 % par an sur 5 ans) est la plus courante pour les véhicules neufs.

Votre entreprise possède des véhicules de société ? Il est possible, sous certaines conditions, de déduire fiscalement chaque année une partie de leur prix. En effet, la charge d’acquisition du véhicule doit s’étaler sur toute sa durée de vie potentielle et suivre sa dépréciation. C’est que l’on appelle l’amortissement des actifs immobilisés, et c’est l’une des règles de la comptabilité en société. 

Comment gérer, en matière fiscale et comptable, l’amortissement d’un véhicule en 2026 ? Sur quelle durée, et sous quel plafond ? Quelles sont les règles de calcul et de comptabilisation de l’amortissement d’un véhicule de tourisme ou d’un véhicule utilitaire ? Legalstart vous aide à optimiser la gestion comptable de votre flotte.

Mini-Sommaire

En quoi consiste l’amortissement d’un véhicule ?

Les voitures appartenant à une société font partie des actifs immobilisés. Lorsqu’une entreprise acquiert un véhicule de société, qu’il s'agisse d'un véhicule de tourisme ou d'un utilitaire, elle ne peut pas déduire immédiatement cette dépense de ses charges. Au lieu de cela, elle amortit le coût sur la durée d’utilisation estimée du véhicule. 

L’amortissement d’un véhicule correspond donc à la répartition de son coût d’acquisition sur sa durée d’utilisation. Autrement dit, il s’agit d’étaler cette dépense sur plusieurs exercices comptables, reflétant ainsi la perte de valeur progressive du véhicule. 

En pratique :  chaque année lors de la clôture des comptes, l'amortissement fait apparaître la perte de valeur de votre véhicule comme une charge d’exploitation. Parallèlement, on diminue la valeur résiduelle de la voiture. 

L’intérêt de l’amortissement d’un véhicule en fiscalité est que cette opération permet de faire baisser le bénéfice net imposable. Elle doit donc être rigoureusement réalisée et est strictement encadrée. 

Les entreprises doivent suivre des règles spécifiques en fonction du type de véhicule et de la réglementation fiscale en vigueur. Ainsi, l’amortissement d’un véhicule de tourisme ou l’amortissement d’un véhicule électrique répondent par exemple à des plafonds et des normes particulières.

Comment sont classés les véhicules selon la carte grise ?

Avant de calculer l’amortissement, il est indispensable de déterminer la catégorie du véhicule : le régime fiscal n’est pas le même pour un véhicule de tourisme (VP) et pour un véhicule utilitaire (VU). La classification dépend de la carte grise, notamment du champ J1 et du nombre de places assises.

Sont considérés comme des véhicules de tourisme (soumis aux plafonds d’amortissement) :

  • les véhicules de catégorie M1 (voitures particulières, SUV, berlines, citadines) ;
  • les véhicules de catégorie N1 dédiés au transport de personnes.

Sont considérés comme des véhicules utilitaires (amortissement intégralement déductible, sans plafond) :

  • les fourgons ;
  • camionnettes ;
  • véhicules N1 sans banquette arrière.

À noter : un pick-up 5 places est classé VP (plafond applicable) ; un pick-up 2 places est classé VU (pas de plafond). En cas de doute, vérifier le champ J1 de la carte grise.

Quelle est la durée d’amortissement d’un véhicule ?

La durée d’amortissement d’un véhicule dépend de plusieurs facteurs : le type de véhicule, son usage et son état au moment de l’acquisition. En général, elle se base sur la durée de vie utile estimée du véhicule.

Bon à savoir : on peut aussi se fonder sur des éléments externes comme la cote du véhicule à l’Argus.

Ainsi, la durée d’amortissement d’un véhicule neuf est le plus souvent de 5 ans. Un véhicule utilitaire bénéficie d’une durée similaire ; cette durée peut être réduite à 4 ans si l’utilisation prévue est particulièrement intense. Pour les véhicules d’occasion, la durée peut être encore inférieure en fonction de l’âge et de l’état du véhicule.
L’entreprise doit choisir une durée réaliste, reflétant l’utilisation effective du véhicule. Une durée trop courte ou trop longue peut fausser les résultats comptables et fiscaux.

Quel est le plafond fiscal d’amortissement d’un véhicule ?

Le plafond d'amortissement fiscal l'amortissement d'un véhicule dépend du type de véhicule concerné. Ainsi les règles prévues par la loi 28 décembre 2019 de finances pour 2020, et qui sont toujours en vigueur, ne sont pas les mêmes pour un véhicule de tourisme, un véhicule utilitaire ou un véhicule lourd.

Plafond fiscal d’amortissement : définition

Le plafond fiscal d’amortissement d’un véhicule est la limite au-delà de laquelle les amortissements ne sont plus déductibles fiscalement. Cette limite varie selon le type de véhicule, ses émissions de CO2 et son usage.

Attention : l’amortissement d’un véhicule de société pour lequel il est possible de récupérer la TVA n’est pas plafonné.

Amortissement d’un véhicule de tourisme

L’amortissement d’un véhicule de tourisme est limité par un plafond fiscal. En effet, une partie de cet amortissement figure dans les charges non déductibles. 

Appartiennent à la classe des véhicules de tourisme :

  • les véhicules appartenant à la catégorie M1 (excepté les véhicules dits à « usage spécial ») ;
  • les véhicules appartenant à la catégorie N1, dédiés au transport de personnes.

Bon à savoir : ne sont pas concernés les véhicules dont la mise en circulation est antérieure au 1er juin 2004.

Toutefois, si le véhicule est essentiel à l'activité-même de l’entreprise, comme un loueur de voitures, une auto-école ou un chauffeur de taxi, il n’y a pas de plafonnement dans l’amortissement. 

Le montant du plafond diffère selon :

  • la date de mise en circulation du véhicule ;
  • le taux d'émission de CO2 ;
  • la soumission au nouveau dispositif d’immatriculation (NDI) ou à l’ancien. 

Moins la voiture est ancienne et polluante, plus le plafond est élevé. Le tableau suivant présente les plafonds applicables en 2026 aux véhicules mis en circulation depuis 2021 et soumis au nouveau dispositif d’immatriculation (norme WLTP) :

Plafonds d’amortissement des véhicules de tourisme en 2026 (véhicules NDI) :

Taux d’émission de CO2 (en g/km)

Montant du plafond

Moins de 20 g/km

30.000 €

De 20 à 50 g/km

20.300 €

De 50 à 160 g/km

18.300 €

Plus de 131 g/km

9.900 €

Plus de 160 g/km (NDI)

9.900 €

L’amortissement d’un véhicule électrique bénéficie donc d’un traitement fiscal avantageux. Le plafond fiscal pour ces véhicules est plus élevé. Il est fixé à 30 000 euros, en raison de leur impact environnemental réduit. Ce type d’incitation fiscale est destiné à encourager les entreprises à investir dans des véhicules moins polluants.

À noter depuis janvier 2025, les véhicules hybrides rechargeables ont perdu l’exonération de la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques. Leur plafond d’amortissement reste fixé à 20 300 €, mais leur avantage fiscal global se réduit par rapport aux véhicules 100 % électriques.

L’amortissement d’un véhicule utilitaire

L’amortissement d’un véhicule utilitaire n’est pas plafonné fiscalement. Ce type de véhicule est considéré comme un outil de travail essentiel : l’intégralité de son coût d’acquisition peut être amortie sur la durée d’utilisation estimée.

Le sur-amortissement des véhicules lourds

Les entreprises qui acquièrent des véhicules dont le PTAC (poids total autorisé en charge) est supérieur ou égal à 2,6 tonnes et fonctionnant aux énergies propres (GNV, GNL, biométhane, ED95, électricité, hydrogène) peuvent, en 2026, bénéficier d’un sur-amortissement en sus de l’amortissement classique, étalé sur la durée fiscale du véhicule :

  • 20 % de sur-amortissement de 2,6 à 3,5 tonnes ;

  • 60 % de sur-amortissement de 3,5 à 16 tonnes ;

  • 40 % de sur-amortissement au-delà de 16 tonnes.

⚠️ Attention : il ne concerne que les véhicules au carburant propre (électricité, gaz naturel, hydrogène, biométhane, ED95, B100, gaz naturel + gazole).

Comment calculer l’amortissement d’un véhicule ?

Le calcul de l’amortissement d’un véhicule suit des règles précises. Il faut préalablement fixer la base d’amortissement, puis choisir la méthode adaptée.

La base du calcul d’amortissement

La base d’amortissement correspond au prix d’acquisition du véhicule, réparti sur plusieurs exercices comptables. Cette base varie selon la récupérabilité de la TVA :

  • Lorsque la TVA est récupérable (véhicules utilitaires, taxis, auto-écoles), le calcul se fait sur la base du prix HT.
  • Lorsque la TVA n’est pas récupérable (véhicules de tourisme), le calcul se fait sur la base du prix TTC.

La TVA des véhicules de tourisme n’est pas récupérable. Celle des véhicules utilitaires, des véhicules servant au transport de personnes ou des voitures nécessaires à l’activité de la société (auto-écoles, taxis, etc.) est récupérable.

Bon à savoir : le prix d’achat TTC comprend également le coût des accessoires et des équipements, sauf, en cas de facturation et amortissement distincts, la batterie des voitures électriques ou les équipements propres au GPL et au GNV.

Calcul de l'amortissement d'un véhicule : la méthode linéaire

La méthode la plus courante de calcul de l’amortissement annuel d’un véhicule est la méthode linéaire. Elle consiste à répartir de manière égale le coût d’acquisition du véhicule sur sa durée d’utilisation. 

Amortissement annuel = montant d’achat TTC ou HT / durée d’amortissement

Par exemple, pour un véhicule de tourisme coûtant 25 000 € TTC, amorti sur 5 ans, immatriculé en 2022 avec un taux d’émission de 130 g/km. Le plafond applicable en 2026 est de 18 300 €. L’amortissement déductible est limité à 18 300 / 5 = 3 660 € par an. La différence, soit 5 000 − 3 660 = 1 340 €, doit être réintégrée fiscalement (ligne WE de la liasse 2058-A).

En cas de plafonnement d’amortissement pour un véhicule de tourisme, le calcul est différent. En effet, si le prix d’acquisition est supérieur au plafond fixé par la loi, le dépassement des annuités d’amortissement est réintégré au résultat imposable. 

Pour reprendre notre exemple, pour un véhicule de tourisme coûtant 25.000 €, l’amortissement sur 5 ans se fait par annuités de 5.000 €. C’est un véhicule de 2022, dont le taux d’émission de CO2 est de 130g/km. Le plafond auquel il est soumis est de 18.300 €. 

L’amortissement déductible fiscalement est limité à 18.300 / 5 = 3.660 €. La différence, soit 5.000 - 3.660 = 1.340 € devra être réintégrée.

Réintégration annuelle de l’amortissement plafonné = amortissement annuel - (plafond / durée d’amortissement)

Calcul de l'amortissement d'un véhicule : la méthode dégressive

La méthode d’amortissement dégressive permet d’appliquer un coefficient pour amortir des montants plus importants les premières années. Les sommes amorties diminuent progressivement. 

Cette méthode est facultative et ne s’applique pas à tous les véhicules. Elle concerne uniquement :

  • les véhicules de plus de 2 tonnes de PTAC ;
  • les véhicules de transport en commun.

Bon à savoir : lorsque le véhicule est acquis en cours d’exercice, l’amortissement est calculé au prorata temporis de la période d’utilisation sur l’année.

Que se passe-t-il lors de la cession du véhicule ?

Lors de la revente d’un véhicule inscrit à l’actif, l’entreprise réalise une plus-value (ou une moins-value) professionnelle. Celle-ci correspond à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable (VNC) du véhicule au moment de la vente.

Pour un bien amortissable comme un véhicule, la plus-value est imposée à court terme à hauteur des amortissements déduits (art. 39 duodecies du CGI), quelle que soit la durée de détention. Plus l’amortissement a été important, plus la VNC est faible et plus la plus-value imposable est élevée. Un expert-comptable comme LS Compta peut vous accompagner sur ce point.

Comment comptabiliser l’amortissement d’un véhicule ?

La comptabilisation de l’amortissement d’un véhicule se réalise en plusieurs étapes : à l’achat et annuellement.

Lors de l’acquisition d’un véhicule, l’entreprise enregistre l’immobilisation au coût d’acquisition dans un compte d’actif :

  • Au débit : compte 2182 (Matériel de transport) ;
  • Au crédit : compte 404 (Fournisseurs d’immobilisations) ou 401 (Fournisseurs). 

Chaque année, l’amortissement est ensuite enregistré en charge :

  • Au débit : compte 68112 (Dotations aux amortissements)
  • Au crédit : compte 28182 (Amortissements du matériel de transport) 

Enfin, il convient de réintégrer fiscalement la part non déductible de l’amortissement d’un véhicule de tourisme lors de l’arrêté comptable :

  • pour les entreprises soumises à l’IS ou à l’IR dans la catégorie des BIC : ligne WE de l’imprimé n° 2058-A ;
  • pour les entreprises soumises à l’IR dans la catégorie des BNC : ligne 36 de l’imprimé n° 2035-B.

Bon à savoir : avec LS Compta, vous bénéficiez d’un suivi comptable régulier et d’un accompagnement personnalisé pour répondre à toutes vos questions fiscales et comptables

Résumer cet article avec :

  • ChatGPT
  • Perplexity
  • Claude
  • Copilot
  • Mistral

FAQ

Abonnez-vous à la newsletter mensuelle de tous les entrepreneurs 🚀

Réalisez votre comptabilité simplement

Le cabinet d’expertise-comptable LS Compta est à vos côtés.
Obtenir un devis