Projet d’entreprise : les étapes à suivre en 2026
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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L'essentiel de l'article :
Vous avez besoin d'un éclairage juridique pour votre entreprise ou votre situation personnelle, mais vous ne savez pas s'il vous faut une simple information ou un véritable conseil ? Derrière ces deux expressions souvent confondues, se cachent deux activités très distinctes, encadrées par la loi 31 décembre 1971 : l'information juridique, accessible à tous, et le conseil juridique, réservé aux professions réglementées.
Quelle est la différence exacte entre information juridique et conseil juridique ? Qui est habilité à délivrer l'un ou l'autre ? Comment choisir le bon accompagnement en fonction de la complexité de votre situation ? Voici le guide complet pour y voir clair et orienter votre démarche.
Mini-Sommaire
L'information juridique consiste à renseigner une personne sur l'état du droit ou de la jurisprudence concernant un problème donné. Concrètement, il s'agit d'expliquer ce que dit la loi, de présenter les différentes formes juridiques d'une entreprise, de détailler les étapes d'une formalité administrative ou encore de rappeler les conditions générales d'application d'une règle.
Cette activité est par nature différente du conseil : elle ne vise pas à orienter une décision personnelle. Elle s'appuie sur des sources publiques (textes de loi, décrets, arrêtés, jurisprudences, guides officiels). La loi de 1971 indique d'ailleurs expressément qu'elle « ne fait pas obstacle à la diffusion en matière juridique de renseignements et informations à caractère documentaire ».
L’information juridique peut être diffusée par tous : sites institutionnels (service-public.fr, INPI, URSSAF), médias spécialisés ou plateformes en ligne.
Legalstart s’inscrit dans cette catégorie : la plateforme a accompagné depuis 2014 plus de 900 000 entrepreneurs en leur donnant accès à de l’information juridique sur tous les sujets concernant l’entrepreneuriat, les formes juridiques, les formalités administratives et les étapes de la vie d’une entreprise. Conformément à la loi de 1971, Legalstart ne délivre pas de consultation juridique personnalisée et oriente les utilisateurs vers ses avocats et experts-comptables partenaires dès qu’une situation nécessite un véritable conseil.
Cette dimension est essentielle car elle démocratise l’accès au droit et permet à chacun de mieux comprendre l’environnement légal dans lequel il évolue. Un entrepreneur qui cherche à comprendre les différences entre SARL et SAS, ou à connaître les obligations liées à l'approbation des comptes, doit pouvoir trouver ces réponses facilement sans nécessairement engager un professionnel. L'information juridique répond à ce besoin fondamental.
Le conseil juridique, également appelé consultation juridique, est défini comme « toute prestation intellectuelle personnalisée qui tend à fournir un avis sur une situation soulevant des difficultés juridiques ainsi que sur la ou les voie(s) possible(s) pour les résoudre, concourant, par les éléments qu'elle apporte, à la prise de décision du bénéficiaire de la consultation ». Cette définition est issue d'une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du Sénat le 27 juillet 2006.
La différence avec l'information juridique est fondamentale : le conseil juridique prend en compte la situation spécifique du client. Il ne s'agit plus de dire « voici ce que prévoit la loi » mais d'analyser une situation particulière, d'identifier les risques et opportunités juridiques, et de formuler des recommandations adaptées à un cas précis. Cette approche personnalisée est souvent indispensable avant tout lancement, notamment pour arbitrer les choix stratégiques les plus adaptés à votre situation fiscale ou comptable. Par exemple, un avocat pourra vous aider à choisir la forme juridique offrant la meilleure protection de votre patrimoine, à optimiser votre stratégie de rémunération ou encore à sélectionner le régime fiscal le plus avantageux selon vos charges prévisionnelles.
La rédaction d'actes sous seing privé entre également dans ce périmètre protégé. Sont concernés « les actes unilatéraux et les contrats, non revêtus de la forme authentique, rédigés pour autrui et créateurs de droits ou d'obligations ».
Cette dimension personnalisée s'accompagne d'une responsabilité professionnelle engagée. Lorsqu'un avocat, un notaire ou un expert-comptable délivre un conseil, il engage sa responsabilité civile et professionnelle sur les recommandations formulées. En cas d'erreur ou de préjudice subi par le client, sa responsabilité peut être recherchée. C'est précisément pour cette raison que ces professionnels sont soumis à des obligations strictes : assurance responsabilité civile professionnelle obligatoire, déontologie encadrée et secret professionnel. Cette garantie protège le bénéficiaire du conseil et constitue l'une des différences majeures avec l'information juridique, qui n'engage pas la même responsabilité de l'intervenant.
La loi de 1971 réserve strictement cette activité aux professions réglementées :
L'exercice illégal de la consultation juridique ou de la rédaction d'actes est sanctionné pénalement par l'article 72 de la loi de 1971 : jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.
Attention : une plateforme en ligne, un site d'information ou un prestataire non habilité ne peut jamais analyser la situation personnelle d'un utilisateur et lui recommander une stratégie spécifique. Dès qu'une situation nécessite un avis personnalisé, seul un professionnel réglementé est autorisé à intervenir.
La distinction entre information et conseil juridique n'est pas un classement hiérarchique. Ce sont deux activités qui répondent à des besoins réels et complémentaires dans le parcours juridique d'un particulier ou d'une entreprise.
L'information juridique peut constituer une première étape avant un conseil personnalisé, ou s'avérer suffisante lorsque la situation ne requiert pas l'analyse d'une situation particulière. Elle permet de comprendre le cadre légal, de choisir un statut juridique, de gérer une formalité standardisée ou de se repérer dans les obligations administratives. Pour une grande partie des situations courantes d'un entrepreneur, c'est l'accompagnement approprié.
Le conseil juridique intervient lorsque la situation devient plus complexe : litige, contrat sur mesure, montage patrimonial, contentieux fiscal, restructuration de société, procédure devant les tribunaux. Là, seul un avocat, un notaire ou un expert-comptable est habilité à analyser la situation et à formuler des recommandations adaptées.
Un parcours juridique réussi combine donc souvent les deux. Prenons un cas concret. Une personne souhaite créer une société pour exercer une activité de conseil en stratégie. Dans un premier temps, l'information juridique lui permet de comprendre les différences entre SASU et EURL, de connaître les seuils de la micro-entreprise, ou encore d'identifier les étapes de l'immatriculation sur le Guichet unique de l’INPI.
Cette première phase est largement standardisée et beaucoup d’entrepreneurs sont en mesure de s’en sortir par eux-même à condition de disposer de la bonne information.
En revanche, si cette même personne souhaite optimiser sa stratégie de rémunération (arbitrage salaire / dividendes), structurer sa fiscalité personnelle et professionnelle, négocier un pacte d'associés ou anticiper une cession, elle entre pleinement dans le champ du conseil juridique. Seul un avocat ou un expert-comptable pourra analyser sa situation et proposer une stratégie adaptée à son profil.
Bon à savoir : LS Compta, le cabinet d'expertise comptable du groupe Legalstart, accompagne les entrepreneurs sur ces choix stratégiques dès la création et tout au long de la vie de leur entreprise.
Ce passage du générique au sur-mesure illustre comment les deux activités s'enchaînent naturellement dans la vie d'une entreprise.
Quelques questions simples permettent de s'orienter :
Comprendre cette distinction, c'est gagner du temps et faire les bons choix au bon moment. Information et conseil juridique ne sont pas concurrents : ils sont les deux facettes d'un même écosystème qui rend le droit accessible à ceux qui en ont besoin.
Résumer cet article avec :
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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