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Comment devenir kinésithérapeute ?

Léna Cazenave - Image

Léna Cazenave

Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille. 


Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
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 L'essentiel de l'article :

  • Le diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute (DEMK) est obligatoire pour exercer la profession. Il est délivré après 5 années d’études supérieures et confère le grade de master.
  • L’accès à la formation passe par une 1re année universitaire (PASS, L.AS, L1 STAPS ou L1 sciences), suivie de 4 années en IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie).
  • L’inscription au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes est obligatoire pour exercer. Elle entraîne l’attribution d’un numéro RPPS et d’une carte de professionnel de santé.
  • Pour exercer en libéral, environ 85 % des kinés choisissent l’entreprise individuelle ou une société d’exercice libéral (SELURL, SELASU, SELARL). La micro-entreprise est incompatible avec le régime PAMC des professionnels de santé conventionnés.

Si vous souhaitez exercer un métier de soin centré sur la rééducation et la réadaptation, le métier de kinésithérapeute combine technicité médicale, contact avec les patients et exercice majoritairement indépendant. Cette profession libérale réglementée suit un cursus long, une inscription ordinale et un parcours d’installation spécifique.

Mais quelles études faut-il suivre ? Quel diplôme prépare à ce métier ? Quelles démarches accomplir pour s’installer en libéral ? Quel statut juridique privilégier ? Legalstart répond à toutes vos questions.

Mini-Sommaire

Quelles sont les missions du kinésithérapeute ?

Avant de devenir kinésithérapeute, vous devez comprendre quelles sont les missions de ce métier. Un kinésithérapeute, ou plus précisément un masseur-kinésithérapeute, est un professionnel de santé spécialisé dans la rééducation et la réadaptation fonctionnelle. Il intervient sur prescription médicale ou en accès direct dans les situations prévues par la loi.

Son activité couvre plusieurs missions :

  • évaluer la situation clinique du patient à partir d’un bilan kinésithérapique ;
  • concevoir et conduire un projet thérapeutique adapté (mobilisations, exercices, techniques manuelles, physiothérapie) ;
  • participer à la prévention, à la promotion de la santé et à l’éducation thérapeutique du patient ;
  • coordonner son intervention avec les autres acteurs du parcours de soins.

Selon le rapport démographique 2024 de l’Ordre, environ 85 % des nouveaux diplômés exercent en profession libérale, en cabinet individuel ou en groupe. Les autres travaillent comme salariés en établissement hospitalier, en centre de rééducation ou en structure médico-sociale.

☝️ Bon à savoirselon les données de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, plus de 100 000 kinés sont inscrits au tableau en France en 2025. Près d’un tiers d’entre eux ont obtenu leur diplôme hors de France.

Quelles études faut-il suivre pour devenir kinésithérapeute ?

Devenir kinésithérapeute demande 5 années d’études supérieures après le bac. Le décret de 2025 a officiellement intégré la 1re année universitaire dans le cursus de formation, alignant le parcours sur un cursus bac+5 reconnu au grade de master.

La 1re année d’accès aux études de santé (PASS, L.AS, licences)

Quatre voies d’accès coexistent depuis la suppression de la PACES :

  • le PASS (Parcours Spécifique Accès Santé), majoritaire dans les universités disposant d’une faculté de santé ;
  • la L.AS (Licence avec Accès Santé), licence d’une autre discipline (droit, lettres, biologie…) avec une option « accès santé » ;
  • une 1re année de licence STAPS proposant un accès en kinésithérapie ;
  • une 1re année de licence sciences ou biologie selon les universités.

L’admission en IFMK se fait sur dossier puis sur entretien, dans la limite des places contingentées par filière. Le candidat ne peut présenter sa candidature que deux fois au maximum sur l’ensemble du 1er cycle universitaire.

Les 4 années en IFMK

Une fois la sélection franchie, l’étudiant intègre un IFMK. Le cursus de 4 ans s’organise en deux cycles :

  • le 1er cycle (2 ans) couvre les fondamentaux : anatomie, physiologie, sémiologie et techniques de base ;
  • le 2nd cycle (2 ans) approfondit les trois grands champs cliniques (cardiovasculaire-respiratoire, locomoteur-traumatologie, neurologie) et la pratique du diagnostic kinésithérapique.

Les stages cliniques représentent une part importante de la formation : 7 stages sur les 4 années, pour environ 1 470 heures de pratique en cabinet, hôpital, centre de rééducation ou structure médico-sociale.

☝️ À noter : la France compte environ 50 IFMK, à peu près à parts égales entre instituts publics et privés. Les frais de scolarité varient sensiblement selon le statut de l’institut : symboliques dans le secteur public, plusieurs milliers d’euros par an dans certains instituts privés.

Quel diplôme obtient-on à la fin des études ?

La validation du cursus permet d’obtenir le diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute (DEMK). Ce diplôme correspond à 300 ECTS et confère le grade de master.

Le DEMK est régi par l’arrêté du 2 septembre 2015. Il ouvre l’exercice de la masso-kinésithérapie sur l’ensemble du territoire français, sous réserve de l’inscription au tableau de l’Ordre.

📝 Attention : tous les masseurs-kinésithérapeutes en exercice sont soumis au Développement Professionnel Continu (DPC). Vous devez justifier d’actions de formation tous les 3 ans pour maintenir vos compétences à jour.

Quelles démarches pour exercer comme kinésithérapeute libéral ?

Près de 85 % des kinésithérapeutes exercent en libéral. L’installation suit une séquence administrative précise, qui débute dès l’obtention du diplôme.

Inscription à l’Ordre et obtention du numéro RPPS

L’inscription au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes rend licite l’exercice de la profession en application de l’article L.4321-10 du Code de la santé publique. Vous déposez votre dossier auprès du conseil départemental de l’Ordre (CDOMK) du lieu d’installation, accompagné de votre diplôme d’État, d’une pièce d’identité, de l’attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle et d’un extrait de casier judiciaire.

Après examen du dossier, le CDOMK vous délivre une attestation d’inscription portant votre numéro RPPS (Répertoire partagé des professionnels de santé). Cet identifiant à 11 chiffres vous suit toute votre carrière, quel que soit votre mode d’exercice. Une carte de professionnel de santé (CPS) vous est ensuite envoyée automatiquement.

Conventionnement avec l’Assurance Maladie

Une fois inscrit à l’Ordre, vous déclarez votre activité à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) sur le portail installation-kine.ameli.fr. Cette étape conditionne le conventionnement, qui permet le remboursement des actes par la Sécurité sociale et l’affiliation au régime PAMC (praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés).

La caisse de retraite obligatoire des kinésithérapeutes libéraux est la CARPIMKO. L’affiliation est automatique après votre inscription au guichet unique des entreprises.

☝️ Attention : En cas d'exercice libéral et conventionné dans une zone classée par l'agence régionale de santé (ARS) comme étant « très sous-dotée », vous pouvez bénéficier de différentes aides en fonction de votre situation.

Local professionnel : obligations de conformité

Le cabinet de kinésithérapie doit être conforme aux normes applicables aux établissements recevant du public (ERP) en matière d'accessibilité et de sécurité. Le local doit également répondre aux exigences du code de la santé publique en termes d'hygiène, de superficie et d'équipement. Il convient de vérifier ces obligations auprès de la mairie du lieu d'installation et de l'ARS avant la signature du bail.

Quel statut juridique choisir pour devenir kinésithérapeute ?

Plusieurs statuts juridiques s’offrent au kiné qui s’installe en libéral. La micro-entreprise n’est pas adaptée : le régime PAMC est incompatible avec le régime micro-social, ce qui exclut ce statut pour les kinés conventionnés.

  • L’entreprise individuelle (EI) est le statut le plus simple pour démarrer en solo. Vous exercez en votre nom propre, sans création de société.
  • Les sociétés d’exercice libéral comme la SELURL, la SELASU ou la SELARL conviennent pour bénéficier d’une responsabilité limitée et opter pour l’impôt sur les sociétés. Ces formes juridiques sont propres aux professions libérales réglementées.
  • La SCM (société civile de moyens) permet de mutualiser des locaux, du matériel et des charges entre plusieurs praticiens, sans constituer une structure d’exercice commune.

Quel que soit le statut retenu, l’activité relève du code APE 86.90E, qui regroupe les activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues.

📝 Bon à savoir : Legalstart accompagne les professionnels de santé dans leurs démarches de création de société d’exercice libéral (SELARL, SELURL, SELASU), pour limiter les risques d’erreur et gagner du temps.

 

Combien gagne un kinésithérapeute ?

La rémunération dépend du mode d’exercice, de la spécialisation, de la zone d’installation et du volume de patientèle.

En milieu hospitalier public, un kinésithérapeute débutant perçoit autour de 1 600 € net par mois en début de carrière. La rémunération peut atteindre environ 3 000 € net en fin de carrière pour un cadre de santé.

En libéral, le revenu varie fortement selon l’activité. Le chiffre d’affaires annuel se situe le plus souvent entre 30 000 € pour un remplaçant et 80 000 € pour un titulaire installé selon la patientèle, la zone d’exercice et la pratique éventuelle de dépassements d’honoraires. Les charges (loyer du cabinet, assurance RC Pro, cotisations URSSAF, CARPIMKO, assurance professionnelle) sont à déduire pour calculer le revenu net.

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