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Fiches pratiques Gérer une entreprise Comptabilité Comment faire sa comptabilité soi-même ?

Comment faire sa comptabilité soi-même ?

Léna Cazenave - Image

Léna Cazenave

Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille. 


Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
(String: https://fs.hubspotusercontent00.net/hubfs/2323153/factsheet/assets/EImere.jpg)

 L'essentiel de l'article :

  • En France, aucune loi n’impose le recours à un expert-comptable. Vous pouvez tenir votre comptabilité vous-même, sous réserve de respecter les obligations comptables propres à votre statut juridique.
  • Les micro-entrepreneurs ont des obligations simplifiées (livre des recettes), tandis que les sociétés commerciales doivent tenir une comptabilité d’engagement complète, établir un bilan, un compte de résultat et déposer leurs comptes annuels.
  • La méthode passe par cinq étapes : identifier ses obligations, choisir le bon régime comptable, s’équiper d’un logiciel, enregistrer ses écritures et clôturer l’exercice.
  • Un accompagnement ponctuel par un expert-comptable reste recommandé pour sécuriser les travaux de fin d’année.

Le coût d’un expert-comptable représente une charge significative pour une jeune entreprise. Beaucoup de dirigeants se demandent s’ils peuvent gérer eux-mêmes la comptabilité de leur société ou de leur activité indépendante, et à quelles conditions. La réponse est oui dans la majorité des cas, mais l’exercice ne s’improvise pas : la législation impose des règles strictes en matière d’enregistrement, de pièces justificatives, de déclarations fiscales et de dépôt des comptes.

Quelles sont vos obligations selon votre forme juridique ? Comment se structure la démarche concrètement ? Quels sont les bénéfices et les risques d’une comptabilité internalisée ? Voici tous les points à connaître pour faire sa comptabilité seul en sécurité.

Mini-Sommaire

Peut-on légalement faire sa comptabilité soi-même ?

La législation française n’impose à aucune entreprise de confier sa comptabilité à un expert-comptable, il est donc possible de faire sa comptabilité seul. Le recours à ce professionnel reste un choix de gestion : un dirigeant peut parfaitement assumer l’intégralité du processus comptable en interne, de la saisie des pièces à l’établissement des comptes annuels.

Cette liberté d’organisation connaît toutefois deux exceptions notables :

  • La nomination d’un commissaire aux comptes est obligatoire au-delà de certains seuils (notamment 5 millions d’euros de bilan, 10 millions de chiffre d’affaires ou 50 salariés pour les sociétés commerciales), et cette mission ne peut être confondue avec celle d’expert-comptable.
  • Certaines professions réglementées (notaires, huissiers, etc.) peuvent être soumises à des règles comptables particulières édictées par leurs ordres professionnels.

En-dehors de ces cas, vous êtes juridiquement libre de tenir votre comptabilité. Mais la liberté ne dispense pas du formalisme : les obligations comptables prévues par le Code de commerce et le Code général des impôts s’appliquent dans tous les cas, quel que soit l’auteur de la saisie.

Quelles sont les obligations à connaître pour tenir sa comptabilité seul ?

L’étendue de vos obligations comptables dépend directement de votre forme juridique et de votre régime fiscal. Plus votre structure est complexe, plus le formalisme comptable l’est aussi et plus il sera difficile de faire votre comptabilité seul.

Les obligations en micro-entreprise

Le régime de la micro-entreprise prévoit une comptabilité ultra-simplifiée. Vous devez tenir :

  • un livre des recettes mentionnant la date, le montant, le client et le mode d’encaissement de chaque vente ou prestation ;
  • un registre des achats, uniquement si vous exercez une activité commerciale (achat-revente, fourniture de logement) ;
  • vos factures et vos justificatifs de dépenses, conservés 10 ans.

Aucun bilan, aucun compte de résultat, aucune liasse fiscale ne sont à établir. La déclaration se fait via la déclaration de revenus annuelle (formulaire 2042-C-PRO).

Les obligations des entreprises au régime réel d’imposition

Les entreprises individuelles au régime réel (BIC ou BNC) ont des obligations intermédiaires. Elles doivent tenir une comptabilité conforme au plan comptable général, établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe simplifiée) et déposer une liasse fiscale chaque année.

Les BNC en déclaration contrôlée tiennent par défaut une comptabilité de trésorerie, sur la base des encaissements et des décaissements (article 93 du CGI). Ils peuvent opter pour la comptabilité d'engagement, qui constate les créances et les dettes à leur naissance (article 93 A du CGI).

Les entreprises au réel simplifié peuvent opter pour la comptabilité super-simplifiée, qui allège encore certaines obligations : pas de justification détaillée des frais généraux, évaluation simplifiée des stocks, etc.

Les obligations des sociétés commerciales (SARL, SAS, EURL, SASU)

Les sociétés commerciales relèvent du régime comptable le plus exigeant. L’article L123-12 du Code de commerce leur impose :

  • La tenue d’une comptabilité d’engagement complète (toutes les opérations sont enregistrées à la date de leur engagement, indépendamment du paiement).
  • L’établissement de comptes annuels (bilan comptable, compte de résultat et annexe).
  • L'établissement d'un rapport de gestion, sauf pour les sociétés qui ne dépassent pas, à la clôture de l'exercice, deux des trois seuils suivants : 15 M€ de chiffre d'affaires net, 7,5 M€ de total de bilan et 50 salariés.
  • L'approbation des comptes par les associés dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice.
  • Le dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce dans le mois suivant leur approbation (deux mois en cas de dépôt électronique).
  • La conservation des documents comptables pendant 10 ans (article L123-22 du Code de commerce).
  • La production du Fichier des Écritures Comptables (FEC) en cas de contrôle fiscal (article L47 A du Livre des procédures fiscales).

 À noter : les SCI à l’impôt sur le revenu n’ont pas d’obligation de tenue d’une comptabilité commerciale, mais elles doivent tenir une comptabilité de trésorerie permettant de déclarer les revenus fonciers et de répartir les résultats entre associés. Les SCI à l’IS relèvent en revanche du régime comptable des sociétés commerciales.

Comment tenir sa comptabilité seul ? Les étapes

Une comptabilité fiable suit une méthode reproductible. Voici les cinq étapes à maîtriser pour faire sa comptabilité seul en respectant le cadre légal.

Identifier ses obligations comptables

La première étape consiste à établir la liste précise de vos obligations.

Dressez l’inventaire des documents à produire (livres comptables, comptes annuels, liasse fiscale, déclarations de TVA), du calendrier des échéances (mensuelles, trimestrielles, annuelles) et des durées de conservation.

Cette étape conditionne tout le reste : un oubli sur une obligation se traduit par une pénalité fiscale ou un rejet de comptabilité en cas de contrôle.

Choisir entre comptabilité de trésorerie et comptabilité d’engagement

La comptabilité de trésorerie enregistre les opérations à la date des flux monétaires (encaissement ou décaissement). Plus simple, elle convient aux structures dont le volume d’opérations est faible et dont le statut l’autorise (BNC en déclaration contrôlée, micro-entreprises).

La comptabilité d’engagement enregistre les opérations à la date de leur engagement juridique (date de facture), indépendamment du paiement. Elle est obligatoire pour les sociétés commerciales et les commerçants. Elle suppose la tenue d’un grand-livre, d’un livre-journal et d’un livre d’inventaire.

Choisir un logiciel de comptabilité

Faire votre comptabilité sans logiciel dédié reste techniquement possible, mais devient vite difficile dès lors que votre activité dépasse quelques dizaines d’opérations par mois. Un logiciel de comptabilité automatise les calculs, génère le grand-livre et le livre-journal, produit le FEC et facilite l’édition des comptes annuels.

Plusieurs critères guident le choix :

  • la conformité du logiciel aux normes comptables françaises et à l’obligation de production du FEC ;
  • la synchronisation bancaire automatique, qui réduit drastiquement le temps de saisie ;
  • la gestion intégrée de la TVA (calcul et pré-remplissage de la déclaration) ;
  • la possibilité de partager l’accès avec un expert-comptable pour une révision ponctuelle ;
  • l’adaptation au statut juridique et au régime fiscal de votre entreprise.

Enregistrer les écritures comptables

L’enregistrement des écritures suit une routine à établir dès le démarrage. Chaque opération génère au moins deux écritures réparties entre comptes au débit et comptes au crédit, conformément à la règle de la partie double. Les écritures s’adossent à une pièce justificative (facture, ticket, relevé bancaire), qui doit être conservée.

Le rapprochement bancaire mensuel est l’étape de contrôle incontournable : il consiste à confronter les écritures saisies au relevé bancaire pour identifier les anomalies (oublis, doublons, erreurs de compte).

 Attention : en cas de contrôle, votre administration fiscale demandera la production du Fichier des Écritures Comptables : ce fichier récapitule l’intégralité de votre comptabilité sous un format normalisé et doit être transmis dans un délai précis.

Clôturer l’exercice et établir les comptes annuels

À la fin de l’exercice (généralement au 31 décembre), plusieurs travaux de clôture sont à réaliser :

  • inventaire physique des stocks et de l’actif immobilisé ;
  • calcul des amortissements et provisions ;
  • ajustement des comptes de charges et de produits constatés d’avance ;
  • établissement des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe).

Les sociétés commerciales doivent ensuite faire approuver les comptes par les associés, déposer une liasse fiscale sur le site impots.gouv.fr et déposer les comptes annuels au greffe du tribunal de commerce.

Cette étape de clôture est la plus technique : c’est sur celle-ci que la fiabilité globale de votre comptabilité sera jugée en cas de contrôle.

Faire sa comptabilité seul : avantages et inconvénients

La décision de tenir sa comptabilité seul se prend au regard de votre temps disponible, de vos connaissances comptables et de la complexité de votre activité.

Les avantages

Il existe plusieurs avantages à tenir sa comptabilité en interne :

  • Économie sur les honoraires d’expert-comptable, qui représentent généralement entre 1 500 et 5 000 € par an pour une petite société.
  • Vision en temps réel de la situation financière de l’entreprise, sans délai de transmission.

Maîtrise complète du processus comptable, utile pour piloter les décisions de gestion.

  • Autonomie sur les outils et les modes d’organisation.

Les inconvénients et risques

Avant de prendre votre décision, vous devez connaître les inconvénients de la gestion en interne de sa comptabilité :

  • Le temps consacré à la comptabilité, au détriment de l’activité commerciale (estimé entre 5 et 20 heures par mois selon le volume).
  • Le risque d’erreurs comptables ou fiscales, susceptibles d’entraîner des redressements en cas de contrôle.
  • L’absence d’accompagnement stratégique sur l’optimisation fiscale et le pilotage financier.
  • La nécessité d’une veille réglementaire continue (lois de finances annuelles, jurisprudence, doctrine administrative).
  • La difficulté à gérer les opérations exceptionnelles (apport, fusion, cession, restructuration) sans expertise spécifique.

 Bon à savoir : pour les entrepreneurs qui souhaitent un accompagnement comptable accessible et intégré à leur écosystème juridique, LS Compta, le cabinet d’expertise comptable du groupe Legalstart, propose une formule en ligne couvrant la tenue de comptabilité, l’établissement des comptes annuels et le dépôt de la liasse fiscale.

Comptabilité seul ou expert-comptable : comment choisir ?

Le choix dépend de trois variables : votre statut juridique, le volume de vos opérations et votre niveau de connaissance comptable.

À titre indicatif :

  • Micro-entreprise sans TVA : la tenue interne est tout à fait accessible, le formalisme étant minimal.
  • Entreprise individuelle au réel ou BNC : la tenue interne reste possible avec un bon logiciel et une bonne organisation, en particulier si vous êtes à l’aise avec les notions de base.
  • Société commerciale (SARL, SAS, EURL, SASU) : l’autonomie complète est rare.

La majorité des dirigeants combinent saisie courante en interne et révision annuelle par un expert-comptable, qui valide les comptes annuels et établit la liasse fiscale.

Cette solution hybride présente un bon compromis : vous gardez la maîtrise des opérations courantes (consommatrices de temps), et vous déléguez les travaux techniques de fin d’année à un professionnel. Elle réduit généralement les honoraires de 30 à 50 % par rapport à une externalisation totale.

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