EIRL : tout savoir sur le statut en 2026
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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L'essentiel de l'article :
Le coût d’un expert-comptable représente une charge significative pour une jeune entreprise. Beaucoup de dirigeants se demandent s’ils peuvent gérer eux-mêmes la comptabilité de leur société ou de leur activité indépendante, et à quelles conditions. La réponse est oui dans la majorité des cas, mais l’exercice ne s’improvise pas : la législation impose des règles strictes en matière d’enregistrement, de pièces justificatives, de déclarations fiscales et de dépôt des comptes.
Quelles sont vos obligations selon votre forme juridique ? Comment se structure la démarche concrètement ? Quels sont les bénéfices et les risques d’une comptabilité internalisée ? Voici tous les points à connaître pour faire sa comptabilité seul en sécurité.
Mini-Sommaire
La législation française n’impose à aucune entreprise de confier sa comptabilité à un expert-comptable, il est donc possible de faire sa comptabilité seul. Le recours à ce professionnel reste un choix de gestion : un dirigeant peut parfaitement assumer l’intégralité du processus comptable en interne, de la saisie des pièces à l’établissement des comptes annuels.
Cette liberté d’organisation connaît toutefois deux exceptions notables :
En-dehors de ces cas, vous êtes juridiquement libre de tenir votre comptabilité. Mais la liberté ne dispense pas du formalisme : les obligations comptables prévues par le Code de commerce et le Code général des impôts s’appliquent dans tous les cas, quel que soit l’auteur de la saisie.
L’étendue de vos obligations comptables dépend directement de votre forme juridique et de votre régime fiscal. Plus votre structure est complexe, plus le formalisme comptable l’est aussi et plus il sera difficile de faire votre comptabilité seul.
Le régime de la micro-entreprise prévoit une comptabilité ultra-simplifiée. Vous devez tenir :
Aucun bilan, aucun compte de résultat, aucune liasse fiscale ne sont à établir. La déclaration se fait via la déclaration de revenus annuelle (formulaire 2042-C-PRO).
Les entreprises individuelles au régime réel (BIC ou BNC) ont des obligations intermédiaires. Elles doivent tenir une comptabilité conforme au plan comptable général, établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe simplifiée) et déposer une liasse fiscale chaque année.
Les BNC en déclaration contrôlée tiennent par défaut une comptabilité de trésorerie, sur la base des encaissements et des décaissements (article 93 du CGI). Ils peuvent opter pour la comptabilité d'engagement, qui constate les créances et les dettes à leur naissance (article 93 A du CGI).
Les entreprises au réel simplifié peuvent opter pour la comptabilité super-simplifiée, qui allège encore certaines obligations : pas de justification détaillée des frais généraux, évaluation simplifiée des stocks, etc.
Les sociétés commerciales relèvent du régime comptable le plus exigeant. L’article L123-12 du Code de commerce leur impose :
À noter : les SCI à l’impôt sur le revenu n’ont pas d’obligation de tenue d’une comptabilité commerciale, mais elles doivent tenir une comptabilité de trésorerie permettant de déclarer les revenus fonciers et de répartir les résultats entre associés. Les SCI à l’IS relèvent en revanche du régime comptable des sociétés commerciales.
Une comptabilité fiable suit une méthode reproductible. Voici les cinq étapes à maîtriser pour faire sa comptabilité seul en respectant le cadre légal.
La première étape consiste à établir la liste précise de vos obligations.
Dressez l’inventaire des documents à produire (livres comptables, comptes annuels, liasse fiscale, déclarations de TVA), du calendrier des échéances (mensuelles, trimestrielles, annuelles) et des durées de conservation.
Cette étape conditionne tout le reste : un oubli sur une obligation se traduit par une pénalité fiscale ou un rejet de comptabilité en cas de contrôle.
La comptabilité de trésorerie enregistre les opérations à la date des flux monétaires (encaissement ou décaissement). Plus simple, elle convient aux structures dont le volume d’opérations est faible et dont le statut l’autorise (BNC en déclaration contrôlée, micro-entreprises).
La comptabilité d’engagement enregistre les opérations à la date de leur engagement juridique (date de facture), indépendamment du paiement. Elle est obligatoire pour les sociétés commerciales et les commerçants. Elle suppose la tenue d’un grand-livre, d’un livre-journal et d’un livre d’inventaire.
Faire votre comptabilité sans logiciel dédié reste techniquement possible, mais devient vite difficile dès lors que votre activité dépasse quelques dizaines d’opérations par mois. Un logiciel de comptabilité automatise les calculs, génère le grand-livre et le livre-journal, produit le FEC et facilite l’édition des comptes annuels.
Plusieurs critères guident le choix :
L’enregistrement des écritures suit une routine à établir dès le démarrage. Chaque opération génère au moins deux écritures réparties entre comptes au débit et comptes au crédit, conformément à la règle de la partie double. Les écritures s’adossent à une pièce justificative (facture, ticket, relevé bancaire), qui doit être conservée.
Le rapprochement bancaire mensuel est l’étape de contrôle incontournable : il consiste à confronter les écritures saisies au relevé bancaire pour identifier les anomalies (oublis, doublons, erreurs de compte).
Attention : en cas de contrôle, votre administration fiscale demandera la production du Fichier des Écritures Comptables : ce fichier récapitule l’intégralité de votre comptabilité sous un format normalisé et doit être transmis dans un délai précis.
À la fin de l’exercice (généralement au 31 décembre), plusieurs travaux de clôture sont à réaliser :
Les sociétés commerciales doivent ensuite faire approuver les comptes par les associés, déposer une liasse fiscale sur le site impots.gouv.fr et déposer les comptes annuels au greffe du tribunal de commerce.
Cette étape de clôture est la plus technique : c’est sur celle-ci que la fiabilité globale de votre comptabilité sera jugée en cas de contrôle.
La décision de tenir sa comptabilité seul se prend au regard de votre temps disponible, de vos connaissances comptables et de la complexité de votre activité.
Il existe plusieurs avantages à tenir sa comptabilité en interne :
Maîtrise complète du processus comptable, utile pour piloter les décisions de gestion.
Avant de prendre votre décision, vous devez connaître les inconvénients de la gestion en interne de sa comptabilité :
Bon à savoir : pour les entrepreneurs qui souhaitent un accompagnement comptable accessible et intégré à leur écosystème juridique, LS Compta, le cabinet d’expertise comptable du groupe Legalstart, propose une formule en ligne couvrant la tenue de comptabilité, l’établissement des comptes annuels et le dépôt de la liasse fiscale.
Le choix dépend de trois variables : votre statut juridique, le volume de vos opérations et votre niveau de connaissance comptable.
À titre indicatif :
La majorité des dirigeants combinent saisie courante en interne et révision annuelle par un expert-comptable, qui valide les comptes annuels et établit la liasse fiscale.
Cette solution hybride présente un bon compromis : vous gardez la maîtrise des opérations courantes (consommatrices de temps), et vous déléguez les travaux techniques de fin d’année à un professionnel. Elle réduit généralement les honoraires de 30 à 50 % par rapport à une externalisation totale.
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Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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