L'impôt sur les sociétés (IS) : comment ça fonctionne ?
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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L'essentiel de l'article :
L’organisation du temps de travail des cadres relève de règles spécifiques, souvent mal comprises. Selon leur statut, certains cadres bénéficient de RTT cadre, d’autres de JNT, et certains sont totalement exclus de la réglementation sur la durée du travail.
Qui sont les cadres concernés par les RTT ? Comment fonctionne le forfait jours ? Comment calculer le nombre exact de jours de repos en 2026 ? Quelles obligations pèsent sur l’employeur ? Legalstart fait le point.
Mini-Sommaire
Le Code du travail distingue trois catégories de cadres au regard du temps de travail, chacune avec un régime de RTT cadre différent.
Le cadre dirigeant est défini par l’article L.3111-2 du Code du travail. Il dispose d’une grande autonomie dans l’organisation de son emploi du temps, est habilité à prendre des décisions de façon largement autonome et perçoit une rémunération parmi les plus élevées du système de rémunération de l’entreprise.
En contrepartie de ce statut, le cadre dirigeant est exclu :
Il conserve en revanche les congés payés (5 semaines), le repos hebdomadaire et les jours fériés.
La majorité des cadres autonomes relève d’un forfait jours. Ce régime, prévu par les articles L.3121-53 à L.3121-66 du Code du travail, décompte le temps de travail en jours travaillés sur l’année plutôt qu’en heures par semaine.
Le cadre au forfait jours ne suit pas l’horaire collectif et organise librement son emploi du temps, dans la limite du plafond annuel fixé par sa convention de forfait. En contrepartie de ce dépassement de la durée légale, il bénéficie de JNT (jours non travaillés), parfois appelés jours de repos supplémentaires (JRS).
Dans le langage courant, ces jours sont souvent qualifiés de RTT. Techniquement, ce n’est pas la même chose : les RTT compensent un dépassement de la durée hebdomadaire (35 à 39 heures), tandis que les JNT résultent du calcul du forfait annuel. Le mode de calcul et la base juridique diffèrent.
☝️ Bon à savoir : selon la DARES, environ 13 % des salariés français sont au forfait jours. Le dispositif concerne essentiellement les cadres, mais il est aussi ouvert aux salariés non-cadres dont la durée du temps de travail ne peut être prédéterminée.
Certains cadres suivent l’horaire collectif de l’entreprise au même titre que les autres salariés. C’est notamment le cas des cadres qui exercent dans une équipe avec des horaires fixes ou dans des unités où la présence est requise sur des plages déterminées.
Ces cadres bénéficient des RTT classiques, dans les mêmes conditions que les autres salariés. Le RTT est attribué lorsque le contrat de travail prévoit une durée hebdomadaire supérieure à 35 heures, sans excéder 39 heures. Le nombre de jours dépend de la durée exacte prévue par l’accord d’entreprise ou la convention collective.
Le forfait jours est l’instrument principal de gestion du temps de travail des cadres autonomes. Sa mise en place obéit à des conditions strictes, dont le non-respect peut entraîner la nullité de la convention.
Le recours au forfait jours suppose la réunion de plusieurs conditions cumulatives :
L’accord collectif peut prévoir un plafond inférieur, par exemple 215 jours ou 213 jours. C’est notamment le cas dans certaines branches comme la Syntec ou la métallurgie cadres.
Le forfait jours n’affranchit pas l’employeur d’un suivi rigoureux. Les obligations sont fixées par les articles L.3121-64 et L.3121-65 du Code du travail :
⚠️ Attention : le salarié au forfait jours conserve le bénéfice des repos obligatoires, 11 heures consécutives de repos quotidien et 35 heures consécutives de repos hebdomadaire. Le non-respect de ces seuils expose l’employeur à des sanctions.
Le nombre de jours non travaillés dépend du calendrier de l’année civile et de la convention de forfait. La formule générale est la suivante :
Nombre de JNT = 365 jours − 104 jours de week-end − jours fériés en semaine − 25 jours de congés payés − nombre de jours du forfait
Cette formule donne un résultat qui varie chaque année selon le nombre de jours fériés tombant en semaine (et non un week-end).
Exemple : pour un cadre au forfait 218 jours en 2026 :
365 − 104 − 9 − 25 − 218 = 9 JNT en 2026.
☝️ À noter : plusieurs situations modifient ce calcul. En cas d’entrée ou de sortie de l’entreprise en cours d’année, les JNT sont proratisés. En cas de maladie de courte durée, les JNT sont généralement maintenus. En cas de maladie prolongée, de congé maternité ou de congé sabbatique, ils peuvent être suspendus selon les dispositions de l’accord collectif. Les conventions Syntec et métallurgie cadres prévoient des modalités spécifiques.
La grande flexibilité offerte par le forfait jours impose en contrepartie un cadre de vigilance strict pour l’employeur. Le non-respect des garanties expose à la nullité de la convention de forfait, avec des conséquences financières lourdes.
L’employeur doit notamment :
⚠️ Attention : si la convention de forfait est jugée nulle (faute d’accord collectif suffisant ou de garanties effectives), le contrat est requalifié en horaire de droit commun. L’employeur doit alors régler un rappel d’heures supplémentaires sur les 3 dernières années, assorti des cotisations sociales correspondantes. La Cour de cassation a invalidé plusieurs accords collectifs jugés insuffisants, dont l’accord Syntec dans sa rédaction antérieure à 2014 et l’accord métallurgie cadres antérieur à 2019.
Les modalités de pose des RTT cadre ou des jours non travaillés sont fixées par l’accord collectif applicable. En l’absence de précisions, plusieurs règles générales s’appliquent.
En règle générale :
Les jours non pris en fin de période sont en principe perdus, sauf si l’accord prévoit un report ou si le salarié dispose d’un compte épargne-temps (CET) pour les capitaliser.
Le législateur a par ailleurs ouvert un dispositif de rachat de RTT temporaire, prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 (article 5 de la loi du 16 août 2022, prorogé par les lois de finances suivantes). Le salarié peut demander la monétisation des jours non pris, l’employeur restant libre d’accepter ou de refuser. Les sommes perçues bénéficient d’une exonération de cotisations salariales et d’une exonération d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an.
☝️ Bon à savoir : Legalstart accompagne les employeurs dans la mise en place de leur convention de forfait jours et l’élaboration des accords collectifs nécessaires, pour limiter les risques de nullité et sécuriser la gestion du temps de travail des cadres.
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Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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