Régime social de SARL : le point complet en 5 minutes
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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L'essentiel de l'article :
Créer une holding est une décision stratégique qui peut servir à structurer un groupe de sociétés, optimiser la remise des dividendes entre une société mère et ses filiales, ou préparer une transmission d’entreprise. Mais avant d’entrer dans les mécanismes fiscaux, la question budgétaire s’impose : combien cela va-t-il coûter ? La réponse dépend du type de holding choisi, de sa forme juridique et de la complexité du montage.
Quels sont les frais obligatoires que vous ne pouvez pas éviter ? Quand le commissaire aux apports devient-il nécessaire ? Comment la distinction entre holding passive et holding animatrice impacte-t-elle votre budget ? Legalstart fait le point sur l’ensemble des coûts de création d’une holding à anticiper en 2026.
Mini-Sommaire
Créer une holding suit les mêmes étapes formelles que celle de n’importe quelle société commerciale ou civile. Trois postes de frais sont inévitables :
Ces dépenses sont fixées par arrêté ministériel et ne peuvent être écartées, quelle que soit la simplicité du montage.
L’immatriculation s’effectue obligatoirement sur le guichet unique de l’INPI, point d’entrée de toutes les formalités de création, de modification ou de fermeture d’entreprise depuis le 1er janvier 2023. Ces formalités peuvent être réalisées en autonomie ou avec l’accompagnement d’un professionnel du droit.
Selon les données du site entreprendre.service-public.gouv, les tarifs appliqués en 2026 sont les suivants, conformément à l’arrêté du 25 février 2026 fixant les tarifs des greffiers des tribunaux de commerce :
À noter : la déclaration des bénéficiaires effectifs est obligatoire pour toutes les sociétés depuis 2017. Elle s’effectue simultanément à l’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI.
La création de toute société impose la publication d’un avis de constitution dans un support habilité à recevoir les annonces légales. Le tarif est forfaitaire depuis l’arrêté du 19 novembre 2021, actualisé chaque année. Il ne dépend plus de la longueur de l’annonce mais de la forme juridique de la société et du département où est situé son siège social.
Voici les tarifs en vigueur en 2026 :
|
Forme juridique |
France métropolitaine (HT) |
La Réunion / Mayotte (HT) |
|
SAS |
199 € |
233 € |
|
SASU |
142 € |
167 € |
|
SARL |
148 € |
173 € |
|
EURL |
124 € |
147 € |
|
SCI |
191 € |
223 € |
Bon à savoir : depuis 2024, le tarif forfaitaire de métropole s’applique également en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Wallis-et-Futuna. Seuls La Réunion et Mayotte disposent de tarifs distincts.
Au-delà des frais obligatoires, le coût de création d’une holding est très variable selon trois paramètres : la rédaction des statuts, la nécessité ou non de faire appel à un commissaire aux apports, et le montant du capital social apporté lors de la constitution.
Les statuts définissent l’objet social de la holding, ses règles de gouvernance et la répartition des parts entre associés. Le statut juridique de la holding influe directement sur la liberté rédactionnelle disponible : une SAS offre une grande souplesse statutaire, là où une SARL est plus encadrée par le Code de commerce.
Trois niveaux d’accompagnement sont possibles :
L’apport de titres constitue la principale source d’apport en nature dans ce type de montage, et son traitement fiscal est encadré par l’article 150-0 B ter du Code général des impôts. Lorsque des parts sociales ou des actions sont apportées en nature à la holding, l’intervention d’un commissaire aux apports est obligatoire si la valeur des titres dépasse 30 000 € ou représente plus de la moitié du capital social de la holding.
Ses honoraires sont généralement compris entre 800 et 2 500 € HT en 2026, selon la complexité de l’évaluation. Son rôle est de certifier que les titres apportés ne sont pas surestimés, ce qui protège à la fois les associés et les tiers.
Attention : dans la grande majorité des créations de holding intégrant une société opérationnelle existante, les titres apportés dépassent le seuil de 30 000 €. Prévoyez ce poste dans votre budget dès l’amont du projet.
Le capital minimum légal est de 1 € pour les SAS, SASU, SARL et EURL. Pour une SCI, il n’existe pas non plus de minimum imposé. Ce plancher symbolique ne reflète toutefois pas les besoins réels : un capital suffisant améliore la crédibilité financière de la structure auprès des banques et partenaires. En pratique, un capital social de 1 000 € à 10 000 € est fréquemment retenu pour une holding de taille moyenne.
À noter : le capital n’est pas une dépense à fonds perdus, il reste dans la trésorerie de la holding et peut être mobilisé pour des investissements ou des avances en compte courant aux filiales.
La distinction entre holding passive et holding animatrice est décisive du point de vue fiscal et du coût de fonctionnement. Elle doit être clairement intégrée dans l’objet social dès la rédaction des statuts.
La holding passive se limite à la détention de participations. Elle perçoit des dividendes de ses filiales, qui peuvent bénéficier du régime mère-fille, permettant l’exonération de 95 % des dividendes reçus sous réserve d’une détention minimale de 5 % et d’une durée de conservation d’au moins deux ans, mais elle ne facture aucun service à ses filiales. En principe, la holding passive n’est pas assujettie à la TVA ni à la cotisation foncière des entreprises (CFE), ce qui réduit mécaniquement ses charges annuelles.
La holding animatrice, en revanche, participe activement à la politique du groupe et facture des prestations de services à ses filiales (management fees, fonctions administratives, financiers ou RH). Elle est en principe assujettie à la TVA et à la CFE, et doit tenir une comptabilité d’exploitation plus détaillée. Sa comptabilité est donc plus complexe, ce qui se reflète sur les honoraires de l’expert-comptable.
|
Critère |
Holding passive |
Holding animatrice |
|
Activité principale |
Détention de participations |
Détention + prestations aux filiales |
|
Assujettissement TVA |
En principe non |
Oui |
|
CFE |
En principe non (pas d’activité économique propre) |
Oui (activité taxable) |
|
Complexité comptable |
Limitée |
Plus élevée (flux inter-entreprises) |
|
Coût comptabilité annuelle |
Fourchette basse |
Fourchette haute |
À noter : la qualification de holding animatrice n’est pas automatique : elle doit être établie en pratique (conventions de prestations signées, facturation réelle, rôle effectif dans la politique du groupe) et mentionnée dans l’objet social. Un objet social trop vague peut remettre en cause cette qualification en cas de contrôle fiscal.
La création d’une holding ne constitue qu’un premier investissement. Les frais de fonctionnement annuels doivent être intégrés au plan de financement dès le départ, car ils se répètent chaque exercice.
Comme toute société, une holding est soumise à des obligations comptables : enregistrement chronologique des opérations, inventaire annuel, établissement des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) et dépôt au greffe. Ces opérations doivent être conservées dix ans.
En 2026, les honoraires d’un expert-comptable pour la tenue de la comptabilité d’une holding simple sont généralement compris entre 1 000 et 3 000 € HT par an, selon le volume d’opérations et la nature de la holding (passive ou animatrice). Une holding animatrice, qui gère des flux de management fees et de TVA inter-entreprises, se situe plutôt dans la fourchette haute.
Au-delà de la comptabilité, plusieurs postes viennent s’ajouter chaque année :
Bon à savoir : si votre holding dépasse, à la clôture d’un exercice, deux des trois seuils suivants, total bilan de 5 000 000 €, chiffre d’affaires HT de 10 000 000 €, effectif de 50 salariés, vous devrez nommer un commissaire aux comptes.
Les montants ci-dessous correspondent aux scénarios les plus fréquemment rencontrés en 2026. Ils sont donnés à titre indicatif, les frais variables étant par nature dépendants du montage choisi.
|
Poste de dépense |
Scénario 1 : holding simple (en ligne, pas d’apport en nature) |
Scénario 2 : holding avec apport de titres (accompagnement professionnel) |
|
Immatriculation + bénéficiaires effectifs |
53,16 € |
53,16 € |
|
Annonce légale (ex. SASU, métropole) |
142 € HT |
199 € HT (SAS) |
|
Rédaction des statuts |
150–400 € HT (plateforme) |
800–3 000 € HT (avocat/conseil) |
|
Commissaire aux apports |
Non applicable |
800–2 500 € HT |
|
Capital social |
1 € (minimum légal) |
Variable selon le montage |
|
Total estimé (hors capital) |
~345–595 € HT |
~1 850–5 750 € HT |
|
Comptabilité annuelle (récurrent) |
1 000–2 000 € HT/an |
1 500–3 000 € HT/an |
Le scénario 1 correspond à une structure de détention simple créée sans apport de société existante.
Le scénario 2 représente un montage plus courant en pratique, où un entrepreneur structure son activité opérationnelle existante sous une société mère. Dans les deux cas, prévoir une provision pour les coûts de fonctionnement annuels dès la première année est recommandé.
Résumer cet article avec :
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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