Questionnaire relatif à l’activité professionnelle du SIE
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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L’essentiel de l’article :
Quelques semaines après la création de leur entreprise, de nombreux dirigeants découvrent dans leur courrier un formulaire intitulé « création de domiciliation », envoyé par le centre des finances publiques. Le document arrive en général par l’intermédiaire de la société de domiciliation, qui réceptionne le courrier de l’entreprise, et il appelle une réponse rapide.
Pourquoi l’administration fiscale envoie-t-elle ce formulaire, et qui doit le compléter ? Que faut-il indiquer dans chaque encadré, quelles pièces joindre et comment l’envoyer ? Que risque une entreprise qui laisse ce courrier sans suite ?
Mini-Sommaire
Le courrier de création de domiciliation est un questionnaire de l’administration fiscale qui permet au service des impôts des entreprises (SIE) de valider l’adresse fiscale d’une entreprise domiciliée. Il vise à confirmer que l’adresse du domiciliataire correspond bien au lieu où l’entreprise doit déposer ses déclarations et être imposée.
Cette vérification découle d’une règle posée par la doctrine administrative. D’après le Bulletin officiel des finances publiques, le lieu d’imposition ne peut être fixé à l’adresse d’une entreprise de domiciliation que si l’entreprise ne dispose d’aucun autre local professionnel où sont exercées son activité ou sa direction. Le questionnaire permet précisément au SIE de le constater.
L’administration est par ailleurs informée de l’arrivée de chaque nouvelle entreprise. La société de domiciliation transmet chaque trimestre au service des impôts des entreprises la liste des personnes qui se sont domiciliées dans ses locaux, ou qui en sont parties, au cours de la période. C’est souvent cette déclaration qui déclenche l’envoi du formulaire.
Le formulaire de création de domiciliation concerne toute entreprise qui a fixé son siège chez une société de domiciliation, quelle que soit sa forme : société commerciale comme une SASU, une SAS ou une SARL, entreprise individuelle ou micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur). Le critère n’est pas la forme juridique mais le recours à un domiciliataire.
À l’inverse, une entreprise dont le siège est fixé au domicile de son dirigeant ou dans un local qu’elle loue n’est pas visée par ce questionnaire. Elle peut en revanche recevoir d’autres demandes du centre des finances publiques à sa création, comme le questionnaire relatif à l’activité professionnelle, qui poursuit un objet différent.
Un cas voisin mérite attention : selon la doctrine administrative, les artisans non inscrits au registre du commerce et des sociétés doivent être domiciliés fiscalement au lieu d’exercice effectif de leur activité ou, à défaut, à leur domicile. Pour eux, l’adresse d’un domiciliataire ne peut pas devenir l’adresse fiscale.
À noter : le contrat qui vous lie au domiciliataire est rédigé par écrit et conclu pour une durée d’au moins trois mois, renouvelable par tacite reconduction. C’est ce contrat qui justifie l’adresse déclarée dans le questionnaire.
Le formulaire de création de domiciliation comporte une page d’information puis deux pages à compléter, organisées en trois encadrés. Une attestation sur l’honneur figure en fin de document, à remplir seulement dans un cas précis. Chaque rubrique se complète à partir des informations de l’entreprise déjà en votre possession.
Ce premier encadré recueille les coordonnées qui permettront au SIE de vous joindre : adresse électronique, numéro de téléphone portable et, si vous en disposez, numéro de ligne fixe. Indiquez des coordonnées que vous consultez réellement, le service pouvant revenir vers vous pour compléter le dossier.
Le formulaire demande aussi deux dates, au format JJ/MM/AAAA :
Le deuxième encadré identifie la personne qui tient la comptabilité : nom, adresse, téléphone et adresse électronique de votre expert-comptable. Si l’entreprise adhère à un organisme de gestion agréé, son nom se renseigne sur la ligne prévue ; à défaut, la ligne reste vide.
Un micro-entrepreneur qui tient lui-même sa comptabilité, sans faire appel à un professionnel, indique ses propres coordonnées dans cet encadré.
Cet encadré est le cœur du questionnaire. La première question porte sur l’existence d’un local commercial ou professionnel. Elle conditionne la validation de la domiciliation fiscale à l’adresse du domiciliataire : une entreprise qui exerce son activité dans un local propre a vocation à y être imposée.
Le formulaire vous interroge ensuite sur les moyens offerts par le domiciliataire. Celui-ci doit mettre à disposition une pièce propre à assurer la confidentialité et à permettre les réunions des dirigeants, ainsi que la tenue, la conservation et la consultation des livres, registres et documents de l’entreprise.
Il reste à préciser où sont conservés les documents comptables : chez la société de domiciliation, au cabinet de votre expert-comptable ou à votre domicile. Ce lieu est celui où l’administration pourra les consulter en cas de contrôle.
L’attestation sur l’honneur ne se complète que si les documents comptables sont conservés ailleurs que chez le domiciliataire. Elle reprend votre identité, votre adresse, votre qualité dans l’entreprise, le nom de la société de domiciliation et le lieu où se trouve la comptabilité, puis se date et se signe.
Exemple : à la tête d’une SASU de graphisme domiciliée chez une société de domiciliation, Inès confie sa comptabilité à un cabinet qui conserve ses pièces. Elle répond « non » à la question du local professionnel, désigne le cabinet comme lieu de conservation des documents et remplit l’attestation sur l’honneur.
Le formulaire de création de domiciliation doit être accompagné des justificatifs listés sur le courrier, qui établissent la réalité de la domiciliation et l’identité du dirigeant :
Ces pièces correspondent aux informations que le domiciliataire doit lui-même conserver dans votre dossier, notamment le domicile personnel du représentant légal et le lieu de conservation des documents comptables lorsqu’ils ne sont pas chez lui. Un dossier complet évite une demande de pièces complémentaires de la part du SIE.
Pensez à numériser chaque pièce lisiblement avant l’envoi, en particulier si vous passez par la voie électronique.
Le formulaire de création de domiciliation se renvoie daté et signé, avec ses pièces jointes, dans le délai indiqué sur le courrier. Deux voies sont possibles.
La voie en ligne suppose que l’espace professionnel de l’entreprise soit déjà créé et activé. Son ouverture passe par un code d’activation adressé par courrier postal à l’entreprise : une entreprise domiciliée le reçoit donc chez son domiciliataire. Tant que l’espace n’est pas opérationnel, le courrier postal permet de respecter l’échéance.
Bon à savoir : le contrat et la procuration postale sont fournis par votre société de domiciliation. Si votre entreprise est domiciliée chez LegalPlace, l’attestation de domiciliation et la procuration postale se téléchargent depuis votre espace personnel, prêtes à être jointes au message. LegalPlace propose aussi un service de domiciliation aux entreprises qui cherchent une adresse de siège.
Laisser le courrier de création de domiciliation sans réponse expose l’entreprise à voir son adresse de domiciliation écartée sur le plan fiscal. Selon la doctrine administrative, la domiciliation commerciale n’est pas retenue comme lieu de dépôt des déclarations dans deux situations :
Dans ces deux cas, faute de local propre désigné, l’entreprise est rattachée à l’adresse du domicile du chef d’entreprise ou, pour une société, de son dirigeant. Ses déclarations relèvent alors du service des impôts dont dépend cette adresse, et non plus de celui du domiciliataire.
Attention : ce rattachement ne modifie pas le siège social inscrit au registre, mais il dissocie l’adresse juridique de l’adresse fiscale. Retirer régulièrement son courrier chez le domiciliataire et répondre aux relances permet d’éviter cette situation.
Résumer cet article avec :
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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