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Fiches pratiques Créer une entreprise Démarches de création Que faut-il savoir au sujet du statut artiste-auteur ?

Que faut-il savoir au sujet du statut artiste-auteur ?

Pierre Aïdan - Image

Pierre Aïdan

Docteur en droit et diplômé de Harvard.

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 L'essentiel de l'article :

  • L'artiste-auteur relève d'un régime social spécifique, géré par la Sécurité sociale des artistes-auteurs.
  • La cotisation de 0,40 % correspond à l'assurance vieillesse déplafonnée, et non à une cotisation maladie.
  • La retraite complémentaire est gérée par l'IRCEC.
  • En 2026, la franchise de TVA s'applique aux œuvres et cessions de droits jusqu'à 50.000 € (tolérance 55.000 €).

Tout professionnel qui produit des œuvres créatives originales est affilié au statut artiste-auteur. Qui peut bénéficier de ce statut ? Quelles sont les obligations sociales et fiscales associées à celui-ci ? Est-il possible d'évoluer en micro-entreprise en tant qu'artiste-auteur ? Legalstart vous éclaire sur le statut artiste-auteur.

Mini-Sommaire

Qu’est-ce que le statut artiste-auteur ?

Le statut artiste-auteur est un régime social dédié aux indépendants qui exercent une activité artistique créative. Ces professionnels évoluent dans des domaines variés, tels que la danse, la littérature, le théâtre, les arts graphiques ou encore les logiciels. C'est notamment dans cette catégorie que se retrouve le projet de devenir artiste peintre.

 Attention : ce statut ne concerne pas les professionnels qui exécutent des tâches conçues par d'autres, ni ceux qui utilisent un processus mécanique pour reproduire leurs œuvres en plusieurs exemplaires. Il ne vise pas non plus les entrepreneurs du monde du spectacle ni les artistes-interprètes, qui dépendent du régime des intermittents du spectacle, un régime qu'il reste possible de cumuler avec celui d'artiste-auteur.

Qui est éligible au statut d'artiste-auteur ?

Le statut des artistes-auteurs est éligible aux personnes qui créent des œuvres d’art. Ils peuvent notamment concevoir :

  • des oeuvres graphiques et plastiques, telles que des tableaux ou des sculptures ;
  • des chorégraphiques et pantomimes ;
  • des scénographies ;
  • des écrits littéraires ou scientifiques ;
  • des illustrations ;
  • des adaptations et des traductions d’œuvres littéraires et scientifiques ;
  • des sous-titres, traductions et audiodescriptions dans l’audiovisuel et le cinéma ;
  • des compositions musicales avec ou sans paroles ;
  • des œuvres photographiques, cinématographiques et audiovisuelles ;
  • des modèles originaux de design ;
  • des logiciels informatiques.

 À noter : ce statut est accessible à la fois aux photographes journalistes qui travaillent à titre principal pour une agence de presse, et à ceux qui exercent à leur compte et touchent des droits d'auteur.

De fait, la rémunération des artistes-auteurs peut provenir :

  • de la vente ou de la location de leur production artistique ;
  • de l’exercice ou de la cession de leurs droits d’auteurs ;
  • de la remise d’un prix pour leur œuvres ;
  • d’une dédicace ;
  • d’une attribution de bourse, telle qu’une bourse de production ou de création ;
  • de leur participation à un jury. 

Les personnes qui disposent d’un statut artiste-auteur peuvent aussi avoir une rémunération provenant d’une activité dite accessoire, telle que :

  • l’encadrement d’un atelier littéraire ou artistique ;
  • la dispense d’un cours d’enseignement auprès de pairs ou au sein d’un atelier ;
  • une rencontre publique sans lien direct avec leur production artistique ;
  • la participation à des instances de gouvernance dans le champ professionnel ;
  • la participation à la conception, à la mise en forme ou au développement de la production artistique d’une autre personne, qui ne fait toutefois pas l’objet d’une création originale.

 Bon à savoir : en 2026, le plafond de revenus annuels d'activités accessoires s'élève à 14.424 € (1.200 fois le SMIC horaire). Au-delà de ce seuil, les revenus excédentaires relèvent du régime des travailleurs indépendants.

Pourquoi opter pour le statut artiste-auteur ?

Ce statut permet de bénéficier de plusieurs avantages. Il est conçu pour protéger les artistes-auteurs, qui ont souvent des revenus plus instables que les artisans ou les professions libérales. De fait, l’un des grands avantages du statut artiste-auteur est de bénéficier d’une protection sociale proche de celle des salariés. 

Par ailleurs, certains indépendants professionnels sont exonérés de la CFE (cotisation foncière des entreprises). Il s’agit :

  • des auteurs et compositeurs ;
  • des artistes lyriques et dramatiques ;
  • des dessinateurs, des peintres, des sculpteurs et des graveurs ayant le statut d’artiste et vendant uniquement le produit de leur art ;
  • des photographes d’art réalisant des prises de vue et cédant leurs œuvres d’art ou leurs droits patrimoniaux. 

Les indépendants profitent aussi d'un crédit de formation financé par l'AFDAS, l'opérateur de compétences des secteurs de la culture. En 2026, cette prise en charge atteint au maximum 4.200 € hors taxes par personne et par an. Pour en bénéficier, il faut justifier de recettes artistiques cumulées d'au moins 7.212 € (600 fois le SMIC horaire) sur les trois dernières années. 

À noter : depuis le 1er janvier 2026, un délai de carence de 6 à 24 mois s'applique aussi entre deux formations financées, selon la durée de la formation suivie.

Les artistes-auteurs disposent enfin d'un accès gratuit aux musées nationaux.

Comment créer un statut artiste-auteur ?

Pour devenir artiste-auteur, le professionnel indépendant doit déclarer son activité sur le site du Guichet Unique. Il obtient alors :

  • son code APE (activité principale exercée) ;
  • son numéro SIREN ;
  • son numéro SIRET. 

Par la suite, la déclaration de revenus et le paiement des contributions et des cotisations sociales s'effectuent auprès de l'URSSAF Limousin. Les modalités de déclaration et de calcul de l’assiette sociale dépendent du régime fiscal du professionnel :

  • BNC (bénéfices non commerciaux) ;
  • et/ou traitements et salaires (TS), qui correspondent aux droits d’auteurs versés par les diffuseurs.

 Bon à savoir : dans le cadre du régime TS, les artistes n'ont pas à déclarer leur activité. Ce sont les diffuseurs qui s'en chargent, via un mécanisme appelé précompte.

Quel régime social sous le statut artiste-auteur ?

Tout professionnel qui bénéficie de ce statut est affilié automatiquement à la Sécurité sociale des artistes-auteurs (article L. 382-1 du Code de la sécurité sociale), à condition de :

  • résider en France ;
  • d’effectuer une activité d’auteurs d’œuvres de l’esprit originales ;
  • d’exercer une activité inclut dans le champ d’activités du régime social des artistes-auteurs. 

Sont également affiliées à ce régime les personnes qui reçoivent une rémunération pour droits d’auteurs de la part d’un diffuseur d'œuvres, qu’il soit producteur, éditeur ou organisme de gestion collective. Dans les deux situations, l’attestation d’affiliation au régime s’effectue sous deux mois, à compter de la déclaration. 

Les artistes-auteurs bénéficient des mêmes prestations d'assurances sociales que les salariés. En revanche, pour l'assurance chômage et les accidents du travail, ils relèvent de la protection sociale des non-salariés. Leurs droits varient par ailleurs selon leurs revenus. Ils bénéficient ainsi :

  • d’une prise en charge des frais de soin, d’aides au logement, de prestations familiales et d’aide à l’insertion (sous conditions de ressources) dès le premier euro déclaré ;
  • d’une retraite de base (cotisation de vieillesse plafonnée), correspondant à 1 à 4 trimestres, à condition d’avoir perçu entre 150 et 600 SMIC horaire ;
  • d’un régime de retraite complémentaire particulier géré par l’IRCEC (l'Institution de retraite complémentaire de l'enseignement et de la création), à compter de 900 smic horaire ;
  • d'indemnités journalières (maladie, maternité, paternité, invalidité) et d'un capital décès, à condition d'être à jour de ses cotisations et de justifier un revenu au moins égal à 7.212 € (600 SMIC horaire) au cours d'une année civile.

À noter : selon la nature de leur activité, les artistes-auteurs peuvent aussi cotiser auprès du RACL (régime complémentaire des auteurs et compositeurs de musique) ou du RADC (régime des auteurs et compositeurs dramatiques). Ces deux régimes sont également gérés par l'IRCEC.

Pour information, les taux de cotisation d’un artiste-auteur sont les suivants :

  • 0,40 % pour l'assurance vieillesse déplafonnée ;
  • 9,20 % pour la CSG ;
  • 0,50 % pour la CRDS ;
  • 6,90 % (dans la limite de 1 Pass) pour la cotisation vieillesse plafonnée ;
  • 0,35 % pour la contribution à la formation professionnelle continue.

Le régime ne comporte pas de cotisation maladie-maternité qui lui serait propre : la couverture santé relève de la protection universelle maladie (PUMa).

 Bon à savoir : c'est l'IRCEC qui détermine et prélève le montant de la cotisation de retraite complémentaire.

Quel régime fiscal sous le statut artiste-auteur ?

Il existe trois régimes fiscaux pour le statut artiste-auteur :

  • micro-BNC ;
  • BNC ;
  • traitements et salaires (TS).

Les obligations fiscales dépendent alors du régime choisi. 

Le régime BNC correspond au régime attribué automatiquement à tout artiste-auteur. Celui-ci doit effectuer une déclaration de ses revenus annuels auprès de l'URSAFF Limousin, et payer ensuite ses cotisations chaque trimestre. S’il gagne moins de 83.600 € par an, il peut bénéficier du statut micro-BNC, qui lui permet de bénéficier d’allègements au niveau de ses obligations administratives. 

Le régime TS, lui, est dérogatoire. Il s'applique aux artistes-auteurs rémunérés par un diffuseur. Le professionnel déclare alors ses revenus annuels auprès de l'URSSAF Limousin. En revanche, c'est le diffuseur qui verse les cotisations chaque trimestre.

En ce qui concerne le paiement de la TVA, il peut être réalisé :

  • par l'artiste lui-même, qui règle la taxe directement auprès du Service des impôts, puis la déduit selon son montant réel ;
  • à la source : le diffuseur déclare et acquitte la TVA pour le compte de l'artiste-auteur, puis opère une retenue. Sur les droits d'auteur taxés à 10 %, il applique une déduction forfaitaire de 0,80 %, si bien que la retenue nette s'élève à 9,20 % (10 % moins 0,80 %). Le taux de 0,80 % n'est donc pas la TVA retenue, mais la déduction forfaitaire (article 285 bis du Code général des impôts).

Le taux de la TVA est le suivant :

  • 5,5 % pour la vente d'une œuvre originale par l'auteur ou ses ayants droit (article 278-0 bis du Code général des impôts) ;
  • 10 % pour la cession des droits d'auteur (article 279 du Code général des impôts) ;
  • 20 % pour les autres opérations.

 Bon à savoir : en 2026, la franchise en base de TVA s'applique aux livraisons d'œuvres et cessions de droits tant que le chiffre d'affaires de l'année précédente n'excède pas 50.000 € (tolérance 55.000 €). Pour les autres opérations, les seuils sont de 35.000 € et 38.500 € (article 293 B du Code général des impôts). Le seuil de 47 700 euros correspond à un ancien régime.

Enfin, certains artistes peuvent bénéficier d’une exonération de la CFE.

Statut d’artiste-auteur ou micro-entrepreneur : comment choisir ?

Le statut artiste-auteur est obligatoirement attribué aux artistes qui créent des œuvres d’art, entrant dans le champ d’activité correspondant. Ils peuvent néanmoins cumuler le statut d'auto-entrepreneur avec celui d'artiste-auteur pour déclarer d'autres types de revenus :

  • des revenus accessoires, comme le fait de participer à des ateliers artistiques. Ils sont cependant plafonnés à 14.424 € ;
  • des revenus indirects, sans caractère artistique. Il peut s’agir de proposer, par exemple, une stratégie de communication pour un graphiste. 

En cas de cumul, l'indépendant utilise le même numéro SIREN et le même numéro SIRET pour les deux activités, sauf si elles sont exercées à deux endroits différents, un second numéro SIRET est alors attribué. Les professionnels doivent par ailleurs déclarer :

  • les revenus accessoires et indirects auprès de l'URSSAF ;
  • les revenus au titre du statut artiste-auteur auprès de l'URSSAF Limousin.

 Attention : si les revenus accessoires excèdent 50 % des revenus totaux sur les trois dernières années d'activité, l'artiste-auteur cotise au régime de la Sécurité sociale des indépendants pour les sommes perçues au titre de l'année N.

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