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L'essentiel de l'article :
Tout professionnel qui produit des œuvres créatives originales est affilié au statut artiste-auteur. Qui peut bénéficier de ce statut ? Quelles sont les obligations sociales et fiscales associées à celui-ci ? Est-il possible d'évoluer en micro-entreprise en tant qu'artiste-auteur ? Legalstart vous éclaire sur le statut artiste-auteur.
Mini-Sommaire
Le statut artiste-auteur est un régime social dédié aux indépendants qui exercent une activité artistique créative. Ces professionnels évoluent dans des domaines variés, tels que la danse, la littérature, le théâtre, les arts graphiques ou encore les logiciels. C'est notamment dans cette catégorie que se retrouve le projet de devenir artiste peintre.
Attention : ce statut ne concerne pas les professionnels qui exécutent des tâches conçues par d'autres, ni ceux qui utilisent un processus mécanique pour reproduire leurs œuvres en plusieurs exemplaires. Il ne vise pas non plus les entrepreneurs du monde du spectacle ni les artistes-interprètes, qui dépendent du régime des intermittents du spectacle, un régime qu'il reste possible de cumuler avec celui d'artiste-auteur.
Le statut des artistes-auteurs est éligible aux personnes qui créent des œuvres d’art. Ils peuvent notamment concevoir :
À noter : ce statut est accessible à la fois aux photographes journalistes qui travaillent à titre principal pour une agence de presse, et à ceux qui exercent à leur compte et touchent des droits d'auteur.
De fait, la rémunération des artistes-auteurs peut provenir :
Les personnes qui disposent d’un statut artiste-auteur peuvent aussi avoir une rémunération provenant d’une activité dite accessoire, telle que :
Bon à savoir : en 2026, le plafond de revenus annuels d'activités accessoires s'élève à 14.424 € (1.200 fois le SMIC horaire). Au-delà de ce seuil, les revenus excédentaires relèvent du régime des travailleurs indépendants.
Ce statut permet de bénéficier de plusieurs avantages. Il est conçu pour protéger les artistes-auteurs, qui ont souvent des revenus plus instables que les artisans ou les professions libérales. De fait, l’un des grands avantages du statut artiste-auteur est de bénéficier d’une protection sociale proche de celle des salariés.
Par ailleurs, certains indépendants professionnels sont exonérés de la CFE (cotisation foncière des entreprises). Il s’agit :
Les indépendants profitent aussi d'un crédit de formation financé par l'AFDAS, l'opérateur de compétences des secteurs de la culture. En 2026, cette prise en charge atteint au maximum 4.200 € hors taxes par personne et par an. Pour en bénéficier, il faut justifier de recettes artistiques cumulées d'au moins 7.212 € (600 fois le SMIC horaire) sur les trois dernières années.
À noter : depuis le 1er janvier 2026, un délai de carence de 6 à 24 mois s'applique aussi entre deux formations financées, selon la durée de la formation suivie.
Les artistes-auteurs disposent enfin d'un accès gratuit aux musées nationaux.
Pour devenir artiste-auteur, le professionnel indépendant doit déclarer son activité sur le site du Guichet Unique. Il obtient alors :
Par la suite, la déclaration de revenus et le paiement des contributions et des cotisations sociales s'effectuent auprès de l'URSSAF Limousin. Les modalités de déclaration et de calcul de l’assiette sociale dépendent du régime fiscal du professionnel :
Bon à savoir : dans le cadre du régime TS, les artistes n'ont pas à déclarer leur activité. Ce sont les diffuseurs qui s'en chargent, via un mécanisme appelé précompte.
Tout professionnel qui bénéficie de ce statut est affilié automatiquement à la Sécurité sociale des artistes-auteurs (article L. 382-1 du Code de la sécurité sociale), à condition de :
Sont également affiliées à ce régime les personnes qui reçoivent une rémunération pour droits d’auteurs de la part d’un diffuseur d'œuvres, qu’il soit producteur, éditeur ou organisme de gestion collective. Dans les deux situations, l’attestation d’affiliation au régime s’effectue sous deux mois, à compter de la déclaration.
Les artistes-auteurs bénéficient des mêmes prestations d'assurances sociales que les salariés. En revanche, pour l'assurance chômage et les accidents du travail, ils relèvent de la protection sociale des non-salariés. Leurs droits varient par ailleurs selon leurs revenus. Ils bénéficient ainsi :
À noter : selon la nature de leur activité, les artistes-auteurs peuvent aussi cotiser auprès du RACL (régime complémentaire des auteurs et compositeurs de musique) ou du RADC (régime des auteurs et compositeurs dramatiques). Ces deux régimes sont également gérés par l'IRCEC.
Pour information, les taux de cotisation d’un artiste-auteur sont les suivants :
Le régime ne comporte pas de cotisation maladie-maternité qui lui serait propre : la couverture santé relève de la protection universelle maladie (PUMa).
Bon à savoir : c'est l'IRCEC qui détermine et prélève le montant de la cotisation de retraite complémentaire.
Il existe trois régimes fiscaux pour le statut artiste-auteur :
Les obligations fiscales dépendent alors du régime choisi.
Le régime BNC correspond au régime attribué automatiquement à tout artiste-auteur. Celui-ci doit effectuer une déclaration de ses revenus annuels auprès de l'URSAFF Limousin, et payer ensuite ses cotisations chaque trimestre. S’il gagne moins de 83.600 € par an, il peut bénéficier du statut micro-BNC, qui lui permet de bénéficier d’allègements au niveau de ses obligations administratives.
Le régime TS, lui, est dérogatoire. Il s'applique aux artistes-auteurs rémunérés par un diffuseur. Le professionnel déclare alors ses revenus annuels auprès de l'URSSAF Limousin. En revanche, c'est le diffuseur qui verse les cotisations chaque trimestre.
En ce qui concerne le paiement de la TVA, il peut être réalisé :
Le taux de la TVA est le suivant :
Bon à savoir : en 2026, la franchise en base de TVA s'applique aux livraisons d'œuvres et cessions de droits tant que le chiffre d'affaires de l'année précédente n'excède pas 50.000 € (tolérance 55.000 €). Pour les autres opérations, les seuils sont de 35.000 € et 38.500 € (article 293 B du Code général des impôts). Le seuil de 47 700 euros correspond à un ancien régime.
Enfin, certains artistes peuvent bénéficier d’une exonération de la CFE.
Le statut artiste-auteur est obligatoirement attribué aux artistes qui créent des œuvres d’art, entrant dans le champ d’activité correspondant. Ils peuvent néanmoins cumuler le statut d'auto-entrepreneur avec celui d'artiste-auteur pour déclarer d'autres types de revenus :
En cas de cumul, l'indépendant utilise le même numéro SIREN et le même numéro SIRET pour les deux activités, sauf si elles sont exercées à deux endroits différents, un second numéro SIRET est alors attribué. Les professionnels doivent par ailleurs déclarer :
Attention : si les revenus accessoires excèdent 50 % des revenus totaux sur les trois dernières années d'activité, l'artiste-auteur cotise au régime de la Sécurité sociale des indépendants pour les sommes perçues au titre de l'année N.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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