Devenir journaliste freelance : les 5 choses à savoir pour se lancer
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
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L'essentiel de l'article :
Quand un dirigeant ou un analyste financier examine la performance d’une entreprise cotée, il regarde rarement le résultat net. Il s’intéresse à un agrégat plus discriminant : le résultat opérationnel. Cet indicateur isole la rentabilité de l’activité économique, sans être brouillé par les choix de financement, les événements exceptionnels ou la fiscalité. C’est pour cette raison que les communiqués financiers du CAC 40 le mettent en avant.
Comment se calcule-t-il ? En quoi diffère-t-il du résultat d’exploitation du Plan Comptable Général français ? Que recouvre la notion de résultat opérationnel courant ? Voici tous les points pour comprendre cet indicateur central de l’analyse financière et de la communication financière des sociétés cotées.
Mini-Sommaire
Le résultat opérationnel mesure la performance économique dégagée par l’activité courante d’une entreprise. Il correspond à la différence entre les produits d’exploitation (chiffre d’affaires, production stockée, subventions, etc.) et les charges d’exploitation (achats, charges de personnel, dotations aux amortissements, etc.).
Cet agrégat exclut volontairement trois catégories d’éléments :
L’objectif est d’isoler la performance intrinsèque du modèle économique, indépendamment des choix de financement, de la fiscalité et des événements ponctuels.
Le résultat opérationnel n’est pas un solde du Plan Comptable Général français. Il provient des normes comptables internationales, en particulier de la norme IAS 1 « Présentation des états financiers ». Ces normes sont obligatoires pour les comptes consolidés des sociétés cotées sur un marché réglementé européen depuis le 1er janvier 2005, en application de l’article L233-24 du Code de commerce.
À noter : la norme IAS 1 ne définit pas précisément le résultat opérationnel et laisse aux entreprises une marge dans sa présentation. C’est pour combler cette absence de standardisation que l’Autorité des normes comptables a publié la recommandation CNC n°2009-R.03 du 2 juillet 2009, qui propose un format à trois niveaux pour les sociétés françaises.
Le résultat opérationnel concerne au premier chef :
Pour les entreprises non cotées qui appliquent uniquement le PCG français, on parle plutôt de résultat d’exploitation.
Les deux notions sont étroitement liées et souvent présentées comme synonymes. En réalité, elles renvoient à deux référentiels comptables distincts qui structurent différemment le compte de résultat.
À noter : le règlement ANC n° 2022-06 du 4 novembre 2022, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, a redéfini strictement la notion de résultat exceptionnel dans le PCG. Désormais, seuls les événements à la fois majeurs et inhabituels y figurent. Une partie des opérations auparavant classées en exceptionnel bascule en résultat d'exploitation, ce qui rapproche significativement la présentation française de la présentation IFRS sans toutefois les confondre.
Le résultat d’exploitation est un solde intermédiaire de gestion (SIG) du Plan Comptable Général français. Il s’affiche dans le compte de résultat de toutes les entreprises non cotées établissant leurs comptes en normes françaises. C’est un agrégat normatif et standardisé : son contenu est défini par le PCG, et sa formule est identique pour toutes les entreprises.
Le résultat opérationnel relève quant à lui des normes IFRS. Sa présentation est moins normative que celle du résultat d’exploitation : la norme IAS 1 laisse aux sociétés la liberté d’organiser leur compte de résultat selon leur jugement. La recommandation CNC encadre cette liberté pour les sociétés françaises, mais elle ne lie pas les groupes étrangers.
Le choix entre les deux notions dépend du contexte :
À noter : en pratique, le résultat opérationnel et le résultat d’exploitation peuvent aboutir à des montants proches selon les opérations comptabilisées. La différence ne tient pas tant au fond qu’à la présentation, au référentiel comptable et au traitement des événements non récurrents.
Le résultat opérationnel s’obtient par différence entre les produits et les charges liés à l’activité courante :
Résultat opérationnel = Produits d’exploitation − Charges d’exploitation
Les produits d’exploitation comprennent typiquement :
Les charges d’exploitation regroupent :
Imaginons un groupe industriel coté dont le compte de résultat consolidé présente les éléments suivants pour l'exercice :
Le résultat opérationnel courant (ROC) isole l'activité récurrente :
ROC = (850 + 12) − (380 + 220 + 95 + 67) = 862 − 762 = 100 millions d'euros.
Le résultat opérationnel intègre ensuite les autres produits et charges opérationnels (éléments significatifs et peu fréquents) :
Résultat opérationnel = 100 − 15 (restructuration) − 8 (dépréciation goodwill) + 3 (plus-value de cession) = 80 millions d'euros.
La marge opérationnelle courante est de 100 / 850 = 11,8 %, tandis que la marge opérationnelle ressort à 80 / 850 = 9,4 %. L'écart de 2,4 points reflète l'impact des opérations non récurrentes sur l'exercice.
Le résultat opérationnel est généralement considéré comme l’équivalent français de l’EBIT (Earnings Before Interest and Taxes) anglo-saxon. Les deux indicateurs mesurent la rentabilité opérationnelle avant intérêts et impôts, et reposent sur la même logique : isoler la performance économique de l’activité.
L’EBIT se distingue de l’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization), qui exclut en plus les dotations aux amortissements et dépréciations. L’EBITDA est ainsi une mesure de la capacité à générer du cash, tandis que l’EBIT et le résultat opérationnel intègrent l’effort d’investissement annuel.
Le résultat opérationnel courant (ROC) est un sous-agrégat du résultat opérationnel qui isole les flux récurrents et habituels de l’activité. Il exclut les éléments significatifs, inhabituels et peu fréquents qui pourraient fausser la lecture de la performance opérationnelle récurrente.
L’écart entre le résultat opérationnel courant et le résultat opérationnel correspond à ce que la recommandation CNC appelle les « autres produits et charges opérationnels » :
Résultat opérationnel = ROC + Autres produits opérationnels − Autres charges opérationnelles
Face à l’absence de standardisation précise par IAS 1, le Conseil national de la comptabilité (CNC), aujourd'hui remplacé par l'Autorité des normes comptables (ANC), a publié le 2 juillet 2009 la recommandation n°2009-R.03. Elle propose aux sociétés françaises sous IFRS un format de compte de résultat à trois niveaux :
Cette recommandation précise que la rubrique « autres » ne doit être alimentée que dans le cas où un événement majeur intervenu pendant la période comptable est de nature à fausser la lecture de la performance récurrente. Elle interdit également la qualification « exceptionnel » ou « extraordinaire » pour ces postes, ces termes étant exclus du vocabulaire IFRS.
Les communications financières des sociétés du CAC 40 montrent une certaine homogénéité des éléments classés en « autres charges opérationnelles » :
Les « autres produits opérationnels » regroupent typiquement les plus-values de cession de filiales consolidées, les effets favorables de périmètre et certaines plus-values immobilières significatives.
Le résultat opérationnel est un indicateur de la création de valeur économique.
Un résultat opérationnel positif signifie que l’activité courante dégage suffisamment de produits pour couvrir l’ensemble de ses charges courantes, y compris les dotations aux amortissements (qui représentent la consommation de l’outil productif sur l’exercice).
Un résultat opérationnel négatif traduit à l’inverse une activité déficitaire au plan opérationnel, ce qui est un signal d’alerte fort.
L’un des intérêts majeurs du résultat opérationnel tient à sa neutralité financière et fiscale.
En excluant les intérêts d’emprunt et l’impôt sur les sociétés, il permet de comparer des entreprises ayant des structures de financement différentes (endettement plus ou moins élevé) ou implantées dans des juridictions fiscales différentes. Cette neutralité en fait un indicateur de référence dans les benchmarks sectoriels et les analyses comparatives internationales.
Bon à savoir : la lecture du résultat opérationnel s'inscrit plus largement dans la publication des comptes consolidés et du rapport de gestion. Legalstart accompagne depuis 2014 les sociétés dans leurs obligations comptables courantes (dépôt des comptes, modifications statutaires, gouvernance).
Le résultat opérationnel sert de numérateur à plusieurs ratios clés de l’analyse financière :
Ces ratios sont au cœur des soldes intermédiaires de gestion et de l’analyse de la rentabilité d’une entreprise, qu’elle soit cotée ou non.
Résumer cet article avec :
Léna Cazenave
Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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