Immobilisation corporelle : principe, valorisation et comptabilisation
Diplômé de l'ESSEC Business School.
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L'essentiel de l'article :
L’avis à tiers détenteur (ou SATD) est une procédure qui permet au Trésor public de saisir directement des sommes d’argent auprès d'une tierce personne pour rembourser la dette d'un contribuable. En entreprise, cette situation survient fréquemment lorsqu'un salarié ne paie pas ses impôts ou ses amendes : l'administration fiscale se tourne alors vers l'employeur pour retenir la somme due sur le salaire.
Comment fonctionne concrètement cette saisie administrative ? Quelles sont vos obligations légales et les démarches à effectuer en tant qu'employeur ? Legalstart fait le point dans cette fiche pratique pour vous aider à réagir correctement.
Mini-Sommaire
Selon l'article, L.262 du Livre des procédures fiscales, et par définition, l’avis à tiers détenteur (ATD) est une procédure administrative qui permet à l'administration, et notamment au Trésor Public, de récupérer une créance due par un débiteur en effectuant la demande auprès d’une tierce personne qui possède la somme en question.
Il faut savoir que cette procédure :
Un avis à tiers détenteur peut concerner notamment :
Pour requérir le prélèvement du montant indiqué sur l’avis à tiers détenteur, l’administration fiscale envoie un avis auprès d’un tiers en possession de la somme due. Cette procédure s’appelle une saisie administrative à tiers détenteur. Le Trésor public s’adresse le plus souvent à la banque. Néanmoins, l’employeur du créancier ou son locataire peuvent également être sollicités.
Ici, nous traiterons uniquement du cas où la saisie adminsitrative à tiers détenteur (SATD) est réalisée auprès de l'employeur. Cela signifique que le salarié doit une somme d'argent à l'administration (impôt, amende, etc.), et que cette dernière a décidé de mettre en place une saisie sur salaire directement auprès de l'employeur (le tiers). Mais, il faut savoir que la procédure d'ATD peut aussi être mise en place sur un compte bancaire.
📝 À noter : un créancier ne peut pas contacter directement le débiteur. Toutefois, dans le cadre d’une pension alimentaire, un commissaire de justice peut également être sollicité pour effectuer l’acte de saisie.
L’avis à tiers détenteur suit une procédure précise :
L’administration fiscale envoie une lettre recommandée avec accusé de réception auprès du tiers détenteur et du contribuable débiteur, simultanément. Le document indique :
Une fois l’avis réceptionné, le tiers détenteur dispose de 30 jours pour verser le montant requis.
L’ATD concerne des montants qui peuvent être saisis. Il peut notamment s’agir :
📝 À noter : un chèque encaissé, qui n'apparaît pas encore sur le compte courant du débiteur, peut être également concerné.
Par ailleurs, le montant concerné par l’ATD peut être déjà dû, ou bien être dû à une date ultérieure (notamment dans le cadre de créances régulières).
Si l’avis est envoyé à la banque du débiteur, l’ensemble de ses comptes peuvent être saisis, à l’exception du compte destiné à acheter ou à vendre des titres financiers. Le compte courant peut alors être bloqué 15 jours dès réception de l’ATD. La banque transmet ensuite le montant dû à l’administration, dans la limite du solde saisi et du montant du solde bancaire insaisissable (SBI).
En 2026, le solde bancaire insaisissable est fixé à 651,69 € depuis le 1er avril 2026, quelle que soit la situation familiale du débiteur (source : service-public.fr). Enfin, l’établissement financier peut facturer des frais, dans la limite de 10 % de la valeur due et plafonnés à 100 €.
Oui, un employeur notifié par une SATD a l’obligation d’exécuter la saisie demandée par l’administration fiscale dans un délai de 30 jours. Il verse directement à l’administration le montant saisissable sur le salaire du débiteur. Il n’a pas à s’adresser au greffe du tribunal dans ce cadre : la SATD est une procédure administrative directe entre l’administration fiscale et l’employeur.
⚠️ Attention : s’il ne réalise pas cette procédure, l’employeur peut être condamné à une amende pouvant s’élever jusqu’à 10.000 €, ainsi qu’à des dommages et intérêts.
Le chef d’entreprise verse ensuite au greffe du tribunal le montant dû jusqu’à la fin de saisie, qui sera notifiée par le greffier. S’il ne réalise pas les prélèvements requis par l’avis à tiers détenteur, l’employeur peut lui-même être condamné à verser ces sommes. Par ailleurs, il est tenu d’informer, sous 8 jours, le tribunal de tout changement de situation pouvant mettre en suspens ou stopper la saisie.
Oui, et la distinction est fondamentale. La saisie administrative à tiers détenteur (SATD) et la saisie sur salaire de droit commun sont deux procédures distinctes, qui répondent à des logiques différentes.
|
SATD (avis à tiers détenteur) |
Saisie sur salaire judiciaire |
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|---|---|---|
|
Qui la déclenche ? |
L’administration fiscale (DGFiP) |
Un créancier privé (banque, fournisseur...) |
|
Procédure |
LRAR directe à l’employeur |
Depuis juillet 2025 : commissaire de justice répartiteur |
|
Interlocuteur de l’employeur |
Administration fiscale directement |
Commissaire de justice (depuis le 1er juillet 2025) |
|
Délai de versement |
30 jours |
Mensuel, selon le barème de saisie |
À noter : depuis le 1er juillet 2025, la saisie sur salaire de droit commun (créanciers privés) n’est plus gérée par le greffe du tribunal, mais par un commissaire de justice répartiteur. Cette réforme ne concerne pas la SATD, qui reste inchangée dans sa procédure.
La SATD reçue par l’employeur ne constitue pas une charge supplémentaire pour l’entreprise : c’est une modalité de paiement du salaire. Elle apparaît sur la fiche de paie du salarié après toutes les cotisations et contributions sociales, comme un acompte déduct du net à payer.
L’employeur :
Pour aller plus loin sur les obligations de l’employeur en matière de saisie, consultez notre fiche sur la saisie sur rémunération.
Lorsque l’employeur est contacté par plusieurs créanciers, il doit mettre en place des versements selon un ordre décroissant de priorité :
Oui, le salarié qui se voit prévelé d'un ATD sur son salaire peut contester la procédure. Cependant, la contestation ne se fait pas auprès de l'employeur qui lui a l'obligation d'exécuter la demande de l'administration fiscale.
Ainsi, selon les articles L.281 à L.283 et R.281-1 à R.281-3 du Code des procédures fiscales, la constestation de l'ATD doit avoir lieu dans les 2 mois qui suivent la réception de l'avis à tiers détenteur. Il convient d'adresser la contestation par écrit, accompagnée de tous les justificatifs utiles Directeur départemental des finances publiques (DDFIP) du département qui a émis l'ATD.
Résumer cet article avec :
Thomas Wittenmeyer
Diplômé de l'ESSEC Business School.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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