Comptabilité en ligne : un indispensable pour les entreprises
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L'essentiel à retenir :
La répétition de l’indu permet d’obtenir la restitution d’une somme ou d’un bien reçu sans être dû, que le bénéficiaire l’ait reçu par erreur ou sciemment.
Celui qui a payé doit établir le caractère indu du paiement, et son erreur n’est à prouver que s’il a acquitté la dette d’autrui.
L’action se prescrit en principe par 5 ans, mais certains indus, comme les salaires ou les cotisations sociales, obéissent à des délais propres.
La bonne ou la mauvaise foi de celui qui a reçu détermine l’étendue de la restitution, qui peut être réduite si le paiement procède d’une faute.
Lorsque vous tenez la comptabilité de votre entreprise, il peut arriver que vous vous soyez trompé au moment de payer vos fournisseurs ou salariés.
Si votre tentative de résolution amiable pour récupérer cette somme ou ce bien est restée sans suite, vous avez la possibilité d’agir au titre de la répétition de l’indu.
Qu’est-ce que la répétition de l’indu et dans quels cas s’applique-t-elle ? Quelle est la procédure à suivre ? Quelles sont les conséquences de cette action ? Legalstart répond à vos interrogations.
Mini-Sommaire
Selon la loi, "ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution". Dans ce cas, on parle de remboursement ou de paiement de l’indu.
Ainsi, en droit français, la répétition de l’indu tient sa définition comme suit : c’est une procédure qui permet à quelqu’un (appelé solvens) d’obtenir le remboursement ou la restitution d’un bien dont une autre personne (l’accipiens) s’est injustement enrichie à ses dépens en le recevant alors qu’il ne lui était pas dû.
⚠️ Attention : concernant la répétition de l’indu, le Code civil indique que la restitution n’est pas possible pour les obligations naturelles acquittées volontairement. Par exemple, le perdant d’un pari ne peut pas intenter une action en répétition sur ce qu’il a volontairement payé, sauf dol, supercherie ou escroquerie de la part du gagnant (article 1967 du Code civil).
Exemples de cas où s’applique la répétition de l’indu :
L’action en répétition de l’indu est une procédure contentieuse, qui n’est envisagée que dans le cas où la procédure amiable est restée infructueuse.
☝️ Bon à savoir : la résolution amiable reste la voie la plus rapide, et elle s’impose en principe avant de saisir le tribunal judiciaire pour les demandes de faible montant. Pour limiter ce type d’erreur dans la tenue de votre comptabilité, vous pouvez vous faire accompagner par un expert-comptable, comme LS Compta.
Pour vous aider à ne pas commettre cette erreur, faîtes-vous accompagner par un expert-comptable. Vous pouvez également essayer notre outil de gestion de comptabilité.
La répétition de l’indu recouvre trois hypothèses :
L’action en répétition de l’indu suppose un paiement et le caractère indu de ce paiement. Peu importe que l’accipiens ait reçu la somme par erreur ou en connaissance de cause. Selon l’article 1302-1 du Code civil, « celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû doit le restituer à celui de qui il l’a indûment reçu ». L’erreur du solvens n’est pas exigée dans tous les cas. Les conditions de l’action diffèrent selon que l’indu est objectif ou subjectif.
On parle d’indu objectif si la dette n’existe pas ou plus. Dans ce cas, l’accipiens a reçu une somme ou un bien alors qu’il n’avait pas de créance. Aucune obligation n’existe alors entre les parties. L’accipiens doit restituer ce qu’il a perçu, sans que le solvens n’ait à démontrer une erreur de sa part. C’est le cas, par exemple, d’une facture réglée deux fois.
On parle d’indu subjectif lorsqu’une dette existe bien, mais pas entre ces individus. C’est le cas lorsque la somme a été versée par erreur à une personne autre que le créancier, ou lorsque la dette a été acquittée par une personne autre que le véritable débiteur. Dans ce second cas, c’est au solvens de démontrer qu’il a payé par erreur ou sous la contrainte, conformément à l’article 1302-2 du Code civil.
Pour obtenir la restitution du paiement, il faut intenter une action en répétition de l’indu. L’action est engagée par le solvens à l’égard de l’accipiens. On parle également d’assignation en répétition de l’indu.
La juridiction compétente dépend de la nature du litige. Par exemple, si la répétition de l’indu concerne le paiement de salaire par un employeur à son salarié, le Conseil des prud’hommes est compétent pour trancher le litige. Lorsque le litige n’est attribué à aucune autre juridiction en raison de sa nature, il relève du tribunal judiciaire (article L. 211-3 du Code de l’organisation judiciaire).
Sauf disposition contraire, la juridiction territorialement compétente est celle du lieu où demeure le défendeur (article 42 du Code de procédure civile). Devant le tribunal judiciaire, les parties sont dispensées de constituer avocat lorsque la demande porte sur un montant inférieur ou égal à 10 000 €, hors matières relevant de sa compétence exclusive (article 761 du Code de procédure civile). Au-delà de ce montant, la représentation par avocat est obligatoire, sauf autre cas de dispense prévu par ce même article.
Lorsque la demande portée devant le tribunal judiciaire tend au paiement d’une somme n’excédant pas 5 000 €, elle doit être précédée, au choix des parties, d’une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice, d’une tentative de médiation ou d’une tentative de procédure participative. À défaut, le juge peut déclarer la demande irrecevable d’office, sauf dispense prévue par l’article 750-1 du Code de procédure civile, par exemple en cas d’urgence manifeste.
☝️ Bon à savoir : le demandeur doit établir le caractère indu du paiement. Cette preuve peut être apportée par tout moyen (articles 1342-8 et 1358 du Code civil), par exemple des relevés bancaires, des bulletins de paie, des factures ou des échanges écrits.
Par exemple, si vous avez versé un trop-perçu, vous pouvez produire la fiche de paie ou la facture, ainsi que le relevé bancaire qui fait apparaître la différence de montant.
Concernant la répétition de l’indu, le délai de prescription est celui de droit commun, c’est-à-dire 5 ans à compter du jour où celui qui a payé a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’agir (article 2224 du Code civil). Ainsi, le point de départ de l’action en répétition n’est pas forcément le jour de paiement.
Le délai de prescription peut être différent en cas de dispositions particulières, par exemple :
La répétition de l’indu entraîne la restitution de ce que l’accipiens a perçu, selon les règles des articles 1352 à 1352-9 du Code civil. Il peut s’agir de la restitution :
☝️ Bon à savoir : lorsque la restitution du bien en nature est impossible, elle a lieu en valeur, estimée au jour de la restitution (article 1352 du Code civil).
Les effets de la répétition de l’indu diffèrent selon que l’accipiens savait ou non que le paiement ne lui était pas dû. S’il l’ignorait, il est de bonne foi. Il restitue le bien ou la somme d’argent, et ne doit les intérêts, les fruits perçus ou la valeur de la jouissance qu’à compter du jour de la demande (article 1352-7 du Code civil).
Si le bien qu’il doit restituer est dégradé, il n’en répond que si la dégradation est due à sa faute (article 1352-1 du Code civil). S’il a vendu le bien, il ne doit restituer que le prix de la vente. Si l’indu concerne un bien consommé par l’accipiens, il doit restituer la valeur du bien.
Si l'accipiens a connaissance de l’erreur, on dit qu’il est de mauvaise foi, il devra rendre la chose et les intérêts et fruits s’y rattachant depuis le jour de la réception. S’il a vendu la chose, il en doit la valeur au jour de la restitution lorsqu’elle est supérieure au prix de vente (article 1352-2 du Code civil). Il répond en outre des dégradations et détériorations de la chose, même lorsqu’elles ne sont pas dues à sa faute (article 1352-1 du Code civil).
⚠️ Attention : l’accipiens est présumé de bonne foi, et c’est au solvens de prouver sa mauvaise foi (article 2274 du Code civil). La mauvaise foi est admise si l’accipiens savait qu’il n’était pas le destinataire du versement.
Pour ne pas commettre d’erreur, n’hésitez pas à utiliser Comptastart notre logiciel de comptabilité en ligne.
Principales sources législatives et réglementaires :
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Léna Cazenave
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