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Fiches pratiques Gérer une entreprise Comptabilité Ratios financiers : comment les calculer et les interpréter ?

Ratios financiers : comment les calculer et les interpréter ?

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Thomas Wittenmeyer

Diplômé de l'ESSEC Business School.


Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L’essentiel de l’article : 

  • Un ratio financier rapporte deux montants tirés des comptes annuels pour mesurer un aspect de la santé de l’entreprise.
  • Les ratios se regroupent en grandes familles : rentabilité, structure financière et solvabilité, liquidité, rotation du cycle d’exploitation.
  • Le bilan, le compte de résultat et l’annexe fournissent les données, souvent après quelques retraitements.
  • Les délais clients et fournisseurs se lisent au regard des plafonds légaux de paiement entre professionnels.
  • Un ratio prend son sens comparé à ceux des exercices précédents et à ceux d’entreprises du même secteur.

Calculer des ratios financiers revient à transformer les comptes annuels en quelques chiffres lisibles : marge dégagée sur les ventes, poids des dettes, capacité à payer les échéances proches. Le banquier qui étudie une demande de prêt, l’investisseur qui entre au capital et le dirigeant qui prépare son budget utilisent les mêmes outils pour juger une situation en quelques minutes.

Quels ratios suivre et où trouver les montants à rapprocher ? Comment mesurer la rentabilité, la solidité et la trésorerie de votre entreprise ? Et comment éviter les erreurs de lecture qui faussent une analyse ?

Mini-Sommaire

Qu’est-ce qu’un ratio financier ?

Un ratio financier est un rapport entre deux grandeurs issues de la comptabilité de l’entreprise, exprimé en pourcentage, en coefficient ou en nombre de jours. Le résultat net rapporté au chiffre d’affaires donne par exemple une marge nette, tandis que les dettes financières rapportées aux capitaux propres mesurent le niveau d’endettement.

Ces indicateurs forment la base de l’analyse financière d’une entreprise. Ils servent à comparer des sociétés de tailles différentes, puisqu’un ratio neutralise l’effet du volume d’activité. Une marge nette de quelques points a la même signification pour une boulangerie que pour une société de conseil, même si leurs chiffres d’affaires n’ont rien de commun.

Le tableau ci-dessous présente les quatre familles de ratios et la question à laquelle chacune répond :

Famille de ratios

Question posée

Exemples de ratios

Rentabilité

L’entreprise gagne-t-elle assez d’argent au regard de son activité et des capitaux engagés ?

Marge nette, rentabilité économique, rentabilité financière

Structure et solvabilité

L’entreprise dépend-elle trop de ses prêteurs ?

Autonomie financière, endettement, capacité de remboursement

Liquidité

L’entreprise peut-elle régler ses dettes à court terme ?

Liquidité générale, liquidité réduite, liquidité immédiate

Rotation

À quelle vitesse tournent les stocks, les créances et les dettes ?

Délai clients, délai fournisseurs, rotation des stocks

Ces familles se complètent. Une entreprise très rentable peut manquer de trésorerie si ses clients paient tard, et une entreprise peu endettée peut perdre de l’argent chaque année.

 À noter : les formules présentées ici sont celles de l’analyse financière courante. Chaque banque ou chaque cabinet peut retenir ses propres variantes, d’où l’intérêt de toujours comparer des ratios calculés de la même façon.

Quels documents comptables fournissent les données de calcul ?

Les comptes annuels d’une société se composent du bilan, du compte de résultat et, en principe, d’une annexe, établis à la clôture de chaque exercice. Le bilan décrit ce que l’entreprise possède et ce qu’elle doit à une date donnée. Le compte de résultat retrace les produits et les charges de l’exercice, et l’annexe apporte les précisions utiles, comme le détail des échéances des dettes ou les engagements hors bilan.

Le compte de résultat alimente les ratios de rentabilité, à partir du chiffre d’affaires, de la valeur ajoutée, de l’excédent brut d’exploitation ou du résultat net. Les soldes intermédiaires de gestion découpent ce résultat en paliers successifs, ce qui facilite le calcul des marges à chaque niveau de l’activité.

Le bilan alimente les ratios de structure et de liquidité. Pour l’analyse, ses postes sont souvent regroupés par grandes masses : actif immobilisé, actif circulant, capitaux propres, dettes à long terme et dettes à court terme. Certains analystes retraitent aussi le bilan, par exemple en réintégrant les biens financés en crédit-bail, afin de comparer des entreprises qui financent leurs équipements de façon différente.

Les données d’un seul exercice donnent une photographie. Pour suivre une tendance, il faut réunir les comptes d’au moins deux ou trois exercices et calculer les mêmes ratios avec les mêmes formules.

Quels ratios mesurent la rentabilité de l’entreprise ?

Les ratios de rentabilité comparent un résultat aux moyens mis en œuvre pour l’obtenir. La marge nette rapporte le résultat net au chiffre d’affaires hors taxes. Le taux de marge brute, ou taux de marque selon la base retenue, mesure ce que l’entreprise conserve sur ses ventes une fois déduit le coût d’achat des marchandises vendues.

La rentabilité économique rapporte le résultat d’exploitation aux capitaux investis dans l’activité, c’est-à-dire aux immobilisations et au besoin de financement du cycle d’exploitation. Elle mesure l’efficacité de l’outil de production, quel que soit son mode de financement.

La rentabilité financière, souvent appelée ROE (return on equity), rapporte le résultat net aux capitaux propres. Elle intéresse d’abord les associés, puisqu’elle indique ce que rapporte chaque euro qu’ils ont laissé dans l’entreprise.

L’écart entre rentabilité financière et rentabilité économique traduit l’effet de l’endettement sur la rémunération des associés.

Prenons l’exemple de Claire, dirigeante d’une entreprise de maintenance industrielle. Son entreprise réalise 500 000 € de chiffre d’affaires HT, dégage un résultat net de 25 000 € et dispose de 100 000 € de capitaux propres. Sa marge nette atteint donc 5 % et sa rentabilité financière 25 %.

Ces ratios ne disent pas à partir de quel volume d’activité l’entreprise commence à gagner de l’argent. Cette question relève du seuil de rentabilité, qui sépare les charges fixes des charges variables pour déterminer le chiffre d’affaires à partir duquel le résultat devient positif.

Quels ratios évaluent la structure financière et la solvabilité ?

Les ratios de structure financière décrivent la façon dont l’entreprise finance ses actifs, avec ses propres ressources ou avec celles de ses prêteurs. Ils répondent à la question que se pose tout banquier avant d’accorder un crédit. L’entreprise pourra-t-elle rembourser, et que resterait-il aux créanciers en cas de difficulté ?

Le ratio d’autonomie financière rapporte les capitaux propres au total du bilan. Plus il est élevé, plus l’entreprise finance son activité par ses propres moyens. Le ratio d’endettement, ou gearing, rapporte les dettes financières aux capitaux propres. Un ratio d’endettement supérieur à 1 signifie que les prêteurs financent davantage l’entreprise que ses associés.

La capacité de remboursement rapporte les dettes financières à la capacité d’autofinancement (CAF), c’est-à-dire à la ressource que l’activité dégage chaque année. Le résultat s’exprime en nombre d’années et indique combien d’exercices il faudrait pour rembourser les emprunts si toute la CAF y était consacrée.

 Bon à savoir : une même entreprise peut afficher une bonne autonomie financière et une capacité de remboursement faible, lorsque ses capitaux propres sont élevés mais que son activité dégage peu de ressources. Les deux indicateurs se lisent ensemble.

La solvabilité au sens large mesure la capacité de l’entreprise à faire face à l’ensemble de ses dettes avec l’ensemble de ses actifs. Le ratio de solvabilité traduit cette capacité en un seul chiffre, à partir du total de l’actif et du total des dettes.

Quels ratios suivent la liquidité et le cycle d’exploitation ?

Les ratios de liquidité mesurent la capacité de l’entreprise à régler ses dettes à court terme avec ses actifs à court terme. La liquidité générale rapporte l’actif circulant aux dettes à court terme. La liquidité réduite retire les stocks du numérateur, parce qu’un stock ne se transforme pas immédiatement en trésorerie. La liquidité immédiate ne retient que les disponibilités.

Un ratio de liquidité générale inférieur à 1 signifie que l’actif circulant ne couvre pas les dettes exigibles à court terme. Une telle situation n’entraîne pas à elle seule un défaut de paiement, mais elle rend l’entreprise dépendante de ses encaissements quotidiens et de ses découverts bancaires.

Les ratios de rotation traduisent le cycle d’exploitation en nombre de jours. Le délai de paiement des clients rapporte les créances clients au chiffre d’affaires TTC, multiplié par le nombre de jours de la période. Le délai fournisseurs suit la même logique avec les dettes fournisseurs et les achats TTC, et la rotation des stocks rapporte le stock moyen au coût des achats consommés.

Ces délais se comparent aux plafonds légaux. Entre professionnels, le délai convenu ne peut dépasser soixante jours après la date d’émission de la facture, ou quarante-cinq jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément (article L441-10 du Code de commerce).

 À noter : en l’absence de délai convenu entre les parties, le règlement doit intervenir dans les trente jours suivant la réception des marchandises ou l’exécution de la prestation. Un délai clients qui s’allonge au-delà des délais convenus signale des retards de paiement à relancer.

Les écarts entre délai clients, délai fournisseurs et rotation des stocks déterminent le besoin en fonds de roulement. Une entreprise qui encaisse ses clients à soixante jours et paie ses fournisseurs à trente jours doit financer cet écart avec sa trésorerie.

Comment lire un ratio financier et en tirer des conclusions ?

Un ratio isolé apporte peu d’information. Les ratios financiers prennent leur sens dans deux comparaisons : avec les exercices précédents de la même entreprise, pour repérer une tendance, et avec des entreprises du même secteur, dont le modèle économique est proche. Un délai clients de soixante jours peut être courant dans un secteur où les clients règlent sur facture, et préoccupant dans un commerce dont la clientèle paie au comptant.

Les comptes annuels des sociétés commerciales, déposés au greffe, servent souvent de base à ces comparaisons sectorielles. Sauf exceptions, une société qui répond à la définition des micro-entreprises peut toutefois déclarer que ses comptes déposés ne seront pas rendus publics, et une petite entreprise peut demander que son compte de résultat ne le soit pas (article L232-25 du Code de commerce).

Les données d’un concurrent peuvent donc manquer, puisque de nombreuses sociétés recourent à la déclaration de confidentialité des comptes annuels. Les ratios reposent par ailleurs sur des comptes arrêtés à une seule date. Pour une activité saisonnière, un bilan établi en basse saison donne une image du stock et des créances qui ne reflète pas le reste de l’année.

Un expert-comptable peut calculer ces indicateurs à chaque clôture et les présenter avec les comptes annuels. LS Compta, cabinet d’expertise comptable en ligne, confie chaque dossier à un comptable dédié qui suit vos comptes et répond à vos questions sur leur lecture.

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