Rupture conventionnelle et chômage : quelles sont les règles ? 2026
L’essentiel de l’article :
Si un salarié ne peut pas être licencié pour cause de maladie, son licenciement reste possible. Toutefois, celui-ci doit être justifié par des circonstances spécifiques qui n'ont aucun lien avec l’arrêt maladie. À défaut, le licenciement est discriminatoire et nul.
Quels sont les motifs légaux qui permettent un licenciement en arrêt maladie ? Quelle est la procédure à suivre ? Quelles sont les indemnités auxquelles peut prétendre le salarié licencié ? Nous vous donnons toutes les informations utiles dans cet article.
Mini-Sommaire
Lorsque l’arrêt maladie n’a pas d’origine professionnelle, le licenciement reste possible pour l’un des motifs suivants, sans lien avec l’état de santé du salarié :
Lorsque l’arrêt de travail fait suite à un accident du travail, autre qu’un accident de trajet, ou à une maladie professionnelle, le contrat de travail est suspendu pendant toute la durée de l’arrêt (article L1226-7 du Code du travail). Pendant cette suspension, l’employeur ne peut rompre le contrat que dans deux cas : une faute grave du salarié, ou l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident ou à la maladie (article L1226-9 du Code du travail).
La perturbation de l’entreprise causée par l’absence et la nécessité de remplacer le salarié ne font pas partie de ces deux cas. Un motif économique ne permet la rupture que si l’employeur établit qu’il rend impossible le maintien du contrat, indépendamment de l’accident ou de la maladie. Toute rupture prononcée en méconnaissance de ces règles est nulle (article L1226-13 du Code du travail).
Attention : aucun salarié ne peut être licencié en raison de son état de santé, par exemple pendant un arrêt maladie pour dépression (article L1132-1 du Code du travail). Un tel licenciement est nul (article L1132-4 du Code du travail). Le salarié peut alors demander la poursuite de son contrat. S’il ne la demande pas ou si sa réintégration est impossible, le juge lui accorde une indemnité qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois (article L1235-3-1 du Code du travail).
Un salarié peut être licencié en arrêt maladie si son absence prolongée ou ses absences répétées perturbent le fonctionnement de l’entreprise. Ce motif suppose deux conditions cumulatives :
Attention : pour que le licenciement en arrêt maladie soit possible, l’absence du salarié ne doit pas être provoquée par un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité. Par exemple, elle ne doit pas être consécutive à une situation de harcèlement ou de burn-out.
Cette perturbation s’apprécie à l’échelle de l’entreprise tout entière. La désorganisation du seul service auquel appartient le salarié ne suffit pas à justifier son licenciement (Cour de cassation, chambre sociale, 6 juillet 2022, n° 21-10.261).
La lettre de licenciement doit justifier cette perturbation et établir la nécessité d’un remplacement définitif du salarié absent.
À retenir : un accord d’entreprise ou une convention collective peuvent prévoir une garantie d’emploi. Dans ce cas, le licenciement en arrêt maladie peut être interdit pendant une certaine durée, par exemple 6 mois.
En cas de difficulté économique ou de cessation d'activité, l'entreprise a le droit de réaliser un licenciement économique pendant l’arrêt maladie du salarié. Le motif doit respecter les raisons liées à un licenciement économique classique. Si l’arrêt fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, l’employeur doit en outre établir que ce motif rend impossible le maintien du contrat (article L1226-9 du Code du travail).
Le licenciement pour faute grave ou pour faute simple peut également intervenir durant un arrêt maladie. Il doit être justifié par une faute, par exemple :
Si l’arrêt fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, seule une faute grave peut justifier un licenciement disciplinaire pendant l’arrêt (article L1226-9 du Code du travail).
À retenir : une absence injustifiée peut constituer une faute et donner lieu à un licenciement pour faute simple.
L’inaptitude est déclarée par le médecin du travail, après une étude du poste, lorsqu’aucune mesure d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste occupé n’est possible et que l’état de santé du salarié justifie un changement de poste (article L4624-4 du Code du travail).
Une fois le salarié déclaré inapte, l’employeur doit lui proposer un autre emploi approprié à ses capacités, en tenant compte des conclusions écrites du médecin du travail. Il ne peut le licencier que s’il justifie de l’impossibilité de proposer un tel emploi, du refus par le salarié de l’emploi proposé, ou d’une mention expresse de l’avis du médecin du travail indiquant que tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement.
Selon l’origine de l’inaptitude, l’employeur prononce un licenciement pour :
Quel que soit le motif personnel retenu, le licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse (article L1232-1 du Code du travail). Celle-ci répond aux critères suivants :
À noter : le licenciement pour motif personnel est lié à la personne du salarié. Il peut être prononcé lors de situations où il est l’auteur de harcèlement dans l’entreprise, mais aussi pour faute, insuffisance professionnelle ou inaptitude.
La procédure de licenciement peut différer selon les cas :
La procédure de licenciement pour motif personnel intervient pour les motifs suivants :
La convocation pour licenciement du salarié en arrêt maladie donne lieu à un entretien préalable. Elle est expédiée en recommandé avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Ce document doit comporter :
La lettre de licenciement, envoyée à l’étape 3, doit en outre comporter les éléments suivants :
L’entretien préalable au licenciement ne peut avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre recommandée ou la remise en main propre de la convocation (article L1232-2 du Code du travail). Il permet à l’employeur d'expliquer au salarié les causes du licenciement envisagé et de recueillir ses explications.
À noter : la présence du salarié à l'entretien n’est pas obligatoire. Son absence ne peut pas lui être reprochée, et l’employeur peut poursuivre la procédure.
Au moins 2 jours ouvrables après la date prévue de l'entretien préalable, la lettre de licenciement est expédiée en recommandé avec accusé de réception. Elle énonce le ou les motifs du licenciement (article L1232-6 du Code du travail). La lettre doit être signée par l'employeur ou son représentant.
Zoom : lors d’un licenciement pour motif disciplinaire, l’employeur a 1 mois après l’entretien préalable pour envoyer la lettre de licenciement.
Après réception de la lettre de licenciement, le salarié a 15 jours pour demander des précisions sur les motifs mentionnés dans le courrier. Puis, l'employeur a également 15 jours pour y répondre par lettre recommandée avec accusé de réception.
Sauf faute grave, le salarié licencié a droit à un préavis de licenciement, au terme duquel le contrat prend fin (article L1234-1 du Code du travail). En cas de licenciement pour inaptitude d’origine non professionnelle, le préavis n’est pas exécuté et le contrat est rompu à la date de notification du licenciement (article L1226-4 du Code du travail).
Un arrêt de travail pour maladie ou accident non professionnel n’interrompt pas le préavis, qui n’est pas prolongé. Le contrat prend fin à la date initialement prévue, et le salarié reprend le travail si son arrêt s’achève avant cette date, sauf dispense de l’employeur. Lorsqu’un accident du travail ou une maladie professionnelle survient pendant le préavis, celui-ci est en revanche suspendu, puis prolongé d’une durée égale à celle de l’arrêt.
En cas de licenciement pour motif économique et d'arrêt maladie du salarié, la procédure à suivre est la suivante :
Le contenu de la lettre est le même que pour un licenciement pour motif personnel.
Le contenu et les conditions de l'entretien sont les mêmes que pour un licenciement pour motif personnel.
Pour un licenciement individuel ou concernant moins de dix salariés sur une même période de trente jours, la lettre ne peut être expédiée moins de sept jours ouvrables après la date prévue de l’entretien préalable, délai porté à quinze jours ouvrables pour un membre du personnel d’encadrement (article L1233-15 du Code du travail). Elle énonce les motifs économiques et mentionne la priorité de réembauche, ouverte pendant un an (articles L1233-16 et L1233-45 du Code du travail). Le dispositif d’accompagnement diffère selon l’effectif :
Lorsque le licenciement concerne moins de dix salariés sur une même période de trente jours, l’employeur informe par écrit la Dreets des licenciements prononcés dans les huit jours suivant l’envoi des lettres de licenciement (article D1233-3 du Code du travail).
Le préavis de licenciement répond aux mêmes conditions que dans le cas d’un licenciement pour motif personnel.
À la fin du contrat de travail, le salarié perçoit s’il y a droit :
En cas de licenciement pendant un arrêt maladie, le salarié peut percevoir plusieurs indemnités, s’il en remplit les conditions :
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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