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Fiches pratiques Gérer une entreprise Comptabilité Charges financières : comment les enregistrer en comptabilité ?

Charges financières : comment les enregistrer en comptabilité ?

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Thomas Wittenmeyer

Diplômé de l'ESSEC Business School.


Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
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 L’essentiel de l’article : 

  • Les charges financières, regroupées au compte 66 du plan comptable, rassemblent les charges rattachées à la gestion financière de l’entreprise.
  • Elles comprennent notamment les charges d’intérêts, les escomptes accordés, les pertes de change financières et les charges sur cession d’éléments financiers.
  • La perte de change sur une créance client ou une dette fournisseur relève désormais du compte 656, hors charges financières.
  • Les intérêts versés aux associés ne sont déductibles que si le capital est entièrement libéré et dans la limite d’un taux plafond.

Lorsqu’une entreprise souscrit des emprunts, elle doit payer des intérêts. Les coûts générés sont classés comme charges financières dans le compte de résultat. Définitions, exemples, comptabilisation, tableau récapitulatif, Legalstart fait le point sur les charges financières.

Quels comptes du plan comptable utiliser pour chaque charge ? Quels comptes ont changé avec la réforme du plan comptable applicable aux exercices ouverts depuis 2025 ? À quelles conditions les intérêts versés aux associés sont-ils déductibles ?

Mini-Sommaire

Que sont les charges financières ?

Par définition, les charges financières recouvrent les charges rattachées à la gestion financière d’une entreprise, à commencer par le coût des financements qu’elle mobilise pour développer son activité. Ces charges peuvent provenir d’emprunts bancaires, de compte-courant d’associés, d’escomptes accordés aux clients, d’opérations de change ou de cessions d’éléments financiers. 

L’analyse des charges financières est essentielle afin de :

  • Connaître avec précision le coût de ses financements. Tout financement entraîne des dépenses directes (comme des intérêts) et parfois des coûts indirects (comme c’est le cas avec des pertes de change).
  • Identifier les modalités de financement les plus avantageuses. L’entreprise pourra ainsi optimiser ses dépenses.
  • Planifier le budget, en sélectionnant les modalités de financement les plus avantageuses.
  • Préparer les comptes annuels. Les charges financières constituent l’un des éléments clés de tout compte de résultat.

Quelles sont les charges financières ? Exemples

Les charges financières regroupent plusieurs éléments :

  • Les charges d’intérêts ;
  • Les escomptes accordés ;
  • Les pertes de change financières ;
  • Les charges nettes sur cession de jetons ;
  • Les charges nettes sur cession de valeurs mobilières de placement ;
  • Les autres charges financières.

Les charges d’intérêts

Les charges d’intérêt désignent les intérêts dus sur les dettes et les emprunts de l’entreprise. Ce compte rassemble ainsi les crédits fournisseurs, les obligations, les prêts bancaires, les agios, les intérêts de retard ou toute autre dette qui génère des intérêts à payer. Les obligations d’entreprise, les prêts immobiliers ou encore les intérêts pour les apports en compte courant d’associé en sont des exemples. 

En pratique, cette section se décompose de la façon suivante :

  • Les intérêts des emprunts et dettes. Sous conditions, leur montant peut être déduit.
  • Les intérêts des comptes courants et des dépôts créditeurs. Lorsqu’un associé effectue un apport à l’entreprise autre qu’un apport en capital, la structure peut lui verser des intérêts selon un taux établi conjointement. Cette opération n’est cependant pas obligatoire. La société ne peut déduire ces intérêts que si son capital social est entièrement libéré, et dans la limite d’un taux égal à la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit et les sociétés de financement pour des prêts à taux variable aux entreprises d’une durée initiale supérieure à deux ans (article 39 du Code général des impôts). Pour l’associé personne physique, ces intérêts sont imposables à l’impôt sur le revenu et soumis aux prélèvements sociaux. Le prélèvement forfaitaire unique s’applique par défaut, sauf option globale pour le barème progressif. Ils n’entrent dans l’assiette des cotisations sociales que pour un travailleur indépendant, et seulement pour la part qui excède 10 % du capital social qu’il détient, primes d’émission incluses, et des sommes inscrites en compte courant (article L136-3 du Code de la sécurité sociale). Le président de SAS ou de SASU, qui n’a pas la qualité de travailleur indépendant, n’est pas visé par cette règle.
  • Les intérêts bancaires et intérêts sur opération de financement. Ce compte rassemble les intérêts débiteurs (ou agios bancaires), qui interviennent lorsque l’entreprise est en découvert, et les intérêts d’escompte.
  • Les intérêts des autres dettes. Ce compte regroupe les intérêts des dettes commerciales et ceux des dettes diverses.

Les escomptes accordés

Ce compte regroupe les réductions financières accordées aux clients, afin de les inciter à régler par anticipation les montants dus. Cet avantage financier génère ainsi une perte de revenu pour l’entreprise. Néanmoins, il renforce la fidélisation des clients et permet de faire entrer rapidement plus de liquidité dans l’entreprise.

Les pertes de change

Lors de la conversion d’une devise étrangère en euros, la devise peut se déprécier entre la date d’une opération et celle de son règlement. Cette fluctuation génère ainsi une perte financière pour l’entreprise. Seules les pertes de change nées d’opérations de nature financière constituent toutefois des charges financières. Depuis les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, la perte de change constatée sur une créance client ou une dette fournisseur, entre la facturation et le paiement, relève des autres charges de gestion courante. Lors de la comptabilisation d’une perte de change, les calculs doivent être précis et les taux appliqués justifiés, pour éviter tout redressement fiscal.

 Astuce : pour se protéger contre cette situation, une société peut opter pour une couverture de change.

Les charges nettes sur cessions de jetons

Les charges nettes sur cession de jetons regroupent les pertes financières générées lors de la cession de jetons numériques, comme les cryptomonnaies ou l’Ether. Ces pertes viennent diminuer le résultat financier de l’entreprise.

 Bon à savoir : la législation et la fiscalité en matière d’actifs numériques sont particulièrement complexes et évoluent régulièrement. Pour leur comptabilisation, il est possible de faire appel à un expert-comptable, comme LS Compta.

Les charges nettes sur cession de valeurs mobilières de placement

Cette section regroupe les pertes financières générées à la suite de la cession de valeurs mobilières de placement. Elles touchent des obligations, des actions ou tout titre détenu au sein d’une entreprise pour gérer la trésorerie ou réaliser à court terme un profit.

 À noter : en cas de cession partielle de titres conférant les mêmes droits, la valeur d’entrée des titres conservés est estimée au coût d’achat moyen pondéré ou, à défaut, en présumant que les titres conservés sont les derniers entrés (articles 221-2 et 222-1 du plan comptable général). Le coût moyen pondéré est donc la méthode de principe. Les moins-values de cession des titres de placement sont comptabilisées en charge. Pour évaluer et appliquer correctement cette situation, il est possible de se tourner vers un expert-comptable ou de consulter les dernières dispositions fiscales en vigueur. La méthode LIFO (Last In, First Out) ne fait pas partie des méthodes retenues par le plan comptable général.

Les autres charges financières

Cette section regroupe les charges financières non énumérées précédemment. Elle concerne notamment, en principe, la commission de financement versée lors d’un affacturage, qui représente le coût du financement anticipé.

Comment comptabiliser les charges financières ?

En comptabilité, les charges financières sont regroupées dans le compte 66 du Plan comptable. Elles sont divisées en sous-comptes selon la nature des charges.

Les charges d’intérêts

Les charges d’intérêt correspondent au compte 661. Il comprend les subdivisions suivantes :

  • Le compte 6611 pour les intérêts d’emprunts et dettes ;
  • Le compte 6615 pour les intérêts des comptes courants et des dépôts créditeurs ;
  • Le compte 6616 pour les intérêts bancaires et sur les opérations de financement ;
  • Le compte 6618 pour les intérêts des autres dettes, qui regroupe lui-même le compte 66181 pour les dettes commerciales et le compte 66188 pour les dettes diverses. 

Selon la nature des charges, le compte 66 est souvent lié aux comptes suivants :

  • Le compte 512 (banque) ;
  • Le compte 16 (emprunts et dettes assimilées) ;
  • Le compte 401 (fournisseurs) ;
  • Le compte 627 (services bancaires et assimilés), qui enregistre les frais et commissions facturés par la banque, comme les frais sur titres ou les frais sur effets, et ne relève pas des charges financières ;
  • Le compte 455 (associés).

Les pertes sur créances rattachées à des participations

Les pertes sur créances rattachées à des participations sont notées dans le compte 664.

Les escomptes accordés

Les escomptes accordés sont comptabilisés dans le compte 665. Il est souvent lié aux comptes suivants :

  • Le compte 512 (banque) ;
  • Le compte 411 (clients).

Les pertes de change financières (compte 666)

Les pertes de change financières sont comptabilisées dans le compte 666 « Pertes de change financières ». Selon le plan comptable général en vigueur, ce compte n’enregistre que les pertes de change supportées sur des opérations de nature financière. La perte de change constatée sur une créance client ou une dette fournisseur se comptabilise au débit du compte 656 « Pertes de change sur créances et dettes commerciales », qui relève des autres charges de gestion courante. Le gain symétrique s’inscrit au compte 756 « Gains de change sur créances et dettes commerciales ». Le compte 666 est couramment lié aux comptes suivants :

  • 512 (banque) ;
  • 766 (gains de change financiers), pour le gain de change symétrique.

Les charges nettes sur cession de jetons

Les charges nettes sur cessions de jetons sont comptabilisées dans le compte 6674, subdivision du compte 667 « Charges sur cession d’éléments financiers », depuis le règlement ANC n° 2022-06, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025. Lors de la revente, les jetons sortent du compte 522 « Jetons détenus » (ou 523 « Jetons auto-détenus » et 524 « Jetons empruntés »), crédité de leur valeur comptable par le débit du compte 6674 si la cession dégage une perte, ou du compte 7674 « Produits nets sur cessions de jetons » si elle dégage un profit. Le prix de cession est simultanément porté au crédit de ce même compte.

Les charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement

Les charges nettes sur cession de valeurs mobilières de placement sont comptabilisées dans le compte 6673, subdivision du compte 667 « Charges sur cession d’éléments financiers ». Il est souvent relié aux comptes qui suivent :

  • Le compte 512 (banque) ;
  • Le compte 7673 (produits nets sur cessions de valeurs mobilières de placement), utilisé à la place du compte 6673 lorsque la cession dégage une plus-value, le compte 765 enregistrant pour sa part les escomptes obtenus ;
  • Le compte 50 (valeurs mobilières de placement), qui porte la détention des titres cédés.

Les autres charges financières

Les autres charges financières sont comptabilisées dans le compte 668.

 À noter : en cas d’affacturage, la commission d’affacturage, qui rémunère les services de gestion comptable, de recouvrement et de garantie de bonne fin, s’inscrit au compte 6225 « Rémunérations d’affacturage ». La commission de financement, qui représente le coût du financement anticipé, relève en principe du compte 66 « Charges financières » ; elle n’est portée au compte 6225 que si, exceptionnellement, elle n’y a pas été enregistrée.

Tableau récapitulatif des charges financières

Le tableau suivant récapitule l’ensemble des comptes des charges financières : 

Numéro de compte

Nature de la charge

66

Charges financières

661

Charges d’intérêt

6611

Intérêts d’emprunts et dettes

6615

Intérêts des comptes courants et des dépôts créditeurs

6616

Intérêts bancaires et sur opérations de financement

6618

Intérêts des autres dettes

66181

Intérêts des dettes commerciales

66188

Intérêts des dettes diverses

664

Pertes sur créances rattachées à des participations

665

Escomptes accordés

666

Pertes de change financières

667

Charges sur cession d’éléments financiers

6673

Charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement

6674

Charges nettes sur cessions de jetons

668

Autres charges financières

 

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