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Fiches pratiques Gérer une entreprise Immobilier / Patrimoine Dévolution successorale : comment fonctionne-t-elle ?

Dévolution successorale : comment fonctionne-t-elle ?

Pierre Aïdan - Image

Pierre Aïdan

Docteur en droit et diplômé de Harvard.

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L'essentiel de l'article :

  • La dévolution successorale est l'ordre, fixé par la loi, dans lequel les héritiers reçoivent le patrimoine d'un défunt qui n'a laissé ni testament ni donation.
  • En présence d'un conjoint marié survivant et d'enfants communs, le conjoint choisit entre l'usufruit de toute la succession et un quart en pleine propriété ; si les enfants sont issus d'unions différentes, il reçoit un quart en pleine propriété, sans option d'usufruit.
  • Sans conjoint, la loi appelle les héritiers dans un ordre précis : d'abord les enfants et leurs descendants, puis les parents, frères et sœurs et leurs descendants, ensuite les autres ascendants, enfin les autres collatéraux.
  • Un concubin ou un partenaire de PACS n'hérite pas automatiquement : il doit être désigné par testament (le partenaire de PACS est alors exonéré de droits de succession, à la différence du concubin, taxé à 60 %).
  • L'ordre des héritiers est constaté par un notaire dans un acte de notoriété ; seules les très petites successions sans bien immobilier permettent une procédure simplifiée sans notaire.

Lorsqu’une personne décède sans avoir préparé sa succession par testament ou donation, c’est la loi qui désigne ses héritiers. Ce mécanisme, appelé dévolution successorale légale, fixe un ordre de priorité strict en fonction de la situation familiale du défunt et de la présence ou non d'un conjoint survivant.

Que se passe-t-il si un testament a été rédigé ? Quelles sont les règles à respecter pour protéger ses proches ? Legalstart fait le point sur ces deux régimes pour vous aider à comprendre comment se répartit un héritage.

Mini-Sommaire

Qu’est-ce que la dévolution successorale ?

La dévolution successorale correspond à l’ordre d’héritage des possessions d’un défunt, lorsque aucun testament ou donation n’a été effectué. Cet ordre est défini par la loi.

À noter : on parle aussi d’ordre légal pour parler de la dévolution successorale.

Pour être héritier, une personne doit avoir un rapport marital ou familial avec la personne décédée. La dévolution successorale dépend ensuite de degrés dans les liens de parenté. 

L’ordre d’héritage est établi dans une attestation de dévolution, qui précise le nom des héritiers et les biens dont ils héritent. Il doit être établi par un notaire.

Quelles sont les règles de la dévolution successorale légale ?

Les règles d’héritage diffèrent en fonction de la présence d’un conjoint survivant ou non.

Avec un conjoint survivant

Tout conjoint marié au défunt reçoit un héritage. Ce dernier peut cependant varier en fonction :

  • du régime matrimonial (contrat de mariage ou communauté réduite aux acquêts) ;
  • de la présence ou non d’autres héritiers. 

En pratique, le conjoint hérite :

  • soit de la totalité de la succession en usufruit (les enfants héritent alors de la nue-propriété), soit de ¼ en pleine propriété, lorsque les enfants sont communs au couple ;
  • ¼ en pleine propriété si les enfants sont issus d’unions différentes. Il n’est pas possible de recevoir l’usufruit dans cette situation, sauf en cas de donation au dernier vivant. 
Lorsque les enfants sont communs au couple, le parent survivant dispose d’un délai de 3 mois pour choisir entre l’usufruit et le quart de la propriété. Si aucun choix n’est réalisé, c’est alors l’usufruit de la propriété qui lui est attribué.

Bon à savoir : un concubin ou un partenaire de PACS n’est pas concerné par la dévolution successorale, car il est considéré comme une personne tierce selon l'article 733 du Code civil. Pour devenir héritier, il est nécessaire que la personne soit nommée dans un testament. Lorsque c’est le cas, un conjoint pacsé bénéficie d’une exonération des droits de succession, au même titre qu’un conjoint marié. En revanche, un concubin doit payer des droits au taux de 60 %, après un abattement de 1.594 €.

Sans un conjoint survivant

Lorsqu’une personne décède sans laisser de conjoint survivant, la loi définit l’ordre des héritiers de la façon suivante :

  • les enfants et leurs descendants ;
  • les mère et père, sœurs et frères, et les descendants le cas échéant (les neveux et nièces du défunt si leur mère ou leur père est décédé) ;
  • les ascendants, autres que les mère et père (les grand-parents et arrières-grands-parents) ;
  • les collatéraux (personnes qui descendent d’un même parent), autres que les sœurs et frère, et descendants de ces derniers.

À noter : si une personne nommée héritière est déjà décédée, ce sont alors les enfants de cette dernière qui héritent de la succession.

L’héritage est distribué en premier lieu aux enfants de la personne décédée. Il n’y a pas de distinction menée en fonction de descendants issus d’une même relation, d’unions différentes, ou d’enfants adoptés. Tous reçoivent la même proportion de l’héritage.

Bon à savoir : la génération qui hérite des biens du défunt exclue les autres héritiers de la succession.

Si une personne décède sans laisser d’enfant, ce sont alors ses parents (s’ils sont toujours vivants) et ses éventuels frères et sœurs qui héritent des biens. En fonction de la situation familiale, l’héritage peut alors être distribué de la façon suivante :

  • ½ de l’héritage pour le père et ½ pour la mère, s’il n’y a pas de frère ou sœur ;
  • ½ pour les parents (soit ¼ pour chacun d’eux), et ½ pour les frères et sœurs ;
  • ¼ pour le parent vivant (si le second est décédé), puis ¾ pour les frères et sœurs. 

Si aucun héritier n’est trouvé, c’est l’État qui récupère la succession. Il est toutefois possible de désigner par testament un légataire qui deviendra alors héritier.

Zoom : c’est le nombre de générations qui définit les degrés de parenté entre deux personnes. Il y a ainsi un degré entre une mère et son enfant, et deux degrés entre des grands-parents et leur petit-enfant. Entre personnes issues d’un même ancêtre, il faut d’abord remonter vers le parent commun avant de redescendre vers la personne concernée.

Le cas des familles recomposées

Les familles recomposées illustrent bien la complexité possible de la dévolution successorale légale. Lorsque le défunt laisse un conjoint survivant et des enfants issus d'unions différentes, la loi écarte l'option de l'usufruit : le conjoint ne reçoit que ¼ de la succession en pleine propriété. Les enfants, qu'ils soient ou non communs au couple, se partagent les ¾ restants à parts égales.

Dans cette situation, anticiper la transmission par une donation au dernier vivant ou un testament peut modifier substantiellement les droits du conjoint survivant. Faire appel à un notaire est particulièrement utile pour cartographier ces règles en fonction de la composition familiale. Pour le testament, s'appuyer sur un modèle de testament authentique sécurise sa rédaction, ce document notarié étant le plus difficile à contester.

Dévolution légale ou testamentaire : quelle différence ?

La dévolution successorale peut intervenir selon deux régimes distincts :

  • La dévolution légale : c'est l'objet de cette fiche. Elle s'applique lorsque le défunt n'a laissé aucune disposition testamentaire. L'ordre des héritiers est fixé par la loi.
  • La dévolution testamentaire : le défunt a rédigé un testament ou effectué des donations de son vivant. Il peut alors transmettre librement la partie de son patrimoine appelée quotité disponible. Toutefois, il ne peut pas priver ses héritiers réservataires (ses descendants, ou à défaut son conjoint) de leur réserve héréditaire, définie par l'article 912 du Code civil.

Dans les deux cas, un notaire procède à l'ouverture du testament après le décès, afin d'identifier les droits de chacun. Lorsque le défunt détenait un bien immobilier, comme l'héritage d'une maison, la dévolution doit être établie avant toute démarche de transfert de propriété.

Qui établit la dévolution successorale ?

C’est le notaire qui identifie les héritiers d’une succession. Il inscrit leur nom et leur rang dans un acte de notoriété. 

Il est cependant possible de ne pas passer par un notaire lorsque l’héritage est inférieur à 5.000 €, une fois les dettes déduites. Les héritiers doivent alors :

  • demander un certificat d’hérédité auprès de la mairie ;
  • établir une attestation prouvant qu’une personne est bien héritière d’une succession. Elle doit être signée de la main de tous les héritiers. Le document atteste qu’il n’y a pas de testament ou de donation, que la succession n’inclut aucun bien immobilier ou bien qu’aucune contestation au sujet d’un héritier ou de la composition de la succession n’est en cours.

À noter : dans le cadre d’une succession, les héritiers et légataires doivent effectuer une déclaration de succession aux impôts lorsque l’héritage est supérieur à 50.000 €. Cette déclaration permet de calculer et contrôler le montant des droits de succession dont les héritiers doivent s’acquitter.

La dévolution successorale est-elle obligatoire ?

La dévolution successorale constitue l’ordre d’héritage de la succession d’un défunt. Elle est obligatoirement établie pour reverser correctement les parts d’un héritage, lorsque aucune donation ou aucun testament n’a été rédigé au préalable par la personne décédée.

Comment obtenir une attestation de dévolution successorale ?

Aussi appelée acte d’héritier ou acte de notoriété, cette attestation de dévolution successorale est établie par un notaire, lorsque la succession est supérieure à 5.000 €. Pour l'obtenir, les héritiers doivent fournir au professionnel :

  • l’acte de décès du défunt ;
  • les documents d’état civil qui prouvent le lien de parenté avec la personne décédée (comme un livret de famille ou un acte de naissance). 

L’acte de notoriété d’une succession comprend les éléments suivants :

  • l’identité du défunt ;
  • la mention précisant qu’il n’existe pas de dispositions particulières au niveau de l’héritage (testament ou donation) ;
  • l’identité de chaque héritier ;
  • le lien et le degré de parenté de chacun avec la personne décédée ;
  • le pourcentage de l’héritage revenant à chaque héritier.

Bon à savoir : le coût de l’établissement d’un acte de notoriété est de 57,69 € HT, soit 69,23 € TTC. À ce tarif peuvent aussi s’ajouter d’autres frais, comme des droits d’enregistrement ou les émoluments de formalité.

Une fois en possession d’un acte de notoriété, les héritiers peuvent alors :

  • faire débloquer les sommes d’argent présentes sur les comptes bancaires du défunt (article L312-1-4 du Code monétaire et financier) ;
  • procéder aux démarches qui permettent de prouver que les personnes ont effectivement hérité des biens du défunt. Par exemple, il est nécessaire de fournir une attestation de dévolution successorale pour récupérer l’assurance-vie d’un défunt. 

Il est toutefois possible de demander un certificat d’hérédité à une mairie, lorsque :

  • l’héritage est inférieur à 5.000 € ;
  • l’héritage ne comprend pas de bien immobilier ;
  • il n’y a pas de testament ou de donation. 

En outre, les héritiers peuvent établir une attestation, signée de la main de chacun, lorsque la succession est inférieure à 5.000 €. Cette action permet notamment de retirer des sommes du compte bancaire de la personne décédée (dans la limite de 5.000 €), afin de pouvoir payer les actes conservatoires. Les héritiers doivent alors payer 18 € pour produire un certificat d’absence d’inscription de dispositions de dernières volontés.

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