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Fiches pratiques Créer une entreprise Auto-entrepreneur Auto-entrepreneur et chômage : quels sont vos droits ?

Auto-entrepreneur et chômage : quels sont vos droits ?

Pierre Aïdan - Image

Pierre Aïdan

Docteur en droit et diplômé de Harvard.

(String: https://fs.hubspotusercontent00.net/hubfs/2323153/factsheet/assets/auto_entrepreneur_et_chomage.jpg)

L'essentiel de l'article :
  • Un auto-entrepreneur peut cumuler son activité avec les allocations chômage (ARE), sous conditions.
  • Depuis le 1er avril 2025, le cumul ARE est plafonné à 60 % des droits restants pour les fins de contrat intervenues à partir de cette date.
  • Deux dispositifs s’offrent à vous : le maintien mensuel de l’ARE ou le versement en capital via l’ARCE (60 % des droits en deux fois).
  • Si votre micro-entreprise existait avant la perte de votre emploi salarié, vous cumulez intégralement l’ARE avec vos revenus d’indépendant.
  • En cas de cessation définitive d’activité, l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) peut prendre le relais, sous conditions strictes.

Créer une micro-entreprise tout en bénéficiant d’allocations chômage est non seulement possible, mais encadré par des règles précises qui ont évolué en 2025. Les conditions d’éligibilité, le calcul de l’ARE maintenue et le choix entre ARE et ARCE dépendent de votre situation : avez-vous créé votre micro-entreprise avant ou après avoir perdu votre emploi salarié ?

Ce guide fait le point sur les droits de l’auto-entrepreneur au chômage en 2026 : qui peut cumuler, comment est calculée l’allocation maintenue, et quelles démarches accomplir auprès de France Travail.

Mini-Sommaire

Quelles sont les conditions pour bénéficier des allocations chômage ?

Pour percevoir les allocations chômage, également appelées allocations de retour à l’emploi (ARE), il est essentiel de remplir certaines conditions.

  • Vous devez être inscrit à France Travail (ex-Pôle Emploi) et en recherche effective d'un emploi. Cette inscription est nécessaire pour bénéficier des ARE, et elle doit intervenir dans les 12 mois suivants la perte de votre emploi.

☝️ Bon à savoir : depuis le 1er janvier 2024, France Travail remplace Pôle emploi. Ce nouvel organisme bénéficie de missions étendues ainsi que d'un accompagnement amélioré pour les chercheurs d'emploi. Vous devrez donc être inscrit auprès de France Travail pour bénéficier des ARE.

  • Vous devez résider en France, ce qui signifie y être présent au moins plus de 6 mois au cours de l'année civile au cours de laquelle a lieu le versement des allocations. 
  • Vous ne devez pas avoir atteint l’âge de la retraite.
  • Vous devez être physiquement apte à exercer un emploi.
  • Vous devez justifier de 130 jours ou 910 heures travaillées au cours d’une période de 24 mois (si vous avez plus de 53 ans, cette période s’étend à 36 mois).
  • La perte de votre dernier emploi doit être involontaire. En effet, la démission ne donne pas droit au chômage, sauf cas particuliers de démission légitime. La démission pour création d’entreprise est l’une des situations permettant de bénéficier de l’ARE. 
  • Enfin, vous ne devez pas avoir effectué une demande pour bénéficier de l'ARCE

Après avoir examiné les conditions d'éligibilité au chômage, le cas de l'auto-entrepreneur peut être examiné.

💡 Astuce : pour en savoir plus sur les aides en cas de démission pour création d’entreprise, consultez notre fiche pratique sur le sujet !

Devenir auto-entrepreneur : que deviennent les allocations chômage ?

Est-ce qu'un auto-entrepreneur peut toucher le chômage ? Une question importante dont la réponse peut définir votre sécurité financière pendant vos premiers mois en tant qu'entrepreneur. Legalstart y répond !

Le cumul auto-entrepreneur et chômage est-il possible ?

Peut-on toucher le chômage en étant auto-entrepreneur ? La réponse est oui ! Vous pouvez tout à fait cumuler le statut d'auto-entrepreneur et le chômage

Selon votre situation, vous pourrez bénéficier du maintien intégral ou partiel des ARE :

  • Si vous créez votre micro-entreprise, mais que celle-ci ne dégage aucun revenu, vos allocations sont maintenues dans leur intégralité. 
  • Si votre micro-entreprise dégage un revenu, le maintien de votre ARE devient partiel. Toutefois, depuis le 1er avril 2025, le principe du versement partiel est limité à 60 % de vos droits ARE restants. Pour obtenir les 40 % restants, vous devrez passer devant une commission régionale.

auto-entrepreneur chômage (1)

Cas n°1 : vous touchiez le chômage avant de créer votre entreprise

Vous êtes devenu auto-entrepreneur alors que vous étiez déjà bénéficiaire des allocations chômage ? Dans ce cas, vous pouvez cumuler chômage et auto-entrepreneur. En effet, le maintien total ou partiel des minimas sociaux est permis pour les créateurs d’entreprise. 

⚠️ Attention : pour bénéficier du chômage en micro-entreprise, le montant de vos allocations cumulé à vos revenus d'auto-entrepreneur (chiffre d’affaires) ne peut être supérieur au salaire journalier de référence, c'est-à-dire au salaire moyen perçu lors de votre dernier emploi. 

Chaque mois, une actualisation de votre situation doit être faite auprès de France Travail, afin que vos droits à l’ARE soient réévalués. Vous devrez donc indiquer chaque mois votre situation professionnelle, le nombre d’heures travaillées et vos revenus. Pour cela, il sera nécessaire de transmettre votre déclaration de chiffre d’affaires à Pôle emploi (France Travail).

☝️ Bon à savoir : le reliquat non versé des ARE est reporté. Vous toucherez cette somme si vous êtes de nouveau au chômage et que vos droits à l'ARE ne sont pas épuisés.

Cas n°2 : vous avez créé votre entreprise avant de toucher le chômage

Si vous étiez auto-entrepreneur et salarié et que votre contrat de travail a été rompu, vous vous trouvez dans la situation dite de l’« activité conservée ». Dans ce cas, vous pouvez cumuler intégralement votre ARE avec les revenus de votre micro-entreprise, quel que soit votre chiffre d’affaires. Le plafond de 60 % introduit en 2025 ne s’applique pas ici.

En revanche, vous ne pouvez pas bénéficier de l’ARCE dans cette situation. Comme dans le cas n°1, une actualisation mensuelle de votre situation reste obligatoire.

Cas n°3 : vous avez démissionné pour créer votre entreprise

Une démission ouvre droit à l’ARE uniquement si elle est reconnue comme légitime. Pour la démission pour création d’entreprise, trois conditions doivent être réunies :

  • Justifier d’un projet entrepreneurial réel et sérieux, évalué et validé par une commission spéciale.

  • Avoir travaillé au moins 5 ans de manière continue chez le même employeur.

  • Remplir les conditions générales d’éligibilité à l’ARE.

Si ces conditions sont satisfaites, la démission ouvre les droits à l’ARE dans les mêmes conditions que les cas précédents.

 

☝️ Bon à savoir : le caractère réel et sérieux de votre projet est évalué et validé par une commission spéciale.

Auto-entrepreneur et chômage : comment sont calculées mes allocations ?

Chômage et auto-entrepreneur : le calcul se fait comment ? Si vous créez votre auto-entreprise, le montant de votre ARE est calculé en 3 étapes, prenant en compte votre revenu perçu en tant qu'auto-entrepreneur et celui perçu au titre des allocations chômage. Pour calculer le montant de vos allocations chômage en auto-entrepreneur, vous devez procéder ainsi :

  1. Calculez vos revenus mensuels. Cela revient à déduire de votre chiffre d'affaires mensuel l'abattement pour les auto-entrepreneurs.
  2. Déduisez 70 % de votre revenu mensuel au montant mensuel de l'ARE.
  3. Convertissez le résultat en jours supplémentaires de droits au chômage. Pour ce calcul, il vous suffit de diviser votre résultat par le montant journalier de l'ARE.

À partir du 1er avril 2025, le paiement de l’ARE sera mensualisé sur une base fixe de 30 jours calendaires par mois, quel que soit le nombre de jours réel du mois. Le montant mensuel de l’allocation ne varie donc plus en fonction du calendrier.

Si vous n'avez pas encore généré de chiffre d'affaires, vous pouvez tout de même cumuler le statut de micro-entrepreneur et chômage. Vous profiterez alors de l'ARE, calculée sur une base forfaitaire, le temps de faire votre première déclaration de revenus.

⚠️ Attention : auparavant, le demandeur d'emploi auto-entrepreneur pouvait cumuler son ARE avec ses revenus professionnels non salariés jusqu'à la consommation intégrale de son droit. Depuis le 1er avril 2025, le cumul de l'ARE avec les revenus professionnels non salariés est limité à 60 % des droits restants.

Auto-entrepreneur et chômage : le dispositif de l’ARCE

L'ARCE est un dispositif précieux pour les micro-entrepreneurs. Legalstart vous explique tout !

Qu’est-ce que l’ARCE ?

Il est également possible de bénéficier de l’ARCE ou Aide à la reprise ou à la création d’entreprise. L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) permet de recevoir 60 % de vos droits ARE restants sous forme de capital, versé en deux fois :

  • 50 % lors de la création de votre micro-entreprise ;

  • 50 % six mois plus tard, à condition de ne pas exercer un emploi en CDI à temps plein depuis le 1er avril 2025.

Pour obtenir l’ARCE, vous devez d’abord demander l’ACRE (l’Aide à la création ou à la reprise d’entreprise), qui vous offre une exonération de 25 % des cotisations sociales pendant 1 an. Ensuite, vous devez vous tourner vers votre agence France Travail pour réaliser votre demande d’ARCE.

Pour bénéficier du second versement de l'ARCE, il faut toujours être en activité avec sa micro-entreprise, mais aussi ne pas exercer un emploi en CDI à temps plein. Après l'ARCE, il est possible de toucher l'ARE, seulement si vous avez mis fin à votre activité professionnelle. Cette reprise ARE se fera avec un différé : c'est une nouvelle mesure mise en place depuis le 1er avril 2025.

ARE ou ARCE ?

L’ARE et l’ARCE ne sont pas cumulables, alors, que vaut-il mieux choisir ? Maintien de l’ARE ou bénéfice de l’ARCE ?

Il n’y a pas d’option parfaite et votre choix va dépendre de votre situation personnelle. Soyez vigilant, car ce choix est irrévocable. Nous vous recommandons de prendre rendez-vous avec votre conseiller France Travail pour prendre cette décision.

L'option pour l'ARE

L'option pour l'ARCE

Si vous n’avez pas besoin d’un capital de départ pour créer votre auto-entreprise, il vaut mieux opter pour le maintien de l’ARE afin de ne pas vous priver d’un revenu régulier.

L’option pour l’ARCE peut être intéressante si la création de votre entreprise nécessite un investissement de départ important, mais ce dispositif peut s’avérer risqué. 

Si vous optez pour le maintien de l’ARE, vos allocations seront élevées tant que le chiffre d’affaires de votre entreprise sera faible, et inversement, vos allocations seront faibles dès que votre chiffre d'affaires sera élevé.

Avec l’ARCE, le montant versé ne dépend pas de votre chiffre d’affaires. Ainsi, il est préférable d’opter pour l’ARCE si vous prévoyez un chiffre d’affaires élevé. 

 

☝️ Bon à savoir : si votre activité demande d’importantes dépenses, notamment de matériel par exemple, le statut d’auto-entrepreneur n’est peut-être pas le meilleur choix. En effet, la franchise de base de TVA en auto-entrepreneur vous empêchera de récupérer la TVA sur vos achats. Avec Legalstart, vos démarches ne sont plus un frein à votre ambition. Notre plateforme vous permet de gérer en toute autonomie vos obligations juridiques et administratives, avec la garantie d’être accompagné par des experts.

L’ACRE : réduire ses charges sociales pendant le lancement

L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise) permet de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d’activité.

⚠️ Attention : depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus automatique. Vous devez en faire la demande auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début de votre activité. Passé ce délai, le bénéfice de l’exonération est définitivement perdu pour cette création.

Pour les micro-entreprises, le taux d’exonération dépend de la date de création :

  • 50 % d’exonération pour une création de micro-entreprise avant le 1er juillet 2026 ;
  • 25 % d’exonération pour une création à partir du 1er juillet 2026.

L’ACRE est réservée à certains publics, notamment les demandeurs d’emploi indemnisés ou susceptibles de l’être, ce qui couvre la grande majorité des créateurs en situation de cumul ARE/micro-entreprise.

Que se passe-t-il si vous cessez votre activité d’auto-entrepreneur ?

Un auto-entrepreneur ne cotise pas au régime d’assurance chômage. Si vous mettez fin à votre micro-entreprise, vous ne pouvez pas percevoir l’ARE pour cette activité, sauf à justifier de droits encore ouverts au titre d’un emploi salarié antérieur.

Un revenu de remplacement spécifique existe toutefois pour les travailleurs indépendants : l’allocation des travailleurs indépendants (ATI). Son montant est compris entre 600 et 800 € par mois environ (entre 19,73 € et 26,30 € par jour en 2026), versé pendant 182 jours (6 mois).

Pour en bénéficier, votre cessation d’activité doit être involontaire et définitive, ce qui recouvre deux situations :

  • une procédure de liquidation judiciaire ou de redressement judiciaire avec remplacement du dirigeant imposé par le tribunal ;
  • une cessation pour activité économiquement non viable, attestée par un expert-comptable ou un professionnel habilité d’un réseau consulaire, sur la base d’une baisse d’au moins 30 % des revenus déclarés.

Il faut également réunir les conditions suivantes :

  • avoir exercé une activité non salariée au moins 2 ans sans interruption au sein de la même entreprise ;

  • avoir perçu des revenus d’au moins 10 000 € sur l’une des deux dernières années d’activité (7 500 € à Mayotte) ;

  • disposer de ressources personnelles inférieures au montant du RSA, soit 651,69 € par mois depuis le 1er avril 2026 ;
  • être inscrit à France Travail comme demandeur d’emploi dans les 12 mois suivant la cessation d’activité.

⚠️ Attention : une simple radiation volontaire de la micro-entreprise ne donne pas accès à l’ATI. La cessation doit impérativement relever de l’un des deux motifs légaux ci-dessus.

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FAQ

Principales sources réglementaires et législatives :

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