La saisie vente, comment ça marche ?

La saisie-vente fait partie des options envisageables lorsque vous êtes confronté à un mauvais payeur, que vous avez tout mis en œuvre pour trouver une solution à l’amiable et que vous êtes en possession d’un titre exécutoire.

N’oubliez pas que dans le cadre d’une telle mesure d’exécution, l’intervention d’un huissier de justice sera nécessaire.

Remarque préliminaire : on ne traite dans cette fiche que de la saisie vente mobilière et non pas de la saisie vente immobilière.

Mini-sommaire :

1- Pourquoi procéder à une saisie vente ?

2- Quels sont les biens concernés ?

3- Quelles conditions doit respecter ma créance ? 

4- Quelle est la procédure ?  

Saisie vente

Pourquoi procéder à une saisie vente ?

Une saisie vente permet de saisir pour ensuite vendre des biens appartenant au débiteur ; l’objectif est ainsi de se faire payer sur le montant de la vente.

Cela implique que le créancier ne devient pas propriétaire des biens saisis, mais se verra attribuer le prix de vente, à hauteur de sa créance, le reliquat étant reversé au débiteur ou aux autres créanciers.

La saisie vente n'est pas la seule saisie envisageable. Par exemple, si votre débiteur possède peu ou pas de biens meubles ayant de la valeur, mieux vaut procéder à une saisie sur rémunération ou sur créance.

Quels sont les biens concernés ?

Les biens saisissables

Les biens appartenant à votre débiteur et pouvant faire l'objet d'une saisie vente doivent répondre aux conditions suivantes :

  • Il doit s'agir de biens meubles : vous ne pouvez pas saisir la maison, l'appartement ou encore le garage de votre débiteur (à défaut, on parlera de saisie vente immobilière) ;
  • Il doit s'agir de biens matériels : vous ne pourrez ainsi pas saisir des biens immatériels (par exemple, les actions d'une société, une créance, ou encore un droit de marque). En revanche, vous pourrez tout à fait procéder à la saisie vente d'une voiture (saisie qui suit une procédure particulière) ou d'une télévision.

Les biens insaisissables

Il existe des biens qui répondent aux conditions ci-dessus mais qui échappent à toute saisie, car ils sont nécessaires à la vie courante du débiteur. Ce sont des questions d’humanité qui dominent ici. 

Il s’agit notamment :

  • Du linge de maison ;
  • Table et chaises permettant de prendre des repas en commun ;
  • Les objets nécessaires à la poursuite des études ou de l’activité professionnelle ;
  • Les souvenirs à caractère sentimental etc.

On parle dans ce cas d’insaisissabilité légale. 

Quelles conditions doit respecter ma créance ?

Afin que des biens soient saisis pour le paiement de leur prix, il convient de s’assurer que la créance motivant la mise en œuvre de la saisie vente :

  • Porte sur une somme d'argent dont le débiteur est redevable ;
  • Soit supérieure à 535€. Si tel n'est pas le cas, vous devez procéder à une saisie sur le compte bancaire ou sur les rémunérations du débiteur en priorité ; et
  • Doit être reconnue par un titre exécutoire. Il peut s’agir, par exemple, d’une ordonnance en injonction de payer revêtue de la formule exécutoire

Quelle est la procédure ?

La procédure de saisie vente se décompose en trois phases :

Phase préalable : l'huissier délivre un commandement de payer au débiteur, qui dispose alors d’un délai de 8 jours pur acquitter sa dette.

Phase de saisie : à défaut d’exécution de la part du débiteur, l'huissier procède à la saisie des biens (ce qui a pour effet de les rendre indisponibles pour le débiteur).

Phase de vente : Suite à la saisie, le débiteur dispose d’un mois pour vendre ses biens à l'amiable ; cela permet au débiteur de vendre ses biens à meilleur prix qu'aux enchères. A défaut, il est procédé à une vente aux enchères publiques.

Pour que votre débiteur se décide enfin à s'acquitter des sommes qu'il vous doit, n'hésitez pas à lancer une procédure d'injonction de payer suivie d'une saisie vente. 

Date de mise à jour: 17/06/2016

Rédacteur: Clara Ripault, diplômée de l’université Paris II Panthéon-Assas, élève avocate (HEDAC). Clara est spécialisée dans les problématiques liées à la propriété intellectuelle et la création d’entreprise. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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