SCI (Société Civile Immobilière) : notre guide 2026
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel à retenir :
La Société Civile Immobilière (SCI) est une forme juridique utilisée pour faciliter la gestion d’un ou plusieurs bien immobiliers. En principe, une SCI doit avoir un objet civil : son but ne doit pas être commercial. L’activité de location meublée est quant à elle considérée comme étant de nature commerciale, qu’elle soit réalisée à titre professionnel (LMP) ou non professionnelle (LMNP), contrairement à la location non meublée qui est de nature civile.
Le choix entre LMNP et SCI est principalement guidé par la fiscalité. Quelle est la différence entre un LMNP et une SCI ? Qu'est-ce qu'une SCI ? Qu’est-ce que le LMNP réel ? Est-il possible de faire du LMNP réel en SCI ? Quel choix réaliser : LMNP réel ou SCI à l’IS ? Legalstart vous présente les options possibles pour vous aider à réaliser le choix le plus pertinent avant la création d'une SCI.
Mini-Sommaire
L'investissement immobilier repose souvent sur l'arbitrage entre deux piliers : la structure de détention et le mode d'exploitation fiscale. Si la SCI est l'outil privilégié pour organiser la transmission et la gestion collective d'un patrimoine, le régime LMNP offre une fiscalité attractive pour la location meublée. Comprendre comment ces deux dispositifs fonctionnent, isolément ou de concert, est essentiel pour optimiser la rentabilité de vos actifs.
Une Société Civile Immobilière (SCI) est une structure juridique encadré par les articles 1845 à 1870-1 du Code civil, permettant à plusieurs personnes d'acheter et de gérer ensemble un bien immobilier. La SCI facilite la gestion et la transmission du patrimoine, tout en offrant une certaine flexibilité dans la répartition des parts sociales. Chaque associé détient des parts proportionnelles à son investissement. Les bénéfices et les pertes sont répartis entre les associés selon les parts détenues, et la SCI est soumise à l'impôt sur le revenu ou, dans certains cas, à l'impôt sur les sociétés.
Le régime LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) permet aux particuliers de louer un bien immobilier meublé tout en bénéficiant d'avantages fiscaux. Il est important de commencer par rappeler les conditions pour bénéficier du statut de location meublée non professionnelle.
L'article 155, IV du Code général des impôts qualifie l'activité de professionnelle lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
Le statut de LMNP s'applique donc dès que l'une de ces deux conditions n'est pas remplie.
Le statut de LMNP implique une imposition à l'IR. Le régime micro-BIC s'applique tant que les recettes annuelles hors taxes ne dépassent pas 83.600 € pour une location meublée de longue durée ou un meublé de tourisme classé, avec un abattement forfaitaire de 50 %. Pour un meublé de tourisme non classé, le seuil tombe à 15.000 € et l'abattement à 30 %. Autrement dit, vous ne serez imposés que sur 50 % des recettes. Toutefois, il est possible d’opter pour le régime du LMNP réel. Cela vous permet de déduire le montant réel de vos charges ou d’amortir votre bien.
Bon à savoir : opter pour le régime réel est avantageux si vos charges dépassent le taux de l'abattement applicable, soit 50 % ou 30 % de vos recettes locatives.
Lors de la revente du bien, si vous réalisez une plus-value, vous bénéficiez du régime des plus-values des particuliers. Ce régime comporte un abattement progressif en fonction de la durée de détention du bien à partir de la 6ᵉ année de détention. Par exemple : vous bénéficiez de 30 % d’abattement au bout de 10 ans, de 60 % au bout de 15 ans, ce qui aboutira à l’exonération d'impôt sur le revenu au-delà de la 22ᵉ année de détention. Les prélèvements sociaux suivent une cadence d'abattement distincte, et l'exonération n'y est acquise qu'au-delà de la 30ᵉ année.
En revanche, depuis l'article 84 de la loi de finances pour 2025, le prix d'acquisition retenu pour calculer cette plus-value est minoré des amortissements admis en déduction, ce qui augmente la base imposable. Cette réintégration ne s'applique pas aux logements situés en résidence étudiante ou pour jeunes en formation, en résidence services pour personnes âgées ou handicapées, ni dans les établissements sociaux et médico-sociaux concernés.
Bon à savoir : depuis la réforme LMNP de 2025, en cas de revente d’un bien en LMNP, l'amortissement doit désormais être réintégré dans le calcul de la plus-value. Cela signifie que le prix d’acquisition est diminué du montant total des amortissements pratiqués, ce qui augmente la base imposable. Ce changement impacte particulièrement les propriétaires au régime réel ayant déduit des amortissements comptablement. Pour mieux comprendre comment fonctionne l'amortissement en LMNP, consultez notre fiche pratique dédiée.
Est-ce qu'une SCI peut faire du LMNP ? La rencontre entre la gestion patrimoniale en société et la location meublée soulève des questions juridiques et fiscales majeures. Si la SCI est historiquement conçue pour la location nue, son association avec le statut LMNP reste possible sous certaines conditions strictes, permettant de marier la souplesse de transmission du patrimoine avec les avantages fiscaux du meublé.
Les SCI sont par défaut assujetties à l’impôt sur le revenu (IR) et peuvent opter pour l’impôt sur les sociétés (IS). La loi prévoit que si la société civile exploite une activité commerciale, elle a l’obligation d’être assujettie à l’impôt sur les sociétés (IS). Or, la location meublée non professionnelle est considérée comme étant de nature commerciale. SCI et LMNP apparaissent donc en théorie incompatibles entre eux. Néanmoins, il existe une exception à l’assujettissement obligatoire à l’IS de la SCI si deux conditions sont remplies.
Les deux conditions sont les suivantes :
Un franchissement occasionnel peut être toléré, si la moyenne des recettes de l’année en cours et des trois années précédentes reste inférieure à ces 10 %.
En pratique : le caractère habituel est souvent établi lorsque les locations sont de courte durée et sont renouvelées.
Si les deux conditions sont remplies, la SCI pourra rester assujettie à l’IR. Les associés de la SCI seront imposés à l’IR à hauteur de leur quote-part dans la société. Les avantages fiscaux de la LMNP et de la SCI peuvent alors être cumulés.
Le seuil de 23.000 € ne joue aucun rôle à ce stade. Il ne concerne pas la société mais chaque foyer fiscal, et sert uniquement à distinguer le loueur professionnel du loueur non professionnel. Ce qui plafonne la SCI, c'est la limite de 10 % de ses recettes totales.
À noter : si un dépassement récurrent du montant des recettes de location meublée supérieur à 10 % du montant total des recettes de la SCI est constaté, il peut être préférable d’opter pour une autre forme sociale. La SARL de famille par exemple peut opter pour l’IR sans condition de plafond et sans limite de temps.
Faire du LMNP en SCI est donc possible. Seulement, le cumul peut être difficilement réalisable et lorsque l’une des conditions fait défaut, la SCI basculera à l’IS.
Le cumul des statuts de SCI et de LMNP entraîne des conséquences sur le plan juridique et fiscal, impactant la gestion de la société et les obligations comptables.
La SCI qui loue en meublé reste soumise à l'impôt sur le revenu tant que le montant hors taxes de ses recettes de nature commerciale n'excède pas 10 % du montant de ses recettes totales hors taxes. En cas de dépassement, elle échappe encore à l'IS au titre de l'année concernée si la moyenne de ces recettes commerciales, calculée sur l'année en cause et les trois années antérieures, reste sous cette limite. Au-delà, l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés s'applique de plein droit. Ce changement de régime fiscal implique une imposition sur les bénéfices à un taux fixe, mais permet aussi de déduire certaines charges comme l'amortissement du bien immobilier.
La gestion d'une SCI sous le régime LMNP requiert une comptabilité plus rigoureuse. Lorsque la SCI est soumise à l'IR, les obligations comptables restent relativement simples. Cependant, si la SCI passe à l'IS, elle doit se conformer aux normes comptables des sociétés commerciales, ce qui inclut la tenue d'une comptabilité régulière, l'établissement de comptes annuels, et potentiellement l'intervention d'un expert-comptable. Cela alourdit la gestion administrative et augmente les coûts de gestion.
L'un des principaux avantages de passer sous le régime de l'IS est la possibilité de déduire l'amortissement du bien immobilier, ainsi que d'autres charges liées à l'activité de location meublée. Ces déductions peuvent considérablement réduire la base imposable de la SCI, et donc l'impôt dû. De plus, les déficits peuvent être reportés sur les exercices suivants, offrant une certaine souplesse fiscale. Cependant, il est impératif de bien évaluer ces avantages en regard des obligations comptables accrues et des coûts de gestion plus élevés.
À noter : si votre objectif est de louer en meublé tout en restant à l'impôt sur le revenu (IR) sans limitation de recettes, la SARL de famille est souvent plus adaptée que la SCI. Contrairement à cette dernière, elle permet d'exercer une activité commerciale (le meublé) tout en conservant l'option pour l'IR indéfiniment, à condition que tous les associés soient parents en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires liés par un pacte civil de solidarité.
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LMNP réel (à l'IR) |
SCI à l'IS |
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Avantages |
Inconvénients |
Avantages |
Inconvénients |
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Régime des plus-values des particuliers (abattement pour durée de détention) |
Les recettes doivent être inférieures à 23.000 euros. L’activité doit être occasionnelle. |
Déductibilité de la rémunération du gérant.
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Double imposition des bénéfices : au niveau de la société (IS) puis des associés en cas de versement de dividendes (PFU ou flat tax) au taux de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. |
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Amortissements réintégrés au calcul de la plus-value depuis la loi de finances pour 2025, hors résidences gérées visées par la loi. Déductibilité des charges réellement supportées (travaux, assurance, agence…) |
En SCI, les recettes de la location meublée doivent être inférieures à 10 % du montant total des revenus de la SCI sous peine de basculer à l’IS. |
Taux d'imposition réduit à 15 % jusqu'à 42.500 € de bénéfice imposable par période de douze mois, pour un chiffre d'affaires n'excédant pas 10 millions d'euros et un capital entièrement libéré détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, puis 25 % au-delà. |
Régime des plus-values professionnelles (sans abattement pour durée de détention) |
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Taux d’imposition de l’IR de 11 % jusqu'à 29.579 € |
La SCI ne peut imputer les déficits liés à l’activité de location meublée que sur les recettes liées à cette activité. |
Taux d’imposition réduit à 15% (CA < 42.500 €), puis 25 % |
Tenue d’une comptabilité commerciale |
À noter : Le point de bascule se joue donc moins sur le taux d'imposition que sur l'horizon de détention : l'abattement pour durée de détention du régime des particuliers n'a pas d'équivalent à l'IS.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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