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Fiches pratiques Gérer une entreprise Transformation de société Transformation d’une SAS en SARL : comment procéder ?

Transformation d’une SAS en SARL : comment procéder ?

Pierre Aïdan - Image

Pierre Aïdan

Docteur en droit et diplômé de Harvard.

(String: https://fs.hubspotusercontent00.net/hubfs/2323153/factsheet/assets/Transformation_SARL_en_SAS.jpg)

 L'essentiel de l'article : 

  • La transformation SAS en SARL est décidée selon les règles de majorité prévues par les statuts. En pratique, une décision unanime est souvent requise.
  • Si la SAS ne dispose pas de commissaire aux comptes (CAC), aucun commissaire à la transformation n'est requis pour passer en SARL, contrairement au passage inverse.
  • Le président de la SAS devient gérant de la SARL : s'il est majoritaire, il passe au statut de travailleur non salarié (TNS) avec des cotisations sociales réduites mais une protection moindre.
  • La transformation est fiscalement neutre : SAS et SARL sont toutes deux soumises par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS).
  • Les actions de la SAS deviennent des parts sociales, soumises à une procédure d'agrément de cession de parts obligatoire pour toute cession à un tiers.

Transformer une SAS (société par actions simplifiée) en SARL (société à responsabilité limitée) est une opération moins fréquente que l'inverse, mais elle répond à des besoins précis : réduire les charges sociales du dirigeant, sécuriser les relations entre associés ou adapter la gouvernance à une structure plus familiale. Cette transformation de SAS en SARL constitue un changement de forme juridique qui conserve la personnalité morale de la société, sans en créer une nouvelle.

Pourquoi passer de la SAS à la SARL ? Quelle est la procédure du passage d’une SAS à une SARL ? Et quels frais anticiper ? Voici tout ce qu'il faut savoir avant d'engager cette démarche.

Mini-Sommaire

Pourquoi transformer une SAS en SARL ?

Réduire les cotisations sociales du dirigeant

C'est la raison principale de la transformation d’une SAS en SARL. Le président de la SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale (assimilé salarié), avec des cotisations représentant environ 75 à 80 % du salaire net. En devenant gérant majoritaire d'une SARL, il bascule vers le statut de travailleur non salarié (TNS), avec des cotisations ramenées à environ 45 % du net. L'économie peut être substantielle sur les rémunérations élevées, au prix toutefois d'une couverture sociale moins protectrice, notamment en matière de retraite et de prévoyance.

À noter : un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL reste assimilé salarié et conserve donc un régime social proche de celui du président de SAS. Le passage en SARL ne génère d'économie sociale que si la gérance devient majoritaire.

Ouvrir le droit au statut de conjoint collaborateur

En SARL, le conjoint du gérant majoritaire peut opter pour le statut de conjoint collaborateur, une possibilité qui n'existe pas pour le conjoint du président de SAS. Ce statut permet au conjoint qui travaille régulièrement dans l'entreprise sans être rémunéré de bénéficier d'une couverture sociale à moindre coût. C'est un avantage significatif pour les structures familiales ou les TPE dans lesquelles le conjoint s'implique activement dans l'activité.

Encadrer les droits des associés

En SAS, les conditions de cession d'actions sont librement fixées par les statuts. En SARL, la procédure d'agrément de cession de parts est imposée par la loi pour toute cession à un tiers non associé : les autres associés doivent approuver l'entrée de tout nouvel associé. Cette contrainte légale protège le tour de table sans avoir à la prévoir explicitement dans les statuts, ce qui est un atout pour les projets familiaux ou les associés qui souhaitent contrôler étroitement la composition du capital.

La SARL est par ailleurs limitée à 100 associés maximum en application de l’article L.223-3 du Code de commerce.

Simplifier la gouvernance

La SAS repose sur une liberté statutaire totale, ce qui la rend exigeante à rédiger et à maintenir : chaque règle de fonctionnement doit être explicitement prévue dans les statuts. La SARL fonctionne dans un cadre légal plus normé, avec des règles standardisées qui simplifient la gestion courante.

Pour une TPE ou une entreprise familiale, ce cadre est souvent plus lisible, moins coûteux à entretenir juridiquement, et suffisant au regard des besoins réels de la structure.

Quels sont les impacts de la transformation SAS en SARL ?

Sur le dirigeant

Le président de la SAS cesse ses fonctions à la date d'effet de la transformation et devient gérant de SARL. Son régime social change selon la part du capital détenue :

  • Gérant majoritaire (plus de 50 % du capital) : régime TNS, cotisations d'environ 45 % du net, protection sociale moindre.
  • Gérant minoritaire ou égalitaire (50 % ou moins) : assimilé salarié, régime proche du président de SAS.

Sur les titres et la cession

Les actions SAS deviennent des parts sociales de SARL. Ce changement emporte des conséquences pratiques :

  • La cession de parts à un tiers exige désormais l'accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales.
  • Les droits d'enregistrement applicables à la cession passent de 0,1 % (actions SAS) à 3 % du prix de cession (parts sociales SARL), ce qui peut représenter un coût significatif en cas de cession ultérieure.

Sur la fiscalité

La transformation d’une SAS en SARL est neutre fiscalement sous réserve de continuité d’activité et d’absence de changement de régime fiscal. Ces deux sociétés sont soumises à l'IS par défaut. Le passage d'une forme à l'autre ne déclenche pas de cessation d'activité sur le plan fiscal, ni d'imposition immédiate des bénéfices, tant que le régime fiscal reste identique.

 Attention : si la SARL opte pour l'impôt sur le revenu (IR) après la transformation, cette option constitue un changement de régime fiscal qui peut entraîner des conséquences fiscales immédiates à anticiper.

Sur les contrats et l'activité

La transformation d’une SAS en SARL ne crée pas une nouvelle personne morale. Le numéro SIREN reste inchangé, les contrats en cours (bail commercial, contrats clients, contrats fournisseurs, crédits bancaires) se poursuivent sans modification, et les salariés conservent leurs contrats de travail sans interruption. Cette continuité distingue la transformation d'une dissolution-recréation, qui implique la fermeture complète de la société et la perte de tous ses actifs et engagements.

💡 Bon à savoir : Legalstart accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches de transformation de leur SAS en SARL, de la génération des statuts à la publication de l'annonce légale, pour sécuriser chaque étape de l'opération.

SAS en SARL : quelle est la procédure ?

Étape 1 : décision unanime en assemblée générale extraordinaire

La transformation SAS en SARL relève de la compétence exclusive des associés, qui doivent voter à l'unanimité. Les conditions de convocation prévues dans vos statuts SAS s'appliquent, mais la décision elle-même exige l'unanimité des associés présents ou représentés.

Le procès-verbal (PV) d'assemblée générale extraordinaire doit notamment acter : la décision de transformation, l'adoption des nouveaux statuts de SARL, la nomination du ou des gérants et la fin des mandats du président et des autres dirigeants de la SAS. Le procès-verbal d'AGE peut, selon les cas, faire l'objet d'un enregistrement auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dans le mois suivant sa signature, notamment lorsque l'opération donne lieu à un droit d'enregistrement spécifique.

⚠️ À noter : si la SAS dispose déjà d'un commissaire aux comptes, ce dernier doit rédiger un rapport attestant que les capitaux propres sont au moins égaux à la moitié du capital social. En l'absence de CAC, aucun commissaire à la transformation n'est requis pour un passage en SARL, contrairement au passage en SA ou en société en commandite par actions.

Étape 2 : rédiger les nouveaux statuts de SARL

La transformation implique une refonte complète des statuts. Il ne s'agit pas de créer une nouvelle société, mais d'adapter les statuts existants aux règles impératives de la SARL : procédure d'agrément de cession des parts, règles de majorité en assemblée, fonctionnement de la gérance, droit d'information des associés, etc.

La modification des statuts dans ce contexte est une étape technique sensible : toute erreur ou omission peut fragiliser l'opération ou engager la responsabilité des gérants.

🛠️ Bon à savoir : la SARL dispose de modèles de statuts-types adaptés aux TPE et PME, ce qui simplifie la rédaction par rapport à la SAS, dont chaque clause doit être rédigée sur mesure.

Étape 3 : publier une annonce légale de transformation

Un avis de transformation de SAS en SARL doit être publié dans un journal d'annonces légales (JAL) habilité dans le département du siège social, dans le mois suivant la tenue de l'AGE. L'annonce légale de transformation doit mentionner la dénomination sociale, l'ancienne et la nouvelle forme juridique, le capital, le siège social et l'identité du ou des gérants nommés.

Étape 4 : déposer le dossier sur le Guichet unique

Le dossier complet est déposé en ligne sur le Guichet unique de l'INPI. Il comprend notamment :

  • le PV d'AGE certifié conforme par le gérant ;
  • les nouveaux statuts de SARL certifiés conformes ;
  • l'attestation de parution de l'annonce légale ;
  • les pièces d'identité du ou des gérants, déclarations sur l'honneur de non-condamnation et attestations de filiation ;
  • le rapport du commissaire aux comptes, si applicable.

Le greffe publie ensuite automatiquement un avis au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Le délai de traitement est généralement de 3 à 5 jours ouvrés après dépôt.

Quel est le coût de la transformation d'une SAS en SARL ?

Pour une démarche réalisée en autonomie, les frais incompressibles se composent de :

  • Publication de lannonce légale : entre 150 et 250 € HT selon le département et la longueur de l'annonce.
  • Frais de greffe (émoluments, INPI, BODACC) : environ 195 € HT.
  • Enregistrement du PV aux impôts : droit fixe applicable selon les cas.

Le coût total autonome se situe autour de 400 à 500 € HT. Avec l'accompagnement d'un avocat, d'un expert-comptable ou d'une plateforme juridique, comptez entre 800 et 2 500 € HT selon la complexité de l'opération.

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