Plus-value cession de parts sociales : calcul, imposition et abattement
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Comment prévoir les modalités de la cession d’actions de SAS dans les statuts ? Concrètement, comment procéder à la cession ? Legalstart vous explique.
Mini-Sommaire
Au sein d'une SAS, le capital social est composé d'actions, réparties entre les associés. Chacun détient des actions à hauteur de sa participation dans le capital social.
La cession d’actions d’une SAS consiste donc, pour un actionnaire, à vendre ou à donner tout ou partie des titres sociaux qu’il détient au sein de la société par actions simplifiée, à un tiers ou à un autre actionnaire. Par conséquent, la cession d’actions d’une SAS peut se faire à titre onéreux ou à titre gratuit.
Question fréquente : en SAS, parts sociales ou actions ? On parle souvent de cession de parts sociales de SAS, pourtant cette formulation est inexacte. Le capital social de la SAS étant réparti en actions (et non en parts sociales), on parle uniquement de cession d’actions de SAS. À l’inverse, pour une SARL ou une SCI, on parlera bien de cession de parts sociales de SARL ou de cession de parts sociales de SCI.
La cession de titres sociaux au sein d'une SAS est très peu encadrée, une des raisons pour laquelle cette structure est très prisée par les entrepreneurs qui souhaitent accueillir de nouveaux investisseurs autour de la table.
Chaque associé de la SAS peut céder ses actions librement, sauf clause contraire des statuts. Contrairement aux parts sociales de SARL, les actions sont des titres négociables, ce qui simplifie leur transmission et réduit le formalisme nécessaire.
Bon à savoir : des droits d'enregistrement de cession d'actions de SAS sont applicables aux cessions à titre onéreux.
Un actionnaire peut décider de céder tout ou partie de ses actions d’une SAS pour diverses raisons :
Par principe, un actionnaire de SAS est libre de céder ses actions à tout moment et sans justification particulière. Les statuts de la société peuvent néanmoins prévoir des règles spécifiques encadrant ou restreignant cette liberté.
Question fréquente : le cessionnaire, quelle définition ? Dans une cession d'actions, le cessionnaire est la personne bénéficiaire de la cession.
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En cas de cession d’actions d’une SAS, la modification des statuts n'est pas systématique. Elle n'est nécessaire que si les statuts mentionnent l'identité des associés ou le nombre d'actions de chacun. En revanche, la cession d’actions s’effectuera selon les modalités prévues dans les statuts de SAS.
Bon à savoir : vous souhaitez réaliser une cession d'actions ? Confiez cette démarche à Legalstart. Nos experts s'occupent de tout en ligne.
En pratique : la loi prévoit peu de mentions obligatoires à insérer dans les statuts de SAS, ce qui permet de profiter d'une grande souplesse lors de leur rédaction. Cette liberté est telle qu'il est possible de choisir de ne pas réguler la cession des actions de SAS.
Ce choix n’est pas forcément le plus courant. Ainsi, il est possible d’insérer dans les statuts des dispositions qui viennent encadrer la cession d’actions de SAS et permettent de contrôler l’entrée et la sortie des associés dans la SAS.
Voici les trois clauses les plus fréquentes en pratique :
Ces clauses ne sont pas qu'une formalité : une cession réalisée sans respecter une clause d'agrément ou de préemption prévue par les statuts est nulle.
Bon à savoir : vous pouvez utiliser un modèle de PV de cession d'actions de SAS constatant l'agrément du nouvel actionnaire.
Le prix de cession d’actions de SAS est librement négociable par les parties au contrat. Cela signifie que l’actionnaire qui souhaite céder ses actions peut fixer le prix de la cession d’un commun accord avec l’acheteur. Ce prix doit être déterminé, ou au moins déterminable, au moment de la cession.
S’il est possible de prévoir un prix d’1 euro symbolique pour la cession d’une action de SAS, le plus souvent le prix est fixé selon l'une des méthodes de valorisation suivantes :
Attention : un prix manifestement fictif ou dérisoire par rapport à la valeur réelle des actions peut entraîner la nullité de la cession. L'administration fiscale peut aussi requalifier l'opération en donation déguisée et appliquer les droits de mutation à titre gratuit sur la différence entre le prix convenu et la valeur vénale des titres.
Le prix de cession des actions d’une SAS peut aussi être prévu dans les statuts ou dans un pacte d’actionnaires. En cas de désaccord sur la valeur, les parties peuvent désigner ensemble un expert, à défaut d'accord, c'est le président du tribunal compétent qui le désigne.
À noter : il est tout à fait envisageable d'insérer une clause de révision de prix lors de la cession d'actions de SAS.
Malgré la liberté prévue par les statuts, il est nécessaire de respecter des démarches pour la cession d’actions de SAS. Celles-ci sont nécessaires pour prouver que la cession d’actions de SAS a bien eu lieu.
Pour la cession d’actions en SAS, les formalités à accomplir sont les suivantes :
Bon à savoir : les modalités sont les mêmes en cas de cession d’actions de SASU.
Vous pouvez, si vous le souhaitez, informer les autres associés de votre projet de cession d’actions de la SAS. C’est une étape qui est facultative, sauf clause contraire dans les statuts.
Les salariés, eux, doivent parfois être prévenus. Lorsque la vente porte sur plus de 50 % du capital, le cédant doit les informer du projet pour leur permettre de présenter une offre d'achat (article L23-10-1 du Code de commerce). Cette obligation concerne les SAS de moins de 50 salariés, ainsi que celles de 50 salariés ou plus qui n'ont pas de comité social et économique (CSE). Depuis le 27 juillet 2026, l'information doit être délivrée au plus tard 1 mois avant la signature, contre 2 mois auparavant. Le cédant reste libre de refuser les offres reçues. Une cession au profit de l'époux, d'un ascendant ou d'un descendant échappe à cette obligation.
Pour sécuriser la cession de vos actions de SAS, vous pouvez réaliser une promesse de cession d’actions. C’est également une étape facultative. Concrètement, dans la promesse de cession, le cédant s’engage à vendre ses actions en SAS pour un prix déterminé. En retour, l’acheteur peut s’engager à les acheter : on parle alors de promesse synallagmatique.
La rédaction d’un acte de cession d’actions de SAS est facultative, mais très utile en pratique, car cet acte permet de préciser les conditions de la cession (prix notamment).
Il existe une exception importante. Depuis le 27 juin 2026, la cession d'actions d'une SAS à prépondérance immobilière doit être établie, à peine de nullité, par acte notarié, par acte d'avocat ou, dans certains cas, par un expert-comptable (article 1865-1 du Code civil). Un acte rédigé seul n'est alors plus valable.
Lorsqu’un contrat de cession est rédigé, il doit contenir un certain nombre d’informations :
Il peut également être utile de prévoir des clauses de garantie d’actif et de passif, qui protègent l’acquéreur contre des dettes ou des litiges non révélés au moment de la cession.
Astuce : un modèle gratuit d'acte de cession d'actions de SAS vous aide à n'oublier aucune mention utile.
Pour que la cession des actions de la SAS soit effectivement réalisée, il est nécessaire de :
À noter : la mention de la cession d'actions dans le registre doit contenir :
Il faut ensuite présenter l'acte à l'enregistrement, auprès du service de la publicité foncière et de l'enregistrement (SPFE) du domicile du cédant ou du cessionnaire. L’enregistrement de la cession d’actions de SAS doit avoir lieu dans un délai d’un mois après la conclusion du contrat de cession. Cette étape est régie notamment par l'article 726 du Code général des impôts.
Au moment de la déclaration, l’acquéreur (cessionnaire) doit s’acquitter du paiement des droits d’enregistrement sur les cessions d’actions de SAS, sauf convention contraire prévue dans l’acte de cession. Ces droits correspondent à 0,1 % du prix de la cession. Leur montant ne peut pas être inférieur à 25 € : c'est le minimum de perception, dû dès que le prix est inférieur à 25.000 €.
Pour les SAS dont l’actif est principalement composé de biens immobiliers non affectés à l’activité professionnelle (dites « SAS à prépondérance immobilière »), le taux des droits d’enregistrement est relevé à 5 % du prix de cession, conformément à l’article 726, I, 2° du Code général des impôts.
Bon à savoir : le droit de 0,1 % ne s'applique pas à une cession d'actions de SAS à titre gratuit. Une donation d'actions est en revanche soumise aux droits de donation, calculés après des abattements qui dépendent du lien de parenté.
Pour l'acquéreur, le coût de l'opération comprend donc le prix et les droits d'enregistrement, sauf autre répartition prévue dans l'acte.
Exemple : si vous vendez des actions pour un total de 100.000 €, alors vous devrez payer des droits d’enregistrement de 100 €. Pour une vente de 10.000 €, le calcul donne 10 €, c'est donc le minimum de 25 € qui s'applique.
À noter : contrairement à la cession de parts sociales de SARL, la cession d'actions de SAS n'entraîne pas systématiquement de formalité au guichet unique. Les associés d'une SAS ne figurant pas sur l'extrait Kbis, un changement d'associés ne le modifie pas à lui seul.
Les statuts ne doivent être modifiés que si l'article sur la répartition du capital mentionne l'identité des associés ou le nombre d'actions de chacun, ou si une autre modification (dénomination, siège, objet) est décidée à l'occasion de la vente. Un dossier de modification est alors déposé sur le guichet unique dans le mois.
La vente modifie aussi souvent les bénéficiaires effectifs de la société. Une déclaration modificative est obligatoire lorsqu'une personne physique acquiert ou perd le contrôle, ou lorsque sa détention franchit le seuil de 25 % du capital ou des droits de vote.
En cas de plus-value lors de la cession d’actions de SAS, vous serez soumis à une imposition particulière.
Bon à savoir : le calcul de la plus-value d'une cession d'actions de SAS correspond à la différence entre le prix d'acquisition et le prix de vente, net des frais et taxes acquittés. Si le prix de vente est inférieur au prix d'achat, on constate une moins-value.
Depuis le 1er janvier 2018, l’imposition de la cession d’actions de SAS en cas de plus-value est, par défaut, le régime de la “flat tax” ou du Prélèvement forfaitaire unique (PFU).
Pour les cessions réalisées depuis le 1er janvier 2025, le taux applicable est de 31,4 %, comprenant les prélèvements sociaux au taux de 18,6 % et l’impôt sur le revenu au taux de 12,8 %.
Attention : avec la flat tax, aucun abattement pour durée de détention ne s'applique. Seul l'abattement fixe des dirigeants partant à la retraite, présenté plus bas, reste possible.
Exemple : l’associé d’une SAS cède ses actions détenues dans la société en réalisant une plus-value imposable de 100.000 €. Ce contribuable est soumis à l’imposition à la “flat tax” à 31,4 %.
L’associé devra payer 31.400 € sur sa cession d’actions au titre de la “flat tax”.
En ce qui concerne la cession d’actions de SAS, la fiscalité applicable aux plus-values peut également être l’imposition au barème progressif. En effet, cette option reste possible malgré le régime par défaut de la flat tax.
Dans ce cas, l’actionnaire déclare le montant de la plus-value réalisée sur la cession de ses actions dans le cadre de sa déclaration de revenus annuelle. Les règles du barème progressif de l’impôt sur le revenu ont alors vocation à s’appliquer. Le montant de l’imposition va dépendre du revenu fiscal du foyer.
Pour cela, cochez la case 2OP au moment d’effectuer votre déclaration de revenus. À partir des revenus de 2026, il est possible de renoncer à cette option si elle s'avère moins favorable, dans le délai de réclamation.
Attention : l'option pour l'imposition au barème progressif peut entraîner un changement de tranche d'imposition et donc augmenter significativement le montant de vos impôts sur le revenu.
Par ailleurs, si vous souhaitez opter pour l’imposition au barème progressif pour la cession de vos actions de SAS, cette option est globale. Elle s’applique à tous vos capitaux mobiliers, aux plus-values de cession de droits sociaux et de valeurs mobilières, aux distributions, etc.
Le principal avantage de l’option du barème progressif réside dans la possibilité de bénéficier d’un abattement pour durée de détention, réservé aux titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018.
Pour les titres éligibles, vous pouvez profiter d’un abattement de :
Un abattement renforcé s'applique aux actions d'une PME créée depuis moins de 10 ans au moment de leur souscription ou de leur acquisition, toujours pour des titres acquis avant 2018 :
Ces abattements ne réduisent que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent calculés sur la totalité de la plus-value.
Si vous cédez vos actions de SAS en partant à la retraite, vous pouvez bénéficier d'un abattement fixe de 500.000 € sur la plus-value imposable à l'impôt sur le revenu (article 150-0 D ter du Code général des impôts).
Contrairement à l'abattement pour durée de détention, il n'est pas réservé aux titres acquis avant 2018 et s'applique avec la flat tax comme avec le barème progressif. Il ne porte que sur l'impôt sur le revenu, puisque les prélèvements sociaux restent dus sur le gain avant abattement, et il n'est pas cumulable avec l'abattement pour durée de détention.
Il est ouvert aux cessions réalisées jusqu'au 31 décembre 2031, sous plusieurs conditions cumulatives :
L'abattement se déclare au moyen du formulaire n° 2074-DIR. Pour donner un ordre d'idée : une présidente qui cède toutes ses actions avec une plus-value de 600.000 €, puis part à la retraite dans l'année, n'est imposée à l'impôt sur le revenu que sur 100.000 €. Les prélèvements sociaux, eux, restent calculés sur 600.000 €.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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