Article mis à jour le 22 août 2018

Chargeur de trottinettes: métier d’avenir?

Marguerite Desforges
Etudiante à l'EM Lyon en double diplôme avec la Faculté de Droit Lyon II. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

Plus de 10 ans après l’apparition des Velib’, Paris est la rampe de lancement de moyens de transport toujours plus innovants: CityScoot, Gobee.bike, Bird ou encore Obike… Depuis l’année dernière, de plus en plus de services de mise à disposition de vélos ou de scooters sans attache (free floating) voient le jour.

Si la demande justifie le fleurissement de ces entreprises, le marché n’en est pas moins rude: à titre d’exemple, l’entreprise Gobee.bike, lancée en octobre 2017, a annoncé la fin de ses services en France en février 2018 à cause d’actes de vandalisme et de vols à répétition.

Aujourd’hui, c’est au tour de l’américain Lime de débarquer chez nous en proposant des trottinettes électriques en libre service.

trottinette

Trottinettes sans attache: jusqu'où va la liberté?

Le principe est simple: l’utilisateur géolocalise son bolide sur une appli, débloque celui-ci en scannant un code personnalisé puis paie en fonction de son temps d’utilisation. Il faut compter 1€ pour débloquer une trottinette Lime puis 15 centimes par minute, soit 2,50€ pour un temps moyen d’utilisation de 10 minutes.

A la fin de chaque trajet, l’utilisateur peut laisser l’engin où bon lui semble. C'est cette particularité qui distingue une trottinette ou un vélo sans attache des vélos en libre service, comme les Velib': sans point précis pour se garer l'utilisateur d'une trottinette ou d'un vélo sans attache trouvera toujours une place pour se garer. Le rêve? Pas pour tout le monde...

Bien sûr, mettre en place un service qui incite les utilisateurs à laisser traîner leurs trottinettes un peu partout n'est pas sans conséquence. On peut imaginer que, sans aucun encadrement, cela peut vite encombrer la chaussée.

Lime avait fait le choix de s’installer en force à San Francisco et en Floride pour s’imposer par l’usage. Suite à de nombreuses plaintes, notamment sur les réseaux sociaux, pour cause de trottinettes mal garées, Lime a dû se retirer de ces villes et attend désormais des autorisations.

Pour ne pas risquer de se faire couper en plein lancement, c’est bien avec l’autorisation de la municipalité que Lime se lance à Paris.

Et la logistique dans tout ça?

Outre les problèmes d'encombrement de la chaussée, une entreprise de trottinettes électriques doit penser à un autre point logistique essentiel: le rechargement. Car si l'utilisateur est libre, la trottinette, elle, est dépendante de sa dose d'électricité.

Pour répondre à cela, l’entreprise américaine fait appel aux utilisateurs eux-mêmes. En effet, au lieu de dédier une équipe au ramassage et à la recharge des trottinettes, ce qui est le cas pour les scooters en libre service, Lime, et son concurrent direct Bird, ont adopté une toute autre solution. Elles proposent à qui voudra s’inscrire de devenir juicer, ou chasseur dans le cas de Bird, et d’être ainsi rémunéré à chaque chargement de trottinette.

Aux Etats-Unis ce modèle est déjà en vigueur. En France il est prévu pour l’instant que, pendant toute la période du lancement, les équipes Lime s’occupent de récupérer et de charger toutes les trottinettes toutes les nuits entre 21h et 5h du matin, notamment pour éviter les actes vandalisme. Il reste néanmoins possible de postuler pour un poste de juicer sur leur site. A terme, Lime espère sûrement déléguer entièrement cette logistique aux juicers.

Il est désormais possible de vous déclarer auto-entrepreneur pour pouvoir recevoir un revenu complémentaire de “chargeur de trottinettes”.

Mise en ligne: 22/08/2018

Rédacteur: Marguerite DESFORGES, étudiante à l'EM Lyon en double diplôme avec la Faculté de Droit de Lyon II. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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