Ouvrir un food-truck : tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Pour les restaurateurs et les hôteliers souhaitant embaucher du personnel pour des missions ponctuelles ou occasionnelles, il est possible de conclure un contrat d’extra.
Pour vous faciliter la tâche, Legalstart vous accompagne dans la rédaction de votre CDD non-cadre, avec notre modèle de contrat d’extra.
Mini-Sommaire
Le contrat d’extra est un contrat de travail à durée déterminée particulier. Il est également appelé CDD d’usage ou “emploi d’usage” car il n’est autorisé que dans certains secteurs d’activité où il est d’usage d’engager un salarié pour des tâches précises et temporaires (article L1242-2 du Code du travail), dont la liste est fixée à l'article D1242-1 du Code du travail. Ces tâches peuvent aller de quelques heures à plusieurs jours.
En règle générale, les employeurs y ont recours pour répondre à des besoins immédiats et importants, sur des postes précis. Les secteurs pouvant conclure un contrat d'extra sont strictement encadrés par la loi.
Attention : il ne faut pas confondre contrat d'extra et contrat à temps partiel. Le temps partiel permet de travailler moins que la durée légale (35 heures) et peut être un CDD comme un CDI, alors que le contrat d'extra est toujours un CDD d'usage.
Pour pouvoir proposer un contrat d’extra, l’employeur doit s’assurer que 3 conditions cumulatives sont réunies :
Si toutes ces conditions ne sont pas remplies, le contrat de travail est requalifié en CDI.
Les secteurs d’activité pour lesquels le contrat d’extra sont autorisés, car il n’est pas habituel de recourir au CDI, sont :
Pour les autres secteurs d’activité, le recours à un contrat d’extra n’est pas possible.
De la même façon que tous les contrats de travail à durée déterminée, le contrat d’extra doit être établi par écrit, et comporter de façon précise son motif.
Bon à savoir : un contrat d’extra doit être établi pour chaque mission du salarié.
Le contrat d'extra peut être conclu pour un terme imprécis. Dans ce cas, il doit comporter une durée minimale et se termine avec la réalisation de la tâche prévue.
Dans le cadre d’un contrat d’extra, le nombre d’heures de travail n’est pas le même que dans un contrat de travail classique.
Pour un contrat d'extra, la durée maximale du CDD reste néanmoins de 60 jours par trimestre civil chez un même employeur.
Pour comptabiliser les heures travaillées, l’employeur doit tenir un registre dans lequel doit figurer l’horaire de travail de chaque salarié et les périodes durant lesquelles ils ont travaillé.
Attention : il existe des limites de présence selon le poste. Dans la restauration, un cuisinier ne peut pas dépasser 11 heures de travail par jour. La durée maximale journalière est de 12 heures pour un veilleur de nuit et de 11h30 pour les autres salariés, avec une limite hebdomadaire de 52 heures (50 heures en moyenne sur 12 semaines).
La rémunération perçue par l’extra ne peut être inférieure ni au salaire minimum conventionnel de la catégorie professionnelle, ni au salaire que percevrait un salarié en CDI dans la même entreprise et exerçant les mêmes fonctions.
Normalement, un salarié en contrat d’extra doit être payé à chacune de ses prestations. En cas d'accord avec l'employeur, il peut aussi être payé par semaine, quinzaine ou mois.
Bon à savoir : il est possible de faire figurer toutes les prestations effectuées sur une seule fiche de paie de l’extra, lorsque la durée de travail est inférieure à un mois. Cela est possible même si les interventions sont réalisées sur deux mois qui se chevauchent.
Oui, le contrat d’extra dans la restauration rapide ou dans tout autre secteur autorisé à recourir au CDD d’usage, donne droit à des congés payés.
Au regard de la très courte durée du contrat et de la nécessité que le salarié soit effectivement présent, ces congés prennent la forme d'une indemnité compensatrice de congés payés. Elle correspond à 10 % de la rémunération brute et est versée à la fin du contrat (article L3141-28 du Code du travail).
Comme pour tous les contrats de travail à durée déterminée, le contrat d’extra prend fin à l’issue du terme prévu ou à la réalisation de la tâche prévue dans le contrat.
Il est possible de mettre fin à un contrat d’extra de façon anticipée, dans les mêmes conditions qu’un CDD. La rupture d’un tel contrat est prévue par la loi.
Ainsi, il est possible de rompre un CDD, d’un commun accord, à l’initiative de l’employeur (dans des conditions très encadrées), du salarié ou en cas de force majeure.
À noter : dans le cadre d'un contrat d'extra, aucun délai de carence n'est imposé en cas de succession de contrats avec le même salarié ou pour le même poste.
Bon à savoir : si vous versez un trop-perçu de salaire, vous pouvez engager une action en répétition de l'indu.
Dans tous les autres cas, le contrat d’extra prend fin naturellement à la date prévue.
Contrat d’extra et prime de précarité est-ce compatible ? Non, en principe, les salariés embauchés en contrat d’extra ne bénéficient pas de la prime de précarité de 10% (article L1243-10 du Code du travail), contrairement à la plupart des CDD ou au contrat de travail temporaire. Une convention ou un accord collectif peut néanmoins prévoir une indemnité de précarité.
Bon à savoir : contrat d'extra et chômage peuvent se compléter. Si vous percevez l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) et acceptez un CDD d'usage, 70 % de votre rémunération brute mensuelle est déduit de votre allocation du mois : vous conservez donc une partie de vos allocations. Le cumul total (allocation et salaire) ne peut toutefois pas dépasser l'ancien salaire brut mensuel pris en compte pour le calcul de vos droits.
Le recours à un contrat d’extra doit être fait avec soin, car en cas de non-respect de la législation en vigueur, le contrat de travail peut être requalifié en CDI.
C’est notamment le cas si l’employeur n’exerce pas une activité relevant d’un secteur autorisé à recourir au contrat d’extra. Il en va de même si la durée de travail dépasse 60 jours par trimestre dans un même établissement.
Le salarié peut saisir le Conseil de prud'hommes. S'il obtient gain de cause, une indemnité de requalification d'au moins 1 mois de salaire lui est versée, et il devient salarié en CDI comme n'importe quel autre employé.
L'employeur qui méconnaît les règles de recours au CDD d'usage s'expose par ailleurs à une amende de 3.750 €, portée à 7.500 € et assortie de 6 mois d'emprisonnement en cas de récidive. Pour les personnes morales, l'amende s'élève à 18.750 €, et 37.500 € en cas de récidive.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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