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Fiches pratiques Gérer une entreprise Comptabilité Comment optimiser l'amortissement de votre véhicule électrique professionnel ?

Comment optimiser l'amortissement de votre véhicule électrique professionnel ?

Thomas Wittenmeyer - Image

Thomas Wittenmeyer

Diplômé de l'ESSEC Business School.


Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :

  • La durée d’amortissement d’un véhicule électrique professionnel est de 5 ans, à un taux linéaire de 20 % par an.
  • L’amortissement dégressif est expressément exclu pour les voitures de tourisme ; seul le mode linéaire s’applique.
  • Le plafond de déductibilité fiscale pour un véhicule électrique (émettant moins de 20 g de CO₂/km) est fixé à 30 000 €.
  • Les véhicules utilitaires électriques (non immatriculés en voiture particulière) ne sont soumis à aucun plafond d’amortissement.
  • La fraction du prix d’acquisition dépassant le plafond applicable doit être réintégrée chaque année dans le résultat fiscal.

L’amortissement d’un véhicule électrique est un mécanisme comptable qui permet de répartir le coût d’acquisition sur sa durée d’utilisation prévue. Pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu, il représente un levier d’optimisation fiscale directement lié à la transition énergétique : les véhicules électriques bénéficient de plafonds de déductibilité plus favorables que les véhicules thermiques.

Quelle est la durée d’amortissement à retenir pour un véhicule électrique professionnel ? Quels plafonds s’appliquent selon les émissions de CO₂ du véhicule ? Comment comptabiliser correctement les dotations aux amortissements en fin d’exercice ?

Mini-Sommaire

Qu’est-ce que l’amortissement d’un véhicule électrique ?

L'amortissement d'un véhicule électrique est un processus comptable qui permet de répartir le coût d'acquisition du véhicule sur sa durée d'utilisation prévue. Dans le contexte professionnel, cela se traduit par la déduction d'une partie de ce coût des bénéfices imposables de l'entreprise chaque année. Cela permet de tenir compte de la dépréciation progressive du véhicule et de refléter fidèlement la réalité économique de l'entreprise.

L'amortissement véhicule électrique est particulièrement avantageux pour les professionnels, car il permet de réduire l'assiette de l'impôt sur les sociétés ou de l'impôt sur le revenu. Il existe toutefois des règles spécifiques à respecter, notamment en ce qui concerne les plafonds d'amortissement et la durée d'amortissement.

☝️ Bon à savoir : le suramortissement véhicule électrique est un dispositif fiscal exceptionnel qui permet aux entreprises de déduire une part supplémentaire du coût d'acquisition d'un véhicule électrique, en plus de l'amortissement classique. Ce dispositif, renouvelé jusqu’en 2030, vise à encourager les investissements dans les véhicules propres et à accélérer la transition énergétique.

Quelle est la durée d’amortissement d’un véhicule électrique ?

La durée d'amortissement d'un véhicule électrique est la période sur laquelle le coût d'acquisition du véhicule sera réparti et déduit des bénéfices imposables de l'entreprise. En règle générale, la durée d'amortissement d'un véhicule électrique est de 5 ans. Cette durée correspond à la durée d'utilisation normale d'un véhicule dans un contexte professionnel.

☝️ Bon à savoir : si un véhicule électrique est soumis à un usage particulièrement intensif (kilométrage annuel très élevé, conditions de route difficiles, utilisation constante), il peut être justifié de raccourcir la durée d'amortissement à 4 ans. Cela reflète une dépréciation plus rapide du véhicule. C’est notamment le cas pour les véhicules utilitaires électriques, qui sont souvent utilisés de manière intensive dans le cadre professionnel.

Cette durée d’amortissement du véhicule électrique professionnel varie selon :

  • l’état du véhicule (neuf ou d'occasion) ;
  • l'utilisation prévue du véhicule (kilométrage annuel, conditions d'utilisation) ;
  • les politiques comptables de l'entreprise.

📌 À retenir : la durée d'amortissement choisie a un impact direct sur le montant des déductions annuelles. Une durée plus courte permet d'amortir plus rapidement le véhicule, mais entraîne des déductions annuelles plus élevées.

Quel est le taux d'amortissement des véhicules électriques ?

L'amortissement d'un véhicule électrique en 2025 suit les principes généraux de l'amortissement comptable, mais avec des spécificités liées à la nature de ces véhicules et aux incitations fiscales en faveur de la transition énergétique.

Le taux d'amortissement linéaire est généralement déterminé en fonction de la durée d'utilisation du véhicule, qui est souvent fixée à 5 ans. Dans ce cas, le taux d'amortissement annuel est de 20 % (100 % / 5 ans). Cependant, il est possible dans certains cas, d'amortir sur 4 ans son véhicule, et donc d'avoir un taux de 25 %.

📝 À noter : l’amortissement dégressif est expressément exclu pour les voitures de tourisme, conformément à l’article 39-4 du Code général des impôts. Seul le mode linéaire s’applique aux véhicules de tourisme électriques. En revanche, les véhicules utilitaires électriques (non immatriculés en voiture particulière) peuvent bénéficier de l’amortissement dégressif, avec un coefficient compris entre 1,25 et 1,75 selon leur durée d’amortissement.

Comment calculer l’amortissement d’un véhicule électrique ?

Le calcul de l'amortissement d'un véhicule électrique permet de répartir le coût d'acquisition du véhicule sur sa durée d'utilisation, en tenant compte de sa dépréciation. La méthode la plus couramment utilisée est l'amortissement linéaire. Elle consiste à répartir le coût d'acquisition du véhicule de manière égale sur sa durée d'utilisation :

  1. Déterminer la base amortissable : il s'agit du coût d'acquisition du véhicule, hors taxes et hors frais d'immatriculation.
  2. Déterminer la durée d'amortissement : en général, elle est de 5 ans, mais peut être réduite à 4 ans dans certains cas justifiés (usage intensif, obsolescence rapide).
  3. Calculer le taux d'amortissement : il est égal à 100 % / durée d'amortissement (par exemple, 20 % pour 5 ans).
  4. Calculer l'annuité d'amortissement : elle est égale à la base amortissable x taux d'amortissement.

Par exemple, un professionnel acquiert un véhicule électrique pour 40.000 € HT. La durée d'amortissement est de 5 ans.

  • Taux d'amortissement : 100 % / 5 = 20 %
  • Annuité d'amortissement : 40.000 € x 20 % = 8.000 €

Ainsi, le professionnel pourra déduire 8.000 € de ses bénéfices imposables chaque année pendant 5 ans.

💡 Astuce : l'amortissement d'un véhicule électrique d'occasion suit les mêmes principes, mais la base amortissable est le prix d'acquisition du véhicule d'occasion. Il est également important de tenir compte de la durée d'utilisation restante du véhicule.

L’avantage fiscal du suramortissement pour les véhicules peu polluants s’applique aux véhicules dont le poids total autorisé en charge est supérieur ou égal à 2,6 tonnes (fourgons, camionnettes, poids lourds). Les taux de déduction varient selon le poids du véhicule :

  • 20 % pour les véhicules de 2,6 à moins de 3,5 tonnes ;
  • 60 % pour ceux de 3,5 à 16 tonnes ;
  • 40 % pour ceux de plus de 16 tonnes.

Depuis le 1er janvier 2025, pour les véhicules à émission nulle (exclusivement électrique ou hydrogène), la déduction est calculée sur les coûts supplémentaires hors frais financiers par rapport à un véhicule équivalent, et non sur le prix d’acquisition total (art. 39 decies A CGI, LF 2025, art. 77).

Quelles limites à l’amortissement d’un véhicule électrique ?

Bien que l'amortissement véhicule électrique présente des avantages fiscaux indéniables, il est soumis à des limites qu'il est essentiel de connaître pour une gestion comptable et fiscale optimale. Ces limites concernent principalement les plafonds d'amortissement, qui varient en fonction du niveau d'émissions de CO2 du véhicule.

Émissions CO₂ (grille WLTP)

Émissions CO₂ (grille NEDC)

Plafond d’amortissement

< 20 g/km (électrique)

< 20 g/km (électrique)

30 000 €

De 20 à 50 g/km (hybride rechargeable)

De 20 à 60 g/km (hybride rechargeable)

20 300 €

De 50 à 160 g/km

De 60 à 130 g/km

18 300 €

Plus de 160 g/km

Plus de 130 g/km

9 900 €

La grille WLTP s’applique aux véhicules immatriculés selon la procédure WLTP (depuis mars 2020 pour la plupart des véhicules neufs) ; la grille NEDC concerne les véhicules plus anciens. En cas de doute, la catégorie d’homologation figure sur le certificat de conformité du véhicule (art. 39-4 CGI — BOFiP BOI-BIC-AMT-20-40-50)

⚠️ Attention : les plafonds d'amortissement peuvent être modifiés par la loi de finances. Il est donc indispensable de se tenir informé des évolutions législatives et réglementaires.

Si le coût d'acquisition du véhicule dépasse le plafond applicable, seule la fraction du coût correspondant au plafond sera prise en compte pour le calcul de l'amortissement.

Comment comptabiliser l’amortissement d’un véhicule électrique ?

La comptabilisation de l'amortissement véhicule électrique suit les principes comptables généraux, mais nécessite une attention particulière en raison des spécificités fiscales applicables aux véhicules propres.

L'annuité d'amortissement est enregistrée par une écriture comptable à la clôture de l’exercice :

  • en débit du compte de charges 681 « Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions – charges d'exploitation » pour les dotations aux amortissements ;
  • en crédit du compte d’actif 2818 « Amortissements des matériels de transport » pour les amortissements cumulés des véhicules.

Quel amortissement pour la batterie d’un véhicule électrique ?

Contrairement à certaines idées reçues, il n'existe plus de plafond d'amortissement pour la batterie d’un véhicule électrique seule, depuis 2023. Les règles fiscales considèrent le véhicule électrique comme un tout. Ainsi, les plafonds d'amortissement fixés par l'administration fiscale s'appliquent au véhicule dans son intégralité, batterie incluse.

Le coût d'acquisition de la batterie est donc intégré au prix d'achat total du véhicule, et c'est ce montant global qui est soumis aux plafonds d'amortissement en vigueur, lesquels sont déterminés en fonction des émissions de CO2.

Les conditions pour amortir la batterie d’un véhicule électrique

La batterie étant considérée comme une composante du véhicule, les conditions d'amortissement sont les mêmes que pour le véhicule lui-même. Cela signifie que l'amortissement doit être réalisé selon les règles comptables et fiscales en vigueur, en respectant les plafonds d'amortissement applicables au véhicule.

Il est tout de même recommandé, si cela est possible, que la facture d'achat du véhicule sépare bien le prix de la voiture, et le prix de sa batterie. Cela permet une comptabilité plus claire, et une meilleure vision des coûts.

La durée d’amortissement d’une batterie de véhicule électrique

La durée d'amortissement de la batterie est la même que celle du véhicule : en général, 5 ans. Comme pour le véhicule, cette durée peut être adaptée en fonction de l'utilisation du véhicule et des politiques comptables de l'entreprise.

📝 À noter : il est bon de savoir que du fait des évolutions technologiques rapides des batteries, certaines entreprises peuvent choisir de pratiquer des durées d'amortissement plus courtes pour refléter une éventuelle obsolescence plus rapide.

Dans le cas où une batterie doit être remplacée, et donc rachetée, cette nouvelle batterie pourrait elle aussi être amortie.

Les véhicules utilitaires électriques : un traitement fiscal distinct

Les véhicules utilitaires électriques (fourgons, camionnettes, poids lourds) ne sont pas immatriculés dans la catégorie des voitures particulières au sens de l’article 1010 du CGI. Ils n’entrent donc pas dans le champ de limitation prévu à l’article 39-4 du CGI : leur amortissement n’est soumis à aucun plafond de déductibilité.

Concrètement, si une société acquiert un fourgon électrique à 55 000 € HT, la totalité de ce prix constitue la base amortissable, sans plafonnement à 30 000 €. La durée d’amortissement est généralement de 4 à 5 ans selon l’utilisation du véhicule.

À noter : contrairement aux voitures de tourisme, les véhicules utilitaires peuvent bénéficier de l’amortissement dégressif, avec un coefficient compris entre 1,25 et 1,75 selon la durée d’amortissement retenue. La distinction voiture particulière / véhicule utilitaire repose sur la catégorie d’immatriculation du véhicule.

Principales sources législatives et réglementaires :

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