Tout savoir sur la société coopérative et participative (SCOP)
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
SCI ou SARL de famille : les deux structures figurent parmi les plus utilisées pour détenir et gérer un patrimoine immobilier en famille. Elles n’offrent pourtant ni le même cadre juridique, ni les mêmes possibilités fiscales, ni le même niveau de protection des associés. Avant de créer l’une ou l’autre, une comparaison point par point s’impose.
Quelles sont les caractéristiques de chacune de ces sociétés ? Quels critères distinguent la SARL de famille de la SCI en matière de fiscalité, de responsabilité et de transmission ? Et quelle structure privilégier selon votre projet ? Ce guide répondra à toutes vos questions.
Mini-Sommaire
La SARL de famille est une SARL classique dont les associés sont membres de la même famille. Conformément à l’article 239 bis AA du Code général des impôts (CGI), les associés doivent être liés par un lien de sang ou d’alliance. Pour bénéficier du statut juridique de la SARL de famille, les associés doivent donc être parents en ligne directe (ascendants et descendants), frères et sœurs, conjoints ou partenaires liés par un PACS.
Une SARL de famille est une société commerciale et permet aux associés d’exercer toute activité commerciale, artisanale ou industrielle. Elle ne peut pas exercer une activité libérale ou civile.
☝️ Bon à savoir : la SARL de famille est seulement ouverte aux personnes liées par des liens familiaux directs. Un cousin ne peut pas intégrer une SARL de famille.
Pour créer une SARL de famille, le capital social minimum est de 1 €. Chacun est libre de fixer le montant de son apport. Il faut réunir au moins 2 associés, dans la limite de 100 maximum.
Contrairement à la SARL classique qui relève de l’IS, la SARL de famille a une fiscalité avantageuse, car elle peut opter pour le régime fiscal de l’impôt sur le revenu sans limitation de temps. Pour cela, tous les associés doivent être d’accord. Le taux normal de l’IS est de 25 % (15 % sur les premiers 42 500 € pour les PME éligibles). Opter pour l’IR permet de n’être imposé qu’une seule fois, au titre de l’IR, en évitant la double imposition IS puis IR.
Les associés peuvent également imputer les déficits de la SARL sur leur revenu global, chacun à proportion de ses parts.
La SARL de famille permet aussi de bénéficier des atouts du statut de LMNP, offrant des avantages fiscaux tels que la progressivité de l’impôt sur le revenu ainsi que la déduction des charges réelles de gestion d’immeubles. L’amortissement immobilier au régime réel réduit le résultat imposable sans affecter la trésorerie.
La possibilité de bénéficier du pacte Dutreil permet une exonération partielle des droits de mutation lors de la transmission du patrimoine. Les associés ne sont pas assujettis à l’IR pour la plus-value générée en cas de cession de parts sociales. La responsabilité des associés est limitée à leurs apports.
La SARL de famille impose des obligations comptables contraignantes : tenue de livres comptables (livre journal, grand livre, livre d’inventaire), établissement des comptes annuels (bilan, compte de résultat et annexe légale) et dépôt au greffe du tribunal de commerce.
Ce statut limite l’entrée de nouveaux associés : les associés doivent obligatoirement être parents en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires PACS. L’arrivée de personnes extérieures à la famille met fin au statut de la SARL de famille et au régime d’imposition avantageux de l’IR.
La rémunération versée au gérant n’est pas déductible du résultat imposable lorsque la société est soumise à l’IR, ce qui augmente la base d’imposition des associés.
La SCI (Société Civile Immobilière) est une structure juridique qui permet la mise en place et la gestion d’un patrimoine immobilier. Son objet social ne permet pas l’exercice d’une activité commerciale à titre principal. La SCI est imposée en principe au titre de l’IR, avec la possibilité d’opter pour l’IS.
Il existe plusieurs formes de SCI :
Une SCI compte au moins 2 associés, sans maximum. Pour la SCI familiale, les associés doivent avoir entre eux des liens de parenté jusqu’au 4e degré ou d’alliance. Un cousin peut donc être associé d’une SCI familiale, ce qui n’est pas possible en SARL de famille. Le capital social minimum est de 1 €.
La SCI permet de faciliter la transmission du patrimoine immobilier : réduction des frais de succession (calculés sur la valeur des parts et non sur la valeur marchande des biens), possibilité de donations progressives en franchise de droits dans la limite de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, organisation de l’indivision entre héritiers, et association de ses enfants à un projet d’acquisition.
Le démembrement de propriété constitue un levier supplémentaire : les parents transmettent la nue-propriété des parts à leurs enfants tout en conservant l’usufruit. Les parts peuvent ainsi être réparties en pleine propriété ou en démembrement. À leur décès, les enfants deviennent pleinement propriétaires sans droits de succession à payer.
La SCI soumise à l’IR offre une gestion comptable simplifiée : un simple enregistrement des recettes et des dépenses suffit dans la plupart des cas.
La responsabilité des associés en SCI est indéfinie et proportionnelle à leur détention dans le capital social (article 1857 du Code civil). Le patrimoine personnel des associés peut être engagé pour honorer les dettes de la SCI. Cette responsabilité est toutefois subsidiaire : selon l’article 1858 du Code civil, les créanciers doivent d’abord avoir poursuivi la société et constaté que ces poursuites sont restées vaines.
La SCI ne peut pas exercer d’activité commerciale à titre principal. Si les recettes issues de la location meublée dépassent 10 % du total des recettes, la SCI bascule automatiquement à l’IS.
La constitution d’une SCI familiale s’accompagne de formalités administratives et légales lourdes.
📝 À noter : dans une SCI familiale, la responsabilité est identique à celle d’une SCI classique. Le caractère familial ne confère aucune protection patrimoniale supplémentaire aux associés.
Le tableau comparatif ci-dessous synthétise les principales différences entre la SCI et la SARL de famille.
|
Critère |
SARL de famille |
SCI |
|
Nature juridique |
Société commerciale |
Société civile |
|
Nombre d’associés |
2 minimum, 100 maximum |
2 minimum, pas de maximum |
|
Lien familial exigé |
Oui : ligne directe, frères/sœurs, conjoints, PACS |
Non pour la SCI classique. Oui jusqu’au 4e degré pour la SCI familiale |
|
Capital social minimum |
1 € |
1 € |
|
Responsabilité des associés |
Limitée aux apports |
Indéfinie, proportionnelle, subsidiaire (art. 1857 et 1858 C. civ.) |
|
Régime fiscal par défaut |
IS (option IR illimitée sur unanimité) |
IR (option IS possible, irrévocable) |
|
Activités autorisées |
Commerciales, artisanales, industrielles. Pas de libéral ni de civil |
Civiles uniquement. Location meublée tolérée sous 10 % des recettes |
|
Compatibilité LMNP |
Oui, sous conditions (23 000 €/an, 50 % des revenus) |
Non (basculement IS au-delà de 10 %) |
|
Obligations comptables |
Complète (bilan, compte de résultat, dépôt au greffe) |
Simplifiée à l’IR. Complète si IS |
|
Rémunération du gérant |
Non déductible à l’IR. Déductible à l’IS |
Non déductible à l’IR. Déductible à l’IS |
|
Transmission du patrimoine |
Pacte Dutreil (abattement 75 %). Exonération plus-value sur cession intégrale à l’IR |
Donations progressives (100 000 €/15 ans). Démembrement usufruit/nue-propriété |
En synthèse, la SARL de famille se distingue par la protection du patrimoine personnel des associés et sa polyvalence en matière d’activités. La SCI se démarque par la souplesse de la transmission patrimoniale et la simplicité de sa gestion comptable lorsqu’elle relève de l’IR.
Dans une SARL de famille, le lien de parenté est une condition d’entrée impérative. Cette exigence n’est pas présente dans une SCI classique. La SCI familiale élargit le périmètre jusqu’au 4e degré de parenté, ce qui inclut les cousins germains.
Dans une SARL, la responsabilité des associés se limite à leurs apports en capital. Dans une SCI, la responsabilité des associés est indéfinie. Elle est toutefois non solidaire et subsidiaire : un créancier ne peut réclamer à un associé que sa quote-part de la dette, et seulement après avoir vainement poursuivi la société.
La SARL de famille a la possibilité d’exercer des activités économiques, industrielles ou commerciales. La SCI est limitée à des objets sociaux tels que la location-gestion, la construction-vente et l’attribution. L’achat-revente de biens immobiliers en SCI reste possible à titre occasionnel, mais dans le cas où cette activité serait principale, il faudrait créer une société commerciale.
La SARL immobilière est une société commerciale dont l’objectif est d’acquérir, de gérer et d’exploiter un ou plusieurs biens immobiliers. Bien qu’elle présente des similitudes avec une SCI, elle s’en distingue par sa nature commerciale, contrairement à la SCI qui est une société civile.
Les sociétés de type SARL sont assujetties à l’IS par défaut. En 2026, le taux normal de l’IS est de 25 % (15 % sur les premiers 42 500 € pour les PME éligibles). Dans le cas des SARL de famille, les associés peuvent opter pour l’IR à l’unanimité. Cette option est illimitée dans le temps, contrairement à la SARL classique où elle est limitée aux 5 premières années. Elle prend fin si des personnes extérieures à la famille rejoignent la société.
Les SCI sont généralement soumises à l’IR. Les revenus locatifs sont déclarés par chaque associé proportionnellement à ses parts. En cas de déficit foncier, celui-ci est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, en 2026. Il est possible pour une SCI d’opter pour l’IS, mais cette option est irrévocable. Lorsque la SCI exerce une activité commerciale à titre principal, elle est automatiquement soumise à l’IS.
📝 À noter : les dividendes distribués par une SCI à l’IS ou par une SARL de famille à l’IS sont soumis au PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Les associés peuvent opter pour le barème progressif de l’IR, qui ouvre droit à un abattement de 40 % sur les dividendes.
Les conditions de transmission de parts sociales sont en principe stipulées dans les statuts de la société. En SARL de famille, la cession des parts sociales de SARL est librement autorisée entre membres de la famille. Le pacte Dutreil offre un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis. Lorsque la société relève de l’IR, la plus-value générée par la cession intégrale des parts par un associé est exonérée d’imposition.
📝 À noter : l’associé doit céder la totalité de ses parts pour bénéficier de cette exonération de plus-value. Une cession partielle n’est pas concernée.
En SCI, les parts sociales peuvent être réparties en pleine propriété ou en démembrement de propriété. Les parents peuvent procéder à des donations progressives exonérées de droits, dans la limite de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. En transmettant la nue-propriété des parts aux enfants tout en conservant l’usufruit, les parents continuent à percevoir les revenus locatifs. À leur décès, les enfants deviennent pleinement propriétaires sans droits de succession.
La valeur de la nue-propriété est calculée selon un barème fiscal qui décroît avec l’âge de l’usufruitier. Par exemple, pour un parent de 65 ans, la nue-propriété représente 60 % de la valeur des parts, ce qui réduit considérablement les droits de donation.
La SARL de famille, en tant que société commerciale, est astreinte à une comptabilité complète quel que soit son régime fiscal : tenue d’un livre journal et d’un grand livre, établissement d’un bilan, d’un compte de résultat et d’une annexe légale, dépôt annuel des comptes au greffe du tribunal de commerce.
La SCI soumise à l’IR bénéficie d’un régime simplifié. En revanche, si elle opte pour l’IS ou y est soumise de plein droit, les obligations comptables deviennent identiques à celles d’une société commerciale.
La SARL de famille est la structure la mieux adaptée. Elle permet à chaque associé de bénéficier du statut LMNP et d’amortir le bien immobilier au régime réel, à condition que ses revenus locatifs n’excèdent pas 23 000 € par an et ne représentent pas plus de 50 % de ses revenus globaux. La SCI ne permet pas de cumuler location meublée et IR si les recettes en meublé dépassent 10 % du total.
La SCI offre les outils les plus efficaces. Le démembrement de propriété permet de transmettre progressivement la valeur du bien tout en conservant la jouissance des revenus. Couplé aux abattements de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, ce mécanisme réduit substantiellement la charge fiscale de la succession.
La SARL de famille est la seule option viable. L’achat-revente à titre habituel est une activité commerciale, incompatible avec l’objet civil de la SCI. En SARL de famille, cette activité est pleinement autorisée, avec la possibilité de déduire les charges et de bénéficier du régime de l’IR.
La SCI de gestion-location est la structure la plus courante pour ce type de projet. La gestion comptable est allégée, la transmission du bien aux héritiers est facilitée, et l’imposition à l’IR évite la double taxation.
Le tableau ci-dessous récapitule les principaux avantages et inconvénients de chaque structure.
|
SARL de famille |
SCI |
|
|
Avantages |
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Inconvénients |
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|
Vous hésitez entre une SARL de famille ou une SCI pour une location meublée ? Lors d’un investissement locatif, SARL ou SCI sont effectivement 2 choix qui s’offrent à vous.
En SARL de famille, les associés peuvent bénéficier du régime réel du LMNP. Ce régime permet la déduction des charges courantes du résultat imposable, ainsi que l’amortissement immobilier pour réduire l’IR. Pour bénéficier du statut LMNP, chaque associé doit respecter deux conditions cumulatives : ses recettes locatives ne doivent pas dépasser 23 000 € par an, et elles ne doivent pas représenter plus de 50 % de ses revenus globaux.
Une SCI ne peut en principe pas bénéficier du statut LMNP, car la fiscalité de la location meublée en SCI est considérée comme une activité commerciale. Si plus de 10 % des revenus totaux hors taxe de la SCI proviennent de la location meublée, celle-ci est assujettie à l’IS. Cette situation entraîne une double imposition : IS au niveau de la société, puis impôt au niveau de chaque associé.
La SARL de famille est donc plus adaptée lorsque le projet immobilier inclut de la location meublée.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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