Dissolution de société - 10 questions fréquentes
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Le boni de liquidation est l’excédent financier restant à l’issue des opérations de liquidation, une fois les dettes apurées et les apports remboursés.
Il se calcule selon deux méthodes : soustractive (capitaux propres - capital social) ou additive (réserves + report à nouveau + bénéfices non taxés).
Il est réparti entre les associés proportionnellement à leur participation au capital social, sauf clause statutaire contraire.
Fiscalement, il est traité comme un dividende : PFU à 31,4 % ou barème progressif avec abattement de 40 %, pour une personne physique.
Des droits d’enregistrement de 2,5 % sont également dus, payés par la société en liquidation.
La fermeture passe par une phase de dissolution-liquidation de votre société, au cours de laquelle le sort du patrimoine de l’entreprise est réglé. À l’issue de cette phase, un résultat apparaît, positif ou négatif. Lorsqu’il est positif, on parle de boni de liquidation : cet excédent revient aux associés, mais il n’est pas exempt de fiscalité.
Qu’est-ce que le boni de liquidation exactement ? Comment le calculer ? Quelle imposition s’applique en 2026 pour une personne physique ou morale ? Legalstart vous explique.
Mini-Sommaire
Lors d’une procédure de dissolution-liquidation, qu’elle soit amiable ou judiciaire, un liquidateur est nommé pour réaliser ce que l’on appelle les opérations de liquidation. Le liquidateur devra :
Une fois ces opérations terminées, le liquidateur doit établir des comptes de liquidation, sous la forme du bilan de liquidation, et les faire approuver par les associés. Les comptes feront alors apparaître soit un mali de liquidation, soit un boni de liquidation.
Concrètement, l’existence d’un boni de liquidation, par définition, signifie que l’actif est supérieur au passif à la clôture de la société. Cet excédent financier pourra alors être directement partagé entre les associés en fonction du nombre de parts sociales ou actions qu’ils détiennent dans la société.
Au contraire, il y a un mali de liquidation lorsque l'actif ne couvre pas le passif. La société n'est pas en mesure de régler l'ensemble de ses dettes et la responsabilité des associés peut être recherchée.
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Question fréquente : que se passe-t-il en cas de mali de liquidation ? En cas de mali de liquidation, chaque associé doit participer au règlement des pertes à proportion de ses parts dans la société. Si la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports, les créanciers ne peuvent pas saisir leurs biens personnels. En revanche, si la responsabilité des associés est illimitée, ils devront s'acquitter de l'intégralité de la dette et les créanciers pourront saisir leurs biens personnels.
Il existe 2 méthodes de calcul du boni de liquidation : la méthode additive et la méthode soustractive.
Pour le boni de liquidation, le calcul avec la méthode additive, il s'agit d’additionner plusieurs postes du passif inscrit au bilan de liquidation. Si le résultat est supérieur à 0, il existe un boni de liquidation. Dans le cas contraire, on est en présence d’un mali de liquidation.
Boni de liquidation = Réserves + Report à nouveau + Bénéfices non taxés (imposition différée)
La méthode soustractive est la plus utilisée pour le calcul du boni de liquidation en raison de sa simplicité. Si le montant des capitaux propres est supérieur à celui du capital social, on obtiendra un boni de liquidation. Dans la situation inverse, on obtiendra un mali de liquidation.
Boni de liquidation = Capitaux propres - Capital social
À noter : le calcul du boni de liquidation peut être compliqué. Il est souvent nécessaire de se faire aider pour éviter les erreurs qui peuvent avoir des conséquences importantes par la suite, notamment en fiscalité.
Les associés de la société sont les bénéficiaires d’un boni de liquidation. En général, le boni de liquidation est réparti entre tous les associés de la société liquidée, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales, et ce, selon leur participation au capital social.
À noter : il est possible de définir d’autres modalités de répartition du boni de liquidation dans les statuts de la société.
La répartition du boni de liquidation obéit à une procédure particulière. Une fois que le liquidateur a établi les comptes de liquidation et les a fait approuver par les associés, le partage du boni de liquidation est décidé. Un procès-verbal de clôture de liquidation est rédigé, contenant la mention de l’existence d’un boni de liquidation, son montant et ses modalités de répartition. À cet instant, la procédure de dissolution-liquidation arrive à son terme : les comptes sont déposés au greffe du tribunal de commerce, un avis de liquidation est publié, et la radiation de la société intervient.
Avant le versement du boni de liquidation, les associés se voient rembourser leurs apports au capital social de la société, qui peut être partiel ou non.
Bon à savoir : le remboursement des apports peut être réalisé de manière anticipée et donc intervenir avant la fin de la procédure de liquidation.
Une fois les apports remboursés, le boni de liquidation peut être partagé entre les associés. Il revient au liquidateur de déterminer, selon les règles prévues dans les statuts, les droits respectifs des associés et le montant de la part du boni de liquidation qui leur est attribuée.
Exemple : répartition d’un boni de liquidation entre les associés d’une société liquidée.
|
Répartition du boni de liquidation entre les associés de la SAS |
||
|
Associés |
Participation au capital |
Répartition du boni |
|
Associé 1 |
55 % |
5.500 € |
|
Associé 2 |
25 % |
2.500 € |
|
Associé 3 |
10 % |
1.000 € |
|
Associé 4 |
10 % |
1.000 € |
À noter : depuis le 1er octobre 2024, toute dissolution par transmission universelle de patrimoine (TUP) doit obligatoirement être publiée à la fois dans un journal d’annonces légales habilité et au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). C’est cette publication qui déclenche le délai pendant lequel les créanciers peuvent s’opposer à l’opération.
Par ailleurs, pour toute liquidation amiable, il est désormais obligatoire de fournir une attestation de régularité sociale et une attestation fiscale de compte à jour au moment de la clôture de la procédure.
Ces nouvelles obligations visent à renforcer la transparence et à protéger les créanciers.
Le boni de liquidation est soumis à l’impôt sur le revenu en tant que revenu mobilier (article 112 du Code général des impôts). En effet, contrairement à la restitution des apports qui s’effectue en franchise d’impôt, le boni est considéré fiscalement comme une distribution de dividendes aux associés. Pour le boni de liquidation, la fiscalité diffère selon que le bénéficiaire est une personne physique ou une personne morale.
Dans cette situation, concernant le boni de liquidation, l’imposition est la même que pour des dividendes. Deux possibilités sont alors ouvertes au bénéficiaire :
Si le bénéficiaire du boni de liquidation est une personne morale, le boni sera taxé à l’impôt sur les bénéfices classique applicable à la société.
Important : des droits d’enregistrement du boni de liquidation sont également à payer. Ils s’élèvent à 2,5 % du montant du boni de liquidation.
Lors de la fermeture d’une société, certains associés confondent le boni de liquidation avec la plus-value de cession de parts sociales. Il s’agit pourtant de deux notions distinctes, soumises à des régimes fiscaux différents.
La plus-value de cession de parts sociales intervient lorsqu’un associé vend ses parts à un tiers : la société continue d’exister, seul le titulaire change. Le gain réalisé est soumis au régime des plus-values mobilières (article 150-0 A du CGI), taxé au PFU à 31,4 % en 2026 ou au barème progressif, avec la possibilité d’abattements pour durée de détention sur les titres acquis avant le 1er janvier 2018.
Le boni de liquidation, quant à lui, ne résulte pas d’une vente mais de la dissolution de la société elle-même. Son traitement fiscal est aligné sur l’imposition des dividendes. Il n’existe pas d’abattement pour durée de détention sur le boni : seul l’abattement de 40 % au barème progressif (article 158, 3-2° du CGI) s’applique.
|
Boni de liquidation |
Plus-value de cession |
|
|---|---|---|
|
Déclencheur |
Dissolution de la société |
Vente des parts à un tiers |
|
Base légale |
Art. 112 CGI |
Art. 150-0 A CGI |
|
Fiscalité par défaut |
PFU 31,4 % |
PFU 31,4 % |
|
Abattement barème |
40 % (art. 158 3-2° CGI) |
Durée de détention (titres avant 2018) |
|
Droits enregistrement |
2,5 % |
3 % (cession parts) |
Résumer cet article avec :
Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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