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Fiches pratiques Gérer une entreprise Fiscalité de l'entreprise Liasse fiscale : pourquoi et comment la déclarer ?

Liasse fiscale : pourquoi et comment la déclarer ?

Léna Cazenave - Image

Léna Cazenave

Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille. 
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
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 L'essentiel de l'article :

  • La liasse fiscale regroupe la déclaration de résultats et ses tableaux annexes (bilan, compte de résultat, immobilisations, provisions…).
  • Elle est obligatoire pour toute entreprise au régime réel, à l'IR comme à l'IS, en BIC, BNC ou bénéfices agricoles. Les micro-entrepreneurs et les exploitants au micro-BA en sont dispensés.
  • Le formulaire dépend de votre situation : 2035 (BNC), 2031 (BIC à l'IR), 2065 (IS), 2139 ou 2143 (bénéfices agricoles).
  • Date limite : le 2e jour ouvré suivant le 1er mai, ou 3 mois après la clôture pour les sociétés à l'IS qui clôturent en cours d'année, plus 15 jours pour la télétransmission.
  • La transmission se fait obligatoirement en ligne, en mode EFI ou EDI.
  • Un retard expose l'entreprise à des majorations de 10 % à 80 %, ou à une amende de 150 € si aucun impôt n'est dû.

La liasse fiscale est un recueil de pièces comptables qui permet à l'administration de calculer le montant des impôts d’une entreprise. Sa composition varie en fonction de la situation de la société et nécessite une attention particulière lors de son établissement. Legalstart vous aide à y voir plus clair.

Mini-Sommaire

Qu’est-ce qu’une liasse fiscale ?

Au terme de la clôture de son exercice, une entreprise doit faire parvenir au service des impôts un ensemble de documents comptables, communément appelé liasse fiscale (ou déclaration fiscale des entreprises). Il s’agit de déclarations et de documents annexes qui permettent à l’administration fiscale de déterminer le montant des impôts que l’entreprise doit verser. Cette déclaration est obligatoire, à l'exception des micro-entreprises.

 Bon à savoir : la liasse fiscale se distingue du bilan comptable. Ce dernier document permet de connaître le patrimoine d’une entreprise à un instant précis. Ce bilan se présente sous la forme d’un tableau qui précise l’actif et le passif de la société. Le bilan comptable fait partie des documents intégrés à la liasse fiscale.

Le détail d’une liasse fiscale diffère selon le régime fiscal de la société. Cet ensemble comprend en général les éléments suivants :

  • le bilan et le compte de résultat ;
  • la déclaration de résultat ; l’affectation du résultat et la mention du déficit le cas échéant ;
  • le tableau des immobilisations et le tableau des amortissements ;
  • le tableau des provisions, des créances et des dettes ;
  • la valeur ajoutée produite ;
  • les plus ou moins-values réalisées ;
  • et la composition du capital social, ainsi que le détail des éventuelles participations dans des filiales de l’entreprise (dans le cadre d’une société).

En fonction du type d'activité de l'entreprise, d'autres éléments seront à ajouter à la liasse fiscale. Par exemple, les entreprises soumises à des activités polluantes doivent y intégrer les éléments relatifs à la TGAP, taxe générale sur les activités polluantes.

À noter : les entreprises soumises au régime réel simplifié ont la possibilité de fournir un bilan simplifié au sein de leur liasse fiscale. Il apporte une vision allégée de leurs actifs et de leurs passifs. Pour rappel, le régime réel simplifié s’applique aux entreprises dont le chiffre d'affaires annuel hors taxes est compris entre 83.600 € et 286.000 € pour les prestations de services, et entre 203.100 € et 945.000 € pour les activités de commerce et d'hébergement (article 302 septies A bis du Code général des impôts).

À quoi sert une liasse fiscale ?

Par définition, la liasse fiscale est un dossier qui sert de base de calcul à l’administration fiscale afin de déterminer le montant de l'impôt sur les sociétés (IS) d’une entreprise ou de l’impôt sur le revenu (IR) de ses dirigeants. Elle permet aussi à l'administration de vérifier que la société respecte bien les règles fiscales en vigueur. 

Les documents comptables de ce dossier permettent aussi de connaître l’état financier d’une entreprise. La liasse fiscale constitue donc une référence pour analyser la rentabilité d’une société et améliorer sa stratégie de développement. Les éléments qui le composent sont précieux à la fois pour les dirigeants de l’entreprise et pour leurs partenaires.

Est-ce obligatoire de faire une liasse fiscale ?

Oui, la transmission de la liasse fiscale est obligatoire. Toute entreprise soumise à un régime réel (simplifié ou normal) doit fournir annuellement ce dossier au service des impôts, et ce quel que soit :

  • son statut juridique ;
  • sa catégorie d’imposition (BIC, BNC ou bénéfices agricoles) ;
  • et son mode d'imposition (IR ou IS). 

Seuls les micro-entrepreneurs et les exploitants agricoles au micro-BA n'ont pas à remplir de liasse fiscale, car ils ne sont pas soumis au régime réel, mais à un régime micro-fiscal.

Quelles sont les entreprises concernées par la liasse fiscale ?

Toutes les entreprises sont concernées par la liasse fiscale, à l’exception des auto-entrepreneurs et des exploitants au micro-BA. Elle doit donc être envoyée par :

  • les entrepreneurs individuels (hors micro-entreprise) ;
  • les sociétés unipersonnelles (EURL et SASU) ;
  • et toutes les autres typologies de sociétés, qu'elles soient imposées à l'IR ou à l'IS, et quelle que soit leur catégorie de revenus : BIC, BNC ou bénéfices agricoles.

Comment remplir une liasse fiscale ?

La liasse fiscale est composée de la déclaration de résultat et de tableaux annexes. Chaque document précise les postes figurant au bilan comptable de la société. Le numéro Cerfa de la liasse fiscale et le nombre de tableaux annexes varient selon le régime et la catégorie d’imposition de la société.

Les entreprises qui relèvent de la catégorie BNC

Les entreprises libérales de la catégorie BNC (bénéfices non commerciaux) doivent remplir le formulaire 2035 et ses annexes. Il s’agit de professionnels soumis au régime de la déclaration contrôlée.

À noter : les entrepreneurs peuvent ensuite remplir leur déclaration de revenus 2042 en reportant le bénéfice de leur entreprise sur l’annexe 2042-C-PRO.

Les entreprises qui relèvent de la catégorie BIC et qui sont à l’impôt sur le revenu

Les entreprises BIC soumises à l’impôt sur le revenu (IR) doivent remplir le formulaire 2031 (Cerfa n° 11085), ainsi que les annexes :

  • de la liasse CERFA n° 2033-A-SD à G-SD pour les entreprises au régime réel simplifié ;
  • et de la liasse n°2050-SD à 2059-G-SD pour celles qui relèvent du régime réel normal d’imposition.

 Bon à savoir : le taux d'imposition d'une entreprise soumise à l'IR est progressif.

Les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés

Les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés doivent remplir le formulaire 2065 (Cerfa n° 11084), ainsi que les annexes :

  • de la liasse fiscale n°2033 A à G pour les entreprises au réel simplifié ;
  • de la liasse n°2050 à 2059 G pour celles qui sont au régime normal d’imposition.

 Bon à savoir : une société soumise à l'impôt sur les sociétés relève du taux normal de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique sur la fraction de bénéfice allant jusqu'à 42.500 €, à condition que le chiffre d'affaires hors taxes n'excède pas 10 millions d'euros et que le capital, entièrement libéré, soit détenu à 75 % au moins par des personnes physiques ou par une société répondant elle-même à cette condition (article 219 du Code général des impôts). Au-delà de 42.500 € de bénéfice, la fraction excédentaire est imposée au taux normal de 25 %.

 Attention : toute erreur commise dans le remplissage de la liasse fiscale peut entraîner des pénalités pour l'entreprise, voire un redressement fiscal dans les cas les plus graves. Pour éviter cette situation, il s'avère nécessaire de vérifier que les montants inscrits sont corrects, qu'aucun élément n'a été oublié, et que les tableaux ne comprennent pas d'incohérence. Afin de garantir la sincérité des comptes, les entreprises peuvent s'appuyer sur l'aide d'un logiciel comptable, ou faire appel à un expert-comptable.

Les exploitants agricoles (bénéfices agricoles)

Les exploitants agricoles soumis à un régime réel d'imposition doivent également déposer une liasse fiscale. Selon leur régime, ils remplissent :

  • la déclaration n° 2139-SD et ses annexes 2139-A-SD à 2139-E-SD pour ceux qui relèvent du régime réel simplifié ;
  • la déclaration n° 2143-SD et ses annexes n° 2144-SD à 2154-SD pour ceux qui relèvent du régime réel normal.

Comme pour les BIC et les BNC, les exploitants agricoles relevant du régime du micro-BA ne sont pas tenus de déposer de liasse fiscale.

Quand et comment déposer sa liasse fiscale aux impôts ?

Le dépôt de la liasse fiscale est soumis à une réglementation précise en matière de délai et de modalités de transmission.

Quelle est la date limite pour déposer sa liasse fiscale ?

La date d'envoi de la liasse fiscale dépend du régime d'imposition et, pour les sociétés à l'IS, de la date de clôture de l'exercice comptable.

Les entreprises relevant d'un régime réel à l'impôt sur le revenu, en BIC, en BNC comme en bénéfices agricoles, déposent leur déclaration de résultats au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai, quelle que soit leur date de clôture (article 175 du Code général des impôts).

Les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés bénéficient de ce même délai lorsque leur exercice est clos le 31 décembre, et disposent de 3 mois à compter de la clôture lorsque celle-ci intervient en cours d'année (article 223 du Code général des impôts).

 Bon à savoir : les entreprises qui transmettent leur déclaration de résultats par téléprocédure bénéficient d'un délai supplémentaire de 15 jours calendaires au-delà de la date limite de dépôt. Une entreprise qui clôture au 31 décembre dispose donc de 15 jours calendaires après le 2e jour ouvré suivant le 1er mai pour télétransmettre sa liasse. La transmission dématérialisée étant obligatoire, ce report profite en pratique à toutes les entreprises concernées. Un conseil quand même : n'attendez pas le dernier jour, les plateformes sont souvent saturées en fin de campagne.

Le dépôt tardif ou l'absence de dépôt expose l'entreprise aux majorations de l'article 1728 du Code général des impôts, calculées sur les droits dus : 10 % en l'absence de mise en demeure ou lorsque la déclaration est déposée dans les 30 jours suivant la réception d'une mise en demeure, 40 % lorsqu'elle ne l'est pas dans ce délai, et 80 % en cas de découverte d'une activité occulte. Lorsque la déclaration ne fait apparaître aucun droit à payer, par exemple en cas de résultat déficitaire, le retard relève de l'article 1729 B du Code général des impôts : l'amende est alors de 150 € pour le défaut de production dans les délais. Les omissions ou inexactitudes relevées dans le document sont sanctionnées séparément, à hauteur de 15 € chacune, sans que le total des amendes applicables aux documents à produire simultanément puisse être inférieur à 60 € ni supérieur à 10.000 €.

 Bon à savoir : les exemplaires de liasses fiscales sont disponibles sur le site des impôts. Pour obtenir, par exemple, celui de l'année 2026, il faut taper la mention « liasse fiscale 2026» dans la barre de recherche, et cliquer sur le formulaire correspondant à la situation de l'entreprise.

Comment transmettre sa liasse fiscale aux services des impôts ?

Les entreprises transmettent leur liasse fiscale par voie dématérialisée au Service des impôts des entreprises (SIE) dont elles dépendent. Deux modes de télétransmission coexistent :

  • Le mode EFI, échange de formulaires informatisé, qui consiste à saisir la déclaration en ligne depuis l'espace professionnel du site des impôts. Il n'est ouvert qu'aux entreprises relevant d'un régime simplifié d'imposition et aux professionnels imposés en BNC.
  • Le mode EDI, échange de données informatisé, dans lequel la déclaration est transmise à l'administration depuis un logiciel agréé par un partenaire EDI. Ce partenaire est le plus souvent un expert-comptable ou un prestataire spécialisé, mais l'entreprise peut aussi adhérer elle-même à la procédure et transmettre pour son propre compte.

Pour la déclaration de résultats, seul le standard EDI-TDFC, transfert des données fiscales et comptables, est accepté par la DGFiP. Les entreprises au régime réel normal, qu'elles relèvent des BIC, des bénéfices agricoles ou de l'impôt sur les sociétés, doivent obligatoirement passer par ce mode.

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