Congés payés et CDD : le guide 2026
L'essentiel de l'article :
Le droit de retrait pour la chaleur est possible en cas de situation qui met en danger la santé des salariés. En effet, les fortes chaleurs peuvent induire de nombreux troubles, notamment chez les plus fragiles. Ainsi, l’employeur doit veiller à la sécurité de chacun et mettre certaines mesures en place pour protéger ses salariés. Toutefois, en cas de chaleur extrême, le retrait d’un employé peut être légitime.
Quand et comment faire valoir son droit de retrait en cas de chaleur ? Quelles sont les obligations de l’employeur en cas de canicule ? Legalstart fait le point.
Mini-Sommaire
Le droit de retrait est un droit reconnu à tout salarié par l’article L4131-1 du Code du travail. Il autorise un travailleur à quitter son poste ou à refuser de s’y installer lorsqu’il a un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.
Le travailleur qui estime être soumis à ce danger doit en avertir son employeur avant de se retirer, conformément aux conditions prévues pour exercer son droit de retrait dans le cadre légal. L’employeur ne peut en aucun cas l’empêcher de revendiquer ce droit.
📝 À noter : il ne faut pas confondre droit de grève et droit de retrait. Le droit de grève découle d’une revendication professionnelle et d’un arrêt de travail décidé par les employés.
Il est possible pour des salariés de recourir au droit de retrait pour cause de chaleur. En effet, travailler en période de fortes chaleurs peut avoir de nombreuses conséquences sur l'organisme.
Ainsi, le droit de retrait durant la canicule est légitime. La loi n’indique pas pour le droit de retrait, de température précise. Même en cas de fortes chaleurs, un salarié doit se rendre sur son lieu de travail. Cependant, il faut s’en remettre aux recommandations de l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).
Selon ses recommandations, la chaleur représente un risque pour le salarié dès lors qu’elle dépasse :
Il est également indiqué qu’au-dessus de 33°C, la chaleur représente un danger pour la santé des salariés.
Le droit de retrait s’applique si les conditions sur le lieu de travail ou le chantier ne permettent pas de se rafraîchir et représentent un danger. Par exemple, l’absence d’eau sur un chantier peut justifier le droit de retrait dans le BTP. De même que le droit de retrait pour la chaleur dans la restauration s’il n’y a pas d'aérations.
Le droit de retrait pour la chaleur à l’usine peut également être justifié par l’effort physique du salarié ou le fait que les locaux ne soient pas suffisamment aérés ou climatisés.
☝️ Bon à savoir : en cas de droit de retrait, le salaire ne peut pas être soumis à une retenue si le droit est justifié.
La réglementation en cas de chaleur au travail implique des obligations de la part de l'employeur. Ce dernier doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé des salariés en rapport avec la température extérieure.
De manière générale, tous secteurs professionnels confondus, l’employeur doit :
⚠️ Attention : la loi n’oblige pas un employeur à installer une climatisation dans des locaux fermés.
Depuis le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 renforce la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur. Un arrêté du même jour définit les seuils de vigilance Météo-France applicables : vigilance verte (veille saisonnière), jaune (pic de chaleur), orange (canicule) et rouge (canicule extrême).
Dès l’atteinte du niveau de vigilance jaune, l’employeur doit mettre en place des mesures de prévention renforcées, parmi lesquelles :
Important : le risque de chaleur doit désormais être intégré dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) de l’entreprise.
Plus spécifiquement pour les métiers du BTP, en cas de fortes chaleurs, l’employeur doit :
Si une alerte vigilance rouge pour canicule est mise en place par Météo France, alors l’employeur a des obligations complémentaires. L’évaluation des risques doit être quotidienne en fonction :
À partir de cette réévaluation des risques, l’employeur doit :
En cas de manquement de l’employeur, vous pouvez faire valoir votre droit de retrait pour la chaleur.
🛠️ En pratique : un manquement de l’employeur peut être signalé au délégué du personnel ou à l’inspection du travail (DREETS)
Le droit de retrait se traduit par le retrait du salarié de son lieu de travail si la chaleur représente un danger pour sa santé. Il doit en informer l’employeur par tout moyen. Le faire si possible par écrit (mail, courrier remis en main propre contre signature ou recommandé) est généralement un moyen plus sûr. Le salarié peut également en informer le CSE (comité social et économique).
🛠️ En pratique : le droit de retrait peut s’exercer jusqu’à ce que les conditions de travail se soient améliorés si la situation est légitime.
Aucune retenue n’est prévue sur le salaire d’un employé pour un droit de retrait justifié. Par contre, si celui-ci n’est pas légitime, une retenue peut être effectuée.
Résumer cet article avec :
Principales sources législatives et réglementaires
Note du document :
4,7 - 14 vote(s)
Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
Fiche mise à jour le
Vous avez des questions ?
Téléchargez notre guide gratuit sur la création d'entreprise
Ces articles pourraient aussi vous intéresser :
Congés payés et CDD : le guide 2026
L’avenant au CDD : tout comprendre en 5 questions
Registre du personnel : tout ce que vous devez savoir
Masse salariale : définition, calcul et conséquences pour l’entreprise
Tout savoir sur l’avenant au contrat de travail
Temps de travail effectif : définition, cas d’application et calcul
On a besoin de vous !
Si vous appréciez notre contenu, un avis sur Google nous aiderait énormément !