Devenir auto-entrepreneur en 2026
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Vous venez de réaliser votre déclaration auto-entrepreneur et votre activité bat son plein ! Seul bémol : vous n’arrivez plus à tout faire tout seul et il vous faudrait des mains supplémentaires. Un auto-entrepreneur peut-il facilement embaucher un salarié ?
Voici qui vous pouvez recruter, les démarches à accomplir, ce que ça coûte en 2026 et les alternatives qui existent.
Mini-Sommaire
À la question : un entrepreneur peut-il avoir des salariés ? La réponse est oui.
Le statut, créé en 2009, a été pensé pour les entrepreneurs qui se lancent seuls. Il ne facilite pas le développement d'une équipe, et embaucher un premier salarié en auto-entreprise se révèle vite compliqué en pratique.
Une chose à garder en tête dès maintenant : en recrutant, vous devenez employeur, avec tout ce que cela implique : contrat de travail, bulletins de paie, cotisations, médecine du travail, registre du personnel (article L1221-13 du Code du travail).
Oui, un auto-entrepreneur peut embaucher un stagiaire s’il le souhaite. Précisons d'emblée qu'il ne s'agit pas d'une embauche au sens strict : le stage repose sur une convention tripartite, pas sur un contrat de travail (article L124-1 du Code de l'éducation).
Comme toute entreprise, il doit respecter certaines conditions :
À noter : la gratification minimale est fixée à 4,50 € par heure de stage depuis le 1er janvier 2026, soit 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale. Pour un temps plein (environ 154 h par mois), cela représente 693 € par mois. Elle est due au-delà de 2 mois de stage, soit à partir de la 309e heure.
Attention : même si les formalités sont plus légères que pour un salarié, l'auto-entrepreneur doit tenir les registres légaux du personnel.
Un auto-entrepreneur a également la possibilité d’embaucher un apprenti.
Pour rappel, le contrat d’apprentissage est signé dans le cadre d’une formation initiale, afin que l’apprenti obtienne un diplôme ou un titre professionnel (CAP, Bac pro, BTS). Ce type de contrat est possible uniquement pour :
L'apprenti travaille 35 heures par semaine et bénéficie de 5 semaines de congés payés par an. Le contrat prend la forme d'un CDD de 6 mois à 3 ans (article L6222-7-1 du Code du travail).
Son salaire dépend de sa tranche d'âge et de son année de formation. Pour un apprenti de 18 ans en 1re année, le salaire brut correspond à au moins 43 % du SMIC, soit 802,82 € par mois en 2026.
Le coût de la formation, lui, ne pèse pas sur vous : il est pris en charge par l'opérateur de compétences (OPCO). Une participation forfaitaire de 750 € reste due au centre de formation, uniquement pour les contrats préparant un diplôme de niveau bac+3 ou supérieur.
Bon à savoir : l'apprentissage ouvre droit à une aide à l'embauche pouvant atteindre 5.000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés, et 6.000 € pour le recrutement d'un apprenti en situation de handicap. Elle est versée au titre de la première année et concerne les diplômes de niveau bac ou inférieur (Décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 relatif à l'aide exceptionnelle aux employeurs d'apprentis).
À noter : pour les contrats d'apprentissage conclus depuis le 1er mars 2025, la rémunération de l'apprenti est exonérée de cotisations salariales, de CSG et de CRDS dans la limite de 50 % du SMIC (article L. 6243-2 du Code du travail). Au 1er juin 2026, ce plafond correspond à 933,51 € par mois. La fraction excédentaire est soumise à cotisations. Les contrats conclus avant le 1er mars 2025 conservent l'ancien plafond de 79 % du SMIC.
Oui, un auto-entrepreneur a la possibilité d’embaucher un intérimaire en cas de hausse ponctuelle de l’activité.
Dans ce cas, l’auto-entrepreneur signe un contrat de mise à disposition avec la société d’intérim. De son côté, l’agence d’intérim signe un contrat de mission avec l’intérimaire.
Vous n'êtes donc pas l'employeur : vous réglez la facture de l'agence, dont le montant dépend des conditions prévues au contrat de mise à disposition.
Attention : un auto-entrepreneur ne peut pas embaucher en chèque emploi service (CESU).
Cette possibilité est réservée aux employeurs particuliers. Or un auto-entrepreneur est, par définition, un professionnel.
À noter : il peut employer un salarié à son domicile et le payer en Cesu dès lors qu'il l'embauche en sa qualité de particulier et pour ses besoins personnels.
Reste la vraie question : est-ce judicieux pour un auto-entrepreneur d'embaucher au regard des particularités du régime de la micro-entreprise ?
Embaucher un salarié en tant qu’auto-entrepreneur peut être une solution pour faire face à un niveau d’activité croissant. Ainsi, l’auto-entrepreneur peut honorer les contrats en cours et éventuellement en prendre de nouveaux. Cette augmentation de l’activité peut être ponctuelle, notamment en cas d’activité saisonnière (fêtes de fin d’année, etc.), ou plus pérenne.
En tant qu’auto-entrepreneur, avoir un salarié peut aussi être une phase de test en vue d’un changement de statut. Ainsi, le micro-entrepreneur qui envisage de passer en société peut s’assurer de sa capacité à gérer un salarié et à assumer une activité plus dense.
Le statut de micro-entrepreneur a été mis en place pour aider les entrepreneurs à se lancer seul. Il offre de nombreux privilèges grâce à une inscription et des démarches administratives allégées (déclaration de micro-entreprise en ligne, comptabilité simplifiée, régime fiscal privilégié, etc.).
L'auto-entreprise s'adresse donc aux petites structures. Pour éviter que des entreprises aux moyens plus importants en profitent, des plafonds annuels de chiffre d'affaires s'appliquent :Ces plafonds constituent le premier frein à l'embauche. Si l'auto-entreprise se porte bien, l'arrivée d'un salarié va mécaniquement dynamiser le chiffre d'affaires, au risque de faire franchir le seuil et de basculer sous le régime de l'entreprise individuelle classique.
À noter : si vous envisagez d'embaucher dès la conception de votre projet, orientez-vous plutôt vers la création d'une société (EURL ou SASU).
Second frein : en micro-entreprise, les charges ne sont pas déductibles du chiffre d'affaires.
Bon à savoir : un abattement forfaitaire est appliqué au calcul de l'impôt sur le revenu pour tenir compte des charges professionnelles. Il est de 71 % pour les activités de vente, 50 % pour les prestations de services BIC et 34 % pour les prestations BNC et activités libérales.
C'est là une différence majeure avec une SARL, une EURL, une SAS ou une SASU. Quel que soit le montant de vos charges, cotisations sociales et impôt sur le revenu sont calculés sur le chiffre d'affaires HT encaissé.
Or, recruter un salarié constitue un coût non-négligeable. Il faut prendre en compte :
Pour se permettre d'embaucher, l'activité doit donc être solide : vous devez pouvoir vous rémunérer et rémunérer votre salarié.
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Avantages d’embaucher pour un auto-entrepreneur |
Inconvénients d’embaucher en auto-entrepreneur |
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Puisque la réponse à la question peut-on embaucher en auto-entreprise est oui, voyons les démarches à accomplir si vous souhaitez intégrer un salarié à votre activité malgré les inconvénients. Voici les étapes à suivre :
Comment déclarer un employé en auto-entrepreneur ? Dès lors qu'il embauche un salarié, l'auto-entrepreneur doit effectuer une déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de l'URSSAF. Elle s'effectue au plus tôt dans les 8 jours qui précèdent l'embauche, et au plus tard avant la prise de fonction du salarié.
Vous pouvez réaliser cette démarche en ligne ou par courrier postal.À noter : s'il s'agit de la première embauche de la micro-entreprise, la DPAE comprend également la demande d'immatriculation à la sécurité sociale.
Cette procédure permet aussi de demander l'adhésion à la médecine du travail, en choisissant votre centre de santé, de solliciter la visite médicale d’embauche et de réaliser la demande d'affiliation au régime d'assurance chômage.
L’auto-entrepreneur a l’obligation de rédiger un contrat de travail pour embaucher un salarié.
C’est ce document qui formalise le lien de subordination entre l’auto-entrepreneur employeur et le salarié.
A minima, le contrat de travail doit mentionner :
En sa qualité d’employeur, l’auto-entrepreneur doit affilier le salarié à un régime de retraite complémentaire. C’est ce qui va permettre à son salarié de pouvoir cotiser pour sa retraite.
Dès l’embauche du premier salarié, l’auto-entrepreneur doit ouvrir un registre unique du personnel. Il doit contenir un certain nombre d’informations comme le nom, la nationalité, le sexe, l’emploi occupé, etc., pour chaque salarié.
Bon à savoir : les informations présentes dans le registre unique du personnel doivent être conservées au moins 5 ans après le départ du salarié de l’entreprise.
L'auto-entrepreneur doit prévoir une visite d'information et de prévention, qui remplace le cas échéant la visite médicale d'embauche. Elle doit intervenir dans les 3 mois suivant la prise de poste, ou dans les 2 mois pour un apprenti.
Attention : la visite médicale doit avoir lieu avant la prise de poste pour les jeunes de moins de 18 ans, les travailleurs de nuit et les salariés exposés à des risques.
Par ailleurs, l’auto-entrepreneur doit se conformer aux obligations d’affichage inhérentes à l’employeur. Cela comprend notamment l’affichage du nom et des coordonnées de l’inspecteur du travail compétent, le règlement intérieur, etc.
À noter : une fois le salarié embauché, l’auto-entrepreneur doit éditer des fiches de paie chaque mois.
En tant qu'auto-entrepreneur, vous devez respecter les mêmes règles que n'importe quelle entreprise en matière d'embauche. Cela vaut aussi pour la rémunération des salariés, apprentis et stagiaires.
La base de calcul est le SMIC, fixé à 1 867,02 € bruts par mois en 2026 pour un contrat de 35 heures, à la suite de la revalorisation du 1er juin 2026.
S'y ajoutent les charges patronales, qui représentent de l'ordre de 25 % à 42 % du salaire brut selon le niveau de rémunération et les allègements applicables. Le taux réel est d'autant plus faible que le salaire est proche du SMIC, grâce à la réduction générale de cotisations.
Concrètement, un salarié payé au SMIC coûte à l'employeur entre 2.330 € et 2.650 € par mois environ, charges comprises.
Plutôt que d’embaucher un salarié, l’auto-entrepreneur peut se tourner vers d’autres options comme :
Le Titre Emploi Service Entreprise (TESE) est une solution qui vise à simplifier l’embauche d’un salarié par les petites entreprises, ce qui comprend donc les micro-entreprises. Pour en bénéficier, l’auto-entrepreneur doit faire une demande d’adhésion sur le site TESE de l’URSSAF.
Ensuite, pour chaque nouveau salarié, l’auto-entrepreneur doit procéder à une déclaration dans les 8 jours qui précèdent l'embauche, et au plus tard avant la prise de fonction, comprenant :
L’auto-entrepreneur a également la possibilité de recourir à la sous-traitance, c'est-à-dire confier une partie de ces tâches à un autre professionnel.
Attention : le sous-traitant ne doit pas avoir pour seul client l’auto-entrepreneur, cela pourrait être considéré comme du salariat déguisé.
L’avantage de la sous-traitance, c’est que l’auto-entrepreneur n’a pas à régler les cotisations sociales et patronales, ni à respecter les obligations d’un employeur. Il est client du sous-traitant et doit régler la facture correspondant au devis ou au contrat de prestation de services signé.
Cependant, qu’il s’agisse d’un sous-traitant ou d’un salarié, l’auto-entrepreneur ne peut pas déduire sa rémunération de son chiffre d’affaires pour diminuer l’assiette de calcul de l’impôt.
Attention tout de même : qu'il s'agisse d'un sous-traitant ou d'un salarié, l'auto-entrepreneur ne peut pas déduire cette rémunération de son chiffre d'affaires pour diminuer son assiette d'imposition.
L’auto-entrepreneur qui a besoin de main d'œuvre peut faire appel à un salarié enregistré dans une société de portage salarial. Dans ce cas, il travaille avec l’employé comme avec un freelance, sans avoir à assumer les démarches et les charges liées à une embauche.
Le contrat de mission détermine le contenu de la prestation.
Là encore, l’auto-entrepreneur qui fait appel à un prestataire en portage salarial ne peut pas déduire les frais occasionnés de son chiffre d’affaires.
Comme nous l’avons vu, un auto-entrepreneur peut embaucher un intérimaire pour recruter un salarié pour une période limitée, à condition que la situation fasse partie des cas autorisés de recours au CDD.
Dans ce cas, c’est l’agence d’intérim qui s’occupe des démarches liées à l’embauche du salarié. L’auto-entrepreneur quant à lui règle le montant de la mise à disposition, sans pouvoir déduire cette charge de son chiffre d’affaires.
Attention : un intérimaire est considéré comme un employé au sein de l’entreprise. Par conséquent, l’auto-entrepreneur doit inscrire l’intérimaire sur le registre du personnel, se conformer aux obligations d’affichage, etc.
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Alternatives à l’embauche |
Principes |
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Titre Emploi Service Entreprise (TESE) |
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La sous-traitance |
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Le portage salarial |
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L’intérim |
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Résumer cet article avec :
Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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