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Fiches pratiques Créer une entreprise Statut d'entreprise EURL ou auto-entrepreneur : quel statut choisir en 2026 ?

EURL ou auto-entrepreneur : quel statut choisir en 2026 ?

Pierre Aïdan - Image

Pierre Aïdan

Docteur en droit et diplômé de Harvard.

(String: https://fs.hubspotusercontent00.net/hubfs/2323153/factsheet/assets/AutoentrepreneurouSASU_EURL.jpg)

L'essentiel de l'article :

  • L’EURL est une société (personne morale) composée d’un seul associé, qui protège le patrimoine personnel et donne accès à une fiscalité modulable (IR par défaut, option IS pendant 5 exercices).
  • L’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est un régime simplifié de l’entreprise individuelle : aucune personne morale n’est créée, la gestion est allégée mais le chiffre d’affaires est plafonné à 203 100 € (vente) ou 83 600 € (services et libéral) sur la période 2026-2028.
  • Le choix dépend principalement de la nature du projet (simple ou complexe), du volume de chiffre d’affaires envisagé, du volume de charges à déduire (l’auto-entreprise ne permet pas la déduction des charges réelles) et de la protection patrimoniale recherchée.
  • Dans les deux cas, le dirigeant est un travailleur non salarié affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Seul le gérant non associé rémunéré d’une EURL relève du régime général en tant qu’assimilé salarié.

Si vous souhaitez vous lancer seul dans votre projet de création d’entreprise, sans doute, hésitez-vous entre plusieurs régimes juridiques. Souhaitez-vous opter pour une structure juridique indépendante en créant une EURL en ligne, ou vous tourner vers la micro-entreprise pour lancer votre activité simplement ?

Le choix de votre statut juridique doit correspondre aux besoins de votre projet. Si vous hésitez entre une micro-entreprise ou une EURL, nous vous aidons à faire le choix le plus éclairé possible en vous détaillant les avantages et inconvénients de chacune de ces options.

Mini-Sommaire

Qu’est-ce qu’une EURL ? 

Avant de se lancer dans la création d’une entreprise, il est essentiel de saisir pleinement la nature du statut d’EURL. 

Définition de l’EURL

L'EURL signifie Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée. On peut également parler de SARL unipersonnelle ou SARL à associé unique. Cela signifie que l'EURL ne comporte qu'un seul associé, appelé en pratique, associé unique. 

La définition de l’EURL est donc identique à celle de la SARL, à la différence près que l’EURL n’est composée que d’un associé. Ses règles de fonctionnement dépendent en grande partie de celles qui s’appliquent à la SARL : mêmes organes, mêmes formalités de constitution, mêmes obligations comptables. Le Code de commerce se contente d’écarter les dispositions qui n’auraient pas de sens face à un associé unique, comme celles qui organisent le vote en assemblée. En pratique, l’associé unique prend seul les décisions qui relèveraient normalement de l’assemblée et les consigne dans un registre.

☝️ Bon à savoir : le statut juridique de l’EURL permet à l’entrepreneur d’avoir une entité complètement indépendante. En effet, l’EURL est une personne morale, à la différence de l’auto-entreprise, dans laquelle l’entrepreneur individuel agit en tant que personne physique et exerce en son nom propre. 

Caractéristiques de l’EURL 

Dans une EURL, la responsabilité de l'associé unique est limitée. Cela signifie concrètement que les créanciers de l'EURL ne peuvent être remboursés sur le patrimoine personnel de l'associé unique. La responsabilité financière est donc limitée au montant des apports effectués.

Les entrepreneurs restés sous l'ancien statut EIRL retrouvent ce cadre en société. En effet, le passage d'une EIRL à une EURL substitue la responsabilité limitée au mécanisme du patrimoine d'affectation.

☝️ Bon à savoir : l’EURL est parfaitement adaptée aux projets de petite taille comme les métiers du secteur artisanal. On retrouve par exemple les coiffeurs, les professionnels du bâtiment, etc. 

Comme la SARL, l’EURL repose sur un certain nombre d’obligations juridiques auquel il n’est pas possible de déroger. En effet, le cadre juridique de l’EURL est plutôt strict par rapport à la SASU : elle dispose d’une liberté statutaire plus encadrée dans la rédaction des statuts et l’organisation de son fonctionnement.

🗒️ À noter : l’EURL est avantageuse si vous souhaitez vous lancer seul sans prendre de risques importants. En effet, le formalisme imposé à l’EURL peut être très sécurisant pour l’entrepreneur. 

Qu’est-ce qu’une auto-entreprise ? 

Définition de l’auto-entreprise 

Micro-entreprise ou auto-entreprise, c’est la même chose ! En effet, les deux régimes ont fusionné le 1ᵉʳ janvier 2016 dans un objectif de simplification du statut. On peut donc parler de micro-entrepreneur ou d’auto-entrepreneur. 

☝️ Bon à savoir : on utilise les termes “auto-entreprise” ou “auto-entrepreneur” dans le langage courant. Cependant, les termes “micro-entreprise” et “micro-entrepreneur” sont utilisés dans le langage juridique. 

L’auto-entreprise, comme l’EURL, est constituée d’une seule et unique personne. 

Cette proximité apparente s’arrête là, car l’une est une société et l’autre un régime. Le micro-entrepreneur n’a pas de structure distincte de lui-même, il exerce en nom propre, sous son identité, avec le numéro SIREN qui lui est attribué personnellement. Il n’a ni capital social, ni statuts, ni comptes annuels à déposer. Cette légèreté est le principal argument du régime, et elle explique son attrait auprès de ceux qui veulent tester une activité sans engager de frais de structure.

La micro-entreprise constitue le régime simplifié de l’entreprise individuelle. Le statut de micro-entrepreneur est en réalité une option offerte à un entrepreneur individuel, qui porte à la fois sur le calcul des cotisations sociales et sur celui du bénéfice imposable.

🗒️ À noter : en devenant auto-entrepreneur, vous ne créez pas de personne morale, vous exercez en nom propre. À la différence de l’EURL, qui, elle, est une personne morale. 

Caractéristiques de l’auto-entreprise 

Le fonctionnement d’une auto-entreprise est assez simple. En effet, le calcul et le paiement des cotisations sociales et des impôts sont simplifiés. 

La micro-entreprise permet d’exercer une activité commerciale, artisanale ou une activité libérale (réglementée ou non) compatible avec le régime, dans la limite de certains plafonds de chiffre d’affaires. À savoir, pour la période 2026-2028 :

  • 203 100 € pour une activité de vente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement ;
  • 83 600 € pour une prestation de services ou une activité libérale.

Depuis 2025-2026, les seuils du régime micro-entreprise ne sont plus alignés sur ceux de la franchise en base de TVA (85 000 / 37 500 €). Concrètement, vous pouvez être en micro-entreprise tout en étant redevable de la TVA si votre chiffre d’affaires dépasse le seuil de franchise applicable à votre activité.

Attention : certaines professions libérales réglementées sont exclues du régime de la micro-entreprise : professions de santé réglementées (médecins, dentistes, sages-femmes, etc.), officiers ministériels (notaires, huissiers, commissaires-priseurs), avocats.

De manière générale, l’auto-entreprise est facile à créer puisqu’une simple déclaration se fait en ligne. Une fois déclarée, l’auto-entreprise se gère plutôt simplement, en comparaison à d’autres entreprises comme une EURL ou encore une SASU, par exemple. Enfin, si vous souhaitez radier votre entreprise, la formalité est également plus aisée qu’une dissolution de société comme celle de l’EURL, par exemple. 

Cependant, le statut auto-entrepreneur comporte quelques inconvénients que nous détaillerons plus loin. Par exemple, l’auto-entreprise ne permet pas de déduire ses charges. De même, si vous souhaitez finalement accueillir un associé dans votre entreprise, ce n’est pas possible. Il faudra forcément radier votre auto-entreprise pour créer une société. 

☝️ Bon à savoir : depuis le 15 mai 2022, avec le statut unique de l’entrepreneur individuel, l’auto-entrepreneur bénéficie de la séparation de ses patrimoines personnel et professionnel. En effet, sa responsabilité est limitée à ce qu’on appelle les biens "utiles à l’activité professionnelle". Exemple : son fonds de commerce ou encore la partie de la résidence principale de l’entrepreneur individuel qu’il utilise pour son activité professionnelle. 

Quels sont les avantages et inconvénients d’une EURL ?

eurl avantages inconvénients (1)

L’initiative de créer une EURL est une étape importante pour l’entrepreneur. En effet, c’est le passage concret de votre projet d’entreprise à la création d’une véritable personne morale. Il est donc important de bien appréhender cette forme juridique. Dans une EURL, les avantages et inconvénients sont nombreux. 

Les avantages de l’EURL 

La protection du patrimoine personnel 

L’EURL étant une société à responsabilité limitée, l’associé unique n’engage sa responsabilité qu’à hauteur de ses apports. Les biens de l’entrepreneur sont donc protégés en cas de défaut de paiement de la société, puisqu’il n’engage sa responsabilité que sur la base de ce qu’il a apporté à la création de la société. Le patrimoine professionnel de l’associé unique est donc distinct de son patrimoine personnel. 

La fiscalité de l’EURL 

L’EURL est par principe imposable à l’impôt sur le revenu. Cela signifie que les bénéfices sont taxés au niveau de l’associé unique selon les règles de l’IR. L’option à l’impôt sur les sociétés est également possible, si l’IR est un régime fiscal qui ne vous convient pas.

De plus, si l'associé unique de l'EURL est une personne morale, c'est l'impôt sur les sociétés qui s'applique par principe. 

⚠️ Attention : si vous optez pour l’IS, vous avez jusqu’au 5e exercice social suivant pour renoncer à cette option. Une fois le délai passé, il ne sera plus possible de revenir à l’IR. 

Si votre EURL est soumise au régime fiscal de l’IR et qu’elle réalise un déficit, vous pourrez directement imputer ce déficit sur les revenus de votre foyer fiscal global, venant ainsi diminuer le montant de votre imposition personnelle. 

La fiscalité de l’EURL est intéressante, car il est possible de réduire la base imposable de la société en déduisant certaines charges. 

Les charges qui peuvent être déduites du résultat fiscal concernent les dépenses engagées pour le fonctionnement de l’entreprise. Elles doivent donc être engagées dans l’intérêt de l’entreprise, entraîner une diminution de l’actif net de l’entreprise, être comptabilisées dans l’exercice social au cours duquel la charge est engagée et être justifiées par une facture.

L’encadrement juridique de l’EURL

Le fonctionnement de l’EURL est aussi un avantage en ce que son cadre juridique est très protecteur. C’est donc une forme sociale sécurisante, surtout si vous vous lancez dans l’entrepreneuriat. 

☝️ Bon à savoir : le formalisme strict de l’EURL est souvent ce qui détermine le choix entre l’EURL et la SASU. C’est une des raisons pour lesquelles les créateurs d’entreprise qui cherchent la simplicité, se dirigent généralement vers la création d’une SASU. 

Les inconvénients de l’EURL 

Le cadre juridique strict 

Le formalisme strict de l’EURL peut être un avantage, comme on l’a vu, mais aussi un inconvénient. En effet, les règles strictes de l’EURL limitent la liberté d’organisation de la société s’agissant notamment du gérant d’EURL. 

Cette forme juridique peut parfois être contraignante dans le cas où votre projet d’entreprise commencerait à bien fonctionner et que vous souhaitez vous ouvrir à de nouveaux associés, que vous souhaitez revoir le schéma de gouvernance, etc. 

☝️ Bon à savoir : le cadre juridique strict de l’EURL dépend majoritairement du type de projet souhaité et des perspectives d’évolution de votre entreprise.

La transformation d’EURL en SARL 

Dans le cas où votre entreprise grandit au fil des années, il est possible que vous souhaitiez vous associer avec de nouvelles personnes. Pour passer d’une EURL à une SARL, il faut procéder à une cession de parts sociales ou bien même à une augmentation de capital. L’augmentation de capital est un moyen d’accueillir de nouveaux associés, mais de manière plus complexe que la cession de parts. Dans les deux cas, la rédaction d’un acte écrit est nécessaire. Ces deux formalités demandent également de procéder à l’enregistrement des démarches en ligne. 

Le régime social du gérant d’EURL

S’agissant du dirigeant d’EURL, c’est souvent l’associé unique de l’EURL qui en est le gérant. Le régime social dépend de si le gérant d’EURL est associé ou non : 

  • Si l’associé unique est gérant de l’EURL, il a le statut de travailleur non salarié et est affilié à la Sécurité sociale des indépendants ;
  • Si le gérant d’EURL n’est pas l’associé unique et qu’il est rémunéré au titre de son mandat, il relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié et bénéficie d’une meilleure couverture sociale.

☝️ Bon à savoir : le statut de travailleur non salarié et celui d’assimilé salarié s’excluent l’un l’autre. Une même personne ne peut pas relever des deux au titre du même mandat social.

Quels sont les avantages et inconvénients d’une auto-entreprise ?

Les avantages de l’auto-entreprise 

Comme l’EURL, le statut d’auto-entrepreneur présente des avantages comme des inconvénients. 

La création simplifiée d’une auto-entreprise

La création d’une auto-entreprise est relativement simple et rapide à créer. En effet, il n’est pas nécessaire de rédiger de statuts d’entreprise ni de publier une annonce légale, les démarches de création en ligne sont simplifiées. Toutes les démarches sont réalisables en ligne sur le site du Guichet unique. Vous pouvez, si vous le souhaitez, être accompagné par un professionnel du droit, comme une Legaltech (Legalstart par exemple) ou encore un avocat. 

La gestion simplifiée 

L’avantage le plus connu et le plus important de l’auto-entreprise est sa gestion simplifiée. Les obligations comptables de l’auto-entrepreneur sont très simplifiées. Concrètement, il suffit de : 

  • tenir un livre de recettes ; 
  • émettre des factures ; 
  • déclarer votre chiffre d’affaires 
  • régler vos cotisations sociales et fiscales dans un délai imparti ; 
  • et disposer d’un compte bancaire dédié à votre activité, si votre chiffre d’affaires annuel dépasse 10.000 € en deux années consécutives. 

La franchise en base de TVA

C’est le deuxième avantage de la micro-entreprise : la franchise en base de TVA. 

En tant qu’auto-entrepreneur, la TVA n’est pas due si vous ne dépassez pas les seuils de chiffres d’affaires suivants : 

  • 37.500 € par an pour les prestations de services relevant de la catégorie des BIC ou des BNC ; 
  • 85.000 € par an pour une activité de vente de marchandises, d’objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou encore pour des prestations d’hébergement. 

☝️ Bon à savoir : il est important de noter que le volume d'activité d'un auto-entrepreneur est généralement inférieur à celui d'une EURL, en raison de facteurs tels que le secteur d'activité ou encore le chiffre d'affaires généré. Cette situation, entraînant une moindre nécessité de facturer la TVA, offre aux auto-entrepreneurs l'avantage de pouvoir pratiquer des tarifs plus compétitifs sur le marché. Toutefois, la franchise en base peut s’avérer moins avantageuse pour ceux qui engagent de nombreuses dépenses, puisqu’elle prive du droit à déduction.

Le versement libératoire 

Le versement libératoire est une option vous permettant de payer vos charges fiscales au même moment que vos charges sociales. C’est un prélèvement à la source qui est effectué directement sur votre chiffre d’affaires. 

Le montant du prélèvement dépend directement de votre activité : 

  • 1% pour les activités de vente ou de prestations d’hébergement ; 
  • 1,7% pour les activités de prestations de services en BIC ; 
  • 2,2% pour les activités de prestations de services ou activités libérales en BNC 

☝️ Bon à savoir : ce pourcentage s’ajoute aux taux de cotisations sociales de l’auto-entrepreneur au moment du versement libératoire.

Le régime social

Le régime micro-social de l’auto-entreprise est avantageux, car ce régime permet le règlement simplifié des cotisations sociales avec un paiement mensuel ou trimestriel. C’est à vous de choisir. 

Il est d’ailleurs possible de cumuler le statut d’auto-entrepreneur avec des aides comme l’ACRE. Celle-ci est valable pour la première année qui suit la création de l’entreprise et elle vous permet de bénéficier d’une exonération partielle de charges sociales.

À noter : depuis le 1er janvier 2026, la Loi de Financement de la Sécurité Sociale a durci le dispositif de l'ACRE sur deux points majeurs.

L’aide n’est plus accordée de plein droit. Vous devez déposer une demande auprès de l’URSSAF au plus tard le 60e jour suivant la date de début d’activité, sous peine de perdre cet avantage.

Le taux d'exonération, autrefois fixé à 50 %, est désormais plafonné à 25 % des cotisations sociales dues. Pour l'EURL, le nouveau pourcentage s’applique depuis le 1er janvier 2026, mais pour les micro-entreprises il y a une application différenciée en fonction de la date d’immatriculation :

  • Pour une micro-entreprise créée avant le 1er juillet 2026, vous continuez à bénéficier de l’ancien taux de 50 % d’exonération pendant vos 4 premiers trimestres.
  • Pour une micro-entreprise créée après le 1er juillet 2026, le nouveau pourcentage de 25 % d’exonération s’appliquera directement.

Les inconvénients de l’auto-entreprise

Des plafonds de chiffre d’affaires 

Si vous choisissez de vous tourner vers le statut auto-entrepreneur, 

vous devez savoir qu’il est possible d’en bénéficier tant que certains seuils de chiffre d’affaires sont respectés. Les plafonds à respecter pour la période 2026-2028 sont :

  • 203 100 € pour les activités commerciales et les activités de prestations d’hébergement ;
  • 83 600 € pour les professions libérales et les activités de prestations de services.

☝️ Bon à savoir : si vous dépassez ces seuils, vous perdrez automatiquement le bénéfice du régime micro-entrepreneur. Si vous anticipez déjà ce dépassement, le choix d’une société (comme l’EURL) peut s’avérer plus adapté à votre projet.

La non-déductibilité des charges

Contrairement à une société telle qu’une EURL, en auto-entreprise, il n’est pas possible de déduire les charges professionnelles de votre chiffre d’affaires. Cela signifie que les frais engagés dans le cadre de votre activité professionnelle, comme la cotisation foncière des entreprises dite CFE, les frais d’ouverture de compte bancaire ou encore les frais de souscription d’une assurance civile professionnelle, ne sont pas déductibles. Il en est de même pour toutes les dépenses liées à votre activité professionnelle. 

En contrepartie de l’impossible déduction des charges en auto-entreprise, l’État a mis en place un abattement fiscal qui s’applique au régime de la micro-entreprise. 

Cela signifie qu’en pratique, les frais professionnels font l’objet d’un abattement forfaitaire. Il n’est donc pas nécessaire de pouvoir justifier du lien direct entre les dépenses et l’exploitation de l’activité pour pouvoir, en micro-entreprise, bénéficier des charges déductibles.

📌 Astuce : en tant qu'auto-entrepreneur, il est crucial de comprendre que les charges non déductibles augmentent de facto votre impôt à payer, car vous serez imposé sur ces frais. Par conséquent, opter pour le régime de l'auto-entreprise est judicieux uniquement si vous anticipez peu de charges, afin de minimiser l'impact fiscal de ces dépenses non déductibles.

La responsabilité limitée de l’auto-entrepreneur 

La création d’une micro-entreprise ne permet pas de créer de patrimoine distinct de votre patrimoine personnel. En effet, le statut d’auto-entrepreneur ne permet pas de créer une structure juridique distincte de la personne de l’auto-entrepreneur. Seules les sociétés (comme l’EURL par exemple) sont dotées d’une personnalité juridique distincte de l’entrepreneur. 

⚠️ Attention : depuis le 15 mai 2022, l’entrepreneur individuel bénéficie d’une séparation de son patrimoine personnel et professionnel. De ce fait, sa responsabilité est limitée aux biens utiles à l’activité professionnelle. 

La couverture sociale limitée

En tant que travailleur non salarié, l’auto-entrepreneur est affilié à la Sécurité sociale des indépendants, laquelle est gérée depuis le 1er janvier 2020 par les organismes du régime général. Sa couverture sociale reste moins protectrice que celle des salariés, notamment en matière de retraite complémentaire et d’indemnités journalières.

EURL ou auto-entreprise : comment choisir ? 

Le choix entre EURL et auto-entrepreneur dépend surtout des projets que vous envisagez pour votre entreprise, de la nature de l’activité visée, de votre tolérance au risque ou encore de vos préférences en matière de gestion d’entreprise. 

Choisir selon la nature de l'activité envisagée 

  • Si votre activité est relativement simple, sans besoin financier majeur et sans risque juridique significatif, l'auto-entreprise peut être une option appropriée.
  • En revanche, si votre activité est plus complexe, nécessite des investissements importants ou comporte des risques juridiques, une EURL peut vous offrir une meilleure protection et une structure plus adaptée.

Choisir selon le chiffre d’affaires envisagé

  • Si vous prévoyez de réaliser un chiffre d'affaires élevé rapidement, vous pouvez opter pour une EURL. En effet, en auto-entreprise, vous serez soumis à des limites de chiffre d'affaires.
  • Si vous prévoyez que votre chiffre d'affaires soit peu élevé et vous souhaitez aussi éviter la complexité de la TVA, l'auto-entreprise peut être un bon choix.

Choisir selon le montant des cotisations sociales

Les deux statuts ne calculent pas les cotisations sur la même base.

En micro-entreprise, vous payez les cotisations sous forme d’un pourcentage appliqué au chiffre d’affaires encaissé, déclaré chaque mois ou chaque trimestre. Les taux 2026 vont de 12,3 % (vente de marchandises) à 25,6 % (libéral non réglementé en BNC), en passant par 21,2 % (services BIC), 23,2 % (libéral Cipav) et 6 % (meublés de tourisme classés). Sans chiffre d’affaires, aucune cotisation, mais aucun droit validé non plus.

En EURL, les cotisations du gérant portent sur son revenu professionnel (bénéfice ou rémunération selon le régime fiscal), pas sur le chiffre d’affaires : les charges réelles réduisent d’abord l’assiette. Revers de la médaille, une cotisation minimale reste due même sans revenu, ce qui pèse sur une activité qui démarre lentement.

Choisir selon l’abattement fiscal applicable

En micro-entreprise, le bénéfice imposable s’obtient en appliquant au chiffre d’affaires un abattement forfaitaire de 71 % (vente de marchandises et hébergement), 50 % (services BIC) ou 34 % (libéral BNC), avec un minimum de 305 €.

Cet abattement remplace toute déduction de frais réels. Un prestataire dont les charges atteignent 60 % de son chiffre d’affaires est donc imposé comme si elles n’en représentaient que 50 %. À l’inverse, un consultant aux charges quasi nulles gagne, avec l’abattement de 34 %, bien plus qu’il n’aurait pu déduire au réel.

Choisir selon la responsabilité du dirigeant souhaitée

  • Si vous voulez protéger votre patrimoine personnel en cas de difficultés financières de l'entreprise, optez pour l'EURL pour limiter votre responsabilité. En effet, la responsabilité financière du gérant d’EURL est limitée au montant des apports réalisés à la création de votre société. 
  • Si vous souhaitez engager votre responsabilité uniquement sur les biens utiles à l’exercice de votre activité professionnelle, dans ce cas, vous pouvez opter pour l’auto-entreprise. 

⚠️ Attention : il faut bien garder en tête qu’en cas de difficultés financières, l’EURL est beaucoup plus avantageuse. 

Choisir selon le degré de flexibilité

  • Si vous prévoyez déjà des changements fréquents dans votre entreprise, comme l'arrivée de nouveaux associés ou encore des modifications au niveau de la gestion, l'EURL est bien plus adaptée.
  • Si vous recherchez une gestion plus simplifiée avec moins de tâche administrative, l'auto-entreprise peut être intéressante en ce que sa gestion est simplifiée. 

Choisir selon la fiscalité

  • L'EURL permet de choisir entre l'impôt sur le revenu (IR) et l'impôt sur les sociétés (IS), vous offrant plus de possibilités pour optimiser la fiscalité de votre entreprise. 
  • L'auto-entreprise est soumise à l'IR, avec la possibilité de bénéficier de la franchise en base de TVA.

Choisir selon la couverture sociale souhaitée

  • L’EURL n’offre une couverture sociale plus protectrice que dans un cas : celui du gérant non associé rémunéré, qui relève du régime général en tant qu’assimilé salarié. Le gérant associé unique, lui, est travailleur non salarié, comme l’auto-entrepreneur.
  • En auto-entreprise, la couverture sociale est moins étendue qu’en société.

☝️ Bon à savoir : vous pouvez renforcer votre protection sociale par le biais de cotisations complémentaires.

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Choisir le bon statut juridique pour mon projet

Choisir selon l’évolution envisagée de l'entreprise 

  • Si vous anticipez une croissance significative et des besoins de financements externes, l'EURL est plus adaptée. 
  • En revanche, si vous prévoyez que votre entreprise reste de petite taille et que vous recherchez avant tout une gestion simplifiée, l'auto-entreprise est plus adaptée.

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse. Le choix entre EURL ou micro-entreprise dépend de nombreux facteurs. Vous pouvez avoir envie de privilégier un aspect plutôt qu’un autre. Pour sécuriser votre décision, vous pouvez vous faire accompagner par un professionnel tel qu’un avocat ou par une plateforme en ligne comme Legalstart.

Tableau comparatif EURL vs auto-entreprise 

Vous trouverez ci-après un tableau comparatif des avantages de l'EURL et de l'auto-entreprise.

Avantages  EURL Auto-entreprise
Création

Facilité de création 

Facilité de création 

Protection du patrimoine personnel

Responsabilité limitée

Responsabilité limitée aux biens utiles à l’exercice de l’activité professionnelle

Fiscalité 

Possibilité d’opter pour l’IS

Régime micro-fiscal et option pour le prélèvement forfaitaire libératoire

Encadrement juridique

Cadre juridique protecteur

Cadre légal moins protecteur

Transmission simplifiée

Facilité de cession de parts

Pas de transmission 

Après avoir pris en compte les avantages de chaque forme juridique, voici un tableau comparatif des inconvénients de l'EURL et de l'auto-entreprise.

Inconvénients EURL Auto-entreprise
Cadre juridique strict Limitation de la flexibilité Souplesse, mais risque de dépassement des seuils
Transformation de l'entreprise à plusieurs associés Complexité en cas de croissance /
Régime social du dirigeant Travailleur non salarié affilié à la Sécurité sociale des indépendants si le gérant est l’associé unique, assimilé salarié s’il ne l’est pas et qu’il est rémunéré
Travailleur non salarié affilié à la Sécurité sociale des indépendants
Plafonds de chiffre d’affaires Pas de plafonds Plafond restrictif
Non-déductibilité des charges Déduction des charges Charges non déductibles
Étendue de la responsabilité
Distinction entre le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel Responsabilité limitée aux biens utiles à l’exercice de l’activité professionnelle

EURL et micro-entrepreneur ont donc tous deux avantages et inconvénients. Chaque statut est adapté à un projet différent. 

☝️ Bon à savoir : si vous hésitez encore entre entrepreneur individuel ou EURL, un échange avec un professionnel peut vous aider à sécuriser votre choix. Le choix du statut juridique n’est en effet pas anodin.

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