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Fiches pratiques Créer une entreprise Auto-entrepreneur Quelle différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur ?

Quelle différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur ?

Pierre Aïdan - Image

Pierre Aïdan

Docteur en droit et diplômé de Harvard.

(String: https://fs.hubspotusercontent00.net/hubfs/2323153/factsheet/assets/Micro-entreprise_ou_auto-entrepreneur.jpg)

L’essentiel de l’article

  • Depuis 2016, micro-entreprise et auto-entrepreneur désignent le même statut juridique : il s’agit d’un régime simplifié de l’entreprise individuelle, et non d’un statut juridique distinct.
  • Le micro-entrepreneur bénéficie d’office du régime micro-fiscal et du régime micro-social : imposition sur le chiffre d’affaires après abattement et cotisations sociales calculées directement sur les recettes.
  • Pour la période 2026-2028, les plafonds de chiffre d’affaires sont fixés à 203 100 € (vente) et 83 600 € (services et activités libérales).

Faut-il choisir le statut de la micro-entreprise ou de l'auto-entrepreneur ? Sachez que depuis 2016, les deux appellations ont fusionné pour ne former qu’un seul et même statut. Désormais, même si l'appellation “auto-entrepreneur” est encore utilisée dans le langage courant, le seul statut qui existe légalement est le statut de micro-entrepreneur (ou “micro-entreprise”).

Concrètement, quels sont les résultats d’une telle fusion ? Qu’en est-il aujourd’hui du statut de l’auto-entrepreneur ? On vous explique tout ce que vous devez savoir avant de devenir micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur) !

Mini-Sommaire

Qu’est-ce qu’un micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur) ?

Micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur : définition

Un auto-entrepreneur ou micro-entreprise est un solopreneur qui bénéficie d’un régime social et fiscal simplifié. Le régime micro-fiscal est régi par les articles 50-0 et 102 ter du Code général des impôts, et le régime micro-social par l’article L613-7 du Code de la sécurité sociale. Par ailleurs, depuis la loi du 14 février 2022 (entrée en vigueur le 15 mai 2022), tous les entrepreneurs individuels bénéficient d’une séparation automatique entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel prévue par l’article L526-22 du Code de commerce.

Par conséquent, contrairement à ce que l’on peut avoir tendance à croire, la micro-entreprise n’est pas un statut juridique à proprement parler. Il s’agit d’un régime simplifié de l’entreprise individuelle.

Ainsi, la micro-entreprise permet d’exercer une activité commerciale, artisanale ou une activité libérale (réglementée ou non) compatible avec le régime, dans la limite de certains plafonds de chiffre d’affaires.

À savoir, pour la période 2026-2028 :

  • 203 100 € pour une activité de vente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement ;
  • 83 600 € pour une prestation de services ou une activité libérale.

☝️ À noter : certaines professions libérales réglementées sont exclues du régime de la micro-entreprise : professions de santé réglementées (médecins, dentistes, sages-femmes, etc.), officiers ministériels (notaires, huissiers, commissaires-priseurs), avocats. Avant de vous lancer, vérifiez la compatibilité de votre activité libérale avec la caisse de retraite affiliée (CIPAV ou SSI).

Micro-entreprise ou auto-entrepreneur : quels avantages ?

Opter pour l’auto-entreprise ou la micro-entreprise quand on est entrepreneur individuel offre plusieurs avantages.

Tout d’abord, il est possible de cumuler le régime de la micro-entreprise avec un emploi salarié ou l’assurance-chômage sous certaines conditions.

D’autre part, les démarches administratives et comptables sont fortement allégées. 

Ainsi, tous les mois ou tous les trimestres, en fonction de l’option choisie, le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires encaissé directement en ligne. Il ne paie des cotisations sociales que sur son chiffre d’affaires. Par conséquent, si sur une période donnée, il n’encaisse aucun chiffre d’affaires, il ne paie aucune cotisation.

☝️ Bon à savoir : en micro-entreprise, il n’est pas possible de déduire ses charges de son chiffre d’affaires pour réduire l’assiette de calcul de l’impôt.

Statut micro entreprise ou auto-entrepreneur : les conditions d’éligibilité

Pour devenir micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur, il faut :

  • être majeur ou mineur émancipé ;
  • ne pas être déjà travailleur non-salarié ;
  • avoir une adresse en France.

📝 À noter : les ressortissants hors Union européenne doivent être titulaires d'une carte de séjour temporaire autorisant l'ouverture d'une auto-entreprise en France.

Au-delà de ces conditions d'éligibilité pour devenir auto-entrepreneur et micro-entrepreneur, il est possible de se lancer en étant étudiant, fonctionnaire, demandeur d’emploi, retraité, ou encore en devenant auto-entrepreneur tout en étant salarié.

Auto-entrepreneur ou micro-entreprise : comment faire pour s’inscrire ?

Pour devenir micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur en 2026, il faut s'inscrire sur le guichet unique. Il s'agit d'une plateforme en ligne gérée par l'INPI qui permet de réaliser toutes les démarches des entreprises, quel que soit leur statut juridique. 

Pour s'inscrire comme micro-entrepreneur, il convient de compléter le formulaire de création en ligne et de joindre les pièces justificatives nécessaires comme une pièce d'identité, un justificatif de domicile, etc. Un extrait K sera disponible sur votre espace en ligne sous quelques jours dès lors que votre demande est validée.

👍Bon à savoir : pour simplifier la création de votre micro-entreprise, faites confiance à Legalstart. Notre processus est rapide et intuitif : il vous suffit de compléter notre formulaire en ligne et de fournir les documents requis. Nos juristes experts prennent ensuite le relais pour gérer toutes les formalités jusqu'à la déclaration complète de votre micro-entreprise. Avec Legalstart, restez concentré sur votre activité pendant que nous assurons un accompagnement complet jusqu'à l'obtention de vos documents officiels.

Micro-entreprise ou auto-entrepreneur : peut-on dire les deux ?

Oui, aujourd’hui les termes “micro-entreprise” et “auto-entrepreneur” sont utilisés indifféremment pour désigner un seul et même régime.

Pour autant, il faut savoir que le terme officiel qui figure sur l’ensemble des documents administratifs est “micro-entreprise”.

La différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur s’explique par le fait qu’avant 2016, ces deux régimes étaient de simples options offertes à un entrepreneur individuel. Il existait alors de réelles différences entre auto-entrepreneur ou micro-entreprise.

L’auto-entreprise était un régime encore plus simplifié que celui de la micro-entreprise, car il permettait à l'auto-entrepreneur de bénéficier de deux régimes avantageux :

  • Le régime micro-social simplifié : ses cotisations étaient calculées sur la base du chiffre d’affaires réalisé, chaque mois ou chaque trimestre, par application d’un taux variant en fonction de la nature de l’activité.

  • L’option pour le régime micro-fiscal simplifié : également appelé “prélèvement libératoire à la source”, cette option permettait à l’auto-entrepreneur de payer son impôt sur le revenu via un pourcentage prélevé directement sur son chiffre d’affaires brut. Cette option était accessible sous conditions de revenus.

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Les avantages de la fusion entre micro-entreprise et auto-entrepreneur

Bien que vous n'ayez plus à vous demander quel statut choisir entre auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur, il est normal de vous demander en quoi la fusion de ces deux statuts vous a été bénéfique. Depuis l'instauration du statut unique de l’entreprise individuelle, l'entrepreneur qui lance sa micro-entreprise est automatiquement soumis au régime micro-social.

Ainsi, depuis que la micro-entreprise et l'auto-entrepreneur ont fusionné, vous pouvez bénéficier de plusieurs avantages :

  • des formalités de création simplifiées ;
  • une franchise en base de TVA tant que votre chiffre d'affaires ne dépasse pas 85.000 € (pour des activités d'hébergement ou de ventes de biens) ou 37.500 € (pour des prestations de services) ;
  • le bénéfice des régimes micro-social et micro-fiscal.

☝️ Attention : les seuils du régime micro-entreprise (203 100 / 83 600 €) ne sont plus alignés sur ceux de la franchise en base de TVA (85 000 / 37 500 €). Concrètement, vous pouvez être en micro-entreprise tout en étant redevable de la TVA si votre chiffre d’affaires dépasse le seuil de franchise applicable à votre activité (par exemple 37 500 € en prestations de services).

Micro-entreprise : un régime unique et simplifié

Depuis la loi Pinel du 1er janvier 2016, il n’existe plus aucune différence entre auto-entrepreneur ou micro-entreprise. Les deux régimes ont été rassemblés pour former un seul statut : la micro-entreprise.

Désormais, un entrepreneur qui fait sa déclaration micro-entrepreneur est soumis d’office aux régimes micro-fiscal et micro-social.

La volonté du gouvernement de simplifier les régimes de l’entreprise individuelle s’est encore affirmée récemment avec la loi du 14 février 2022, entrée en vigueur le 15 mai 2022.

INFOGRAPHIE-EIRL-OCT22

Avant l’entrée en vigueur de cette loi, le statut de l’entreprise individuelle et le régime de la micro-entreprise impliquaient une confusion des patrimoines personnel et professionnel de l’entrepreneur. Un créancier professionnel pouvait donc se rembourser sur le patrimoine personnel de l’entrepreneur. Si l’auto-entrepreneur souhaitait protéger son patrimoine, il devait opter pour l’EIRL.

Suite à l’entrée en vigueur de cette loi, l’EIRL a disparu au profit d'un nouveau statut unique pour les entrepreneurs individuels. L’entreprise individuelle (EI) est devenue le statut juridique unique pour le régime micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur), et les patrimoines personnel et professionnel de l’entrepreneur sont dorénavant distincts.

☝️ Bon à savoir : à compter du 15 mai 2022, tous les entrepreneurs individuels, y compris les micro-entrepreneurs, doivent faire apparaître sur tous leurs documents commerciaux (devis, factures, contrats, etc.), la mention “entrepreneur individuel” ou “EI”, et ce, directement avant ou après leurs nom et prénom.

Le régime micro-fiscal 

Le régime micro-fiscal est un régime fiscal simplifié : l’imposition de l’auto-entrepreneur se fait sur son chiffre d’affaires, après déduction d’un abattement forfaitaire pour frais professionnels.

Ainsi, au lieu de devoir déduire chacune de ses charges de son chiffre d’affaires, il bénéficie d’un abattement applicable peu importe le montant des charges réellement supportées.

L’abattement varie en fonction de la nature de l’activité exercée :

Type d'activité Taux d'abattement
Activité de vente de marchandise 71%
Activité de prestation de service 50%
Activité libérale 34 %

📝 À noter : il est donc important d’anticiper les éventuelles charges fixes que vous allez devoir assumer, en tant que micro-entrepreneur. Si vos charges récurrentes dépassent le montant de l’abattement, il peut être plus intéressant de vous tourner vers un régime juridique qui vous permet de déduire vos charges réelles, comme la création d’une société.

Pour vous aider à déterminer la forme sociale la plus adaptée à vos besoins, Legalstart met à votre disposition un simulateur de choix de forme juridique :

Le régime micro-social

Le régime micro-social est un régime social simplifié, qui fonctionne également grâce à un taux réduit de prélèvement forfaitaire. Le montant des charges sociales dépend donc du montant du chiffre d’affaires encaissé.

Le micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur peut faire le choix de déclarer et payer ses cotisations mensuellement ou trimestriellement.

Le versement libératoire

Le versement libératoire pour l’auto-entrepreneur est accessible sous conditions de revenus.

Cette option permet de s’acquitter mensuellement ou trimestriellement, en un seul prélèvement, à la fois de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales.

Le prélèvement libératoire ne concerne que l’imposition et les charges auto-entrepreneur concernées par votre activité indépendante et ne vous dispense pas d’imposition sur vos autres revenus.

⚠️  Attention : il est important de prendre en compte votre situation fiscale personnelle pour déterminer si le versement libératoire est avantageux pour vous.

Le montant du prélèvement dépend ici encore de l’activité exercée par l’auto-entrepreneur.

Taux du prélèvement forfaitaire libératoire de l’impôt sur le revenu

Type d'activités Taux de prélèvement
Activités de vente et de fourniture de logement (à l’exception de la location de meublé d’habitation) 1 %
Activités de prestation de service relevant des BIC et la location de locaux d’habitation meublés 1,7 %
Activités de prestation de service relevant des BNC et les activités libérales 2,2 %

Taux du prélèvement forfaitaire libératoire des charges sociales

Type d'activités Taux de prélèvement
Activités commerciales et activités de prestation d’hébergement 12,3 %
Activités de prestations de services et professions libérales 21,2 %
Activités libérales (BNC) relevant de la CIPAV 23,2 %
Activités libérales (BNC) relevant du régime général (ex-SSI) 25,6 %

À noter : la réforme entamée en 2024 s’est achevée au 1er janvier 2026. Elle visait à aligner progressivement les droits à la retraite complémentaire des libéraux sur ceux des autres indépendants. Pour les auto-entreprises en libéral relevant du régime général, le taux de cotisation sociale est désormais de 25,6 % ; pour celles relevant de la CIPAV, il est de 23,2 %.

Vous savez désormais quel terme utiliser entre micro-entreprise et auto-entrepreneur. Pour passer à la pratique, vous pouvez consulter notre fiche détaillée sur les étapes pour créer une micro-entreprise.

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