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26 février 2019

Auto-entrepreneur ou portage salarial: quel est le bon statut?

Johan Sellitto
Rédacteur web @Cadres en Mission

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Est-il préférable de créer son activité par le biais du populaire régime auto-entrepreneur (officiellement « micro-entrepreneur ») ou en empruntant la voie plus atypique du portage salarial ?

Mise en lumière de deux statuts très différents qui ne s’adressent en réalité pas tout à fait aux mêmes profils.

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Auto-entrepreneur et portage salarial : une comparaison point par point

Régime auto-entrepreneur ou portage salarial? Le premier est réputé pour son accessibilité et le minimalisme de ses formalités, le second pour son niveau de sécurité élevé et son fonctionnement atypique. Pour vous aider à choisir en toute connaissance de cause, voici une comparaison point par point des deux solutions.

Les conditions d’accès au statut

Quelques minutes suffisent pour qu’un porteur de projet puisse lancer son activité par le biais d'une déclaration d'auto-entrepreneur. Cette accessibilité à toute épreuve constitue d’ailleurs l’un des arguments-massues de ce statut dont la popularité n’a cessé de croitre depuis une dizaine d’années.

Pour pouvoir accéder au portage salarial, il est nécessaire de** répondre à plusieurs critères précis**. Le professionnel doit ainsi être autonome, c’est-à-dire capable de réaliser sa prospection commerciale, être doté des qualifications relatives à sa spécialité et être en mesure de toucher un revenu mensuel minimum fixé par la loi (de 70 % à 85 % du plafond de la sécurité sociale, en fonction de son profil).

Les tâches administratives

Sur ce point, les deux formes sociales se révèlent assez proches. Bien que le freelance auto-entrepreneur doive gérer lui-même sa facturation, tenir sa comptabilité à jour et déclarer ses revenus tous les mois ou tous les trimestres, ces différentes tâches restent somme toute assez légères en comparaison des formalités complexes et parfois onéreuses auxquelles doivent faire face le président de la SASU ou le dirigeant d’EURL.

En tant que salarié, le consultant en portage salarial délègue toute la partie administrative de son activité à sa société de portage salarial, même s’il doit tout de même réaliser un compte rendu mensuel de son activité et faire lui-même ses demandes de facturation.

Le niveau d’indépendance

Doté du statut de salarié, le professionnel en portage salarial devrait selon toute vraisemblance bénéficier d’une marge de manœuvre moins importante que l’auto-entrepreneur. La réalité est toutefois un peu plus complexe que cela !

Dans la pratique, le salarié porté est en effet entièrement responsable du développement de son activité. Il se charge de sa prospection commerciale, négocie ses modalités d’intervention, construit son offre de services et fidélise sa clientèle. La seule entorse à son indépendance est le droit de regard que possède la société de portage à l’égard de ses missions. Celle-ci peut ainsi refuser une mission si elle ne respecte le cadre légal du portage salarial ou si elle outrepasse le domaine d’expertise du consultant.

Le niveau de rémunération

Le montant du chiffre d’affaires est à la fois lié à l’implication du professionnel et à ses aptitudes à bien négocier ses contrats de prestation. Sur ce point, il en va en portage salarial comme dans le régime auto-entrepreneur.

La grosse distinction réside dans la rémunération nette que le travailleur va pouvoir dégager, une fois ses cotisations et frais de fonctionnement payés. Alors que l’auto-entrepreneur doit payer entre 12,8 % ou 22 % de cotisations en fonction de l’activité exercée, le salarié porté reverse près de la moitié de son chiffre d’affaires à sa société de portage (frais de gestion) et aux organismes sociaux (cotisations sociales).

Une différence importante qu’il faut toutefois remettre en perspective : pour obtenir un niveau de protection et un accompagnement équivalent au portage salarial, l’auto-entrepreneur doit souscrire une assurance RC Pro, une assurance chômage privée et une mutuelle complémentaire onéreuse, faire appel à un expert-comptable, se payer des formations professionnelles… Notons par ailleurs que le chiffre d’affaires annuel de ce dernier est plafonné, alors qu’il n’existe aucune limite de la sorte en portage salarial !

La gestion de la TVA et des frais professionnels

En dessous d’un certain seuil correspondant à un peu plus de la moitié du plafond de son chiffre d’affaires, le régime de TVA de l'auto-entrepreneur est particulier puisqu'il est en franchise de base de TVA. Cela signifie qu’il ne paye pas cette taxe, mais qu’il ne peut pas non plus la récupérer sur ses achats professionnels.

En portage salarial, le salarié porté peut récupérer la TVA sur ses investissements et frais professionnels, en établissant ses factures au nom de sa société de portage. Quant aux frais professionnels non pris en charge par le client, ils peuvent faire l’objet d’un remboursement dont le montant vient s’ajouter au salaire, dans une certaine limite.

La protection sociale

Les cotisations que l’auto-entrepreneur doit payer sont peu élevées, mais sa protection sociale est à l’avenant. Affilié à la Sécurité sociale pour les indépendants (ex RSI), il lui est fortement conseillé de recourir à une mutuelle complémentaire et une assurance RC Pro (obligatoire dans certaines activités) pour contrebalancer les limitations de son statut.

En portage salarial, le salarié porté est affilié au régime général de la sécurité sociale. En plus de bénéficier d’une couverture sociale complète, il peut demander l’ouverture de ses droits au chômage en cas de baisse ou de perte d’activité, ce qui n’est pas possible en auto-entreprise (Sauf cas spécifiques comme le maintien des allocations en cas de création d’entreprise).

L’accompagnement et les services

L’une des spécificités du portage salarial est de fournir au travailleur un cadre propice au développement de son business. En plus de bénéficier d’une prise en charge administrative, il profite d’un accompagnement dont la nature dépend des services proposés par la société de portage : offres de missions, formations, assistance juridique, mise en réseau, aide à la rédaction de réponses aux appels d’offres…

Comme tout professionnel qui crée son activité, l’auto-entrepreneur peut bien sûr bénéficier d’un accompagnement, mais il devra en faire la demande auprès d’un organisme public ou privé, sans garantie de pouvoir en profiter.

En savoir plus : le régime auto-entrepreneur et le portage salarial ne sont évidemment pas les seules solutions qui vous permettent de mener votre projet en solitaire. Découvrez en détail les autres statuts indépendants prévus dans la législation !

Auto-entrepreneur ou portage salarial : le tableau récapitulatif

Auto-entrepreneur Portage salarial
Fonctionnement Relation classique prestataire-client Relation tripartite : salarié porté, société de portage et client
Condition d'accès Pas de condition particulière exigée Autonomie, qualification et rémunération minimum exigées
Administratif Formalités simplifiées gérées par le professionnel ou par un prestataire externe Formalités prises en charge par l’employeur
Indépendance Totale Presque totale (droit de regard de l’employeur sur la nature des missions)
Chiffre d'affaires Plafonné (70 000 € ou 170 000 €, selon l’activité) Pas de plafonnement
Cotisations sociales Peu de cotisations sociales Salaire net : environ 49 % du chiffre d’affaires
Assurance chômage Non, sauf cas bien spécifiques Oui
TVA Franchise en base de TVA jusqu’à un certain seuil TVA payée et récupérée
Couverture sociale Relativement limitée (Sécurité Sociale des Indépendants) Complète (Régime général de la Sécurité Sociale) + mutuelle d’entreprise
Accompagnement Aucun accompagnement prévu par défaut Accompagnement et services divers (selon la société de portage)

Mise à jour: 26/02/2019

Rédacteur: Johan Sellitto, rédacteur web @Cadres en Mission

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