Transformer un local commercial en habitation : explications et formalités
L'essentiel de l'article :
• Le bail civil (ou bail de droit commun) est un contrat de location régi par les articles 1713 à 1778 du Code civil. Contrairement aux baux soumis à la loi du 6 juillet 1989, il offre une grande liberté contractuelle aux parties sur la durée, le loyer et les conditions de résiliation.
• Ce type de bail s’applique principalement aux résidences secondaires, logements de fonction, parkings, entrepôts et locaux commerciaux non ouverts au public. Il ne peut pas être utilisé pour la résidence principale du locataire, sous peine de requalification en bail d’habitation.
• La durée du bail civil est libre (dans la limite de 9 ans), le loyer est fixé d’un commun accord entre les parties, et les modalités de résiliation sont définies dans le contrat.
Le bail civil, aussi appelé bail de droit commun, est un contrat de location qui se distingue des baux soumis à la loi du 6 juillet 1989. Régi par les articles 1713 à 1778 du Code civil, il offre aux parties une liberté contractuelle étendue, notamment sur la durée, le loyer et les conditions de résiliation. Toutefois, le bail civil n’a vocation à s’appliquer qu’à certaines situations précises.
Quand peut-on recourir à un bail civil ? Quelles sont les obligations du propriétaire et du locataire ? Comment rédiger le contrat de bail et comment y mettre fin ?
Mini-Sommaire
Pour la location d’un bien immobilier, le bail civil est un contrat qui se distingue par sa grande flexibilité et sa liberté contractuelle. Utilisé pour des situations spécifiques où les baux réglementés ne s’appliquent pas, il mérite d’être compris dans ses caractéristiques, ses avantages et ses limites.
Le bail civil est un contrat de location d’immeuble conclu entre des particuliers, ou entre un particulier et une association loi 1901. Dans certains cas, il peut aussi être conclu avec une entreprise. Contrairement au bail d’habitation, au bail commercial ou au bail professionnel, le bail civil offre une grande liberté aux parties notamment en ce qui concerne la durée du contrat, et peut être régi par les articles 1713 à 1778 du Code civil.
Le bail civil est fréquemment utilisé pour la conclusion de bail locatif de courte durée, que ce soit pour un logement de fonction ou la location d’un parking indépendamment d’un logement. Il peut également servir pour la location d’un entrepôt, d’une résidence secondaire ou encore de locaux commerciaux qui n’accueillent pas de public.
Afin de bien distinguer le bail civil des autres baux, voici un tableau récapitulatif des différences entre un bail civil, un bail commercial et un bail professionnel :
|
Caractéristiques |
Bail civil |
Bail commercial |
Bail professionnel |
|
Usage du bien |
Personnel |
Professionnel (activité commerciale ou artisanale) |
Professionnel |
|
Durée du contrat |
Libre |
9 ans minimum |
6 ans minimum |
|
Non |
Oui |
Oui |
Ainsi, en ce qui concerne le propriétaire, sa principale obligation consiste à mettre à disposition du locataire le bien objet du contrat aux dates convenues. Il doit également lui assurer une jouissance paisible du bien, et réaliser les éventuels travaux d’entretien et de réparation.
De son côté, le locataire a l’obligation de payer le loyer selon le montant et les modalités fixées au contrat. Il doit aussi restituer le bien dans l’état auquel il se trouvait au moment de son entrée dans les lieux.
Si le locataire utilise le bien loué comme sa résidence principale, le bail civil peut être requalifié en bail d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989. Cette requalification entraîne l’application automatique des règles protectrices du locataire (durée minimale de 3 ans, encadrement du loyer dans certaines zones, préavis réglementé). Pour limiter ce risque, le contrat doit mentionner expressément que le bien n’est pas destiné à constituer la résidence principale du locataire et préciser l’usage réellement prévu (résidence secondaire, logement de fonction, etc.).
Bon à savoir : dans le cadre d’un bail civil, la sous-location n’est possible qu’avec l’accord exprès du propriétaire.
Contrairement aux autres types de bail, aucune durée minimum n’est imposée par la loi pour un bail civil. Ainsi, dans le cadre d’un bail civil, la durée est déterminée librement par les parties. Toutefois, cette durée ne peut pas excéder 9 ans.
Le bail civil peut être conclu à durée déterminée (avec un terme fixé à l’avance) ou à durée indéterminée. Dans le premier cas, le contrat prend fin automatiquement à l’échéance convenue, sauf clause de renouvellement tacite. Dans le second, chaque partie peut y mettre fin à tout moment en respectant le préavis contractuel.
À noter : bien que le bail civil puisse être conclu verbalement, il est vivement recommandé de le formaliser par écrit pour sécuriser les droits de chaque partie en cas de litige.
Par principe, le montant d’un loyer pour un bail civil relève de la volonté des parties. Cela signifie que le propriétaire et le locataire se mettent d’accord sur le montant du loyer. La loi n’impose aucun minimum ou maximum, ni un mode de calcul. Toutefois, le loyer doit être sérieux, c’est-à-dire qu’il ne doit pas être dérisoire.
À noter : si le locataire est une association loi 1901, il est possible de prévoir un loyer symbolique.
Concernant la révision du loyer d’un bail civil, il est possible de prévoir une clause d’indexation dans le contrat de bail. La révision doit alors suivre l’un des indices publiés par l’Insee : l’indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) pour les locaux à usage tertiaire (entrepôt, bureau), ou l’indice de référence des loyers (IRL) pour les logements de fonction.
Bon à savoir : dans un bail civil, le dépôt de garantie n'est pas une obligation légale, mais il est de pratique courante d'en prévoir un. Son montant et ses modalités de restitution sont librement fixés par les parties dans le contrat. Le dépôt de garantie a pour but de couvrir les éventuelles dégradations du bien ou les impayés de loyer.
Puisque les modalités du bail civil sont librement définies par les parties, la loi n’impose aucun formalisme particulier. Néanmoins, comme dans tout contrat, il est interdit d’insérer des clauses abusives sous peine de nullité de celles-ci. Il n’y a donc pas de mentions obligatoires à faire figurer dans un bail civil. Cependant, il est d’usage de préciser :
À ces clauses types, vous pouvez ajouter d’autres clauses spécifiques comme une clause relative à la sous-location du bien. Vous avez également la possibilité d’insérer une clause de préemption pour que le locataire soit prioritaire pour se porter acquéreur du bien s’il vient à être mis en vente.
Astuce : pour rédiger plus facilement le contrat, vous pouvez utiliser un modèle de bail civil. Des exemples de bail civil gratuits sont disponibles sur Internet. Veillez cependant à bien les personnaliser en fonction de votre situation.
Généralement, le bail civil contient une clause de renouvellement tacite. Ainsi, si aucune des parties ne manifeste son intention de mettre fin au contrat de bail, celui-ci continue de s’appliquer dans les mêmes conditions.
Les modalités de résiliation dépendent du type de bail conclu :
Si le bail est à durée indéterminée, le locataire peut y mettre fin à tout moment en respectant le préavis contractuel. Il doit en informer le propriétaire par courrier recommandé avec accusé de réception.
Si le bail est à durée déterminée, le locataire est en principe tenu jusqu’au terme du contrat, sauf si une clause de résiliation anticipée a été prévue. Le propriétaire ne peut pas non plus exiger le départ du locataire avant l’échéance fixée.
Concernant le propriétaire, il est généralement contraint d’attendre la fin de la durée du contrat pour notifier au locataire son souhait de ne pas renouveler le bail civil. Là aussi, il doit le faire par courrier recommandé avec accusé de réception et en respectant la durée du préavis convenu.
À noter : si la durée du préavis n’a pas été prévue dans le bail civil initial, il est possible de signer un avenant au contrat. Toutefois, il est nécessaire de recueillir les signatures des deux parties pour que celui-ci soit valable. Or, l’une des parties peut refuser de le signer.
Résumer cet article avec :
Note du document :
4,5 - 18 vote(s)
Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
Fiche mise à jour le
Vous avez des questions ?
Téléchargez notre guide pour entreprendre dans l'immobilier
Ces articles pourraient aussi vous intéresser :
Transformer un local commercial en habitation : explications et formalités
Droit au bail : guide complet 2026
Le bail commercial de A à Z
Achat d’un local commercial : avantages, procédure, frais
Vente d’un fonds de commerce : délais, formalités, frais
Que faut-il savoir sur la plus-value de cession d’un fonds de commerce ?
On a besoin de vous !
Si vous appréciez notre contenu, un avis sur Google nous aiderait énormément !