Capital minimum d’une SAS : principe et bonnes pratiques
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Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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Suite à la création d’une SAS, il est possible que les relations entre les associés ne soient pas toujours au beau fixe. En cas de mésententes conduisant à des situations de blocage au sein de la société, il est possible, sous condition, de procéder à l’exclusion d’un associé de la SAS.
Comment retirer un associé d'une SAS ? Quelles sont les conséquences d’une telle exclusion ? L’associé concerné peut-il contester ? On vous dit tout.
Mini-Sommaire
L'exclusion d'un associé dans une SAS (Société par Actions Simplifiée) est un sujet délicat, car elle touche à l'un des droits fondamentaux de tout actionnaire : la pérennité de sa qualité d'associé. En principe, il est impossible de forcer un actionnaire à quitter la société. Toutefois, le droit français a prévu des mécanismes exceptionnels pour protéger l'intérêt social face à un comportement nuisible ou à une situation de blocage.
Un associé est une personne détenant une partie du capital de la société, par le biais de titres. Dans le cas d’une SAS, cet associé détient des actions, d’où son nom d’actionnaire.
La qualité d’associé offre des droits, comme notamment la perception de dividendes ou le droit d’être informé de ce qu’il se passe au sein de la société. Il détient également un autre droit fondamental : le droit de vote. En effet, lors des assemblées générales, sa voix compte, proportionnellement au pourcentage du capital qu’il détient. L’associé prend donc part aux décisions importantes pour l’avenir de la société.
Tant que l’associé détient ses titres, tous ses droits sont maintenus, et ce, sans limitation de durée. Les associés ne peuvent donc pas en principe s’évincer les uns les autres, et un associé ne sera défait de ses droits que s’il décide de vendre ses titres. De ce fait, même si un associé décide d’adopter une position opposée aux autres, ses co-associés n’ont pas de possibilité de l’exclure de la SAS.
Comme dans toute relation, une mésentente est vite arrivée, et un conflit impossible à résoudre entre les associés pourrait vite contraindre à une dissolution de la SAS. Ainsi, si un associé décide d’adopter un comportement pouvant gravement nuire à la survie de la société, il serait logique que les autres associés puissent intervenir pour mettre un terme à la situation, tout en évitant de mettre fin à l’existence de la société.
Pour pallier ce risque et protéger la société d’un comportement malveillant, la possibilité d’une exclusion d’un associé de la SAS a été créée. Dans certains cas déterminés à l’avance, les associés de la SAS peuvent évincer un des associés en l’excluant, ce qui revient à le contraindre de céder ses titres. Cette possibilité d’exclusion d’un associé d’une SAS ne peut toutefois intervenir que dans certaines situations et le respect de règles précises.
Pour procéder à l’exclusion d’un associé, il est nécessaire que le motif d’exclusion soit prévu par la loi, ou bien par une clause d’exclusion, autorisée par le code de commerce, inscrite dans les statuts de la société.
La loi prévoit un certain nombre de comportements et de situations pouvant entraîner l’exclusion d’un associé d'une SAS. Ainsi, les situations pouvant entraîner l’exclusion d’un associé sont :
D’autres motifs d'exclusion d’un associé de la SAS peuvent être prévus lors de la rédaction des statuts de la SAS. Pour ce faire, il faut insérer une clause d’exclusion dans les statuts.
À noter : l’insertion d’une clause d’exclusion ne se limite pas à la SAS ! En effet, il est possible de prévoir une clause d’exclusion en SARL ou une clause d’exclusion en SCI. Cependant, il ne peut y avoir de clause d’exclusion dans une SASU ou une EURL, ces sociétés n’étant composées que d’un seul associé, elle n’aurait aucune utilité.
Si les associés peuvent prévoir des motifs d’exclusion, ceux-ci doivent être justifiés par l’activité de la société et limités à des situations exceptionnelles. Par exemple, il est possible d’utiliser les motifs suivants :
La liste des cas d’exclusion est strictement limitative et précisément définie.
Bon à savoir : les statuts ne sont pas le seul document pouvant prévoir une clause d’exclusion. En effet, il est possible d’insérer une clause d’exclusion dans un pacte d’associé ou pacte d’actionnaires.
La clause d’exclusion d’une SAS obéit à certaines règles. En effet, pour que la clause d’exclusion soit valide, elle doit contenir les informations suivantes :
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Astuce : si vous rencontrez des difficultés dans la rédaction de cette clause, n’hésitez pas à vous appuyer sur un modèle de clause d’exclusion !
Une fois rédigée et inscrite dans les statuts, la clause d’exclusion peut tout de même être modifiée si les associés le souhaitent. La décision de modification est prise lors d’une assemblée générale. Pour la modification d’une clause d’exclusion, l’unanimité des associés était autrefois requise, mais depuis 2019, le vote de la décision est soumis aux conditions de majorité prévues par les statuts.
Vous vous demandez "Comment puis-je exclure un associé d'une SAS ?" L'exclusion d'un associé n'est jamais un acte anodin. Une fois que la clause statutaire d'exclusion est activée, il est impératif de respecter une procédure rigoureuse pour garantir la légalité de la décision et éviter toute contestation. La première étape consiste à identifier clairement l'organe de la SAS compétent pour prendre la décision et à s'assurer du respect du principe du contradictoire pour l'associé visé.
Les statuts de la SAS doivent impérativement prévoir qui à le pouvoir de décider de l’exclusion d’un associé. Le choix de l’organe est libre. Il peut ainsi s’agir de l’assemblée générale des actionnaires, du président de la SAS, ou de tout autre organe de direction existant au sein de la société.
En pratique : l'associé concerné par l'exclusion a le droit de voter sur sa propre exclusion, sauf si les statuts prévoient le contraire. Toutefois, en pratique, les statuts ou le pacte d'actionnaires écartent souvent l'associé visé du vote. La jurisprudence admet que l'associé ne participe pas au vote pour éviter la situation de blocage.
La procédure à suivre pour exclure un associé est déterminée par les statuts. Les statuts précise donc, en plus de l’organe compétent pour prendre la décision, les modalités dans lesquelles il doit la prendre. Si par exemple l’organe compétent pour décider de l’exclusion d’un associé en SAS est l’assemblée générale des actionnaires, la procédure peut être la suivante :
Question fréquente : l’associé exclu doit-il être informé de la situation ? Oui ! En vertu du droit à l’information des associés, l’associé concerné par l’exclusion doit être informé de la situation. Si la décision est prise en assemblée générale, il sera informé de la procédure en cours via l’ordre du jour de l’assemblée mentionné sur la convocation à celle-ci. Si l’exclusion est décidée par un autre organe, l’associé menacé d’exclusion doit obligatoirement être informé avant que la décision soit prise.
L'exclusion d’un associé de la SAS est un acte d'une gravité exceptionnelle. Elle est toujours considérée comme une atteinte aux droits fondamentaux de l'associé. C'est la raison pour laquelle cette possibilité n'est admise que sous des conditions très strictes (clause statutaire, motif légitime, respect du contradictoire). Le but de cette clause est de protéger l'intérêt social de la SAS en cas de comportement nuisible.
Une fois la décision d’exclusion de l’associé de la SAS prise, elle doit être notifiée à l’associé exclu par huissier de justice. Dès cette notification, l’associé perd l’intégralité de ses droits et est contraint de céder ses actions.
L’associé ne peut plus percevoir les dividendes de la SAS liés aux actions dont il est déchu et ne peut plus participer aux décisions de la société. Pour ce qui est de la cession de ses actions, les statuts doivent prévoir les modalités de rachat de celles-ci. Elles pourront par exemple être proposées en priorité aux associés, rachetées directement par la SAS, ou encore proposées à des tiers.
Le prix de rachat des actions de l'associé exclu est la source de litige la plus fréquente. Les statuts doivent obligatoirement prévoir les modalités de calcul du prix de cession. En cas de litige, l'associé exclu peut saisir le tribunal pour faire nommer un expert indépendant chargé d'évaluer la valeur des actions. Le paiement du prix est une condition de la validité de l'exclusion.
Bon à savoir : le paiement doit être comptant, sauf si c’est la SAS qui rachète les actions. Auquel cas elle bénéficie d’un délai de paiement de 6 mois.
Il est possible de contester la décision d’exclusion d’un associé de la SAS dans plusieurs cas :
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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