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Fiches pratiques Gérer une entreprise Fiscalité de l'entreprise En quoi consiste le régime des micro-BA ?

En quoi consiste le régime des micro-BA ?

Léna Cazenave - Image

Léna Cazenave

Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille. 
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
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 L'essentiel de l'article :

  • Le régime micro-BA est un régime fiscal simplifié d’imposition des bénéfices agricoles, en vigueur depuis le 1er janvier 2016 (article 64 bis du CGI).
  • Il s’applique aux exploitants agricoles dont la moyenne des recettes hors taxes des trois années précédentes ne dépasse pas 120 000 € HT (seuil maintenu à ce montant au 1er janvier 2026).
  • Le bénéfice imposable est calculé sur la moyenne triennale des recettes, après un abattement forfaitaire de 87 % (minimum 305 €/an).
  • Les cotisations sociales MSA sont calculées sur les recettes après abattement.
  • La déclaration s’effectue via le formulaire 2042-C-PRO, sans déclaration professionnelle séparée.

Vous êtes exploitant agricole et vos recettes annuelles restent en dessous des seuils du régime simplifié ? Vous relevez probablement du régime des micro-BA, le régime d'imposition allégé des bénéfices agricoles. Ce dispositif permet de déterminer le résultat imposable à partir d'un abattement forfaitaire sur les recettes, sans comptabilité d'engagement.

De quoi s'agit-il exactement ? Quelles en sont les conséquences fiscales et sociales ? Comment déclarer ses revenus en micro-BA ? Voici le guide complet pour comprendre et appliquer ce régime à votre exploitation.

Mini-Sommaire

Qu’est-ce que les bénéfices agricoles (BA) ?

Avant de découvrir le fonctionnement du régime fiscal des micro-BA, il est important de bien comprendre ce que recouvrent les bénéfices agricoles dits BA. En effet, on distingue les BA, des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et des bénéfices non-commerciaux (BNC), car le régime d’imposition de ces différents types de bénéfices diffère. 

Ainsi, les bénéfices agricoles correspondent aux profits issus de la vente ou de la consommation de produits provenant de terrains de culture ou de l’élevage. Il s’agit donc des activités suivantes :

  • l’exploitation de biens ruraux (fermages, métayages, etc.) ;
  • l’élevage d’animaux y compris les centres équestres ;
  • les profits provenant de la production forestière, de l’exploitation de champignonnières, de nouvelles variétés végétales, des revenus issus de la location de droits à paiement unique et des revenus provenant de la vente de biomasse ou de la production d’énergie à partir de produits issus de l’exploitation agricole ;
  • les apiculteurs, aviculteurs, pisciculteurs, ostréiculteurs, mytiliculteurs et conchyliculteurs ;
  • les activités commerciales et industrielles accomplies à titre accessoire à une activité agricole.

☝️ Bon à savoir : en cas d’activité mixte, c’est-à-dire à la fois agricole et commerciale, la partie des bénéfices issue de l’activité agricole relève des BA, tandis que la partie des bénéfices issue de l’activité commerciale relève des BIC ou des BNC. Il convient alors de ventiler les bénéfices entre ces différentes catégories lors de la déclaration fiscale. Cela sera le cas, par exemple, si vous voulez devenir apiculteur tout en vendant votre miel directement.

Qu’est que le régime des micro-BA ?

Le régime des micro-BA est un régime d’imposition des bénéfices agricoles simplifié par rapport au régime réel. Il est codifié à l’article 64 bis du Code général des impôts.

☝️ Bon à savoir : le régime des micro-BA est entré en vigueur en 2016. Il est venu en remplacement du forfait agricole.

Le principal avantage du micro-BA est donc la simplification de l’imposition des bénéfices des petites entreprises agricoles. Effectivement, les modalités de calcul de l’impôt sur les bénéfices sont claires et les obligations comptables sont allégées.

📝 À noter : les exploitations agricoles relevant du régime des micro-BA ne peuvent pas opter pour le versement libératoire. Au contraire, le prélèvement libératoire des auto-entrepreneurs est possible. Il s'agit du paiement simultané de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales sur leur chiffre d’affaires.

Quelles sont les entreprises concernées par le régime micro-BA ?

Le régime des micro-BA est réservé à certaines entreprises. Ainsi pour bénéficier de régime simplifié, il est nécessaire de remplir plusieurs conditions :

  • réaliser des bénéfices agricoles ;
  • être assujetti à l’impôt sur le revenu (IR) ;
  • avoir une moyenne des recettes des trois années précédentes inférieure ou égale à 120 000 € HT.


☝️ Bon à savoirle seuil du régime micro-BA fait l’objet d’une revalorisation triennale, alignée sur l’évolution du barème de l’impôt sur le revenu.

🛠️ En pratique : si l’activité est créé en cours d’année, il faut calculer le seuil au prorata temporis de l’exercice de l’activité.

Certaines entreprises bien que respectant ces critères sont exclues du champ d’application des micro-BA par la loi. Ainsi, les sociétés agricoles créées après le 1er janvier 1997, autres que les GAEC, ne peuvent pas bénéficier de ce régime. C’est notamment le cas des EARL, les SARL, les SAS, les SNC, les sociétés en commandite simple, etc. Toutefois, cette exclusion ne s’applique pas aux SASU et aux EURL dont l’associé unique est également le dirigeant dès lors que l’associé est une personne physique.

📝 À noter : le cas particulier des GAEC : par transparence, le seuil de 120 000 € est multiplié par le nombre d’associés, dans la limite de quatre. Un GAEC composé de trois associés bénéficie ainsi d’un seuil de 360 000 € HT, et un GAEC de quatre associés ou plus d’un seuil de 480 000 € HT.

les exploitants forestiers ne relèvent du régime des micro-BA que pour les bénéfices issus de la récolte de produits en vue de leur vente ou issus de la coupe de bois du propriétaire pour lui-même. Tous les autres bénéfices sont imposés selon les règles du forfait forestier.

Micro-BA : quelles conséquences ?

L’application du régime micro-BA emporte des conséquences d’un point de vue fiscal, comptable et social.

Micro- BA : les règles d’imposition

Par principe, seules les entreprises agricoles soumises à l’impôt sur le revenu sont éligibles au micro-BA, sous réserve de respecter les autres conditions. Par conséquent, les bénéfices agricoles sont imposés au niveau de l’entrepreneur ou de l’associé, et non au niveau de l’entreprise. Il appartient donc à l’exploitant agricole de déclarer et de payer l’impôt sur les bénéfices agricoles dans le cadre de sa déclaration de revenus annuelle. 

Le calcul de l’assiette de l’impôt en micro-BA présente une particularité : il s’appuie sur la moyenne des recettes hors taxes (HT) réalisées au cours des trois années précédentes (années N, N-1 et N-2). L’exploitant a toutefois la possibilité d’opter pour une assiette annuelle, calculée sur les seules recettes de l’année d’imposition.

Pour réaliser ce calcul, il faut prendre en compte les recettes suivantes réalisées sur la période donnée :

  • les recettes issues des ventes de produits de l’exploitation ;
  • les subventions d’exploitation et autres aides ;
  • la fraction des indemnités d’expropriation destinée à compenser la perte des récoltes de l’année de l’expropriation ;
  • les indemnités d’assurance perçues à la suite d’un sinistre affectant les récoltes ou le bétail ;
  • les indemnités d’épandage.

☝️ Bon à savoir : certaines recettes sont exclues du calcul de l’assiette des micro-BA, car elles relèvent d’un régime fiscal qui leur est propre. C’est notamment le cas des plus-values de cessions d’immobilisation, des subventions et des primes d’équipement, et des redevances liées au droit de propriété.

Une fois le montant de l’assiette de calcul connu, un abattement forfaitaire de 87 % est automatiquement appliqué par l’administration fiscale. Le montant de cet abattement ne peut pas être inférieur à 305 €. Par conséquent, seulement 13 % des recettes sont soumis à l’impôt sur le revenu au titre des bénéfices agricoles.

📝 À noter : l’abattement forfaitaire de 87 % s’applique que l’exploitant soit en moyenne triennale ou en assiette annuelle.

Par exemple, si un exploitant agricole a réalisé 80 000 € de recettes HT en moyenne sur les trois dernières années, l’abattement forfaitaire est de 69 600 € (80 000 × 0,87). L’administration fiscale ne retient alors que 10 400 € (80 000 − 69 600) pour calculer le montant de l’impôt sur le revenu.

📝 À noter : en ce qui concerne le régime micro-BA et la TVA, si les recettes de l’année ne dépassent pas les seuils de TVA, l’exploitant agricole n’est pas assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée. Il relève alors de la base de franchise de TVA.

Quelles cotisations sociales en micro-BA ?

L’exploitant agricole soumis au régime micro-BA relève obligatoirement de la Mutualité sociale agricole (MSA) pour la couverture de sa protection sociale (santé, retraite, prestations familiales).

Les cotisations sociales MSA sont calculées sur l’assiette suivante :

  • les recettes hors taxes après application de l’abattement forfaitaire de 87 %, soit la même assiette que celle retenue pour l’impôt sur le revenu ;
  • selon les mêmes modalités de période de référence : moyenne triennale (recettes des années N-1, N-2 et N-3) ou assiette annuelle, en fonction de l’option retenue.

 Bon a savoir : l’exploitant agricole en micro-BA bénéficie de l’exonération des plus-values professionnelles après 5 ans d’activité (article 151 septies du CGI), sous réserve que la moyenne des recettes des deux années civiles précédentes ne dépasse pas les seuils légaux prévus par le texte.

Comment articuler micro-BA et régime réel ?

Le régime micro-BA n’est pas le seul régime d’imposition des bénéfices agricoles. Il en existe deux autres :

  • le régime réel simplifié : applicable de plein droit lorsque la moyenne des recettes des trois années précédentes dépasse 120 000 € HT et reste inférieure à 391 000 € HT ;
  • le régime réel normal : applicable de plein droit lorsque la moyenne des recettes annuelles est supérieure à 391 000 € HT.

L’exploitant relevant du régime micro-BA peut également choisir d’opter pour un régime réel (simplifié ou normal), même si ses recettes restent en deçà du seuil. Ce choix est notamment pertinent lorsque ses charges réelles représentent plus de 87 % de ses recettes, l’abattement forfaitaire devenant alors moins favorable.

Régime micro-BA : les obligations comptables

Le régime micro-BA a également une incidence sur les obligations comptables qui incombent à l’exploitant agricole. Dans la mesure où il s’agit d’un régime simplifié, ses obligations sont fortement allégées. En effet, l’agriculteur au micro-BA doit tenir un journal où il note quotidiennement les recettes réalisées, factures à l’appui.

Comment déclarer les micro-BA ?

Les micro-BA doivent être déclarés au sein de la déclaration annuelle de revenus de l’exploitant agricole. Il doit indiquer le montant des recettes - soit la moyenne des 3 dernières années, soit les recettes de l’année, selon l’option choisie - dans la déclaration complémentaire n°2042-C-Pro.

📝 À noter : il faut indiquer le montant effectif des recettes. Ensuite, l'administration fiscale applique systématiquement l’abattement de 87 %.

Principales sources législatives et réglementaires :

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