En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies destinés à réaliser des statistiques de navigation et à vous proposer des offres adaptées à vos besoins.
En savoir plus
15 mars 2019

Tout savoir sur le licenciement abusif

Héloïse FOUGERAY
Diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

Besoin d'en savoir plus?

Vous pensez être victime d’un licenciement abusif, que faire face à cette situation ? Egalement appelé licenciement sans cause réelle et sérieuse, c’est une rupture du contrat de travail qui n’est pas fondée sur des raisons valables. Par conséquent, le salarié peut contester cette décision et obtenir sa réintégration dans l’entreprise ou une indemnité pour licenciement abusif.

On vous explique en détail en quoi consiste un licenciement abusif, comment le contester et les réparations envisageables.

Licenciement abusif

Qu’est-ce qu’un licenciement abusif?

Pour être valable, un licenciement doit obligatoirement reposer sur une cause réelle et sérieuse. A défaut, la rupture du contrat sera considérée comme un licenciement abusif conformément au Code du travail. Un licenciement abusif est donc un licenciement sans cause réelle et sérieuse. L’exigence d’une cause réelle et sérieuse vaut autant pour un licenciement pour motif économique que pour un licenciement pour insuffisance professionnelle.

Or, le Code du travail ne définit pas la cause réelle et sérieuse. Ce sont les juges qui ont progressivement fait émerger les contours de cette notion.

Qu’est-ce qu’une cause réelle ? C’est une cause qui doit être objective, existante et exacte. Ce sont des faits qui doivent pouvoir être vérifiés et qui ne peuvent être basés sur le simple ressenti de l’employeur. Par exemple, la simple perte de confiance en un salarié pour des raisons non objectives n’est pas suffisante pour motiver un licenciement. De plus, le terme “exact” signifie que les motifs invoqués sont vrais et ne servent pas à cacher d’autres motifs pour lesquels il est interdit de licencier un salarié (par exemple, en cas de discrimination).

Qu’est-ce qu’une cause sérieuse ? Cela signifie que le salarié doit avoir commis un fait d’une certaine gravité. Cette faute rend son maintien dans l’entreprise impossible car cela affecte le fonctionnement de l’entreprise. Par exemple, un détournement de fonds de l’entreprise où il travaille est une cause sérieuse.

Attention à bien distinguer licenciement irrégulier et licenciement injustifié :

  • Licenciement irrégulier : c’est le cas lorsque la procédure pour rompre un contrat n’a pas été respectée (lettre de convocation, entretien préalable, lettre de licenciement, etc). Le licenciement peut tout à fait être irrégulier sans être privé de cause réelle ou sérieuse. C’est une simple affaire de procédure non respectée.
  • Licenciement injustifié (ou “licenciement abusif”) : c’est l’hypothèse dans laquelle le juge estime que le motif du licenciement n’est pas valable. Ici, ce n’est pas la procédure qui est en cause, mais les raisons qui ont justifié le licenciement. C’est une affaire de motifs non valables.

Comment contester un licenciement abusif?

Pour contester un licenciement abusif, le salarié doit saisir le Conseil de prud’hommes. Le salarié dispose d’un an pour agir en justice à compter de la notification du licenciement.  

Tout d’abord, il peut saisir le Conseil des Prud’hommes compétent (lieu de travail ou siège social de l’entreprise) par requête. Pour cela, il doit remplir la “Requête aux fins de saisine du conseil de prud'hommes (CPH) par un salarié” (Cerfa n° 15586*03) par courrier (recommandé ou non) adressé au greffe du conseil de prud'hommes. Il devra notamment indiquer les mentions suivantes : coordonnées du salarié, coordonnées de l’employeur, objet de la demande, exposé des motifs et de ses prétentions, pièces justificatives.

Se faire assister par un avocat n’est pas obligatoire, mais cela est fortement recommandé pour aider le salarié à trouver les bons arguments juridiques pour appuyer sa demande.

La procédure se déroule ensuite en deux temps :

  • Phase amiable : la première partie de la procédure est une phase amiable devant le Bureau de conciliation du Conseil de prud’hommes. Cette phase obligatoire vise à régler le différend à l’amiable, sans passer par le juge.
  • Phase judiciaire : si aucun accord n’a été trouvé entre le salarié et l’employeur, l’affaire devra être réglée en justice devant le juge de prud’hommes. Ce dernier devra évaluer le caractère réel et sérieux du licenciement.

Licenciement abusif: quelles réparations possibles?

Les différentes réparations qui peuvent être allouées au salarié pour licenciement abusif varient en fonction de son ancienneté et de la taille de son entreprise.

La réintégration du salarié dans l’entreprise

Si le salarié possède au moins 2 ans d’ancienneté et que son entreprise comprend au moins 11 salariés, le juge peut proposer la réintégration du salarié dans l’entreprise. Le salarié pourra alors garder tous les avantages qu’il avait acquis.

Si le salarié a moins de 2 ans d’ancienneté et/ou que son entreprise a moins de 11 salariés, le juge ne peut pas proposer la réintégration du salarié.  

Indemnité pour licenciement abusif

Dès lors que le salarié ou l’employeur refuse la réintégration dans l’entreprise, le salarié peut avoir droit à une indemnité pour licenciement abusif à la charge de l’employeur. Le montant de l’indemnité pour licenciement abusif est encadré par le Code du travail.

De ce fait, le montant de l’indemnité octroyée par le juge devra nécessairement respecter le barème légal des indemnités pour licenciement abusif. Ce barème fixe des montants minimaux et maximaux de dommages et intérêts en mois de salaire. Le montant de l’indemnité pour licenciement abusif varie en fonction de l’ancienneté du salarié et du nombre de salariés de l’entreprise (plus ou moins de 11 salariés). Pour avoir une idée du montant de votre indemnité, vous pouvez consulter notre fiche sur le calcul de l’indemnité de licenciement.  

Bon à savoir : l’indemnité pour licenciement abusif peut être cumulable avec l’indemnité légale de licenciement, l’indemnité compensatrice de préavis ou encore l’indemnité compensatrice de congés payés.

Mise à jour :15/03/2019

Rédacteur : Héloïse Fougeray, diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

Besoin d'en savoir plus?