Refus de rupture conventionnelle : causes et recours possibles
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
La procédure de rupture conventionnelle est l’unique façon de rompre un CDI à l’amiable pour le salarié ou l’employeur. Une fois que les deux parties sont tombées d’accord sur les conditions de fin de contrat, le salarié est en droit de percevoir une indemnité de rupture conventionnelle.
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Mini-Sommaire
Une rupture conventionnelle (articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail) est un accord à l’amiable établi entre un employeur et son salarié pour mettre fin à un contrat en CDI. Une compensation financière est alors délivrée à l’employé, sans condition d’ancienneté. Cette indemnité est obligatoire, mais son montant peut être supérieur au montant légalement prévu : on parle alors d'indemnité supra-légale.
Bon à savoir : l’employeur doit remplir une demande d'homologation d'une rupture conventionnelle d'un contrat de travail à durée indéterminée (Cerfa n°14598*01).
Le montant de l’indemnité varie selon le secteur d’activité du salarié (dans le privé ou le public) et son ancienneté.
Le cadre du calcul du montant de la rupture conventionnelle dépend des facteurs suivants :
À noter : la formule à appliquer peut différer selon les dispositions contractuelles en vigueur. Dans cette situation, il convient alors d’appliquer le montant le plus favorable pour le salarié.
Le montant de la rupture conventionnelle est négocié entre l'employé et le chef d'entreprise. Il est ensuite inscrit dans la convention de rupture. En dépit des variations possibles, il ne peut pas être inférieur à l'indemnité légale de licenciement. C'est pourquoi une rupture conventionnelle sans indemnités n'est juridiquement pas possible.
Astuce : il est possible de s’appuyer sur des simulateurs disponibles en ligne pour calculer le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle.
Le montant de la prime de rupture conventionnelle s’effectue à partir du salaire de référence du salarié. Celui-ci s’obtient selon la formule la plus avantageuse parmi les deux suivantes :
Question fréquente : si vous vous demandez si l’indemnité de rupture conventionnelle est en brut ou en net, sachez qu’il s’agit d’un montant brut.
Le montant minimum de l’indemnité de rupture conventionnelle ne peut être inférieur à :
Pour procéder au calcul de l’indemnité, il convient alors de multiplier le salaire de référence par le nombre d’années de référence au regard des seuils précédents. Pour mieux comprendre ce calcul, prenons exemple sur un salarié qui dispose d'un salaire de référence de 2.000 € :
Les agents publics peuvent, eux aussi, demander une rupture conventionnelle. Après une expérimentation menée de 2020 à 2025, le dispositif a été pérennisé par la loi de finances pour 2026 (articles L.552-1 à L.552-4 du Code général de la fonction publique).
Le montant de l'indemnité est le même que dans le secteur privé si l'agent est resté moins de 10 ans chez le même employeur. Au-delà, le calcul change.
La grille du montant minimum est la suivante :
|
Ancienneté |
Montant de l’indemnité de rupture conventionnelle |
|
Jusqu’à 10 ans |
¼ du salaire mensuel brut multiplié par les années d'ancienneté |
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11 à 15 ans |
2/5 du salaire mensuel brut multiplié par les années d'ancienneté |
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16 à 20 ans |
1/2 du salaire mensuel brut multiplié par les années d'ancienneté |
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21 à 24 ans |
3/5 du salaire mensuel brut multiplié par les années d'ancienneté |
À noter : l'indemnité ne peut pas non plus dépasser un plafond : 1/12 de la rémunération brute annuelle par année d'ancienneté, dans la limite de 24 ans.
Bon à savoir : dans la fonction publique, la rupture conventionnelle n'est pas ouverte aux fonctionnaires stagiaires, aux agents en période d'essai, aux contractuels en CDD, ni aux agents qui remplissent les conditions d'une retraite à taux plein (75 %).
Depuis le 1er janvier 2026, les charges patronales s'élèvent à 40 % de la part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales (article L137-12 du Code de la sécurité sociale). Le chef d'entreprise doit verser cette contribution au profit de la Caisse nationale d'assurance vieillesse.
Lorsque le salarié n’a pas bénéficié de la totalité de ses congés payés à échéance de son contrat de travail, il perçoit une indemnité compensatrice de congés payés. Elle est réglée au moment de la rupture. Elle figure sur le reçu pour solde de tout compte.
Cette indemnité est évaluée de la même manière qu’une indemnité de congés payés classique. Elle est calculée selon la formule la plus avantageuse entre les deux modes de calcul suivants :
Bon à savoir : les règles de calcul diffèrent en cas d’accident du travail ou de maladie d’origine professionnelle ou non.
Le solde de tout compte versé lors de la rupture conventionnelle inclut un reliquat de salaire lorsque l'échéance du contrat arrive en cours de mois. Cette notion désigne le salaire incomplet du dernier mois d'activité, calculé au prorata du nombre de jours travaillés.
La prime de rupture conventionnelle peut être imposable selon la situation du salarié :
L’exonération est totale si le montant de l’indemnité correspondant à celui fixé par la loi ou par des dispositions conventionnelles, professionnelles ou interprofessionnelles. C’est également le cas si la prime fait suite à une rupture conventionnelle après acceptation d'un congé de mobilité ou une rupture conventionnelle collective.
En revanche, si la prime est supérieure, l’exonération est plafonnée selon un des montants suivants :
À noter : le plafond d'exonération fiscale maximal est de 288.360 € en 2026, soit six fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (article 80 duodecies du Code général des impôts).
L’indemnité de rupture conventionnelle est exonérée de cotisations sociales sur la part correspondant au seuil fixé par la loi ou par accord collectif, professionnel ou interprofessionnel.
En revanche, si la prime excède ce seuil, son exonération est limitée à l’un des montants suivants :
Bon à savoir : le plafond d'exonération des cotisations sociales est de 96.120 € en 2026, soit deux fois le PASS (article L242-1 du Code de la sécurité sociale).
La prime de rupture conventionnelle est également exonérée de CSG et de CRDS, selon le plus petit des deux montants suivants :
Astuce : il existe en ligne des simulateurs de charges sociales associées à l'indemnité de rupture conventionnelle.
Bon à savoir : la loi n° 2026‑470 du 11 juin 2026 réduit la durée maximale d'indemnisation chômage après une rupture conventionnelle. Pour les salariés de moins de 55 ans, la durée maximale de versement de l'ARE passe de 18 à 15 mois. Pour les salariés de 55 ans et plus, elle est ramenée à 20,5 mois (contre 22,5 à 27 mois auparavant). Cette réforme s'applique aux ruptures de contrat intervenant à compter du 1er septembre 2026. Les indemnités de rupture et la procédure de signature restent inchangées.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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