SASU et micro-entreprise : avantages, inconvénients et choix du statut
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L’essentiel de l’article :
Vous avez envie de vous lancer dans l'entrepreneuriat, mais vous ne savez pas quel statut choisir ? Entre auto-entreprise et création de société, quelle est l’option la plus adaptée à votre projet ? Parce que votre choix peut avoir un impact sur la réussite de votre entreprise, mieux vaut connaître toutes les différences entre auto-entrepreneur et société avant de sauter le pas.
Quels sont leurs avantages et inconvénients respectifs ? Comment fonctionnent-ils ? À quels régimes fiscaux et sociaux sont-ils soumis ? Legalstart compare ces deux statuts afin de vous aider dans la création d’entreprise.
Mini-Sommaire
Le statut d'auto-entrepreneur est soumis à des formalités de création réduites. En effet, pour être auto-entrepreneur, les conditions sont minimes. Il est donc privilégié par les entrepreneurs qui souhaitent démarrer rapidement leur activité. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, la déclaration d’activité de tout auto-entrepreneur doit être effectuée sur le Guichet unique géré par l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). La plateforme centralise, en effet, toutes les demandes d’ouverture d’entreprises, quelle que soit la nature de l’activité : commerciale, libérale ou prestation de services. La formalité est entièrement dématérialisée et il vous suffit de fournir les informations et justificatifs demandés.
Bon à savoir : les activités agricoles rattachées à la MSA, les activités relevant de la TVA immobilière, les activités artistiques rémunérées par des droits d’auteur, les professions libérales réglementées ne relevant pas de la Cipav, les fonctions de dirigeant majoritaire d’une entreprise et la location d’immeubles ne peuvent pas être exercées sous le statut d’auto-entrepreneur.
Question fréquente : Est-ce qu’être en auto-entrepreneur c’est une société ou bien une entreprise ? L’auto-entreprise est une entreprise individuelle. Elle se distingue des sociétés prenant la forme unipersonnelle, lesquelles sont des personnes morales détenues par un seul associé.
La création d'une société, en revanche, nécessite plusieurs formalités et un investissement plus important. Dans un premier temps, que vous choisissiez de créer une SARL, une EURL, une SAS ou une SASU, ou même une SA, vous avez besoin d’un capital pour démarrer votre activité. Le capital social minimum à verser est de 1 €. Il est de 37.000 € minimum pour une SA. Mais, le capital doit surtout correspondre aux besoins financiers immédiats de votre société.
Vous devez ensuite :
Enfin, vous devez enregistrer la création de votre société sur le Guichet unique géré par l'INPI. La déclaration des bénéficiaires effectifs est effectuée en même temps. Cette procédure déclenche l’immatriculation au Registre national des entreprises (RNE) et nécessite le paiement des frais d’inscription au greffe du tribunal de commerce et à la chambre des métiers, le cas échéant.
L'un des principaux avantages de l'auto-entrepreneuriat est la simplicité administrative. En tant qu'auto-entrepreneur, vous bénéficiez d'une comptabilité allégée. Vous pouvez bénéficier d'un régime fiscal avantageux, avec un prélèvement libératoire proportionnel à votre chiffre d'affaires. Enfin, vous n'avez pas à facturer la TVA, sauf si vous dépassez les seuils de la franchise en base (article 293 B du Code général des impôts) ou que vous optez pour le paiement de la TVA.
Le statut d’auto-entrepreneur comporte également des inconvénients. Vous êtes notamment tenu de respecter des plafonds de chiffre d'affaires (article 50-0 du Code général des impôts) :
Les meublés de tourisme non classés ne relèvent plus du statut d’auto-entrepreneur depuis 2026 : seul le régime micro-fiscal leur reste ouvert, avec un plafond de 15.000 €.
Par ailleurs, il ne vous est pas possible de déduire vos charges, ni de récupérer la TVA. De ce fait, de nombreux porteurs de projet hésitent entre devenir auto-entrepreneur ou en portage salarial. Enfin, bien que vous bénéficiiez de la séparation des patrimoines personnel et professionnel depuis le 15 mai 2022, votre responsabilité est engagée à hauteur de tous vos biens professionnels : fonds de commerce, matériel, outillage, moyens de transport, brevets, etc.
La création d'une société offre une structure juridique distincte de celle de l'entrepreneur. Les avantages incluent :
En contrepartie, cela implique également des obligations légales plus importantes et chronophages, telles que la tenue d'une comptabilité plus rigoureuse. La société peut aussi s’avérer plus coûteuse dans la mesure où elle nécessite un capital social, des frais de création, et des frais de gestion.
Au final, que vous choisissiez d’exercer en auto-entrepreneur ou en société unipersonnelle, le statut le plus avantageux dépend de vos objectifs, du niveau de risque encouru et de vos besoins en termes de financement. Si vous hésitez entre créer une SARL ou une micro-entreprise, gardez en tête que la première offre une structure plus protectrice mais plus lourde à gérer, tandis que la seconde séduit par sa simplicité et sa flexibilité. Pour un exemple concret, n’hésitez pas à consulter notre fiche auto-entrepreneur VTC ou société ?
Le fonctionnement d’une auto-entreprise est plus simple et moins formel que celui d'une société. En effet, les obligations comptables de l'auto-entrepreneur sont réduites :
Et en tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes seul décisionnaire et unique responsable de votre entreprise.
À l’inverse, le fonctionnement d’une société implique une comptabilité plus complexe. Il est notamment nécessaire de tenir des livres comptables, d'établir des comptes annuels et d’ouvrir un compte bancaire professionnel au nom de la société. Vous devez également procéder de manière régulière aux diverses déclarations fiscales obligatoires (TVA, impôt sur les sociétés, CVAE au-delà de 500.000 € de chiffre d’affaires, CFE, etc.). Il faut aussi suivre les règles fixées dans les statuts avant toute prise de décision, que la société soit à associé unique ou qu’elle comporte plusieurs actionnaires.
Exemple concret de la différence entre l'EURL et auto-entrepreneur : en tant qu’auto-entrepreneur, vous déclarez simplement votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, alors qu’en EURL, vous devez tenir une comptabilité complète.
Le régime fiscal de l'auto-entreprise repose, au choix, sur un système de prélèvement libératoire simplifié, ou sur le régime micro-fiscal classique de l'impôt sur le revenu.
Dans le premier cas, l’impôt sur le revenu est payé en même temps que les cotisations sociales, sur la base du chiffre d'affaires réalisé. Le versement libératoire (article 151-0 du Code général des impôts) est égal à :
Aucun impôt n’est donc dû en l’absence de chiffre d’affaires.
À noter : vous devez également reporter le montant de votre chiffre d’affaires annuel sur une déclaration complémentaire de revenu (n° 2042-C Pro) dans le cadre « Micro-entrepreneur ayant opté pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu ».
L’option pour le versement libératoire n’est possible que si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année, celui de 2024 pour une application en 2026, est inférieur à :
En 2027, ces plafonds passent à 29.579 €, 59.158 €, 73.947,50 € et 88.737 € (revenu fiscal de référence de 2025).
Bon à savoir : en 2026, l’auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA tant que son chiffre d’affaires hors taxes de l’année précédente ne dépasse pas 37.500 € pour les prestations de services et activités libérales, ou 85.000 € pour les ventes de marchandises, et que celui de l’année en cours ne dépasse pas 41.250 € ou 93.500 €. Au-delà de ces seuils majorés, la TVA est due dès le jour du dépassement.
Dans le second cas, votre bénéfice imposable est calculé une fois par an, sur la base du chiffre d’affaires que vous déclarez dans la déclaration complémentaire de revenu (n° 2042-C Pro). Vous êtes alors soumis à l'impôt sur le revenu au barème progressif, après application d’un abattement forfaitaire pour frais professionnels de :
Les sociétés, quant à elles, ont un choix plus vaste en matière de régimes fiscaux. Selon la forme juridique choisie, il est possible d’opter pour l’impôt sur le revenu ou l'impôt sur les sociétés, qui peut être plus avantageux. Dans tous les cas, seuls les bénéfices obtenus après déduction des frais réels sont soumis à imposition. Ce statut est donc intéressant pour l’entrepreneur supportant de nombreuses charges et réalisant un faible bénéfice. Par ailleurs, avec une société, vous pouvez choisir entre la distribution des bénéfices aux associés ou leur réinvestissement dans l'entreprise.
À noter : les dividendes versés par les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés font l’objet d’un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).
En tant qu'auto-entrepreneur, vous relevez, en qualité de travailleur non salarié (TNS), de la protection sociale des indépendants, gérée depuis le 1er janvier 2020 par le régime général de la sécurité sociale. Vous bénéficiez en plus du régime micro-social, tant que le plafond de chiffre d’affaires applicable à votre activité n’est pas dépassé pendant deux années civiles consécutives. Ce régime est basé sur un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé. Les cotisations sociales sont ainsi calculées de manière forfaitaire et dépendent de la nature de votre activité (article L613-7 du Code de la sécurité sociale) :
Bon à savoir : vous ne perdez le régime micro-fiscal et le régime micro-social que si vous dépassez les plafonds mentionnés plus haut pendant deux années civiles consécutives ; la sortie intervient au 1er janvier de l’année suivante.
Dans une société, le régime social applicable au dirigeant dépend de la forme juridique et de la part du capital qu’il détient. Dans une SAS ou SASU, le dirigeant est dit « assimilé salarié ». Il cotise sur sa rémunération comme un salarié, mais ne cotise pas à l’assurance chômage, à laquelle il n’a pas droit au titre de son mandat. Il en est de même pour le gérant non associé, minoritaire ou égalitaire d’une SARL lorsqu’il est rémunéré. À l’inverse, le gérant majoritaire ou associé unique d’une SARL est soumis au régime des travailleurs indépendants, comme l’auto-entrepreneur. Il ne bénéficie pas, lui, du régime micro-social et est soumis à des cotisations minimales obligatoires.
Auto-entrepreneur ou société par actions simplifiée unipersonnelle ? Pour en savoir plus sur les différences entre ces deux formes, consultez notre fiche SASU ou auto entrepreneur ?
Bon à savoir : l’auto-entreprise est une entreprise individuelle, exploitée en nom propre ; elle se distingue d’une société unipersonnelle par l’absence de personne morale, de statuts et de capital social. Le régime micro-social est réservé aux entrepreneurs individuels.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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