Société civile et société commerciale : différences principales
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Est-ce préférable de créer une entreprise individuelle ou une micro-entreprise (autrefois appelée auto-entreprise) ? En réalité, il ne s'agit pas de deux statuts concurrents : l'auto-entreprise est une simple option offerte à l'entrepreneur individuel.
Pour autant, il existe des différences importantes entre l'entreprise individuelle simple et l'entreprise individuelle qui opte pour le statut de micro-entrepreneur, notamment en matière d'obligations déclaratives et fiscales. Choisir la forme adaptée à son projet n'est pas évident. Pour vous aider à y voir clair, on revient sur les principales différences entre l'auto-entreprise et l'entreprise individuelle.
Mini-Sommaire
Contrairement à ce que l’on peut penser, auto-entrepreneur ou entreprise individuelle ne sont pas deux statuts juridiques opposés.
En effet, l’entreprise individuelle (EI) est le statut par défaut pour se lancer à son compte, en son nom, c’est-à-dire sans créer de société. Parmi les possibilités offertes à l’entrepreneur individuel, il y a l’option pour la micro-entreprise aussi connue sous le nom d’auto-entreprise (AE).
La micro-entreprise n'est donc qu'une forme particulière d'entreprise individuelle. Ainsi, avant de choisir entre entreprise individuelle et auto-entreprise, mieux vaut connaître les points communs et les différences entre les deux.

Que l’on parle de micro-entrepreneur ou d’entreprise individuelle, certaines caractéristiques sont identiques comme :
L’entreprise individuelle et l’auto-entrepreneur, contrairement aux sociétés, ne sont pas dotés de la personnalité morale. Qu’il s’agisse d’une EI ou d’une micro-entreprise, elles n’ont pas d’existence juridique distincte de celle de l’entrepreneur individuel. C’est pourquoi, on dit que l’entrepreneur exerce son activité en nom propre (on parle parfois de société en nom propre).
Que vous souhaitiez créer une entreprise individuelle ou une micro-entreprise, les démarches à accomplir sont identiques. Il convient de faire une déclaration en ligne. Un formulaire interactif est à compléter. C’est à ce moment-là que vous avez la possibilité d’opter pour la micro-entreprise. Vous devez également joindre quelques pièces justificatives comme votre pièce d’identité.
Vous pouvez le faire seul directement sur le site du guichet unique ou bien confier vos démarches de création à un professionnel tel que Legalstart pour vous concentrer sur votre projet d'entreprise et pour être sûr de ne pas faire d'erreur.
Dans tous les cas, quelques jours plus tard, vous recevez un extrait K mentionnant le numéro d’identification (numéro Siren) de votre entreprise individuelle avec option ou non pour la micro-entreprise.
L'entrepreneur individuel, comme l'auto-entrepreneur, relève du régime social des travailleurs non salariés (TNS). Il bénéficie donc d'une couverture sociale qui prend en charge les dépenses de soins comme pour un salarié, et les prestations familiales sont identiques.
En revanche, le versement d'indemnités journalières dépend du niveau de revenu, il n'existe pas d'assurance accident du travail, et les TNS ne cotisent pas à l'assurance chômage.
Depuis le 15 mai 2022, date d'entrée en vigueur du statut unique de l'entrepreneur individuel créé par la loi n° 2022-172 du 14 février 2022, le patrimoine professionnel qui sert à l'activité est automatiquement séparé du patrimoine personnel (article L. 526-22 du Code de commerce).
Cette protection joue sans démarche : il n'est plus nécessaire de faire une déclaration d'insaisissabilité pour éviter que les créanciers professionnels ne saisissent les biens personnels de l'entrepreneur.
Pour les entrepreneurs déjà en activité avant cette date, la séparation ne vaut que pour les créances nées à compter du 15 mai 2022.
Même s'ils ont plusieurs points communs, le régime auto-entrepreneur et l'entreprise individuelle présentent aussi des différences. Si vous hésitez entre EI et AE, mieux vaut connaître les différences en matière de :
Les obligations comptables de l’auto-entrepreneur sont simplifiées. Il doit simplement tenir un livre journal détaillant les recettes et les factures, réaliser un suivi des achats et conserver des justificatifs pour les activités d’achat-revente.
L'entrepreneur individuel au régime réel, lui, tient une véritable comptabilité d'entreprise, car il a besoin de connaître ses frais et charges exacts : grand livre, livre journal, inventaire et comptes annuels déclarés à l'administration fiscale (bilan, compte de résultat, annexe).
Cette comptabilité complète a un avantage : un bilan et un compte de résultat détaillés donnent une image précise de la santé financière de l'entreprise. Ces documents, souvent demandés par des partenaires, des fournisseurs ou des banques, rassurent et facilitent l'obtention de financements ou la négociation de délais de paiement, un atout dont ne dispose pas la micro-entreprise, qui ne produit pas de bilan.
Entreprise individuelle et micro-entreprise sont toutes deux soumises au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR). Néanmoins, les modalités d'application diffèrent.
Bon à savoir : depuis le 15 mai 2022, l'entrepreneur individuel a la possibilité d'opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), s'il n'a pas déjà opté pour la micro-entreprise.
Dans le cadre de sa déclaration de revenus, l'auto-entrepreneur déclare le chiffre d'affaires encaissé sur l'année. Il ne déduit aucune charge, mais un abattement forfaitaire s'applique automatiquement. Le régime micro-fiscal permet aussi de choisir le prélèvement forfaitaire libératoire, qui règle l'impôt et les cotisations en un seul prélèvement sur le chiffre d'affaires. Cette option n'est pas toujours intéressante selon la situation du foyer fiscal.
De son côté, l'entrepreneur individuel au réel déclare uniquement ses bénéfices : il tient compte de ses charges réelles. C'est intéressant fiscalement lorsque l'activité implique de nombreuses dépenses, par exemple pour l'achat de matières premières. C'est ce qui explique l'obligation de tenir une comptabilité complète.
L'auto-entrepreneur, comme l'entrepreneur individuel, peut bénéficier de la franchise en base de TVA (article 293 B du Code général des impôts) : il ne facture pas de TVA à ses clients, ce qui le rend plus compétitif, et n'a pas de déclaration de TVA à faire, mais il ne récupère pas la TVA payée sur ses achats.
Dès que l'entrepreneur, quel que soit son régime, dépasse le seuil de chiffre d'affaires hors taxe de 37.500 € pour les prestations de services ou de 85.000 € pour le commerce et l'hébergement, il devient redevable de la TVA. Il doit alors la collecter et la déclarer, et peut en contrepartie déduire la TVA payée sur ses achats.
Comme nous l’avons vu, entrepreneur individuel et auto-entrepreneur sont soumis au régime des TNS. Mais si le calcul des cotisations de l’entrepreneur individuel se fait sur le résultat de l’entreprise au moment de la clôture des comptes, pour l’auto-entrepreneur, ce calcul est basé sur son chiffre d’affaires.
Ainsi, en entreprise individuelle, le taux de cotisation est d’environ 44 % du revenu imposable. Un montant minimum de cotisation est appliqué.
Au contraire, en auto-entreprise, le taux applicable varie en fonction de la nature de l’activité exercée :
Côté retraite, en EI, 3 trimestres sont validés par année civile d'activité quel que soit le revenu, tandis qu'en micro-entreprise il faut atteindre un chiffre d'affaires minimum annuel pour valider ses trimestres.
L'une des grandes différences entre auto-entrepreneur et entreprise individuelle tient à l'existence, ou non, d'un plafond de chiffre d'affaires. Pour bénéficier du régime de l'auto-entreprise, il faut respecter des seuils annuels à ne pas dépasser :
Un dépassement sur une seule année ne fait pas perdre le régime : la sortie n'intervient que si le seuil est dépassé pendant deux années civiles consécutives. Le passage au régime réel prend alors effet au 1ᵉʳ janvier de l'année suivante (articles 50-0 et 102 ter du Code général des impôts).
Le régime de l'auto-entreprise reste donc adapté aux activités de faible envergure, par exemple pour tester un projet ou exercer une activité complémentaire.
Bon à savoir : depuis 2016, il n'existe plus de différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur, ce sont deux statuts qui ont fusionné.
Enfin, pour choisir entre le statut d’auto-entrepreneur ou une entreprise individuelle, il est nécessaire de noter que si toutes les activités peuvent être exercées dans le cadre d’une EI classique, tel n’est pas le cas pour un auto-entrepreneur.
Il n’est pas possible d’exercer certaines activités en tant qu’auto-entrepreneur comme :
Passer de la micro-entreprise au régime réel ne change pas la forme de l'entreprise : il s'agit d'un changement de régime, dans deux cas : le dépassement des plafonds de chiffre d'affaires, ou le renoncement à l'option pour la micro-entreprise.
En cas de dépassement, le changement n'a rien d'immédiat : il ne prend effet qu'après deux années civiles consécutives au-dessus des seuils, au 1ᵉʳ janvier suivant. Lorsque le passage au réel relève d'un choix, l'entrepreneur transmet sa demande au service des impôts des entreprises dont il dépend avant le 1ᵉʳ février de l'année concernée. Dans tous les cas, il conserve le même numéro Siren et la même protection patrimoniale.
Astuce : ne perdez plus de temps dans les démarches administratives. Avec Legalstart, créez votre entreprise 100 % en ligne, en toute conformité, et recevez vos documents en quelques jours.
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Caractéristiques |
Entreprise individuelle |
Auto-entrepreneur |
|
Personnalité morale |
Non |
Non |
|
Responsabilité |
Limitée, séparation des patrimoines personnels et professionnels |
Limitée, séparation des patrimoines personnels et professionnels |
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Modalité de création |
Inscription sur le Guichet Unique |
Inscription sur le Guichet Unique |
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Régime social |
Travailleur non salarié (TNS) :
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Travailleur non salarié (TNS) :
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|
Obligations comptables |
Comptabilité complète |
Livre de recettes et de dépenses |
|
Régime fiscal |
Impôt sur le revenu avec option possible pour l’IS : déclaration du résultat. |
Impôt sur le revenu : déclaration du chiffre d’affaires encaissé. Un abattement forfaitaire est appliqué. |
|
Plafonds de chiffre d’affaires |
Non |
Oui |
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
Fiche mise à jour le
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