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Fiches pratiques Créer une entreprise Freelance Les charges en freelance : tout savoir en 3 minutes

Les charges en freelance : tout savoir en 3 minutes

Léna Cazenave - Image

Léna Cazenave

Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille. 
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
(String: https://fs.hubspotusercontent00.net/hubfs/2323153/factsheet/assets/charges_freelance.jpg)

 L'essentiel :

  • En micro-entreprise, les cotisations 2026 se calculent sur le chiffre d'affaires : 12,3 % (vente), 21,2 % (services BIC), 25,6 % (BNC), 23,2 % (CIPAV).
  • L'ACRE allège ces cotisations de 50 % pour une création avant le 1er juillet 2026, et de 25 % à compter de cette date.
  • En EURL, le gérant associé relève des indépendants (~45 % du revenu) ; en SASU, le président assimilé salarié supporte des charges plus élevées.
  • S'y ajoutent l'impôt (IR ou IS), la CFE et la contribution à la formation professionnelle.

Comme toute activité professionnelle entrepreneuriale, être freelance nécessite d’une part de générer du chiffre d’affaires, et d’autre part de maîtriser ses charges. Or, les charges en freelance peuvent être sous-estimées, notamment quand l’activité est exercée sous le couvert d’une micro-entreprise.

Avant de commencer les démarches pour devenir freelance, faisons le point sur toutes les charges à payer.

Mini-Sommaire

Comment calculer les charges sociales en freelance ?

Le calcul des charges sociales en freelance dépend principalement du statut freelance choisi pour exercer son activité en tant qu’indépendant.

Les charges sociales freelance en micro entreprise

Le statut le plus courant chez les freelances est celui de la micro entreprise. Dans ce cas, le montant des charges sociales correspond à un pourcentage du chiffre d’affaires (article L. 613-7 du Code de la sécurité sociale):

  • 12,3 % pour les activités d’achat/revente de marchandises ;
  • 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
  • 25,6 % pour les autres prestations de services et les professions libérales non réglementées (BNC) ;
  • 23,2 % pour les professions libérales réglementées relevant de la CIPAV.

Les charges sociales peuvent être réduites durant la première année d’activité pour les auto entrepreneurs qui bénéficient de l'ACRE. Cette exonération est de 50 % des cotisations pour une micro-entreprise créée avant le 1er juillet 2026, et de 25 % pour une création à compter de cette date (décret n° 2026-69 du 6 février 2026). Le micro-entrepreneur règle ses cotisations mensuellement ou trimestriellement.

Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus accordée automatiquement : la demande doit être déposée auprès de l'URSSAF dans les 60 jours suivant le début d'activité, sous peine de perdre l'avantage.

    À noter : la réforme entamée en 2024, qui aligne progressivement la retraite complémentaire des libéraux sur celle des autres indépendants, s'achève en 2026.

  • Pour les micro-entreprises en libéral (BNC) relevant du régime général (ex-SSI), le taux de cotisation est de 25,6 % en 2026. Avec l'ACRE à 25 % applicable aux créations à compter du 1er juillet 2026, le taux réduit ressort à 19,2 %.

  • Pour les micro-entreprises en libéral (BNC) relevant de la CIPAV, le taux est de 23,2 %. Avec l'ACRE à 25 %, le taux réduit ressort à 17,4 %.

Les charges sociales freelance en EURL

Faut-il choisir, en tant que freelance, la SASU ou l'EURL ? Dans le cadre d’une EURL, l’entrepreneur est soumis au régime des travailleurs non salariés (TNS) et dépend donc de la sécurité sociale des indépendants (SSI). L’entrepreneur est soumis à des cotisations sociales minimales. En tant que gérant associé d’une EURL,  le taux moyen de cotisations sociales est de l'ordre de 45 % des revenus qu'il se verse.

 Attention : le gérant non associé d'une EURL ne relève pas du même régime. Assimilé salarié, il dépend, comme le président de SASU, du régime général. S'il se rémunère au titre de son mandat, ses cotisations représentent de l'ordre de 70 à 82 % de sa rémunération nette, en contrepartie d'une très bonne couverture sociale.

 Bon à savoir : les entrepreneurs TNS sont redevables de cotisations minimales et sont appelés directement par la sécurité sociale des indépendants.

Les charges sociales freelance en SASU

Si vous souhaitez créer une SASU, le dirigeant est un assimilé-salarié. Il ne s'acquitte de charges sociales qu'en cas de rémunération au titre de son mandat social. Ces charges représentent de l'ordre de 70 à 82 % de la rémunération qu'il se verse.

 Bon à savoir : en cas d'éligibilité à l'ACRE, le dirigeant bénéficie d'une exonération partielle. Pour en profiter pleinement, des seuils de rémunération doivent être respectés.

Vous souhaitez calculer vos futures charges sociales en EURL ou en SASU, n’hésitez pas à utiliser notre simulateur de charges sociales.

Quelles sont les autres charges à payer par un freelance ?

En tant qu’indépendant, les charges à payer par le freelance ne se limitent pas aux cotisations sociales.

L’impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés

L'entrepreneur doit aussi anticiper ses impôts. Selon le choix entre l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, la note est plus ou moins lourde. En cas d'option pour l'impôt sur les sociétés, la SASU et l'EURL s'acquittent chaque année de cet impôt calculé sur les bénéfices de l'exercice. Les taux d'IS en 2026 sont (article 219 du Code général des impôts) :

  • 15 % sur les 42.500 premiers euros de bénéfice ;
  • 25 % au-delà de 42.500 € de bénéfice.

Le freelance tient aussi compte de l'impôt sur le revenu pour calculer son revenu net d'indépendant. Les charges liées à l'impôt sur le revenu dépendent du barème progressif et du quotient familial de l'entrepreneur.

Par ailleurs, il existe deux régimes d’imposition possibles pour les freelances micro-entrepreneurs :

  • le versement forfaitaire libératoire (article 151-0 du Code général des impôts) où le montant de l’impôt sur le revenu est prélevé en même temps que les cotisations sociales, à chaque déclaration de chiffre d’affaires (mensuelle ou trimestrielle). Il est disponible sous certaines conditions ;
  • l’impôt sur le revenu classique qui est calculé sur le chiffre d’affaires déclaré en complément de la déclaration de revenu annuelle. Un abattement de 34 à 71% est appliqué sur le chiffre d’affaires de l’entrepreneur, ce qui a pour conséquence de diminuer la base imposable et donc de réduire l’impôt à payer.

La cotisation foncière des entreprises

Le freelance est redevable de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Il en est exonéré la première année civile d'activité, puis y est soumis sur une base minimale fixée par la commune (article 1647 D du Code général des impôts), même sans local dédié.

La contribution à la formation professionnelle

Les freelances micro-entrepreneurs doivent également tenir compte de la contribution à la formation professionnelle (CFP). Un taux est appliqué au chiffre d’affaires :

  • 0,3 % pour les artisans ;
  • 0,1 % pour les commerçants ;
  • 0,2 % pour les prestations de services et les professions libérales.

 Bon à savoir : la CFP est incluse dans le prélèvement URSSAF lors de la déclaration mensuelle ou trimestrielle.

Les frais professionnels

En plus des cotisations et des impôts, les freelances doivent également tenir compte de leurs frais professionnels lorsqu’ils procèdent au calcul de charges en freelance et cherchent à déterminer le salaire moyen freelance qu’ils peuvent percevoir.

En effet, en micro entreprise, les frais professionnels ne sont pas déductibles et viennent donc directement impacter le montant que peut se verser le freelance en tant que revenu. Cela comprend les dépenses pour le matériel, les locaux comme un espace de coworking par exemple, les divers abonnements et logiciels nécessaires à son activité, les fournitures de bureau, etc.

Quel est l'impact de la TVA sur les charges d’un freelance ?

La TVA peut être considérée comme une charge à part entière pour les freelances qui ne sont pas soumis au régime réel de la TVA, et qui par conséquent ne peuvent pas la récupérer sur leurs achats.

D’autre part, les freelances soumis au régime de la TVA doivent déduire la TVA récoltée lorsqu’ils calculent leur revenu net.

Les charges en tant que freelance sont principalement constituées des cotisations sociales et impôts dus par les professionnels. Les freelances qui ont peu de frais professionnels et dont le chiffre d’affaires ne dépassent pas les seuils autorisés, trouvent de nombreux avantages dans le régime de la micro-entreprise. Toutefois, si leur activité nécessite des frais de fonctionnement ou des investissements importants, il sera certainement plus intéressant d’exercer leur activité sous forme de société.

 Bon à savoir : selon votre métier, prévoyez des dépenses annexes. Community manager freelance ? Pensez aux logiciels spécialisés. Journaliste en freelance ? Comptez des abonnements pour suivre l'actualité de votre secteur.

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