Ouvrir un salon de coiffure : le guide 

Vous envisagez d’ouvrir un salon de coiffure en tant que travailleur indépendant et vous vous posez un certain nombre de questions pratiques ?

Cette fiche a été conçue pour vous aguiller dans le processus de lancement de votre projet, vous aider dans le choix de la structure juridique et répondre aux questions présentes et à venir.

Suivez le guide !

Mini-sommaire :

1- Je suis coiffeur : mon activité sera-t-elle artisanale ou commerçante ?

2- Puis-je ouvrir un salon de coiffure sans diplôme ?

3- Faut-il créer une société ?

4- Le stage de préparation à l’installation est-il obligatoire ?

5- Quelles obligations pour les coiffeurs ?

       Coiffeuse à domicile

Je suis coiffeur : mon activité sera-t-elle artisanale ou commerçante ?

En principe, un coiffeur, qu'il ait un salon ou qu’il exerce à domicile, est un artisan.

Toutefois, il peut cumuler une activité artisanale et commerciale lorsqu’il achète et revend des produits de soin capillaire (shampoing, masques, crèmes nourrissantes etc.) parallèlement à son activité de coiffure, situation fréquente parmi les coiffeurs. 

Notez que si votre entreprise dépasse le seuil des 10 salariés, le salon de coiffure est automatiquement considéré exercer une activité commerciale. 

Puis-je ouvrir un salon de coiffure sans diplôme ?

N’est pas coiffeur qui veut ! Un véritable savoir-faire est en effet exigé. Ainsi, pour ouvrir un salon de coiffure, l’entrepreneur doit être titulaire au choix :

  • D’un brevet professionnel de coiffure 
  • D’un brevet de maîtrise de coiffure 
  • D’un diplôme inscrit au répertoire national de certification professionnelle dans un domaine directement lié à celui de la coiffure.

Toutefois, il est possible d’ouvrir un salon de coiffure sans diplôme. Il faut pour cela que l’un de vos salariés ou que votre conjoint soit titulaire des diplômes requis pour l’exercice de l’activité de coiffeur, et cités ci-dessus.

Dans ce dernier cas de figure, votre conjoint doit en outre avoir le statut de conjoint-collaborateur ou de conjoint-salarié.

L’absence de diplôme ne vous empêchera par ailleurs pas d’ouvrir un salon de coiffure pour hommes, dès lors que l’activité de coiffure est exercée en complément d’une activité principale. Par exemple, si vous êtes libraire, vous pouvez proposer des services de coiffure sans avoir à justifier des diplômes requis. Cela n’est en revanche possible que si vous travaillez dans une commune de moins de 2.000 habitants et que vous ne coiffez que des hommes.


Faut-il créer une société ?

Ouvrir un salon de coiffure en optant pour le statut d’auto-entrepreneur est souvent déconseillé, principalement en raison des seuils de chiffre d’affaires à ne pas dépasser. Ces seuils étant relativement bas, vous déclarer en tant qu’auto-entrepreneur dans le domaine de la coiffure est susceptible de brider le développement de votre activité. 

Il est par conséquent généralement recommandé d’ouvrir un salon de coiffure sous forme de société. Vous pouvez opter pour la SARL ou la SAS ou leurs formes unipersonnelles qui sont l’EURL et la SASU. Vous pouvez alors ouvrir un salon de coiffure quasiment sans apport initial, car il n’existe pas de montant minimum pour le capital social de ces deux formes sociales (1€ suffit). Par ailleurs, ces formes sociales vous protègent des difficultés économiques que votre salon de coiffure pourrait traverser. Vos créanciers professionnels ne pourront pas saisir vos biens personnels pour obtenir le paiement de leurs factures.

Si vous n’avez pas les diplômes requis pour devenir coiffeur mais que votre conjoint les possède, vous pouvez choisir aussi bien la SARL que la SAS. Dans ces deux formes sociales, le statut de conjoint-associé existe. Si vous souhaitez faire évoluer votre salon de coiffure et pourquoi pas lancer une chaîne, il est alors conseillé de choisir la SAS.
Cette forme sociale permet de faire entrer des associés au capital de la société plus facilement. Elle inspire en outre confiance aux investisseurs et s’adapte plus facilement à une évolution de l’activité.

Le stage de préparation à l’installation est-il obligatoire ?

Pour ouvrir un salon de coiffure et exercer votre activité de manière indépendante, vous devez obligatoirement vous inscrire au répertoire des métiers. Cette inscription nécessite que vous ayez effectué un stage de préparation à l'installation (SPI). 

La réalisation du stage

Ce stage vous permet d'acquérir les connaissances essentielles à la création d'une entreprise artisanale et à son fonctionnement juridique, fiscal, social et comptable. Le stage dure entre 4 et 5 jours et coûte entre 200 et 300€ selon la chambre des métiers et de l'artisanat dont vous dépendez. Le SPI est obligatoire que vous choisissiez le statut d'auto-entrepreneur ou que vous préfériez monter une société

Les cas de dispense

Il est possible de se faire dispenser de ce stage sous certaines conditions :

  • Vous avez été inscrite pendant 3 ans au RCS ; ou
  • Vous avez exercé pendant 3 ans une profession de cadre ou une activité agricole ou libérale ; ou
  • Vous possédez le brevet de maîtrise ou un diplôme homologué ; ou
  • Vous avez déjà été inscrite au répertoire des métiers ; ou 

  • Vous avez été conjointe collaboratrice pendant 3 ans.

Quelles obligations pour les coiffeurs ? 

Il existe plusieurs règles contraignantes qui s’appliquent à l’activité de coiffeur.

  • Il s’agit notamment des obligations en matière de publicité des prix et de facturation. Par exemple l’affichage des prix doit être toutes taxes comprises et la facture doit contenir, entre autres, la somme à payer hors taxes et toutes taxes comprises.
  • Comme tous les établissements recevant du public, vous devez également respecter les règles de sécurité relatives aux incendies.
  • S’agissant de la diffusion de musique au sein de votre établissement, une autorisation de la SACEM sera requise.
  • Enfin, si vous envisagez d'ouvrir un salon de coiffure haut-de-gamme en proposant des services multiples comme un spa ou des services de beauté, renseignez-vous au préalable : des règlementations particulières en matière sanitaire sont susceptibles de s’appliquer.

Vous connaissez désormais les rouages pour ouvrir votre salon de coiffure, n’hésitez donc plus à vous lance dans cette belle aventure ! 

Date de mise à jour : 22/06/2016

Rédacteur : Clara Ripault, diplômée de l’université Paris II Panthéon-Assas, élève avocate (HEDAC). Clara est spécialisée dans les problématiques liées à la propriété intellectuelle et la création d’entreprise. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.