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Article mis à jour le 01 août 2018

Devenir auto entrepreneur ou créer une EURL / SASU ?

Malo de Braquilanges
Diplômé de Sciences Po Paris. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

Vous hésitez entre vous déclarer auto-entrepreneur ou créer une société unipersonnelle, EURL ou SASU ? Au moment de mener à bien un projet professionnel individuel, vous êtes en effet nombreux à vous interroger. Eclairage sur les différences entre le statut d'auto-entrepreneur et les formes sociétaires telles que l'EURL et la SASU.

Auto-entrepreneur ou EURL?

Auto-entrepreneur ou EURL/SASU : quelles formalités ?

Pour créer une SASU ou une EURL, les formalités sont bien plus formelles et fastidieuses que celles liées à l’obtention du statut d’auto-entrepreneur dans le cadre de laquelle une simple déclaration d’activité suffit. Cette déclaration doit être réalisée en début d’activité au Centre de Formalités des Entreprises (CFE). Elle est gratuite et est valable auprès de toutes les administrations (INSEE, URSAFF, services fiscaux), ce qui permet à l’auto-entrepreneur de se voir attribuer un numéro SIREN.

Les formalités relatives à la création d'une société sont quasi-identiques quel que soit la forme juridique, SASU, EURL, SAS ou encore SARL. 

A noter : que vous optiez pour le statut auto-entrepreneur, une EURL ou SASU, vous n'aurez pas obligatoirement besoin d'apporter des fonds dans la mesure où il est désormais de possible de créer une société avec un capital social d'un euro (1€). 

Des obligations comptables différentes 

Les obligations comptables de l'auto-entrepreneur ou de l'EURL présentent un certain nombre de différences.

L’EURL et la SASU ont des obligations comptables strictes, comme toute société commerciale. Elles doivent notamment tenir une comptabilité régulière qui enregistre les mouvements qui affectent le patrimoine de l’entreprise, réaliser un inventaire au moins une fois par an qui contrôle la valeur de l’actif et du passif et établir des comptes annuels (bilan et compte de résultat) à la clôture de l’exercice social. De plus, la société doit conserver les documents comptables et les pièces justificatives pendant 10 ans.

L’auto-entrepreneur n’a quant à lui pas l’obligation d’établir un bilan et un compte de résultats. Il doit seulement tenir un livre des recettes et conserver toutes les pièces justificatives. Si son activité est la vente de marchandises, il doit aussi tenir un registre récapitulatif des achats.

Notez néanmoins que les SASU échappent à l’obligation de déposer chaque année un rapport de gestion, même s’il doit pouvoir être fourni à tout moment à quiconque en ferait la demande. Cet aménagement n’est ouvert qu’aux SASU dont l’associé unique est une personne physique. 

Le régime fiscal est-il le critère discriminant pour choisir entre auto-entreprise et EURL/SASU ?

Le régime fiscal applicable ne sera pas le même si l’on choisit le statut auto-entrepreneur ou si l’on décide de créer une société, EURL ou SASU.

Principalement, la distinction se cristallise autour de la possibilité, ou non, de pouvoir déduire les charges du chiffre d’affaires.

En effet, dans le cadre d’une SASU ou dans celui d’une EURL, il est possible de diminuer votre base imposable en déduisant les charges de votre chiffre d’affaires.

Cela n’est en revanche pas possible dans le cadre d’une auto-entreprise : quelle que soit le régime d'imposition de votre auto-entreprise (prélèvement libératoire ou barème progressif de l’impôt sur le revenu), l’auto-entrepreneur ne peut déduire aucune charge de son chiffre d’affaires. Cela tient au fait qu’en tout état de cause, l’auto-entrepreneur doit déclarer son chiffre d’affaires et non son bénéfice.

S’agissant de la TVA, l’auto-entrepreneur n’est en principe pas tenu de collecter et donc de déclarer la TVA, ce qui se répercute dans le prix affiché de ses prestations. En contrepartie, il est impossible pour lui de déduire les montants de TVA payés lors des achats et investissements nécessaires à la poursuite de l’activité. En effet, l’auto-entrepreneur est de plein droit soumis à la franchise de TVA (il peut toutefois opter pour le régime réel, sous conditions). Selon votre situation (nombreux investissements, achats...), cette particularité peut donc être un avantage ou un inconvénient du statut auto-entrepreneur

Au contraire, dans le cadre d’une société, il est possible de récupérer la TVA que la société a payé sur ses achats et ses investissements, dès lors qu’elle est soumise au régime réel de TVA. Par exemple, si la TVA payée sur les achats aux fournisseurs est supérieure à la TVA collectée sur les ventes, l’EURL bénéficie alors d’un crédit de TVA. 

La problématique des seuils de l’auto-entrepreneur

L’inconvénient majeur du statut auto-entrepreneur est qu’il est doit respecter des seuils en matière de chiffre d’affaires. Ce statut ne peut pas s’appliquer si le chiffre d’affaires annuel dépasse 170 000€ pour les activités de commerce et de fourniture de logement, et s’il dépasse 70 000€ pour les prestations de service et les activités libérales.

Si vous choisissez le statut auto-entrepreneur, faites très attention car quand vous dépassez ces seuils de chiffre d'affaire auto-entrepreneur, vous passez dans le régime de droit commun de l’entreprise individuelle. Dès lors, vous êtes imposé au bénéfice réel, et ce dès le 1er janvier de l’année de dépassement. Vous devez alors produire un bilan comptable annuel et également déclarer la TVA. 


Si vous créez une EURL ou une SASU, pas de surprise : aucun seuil de chiffre d’affaires ne viendra modifier la fiscalité de votre société.

Le régime social de l’auto-entrepreneur et du dirigeant d’EURL 

La déclaration d’activité auto-entrepreneur entraîne automatiquement l’option pour le régime micro social simplifié (affilié SSI anciennement RSI). Ce régime permet de régler simplement les cotisations sociales, soit par mois, soit par trimestre. Le montant des cotisations est calculé en fonction du chiffre d’affaires, par l’application d’un taux forfaitaire. Si le chiffre d’affaire est nul, il n’y aucun prélèvement.

Toutefois, si l’auto-entrepreneur a opté pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu dans sa déclaration, il règle en un seul prélèvement l’impôt et les charges sociales.

Dans le cadre d’une société, le règlement des charges sociales est différent : 

  • EURL : en tant que gérant associé majoritaire, vous cotiserez également à la Sécurité Sociale des Indépendants (anciennement RSI). Les charges sociales seront calculées sur les revenus professionnels que le gérant déclare tous les ans dans la déclaration sociale des indépendants (DSI).

  • SASU : le président associé unique de la société est affilié au régime général de la sécurité sociale lorsqu’il est rémunéré (à défaut, il ne bénéficie d’aucune couverture sociale). Les charges sociales en SASU sont par ailleurs légèrement plus importantes que celles payées par le gérant de l'EURL. 

En conclusion, le statut d’auto-entrepreneur présente certains avantages si vous êtes seul et que vous n’avez pas d’importants investissements à faire au lancement de votre activité, ou alors si vous cumulez plusieurs activités. Alternativement, grâce à la SASU et à l’EURL, vous conservez votre autonomie tout en vous dotant d’un outil juridique plus élaboré afin de poursuivre votre développement. Créer une société vous permet également de limiter votre responsabilité : vos biens personnels sont alors protégés, là où l’auto-entrepreneur demeure indéfiniment responsable de ses dettes professionnelles sur son patrimoine personnel.

Il est aussi possible de changer une auto-entreprise en EURL. Plus précisément, la radiation de l'auto-entreprise est très simple, et fait de l'auto-entreprise un excellent moyen de tester un projet ou un modèle. Vous pourrez ensuite changer votre auto-entreprise en EURL en créant votre société, pour monter en puissance et développer votre projet plus facilement. 

Pour vous aider à comparer les différentes formes sociales, nous avons développé un outil d’aide à la décision pour le choix de la bonne structure juridique. Vous avez également la possibilité de vous rendre sur notre fiche d'expert du choix de la forme sociale.

Mise à jour: 01/08/2018

Rédigé par des professionnels du droit spécialisés dans la création d'entreprises, sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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