Contrat d’extra : quelles sont les règles à connaître ?
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Si vous envisagez de faire de la location saisonnière, vous devez être au fait de la réglementation en vigueur. En effet, en matière de location saisonnière, la législation est riche et très précise sur les conditions et les démarches à effectuer par le propriétaire.
Avant d’ouvrir un gîte ou de réaliser une autre activité de location saisonnière, nous vous proposons un tour d’horizon de la réglementation de la location saisonnière.
Mini-Sommaire
Selon le Code du tourisme, une location saisonnière se définit comme : “les villas, appartements, studios meublés offerts en location à une clientèle de passage qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, semaine ou au mois et qui n’y élit pas domicile”.
Mettre un appartement en location saisonnière signifie donc proposer un appartement à la location pour une courte durée. Le locataire n'y élit pas domicile dans ce logement. D’ailleurs, le propriétaire ne peut pas louer son bien meublé en location saisonnière plus de 90 jours consécutifs par an à la même personne.
En ce qui concerne la location saisonnière, la réglementation autorise que le contrat soit conclu entre deux particuliers. Le propriétaire peut aussi confier la gestion du bien à une agence immobilière qui le représente ou mettre une annonce sur une plateforme numérique telle que Airbnb.
Bon à savoir : pour pouvoir prétendre à la qualification de location saisonnière, le bien meublé doit avoir une surface minimale de 9 m² correspondant au moins à 20 mètres cube. Il existe par ailleurs en location meublée une liste d’équipements obligatoires comme la literie, la vaisselle, un réfrigérateur, etc.
Plusieurs avantages de la location meublée concernent le propriétaire :
Pour profiter des avantages de la location saisonnière, il est nécessaire de connaître la réglementation de la location saisonnière meublée et ses conséquences.
La réglementation des meublés de tourisme repose sur plusieurs textes. La loi du 6 juillet 1989 pose le cadre général du bail d'habitation. La loi Alur de 2014 a renforcé les obligations déclaratives et introduit le mécanisme de changement d'usage dans les zones tendues. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a profondément réformé le cadre applicable aux meublés de tourisme : déclaration soumise à enregistrement via un téléservice national, possibilité pour les communes d'abaisser le plafond de location de la résidence principale, diagnostic de performance énergétique obligatoire et sanctions relevées.
Tout d’abord, avant de mettre en location saisonnière un bien meublé faisant partie d’une copropriété, le propriétaire doit s’assurer que cela ne va pas à l’encontre du règlement de copropriété. Si ce dernier interdit la mise en location saisonnière, le propriétaire doit s’y conformer ou porter le litige devant le tribunal.
Bon à savoir : si un locataire souhaite mettre en location saisonnière son logement, il doit obtenir l'accord écrit de son bailleur pour pouvoir faire de la sous-location. Il ne peut pas non plus pratiquer un prix supérieur à son propre loyer.
Les règles applicables diffèrent selon que le logement meublé proposé à la location saisonnière est une résidence principale ou une résidence secondaire.
Est considérée comme une résidence principale le lieu où vous vivez effectivement et habituellement. Concrètement, il s’agit du lieu où vous résidez au moins 8 mois par an.
Vous ne pouvez pas louer votre résidence principale en meublé de tourisme plus de 120 jours par an (article L. 324-1-1 du Code du tourisme). La loi Le Meur du 19 novembre 2024 permet en outre aux communes d'abaisser ce plafond, par délibération motivée, jusqu'à 90 jours par an. Paris applique déjà ce seuil de 90 jours.
La loi Le Meur instaure une déclaration de tout meublé de tourisme soumise à enregistrement auprès d'un téléservice national. Cette obligation est en vigueur depuis le 20 mai 2026. Le téléservice délivre un numéro de déclaration à 13 caractères, qui doit figurer dans chaque annonce de location. Le portail national se déploie progressivement au cours du second semestre 2026 : tant qu'il n'est pas opérationnel dans votre commune, la déclaration préalable en mairie (Cerfa n° 14004) reste le canal applicable.
C'est pourquoi il est nécessaire de vérifier auprès de votre mairie les obligations déclaratives en vigueur dans votre commune.
Est considérée comme une résidence secondaire tout logement que vous occupez moins de 8 mois par an.
En principe, il n'y a pas de nombre de nuits maximum annuel pour la location saisonnière d'une résidence secondaire.
Par conséquent, si vous vous demandez comment faire du Airbnb toute l’année, sachez que cela n’est possible que pour les résidences secondaires, sauf exception. Un même locataire ne peut toutefois pas occuper le logement plus de 90 jours consécutifs par année civile (article L. 324-1-1 du Code du tourisme). Le bail mobilité, d'une durée de 1 à 10 mois, constitue une alternative à la location meublée de courte durée.
La résidence secondaire est également soumise à l'obligation de déclaration soumise à enregistrement instaurée par la loi Le Meur. Le loueur doit obtenir un numéro de déclaration via le téléservice national (ou, dans l'attente de son déploiement, compléter le Cerfa n° 14004 auprès de sa mairie). Cette obligation s'applique qu'il s'agisse d'une location de tourisme classique ou classée.
Question fréquente : comment déclarer une location meublée de tourisme ? La déclaration s'effectue par enregistrement auprès du téléservice national prévu par la loi Le Meur, qui délivre un numéro de déclaration à 13 caractères. Dans les communes où le téléservice n'est pas encore déployé, vous pouvez compléter le Cerfa n° 14004 en ligne et le télétransmettre directement à votre mairie.
Dans certaines communes, il est par ailleurs nécessaire d'obtenir une autorisation de la mairie pour proposer sa résidence secondaire sur Airbnb par exemple ou à la location saisonnière de manière générale. C’est le cas :
Ainsi, pour la location saisonnière à Paris, la réglementation exige une autorisation préalable de la mairie. Il en va de même à Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, etc.
Les communes peuvent aussi mettre en place le principe de compensation. Cela signifie que pour chaque mètre carré dont la destination a changé (passage d'habitation à local commercial), la mairie impose d'acheter un mètre carré de local commercial à transformer en habitation à louer. Cela peut donc être contraignant pour le propriétaire.
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Bon à savoir : en Airbnb, les conditions de location sont les mêmes que si vous louez en direct votre logement meublé. Vous devez procéder à toutes les démarches préalables avant de proposer votre bien meublé en location sur la plateforme.
La loi Le Meur du 19 novembre 2024 impose que tout meublé de tourisme respecte les niveaux de performance énergétique d'un logement décent. Concrètement, le logement doit disposer d'un DPE classé entre A et E. À compter du 1er janvier 2034, seules les classes A à D seront acceptées. Cette obligation ne s'applique pas lorsque le meublé de tourisme est la résidence principale du loueur.
Dans les communes imposant une autorisation de changement d'usage, le propriétaire doit présenter le DPE lors de la demande d'autorisation. Le non-respect de cette obligation est sanctionné d'une amende administrative pouvant aller jusqu'à 5.000 € par local concerné.
À noter : le numéro d'enregistrement délivré par le téléservice national (ou par la mairie dans l'attente de son déploiement) se compose de 13 caractères : le code officiel géographique de la commune (5 chiffres), un identifiant unique (6 chiffres) et une clé de contrôle (2 caractères). Ce numéro doit figurer dans chaque annonce de location, qu'elle soit publiée sur une plateforme en ligne ou par tout autre canal.
Au-delà des règles exigées pour des considérations fiscales et d’accès au logement, dans le cadre de la location meublée saisonnière, la réglementation impose un certain nombre de principes. Ils concernent principalement :
Même pour la location saisonnière, la réglementation impose la rédaction et la signature d’un contrat écrit entre le propriétaire bailleur et le locataire de courte durée. La conclusion du contrat peut se faire par échange de courriers. Il doit être réalisé en deux exemplaires, un pour chaque partie.
Ce contrat doit obligatoirement mentionner le prix et contenir un état descriptif des lieux (superficie, nombre de pièces, équipements, inventaire du mobilier, etc.).
Bon à savoir : si la location saisonnière comporte une piscine privée, le propriétaire doit souscrire une assurance de propriétaire non-occupant (assurance PNO).
Pour ce qui est du prix à indiquer, il faut également mentionner si un versement d’arrhes, d’acompte ou si un dépôt de garantie est prévu et son montant. Viennent aussi s’ajouter à ces éléments, la taxe de séjour, le cas échéant.
Question fréquente : quel montant de caution pour une location saisonnière ? Le montant de la caution d'une location saisonnière est librement fixé par le propriétaire sans pouvoir excéder 25 % du prix de la location. Il peut encaisser le chèque de caution.. Le contrat de location doit indiquer le délai de remboursement de la caution.
Enfin, le bail de location meublée ne doit pas contenir de clauses abusives. Sont ainsi interdites les clauses :
Bon à savoir : si vous louez votre logement meublé via une agence immobilière ou une plateforme, des frais de commission sont à prévoir. En fonction du contrat, le locataire peut aussi être amené à payer une commission. Dans ce cas, les modalités de calcul et de paiement doivent apparaître dans le contrat de location.
Dans le cadre de la location saisonnière, les obligations du propriétaire ne comprennent pas l’obligation de réaliser un état des lieux d’entrée en location saisonnière. C’est l’une des grandes différences avec le contrat de location meublée classique. En effet, pour la location saisonnière, il existe une présomption de bon état. Si vous avez la possibilité de réaliser un état des lieux d'entrée, c'est néanmoins préférable.
De même que l'état des lieux d'entrée n'est pas obligatoire, l'état des lieux de sortie reste facultatif. Il est néanmoins fréquent de le réaliser afin de prévenir d'éventuels litiges en cas de constatation de dégradations.
Ainsi, la restitution du dépôt de garantie peut se faire sans encombre dès la fin du contrat de location.
La réglementation sur la location saisonnière ne rend pas obligatoire l’assurance du logement meublé.
Le propriétaire peut néanmoins décider de souscrire lui-même une assurance ou imposer au locataire de le faire. Dans ce dernier cas de figure, cette obligation doit être mentionnée dans le contrat de location saisonnière.
Bon à savoir : comment louer un Airbnb ? Que ce soit pour un week-end, des vacances ou pour des raisons professionnelles, vous pouvez louer un Airbnb. Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur la plateforme en ligne, puis de sélectionner le bien que vous souhaitez réserver en fonction des dates choisies. Vous pouvez régler directement votre réservation sur la plateforme.
L’annulation de la location saisonnière peut entraîner des conséquences financières dès lors qu’elles sont prévues au contrat.
Si le locataire a versé un acompte :
Si le locataire a versé des arrhes :
Bon à savoir : en cas de force majeure, l'annulation du contrat de location saisonnière obéit à des règles différentes. Si le locataire annule la réservation, il peut récupérer son avance. Si le propriétaire annule, il peut conserver les sommes perçues.
Les enjeux de la réglementation régissant la location saisonnière sont doubles. D’une part, il y a l’enjeu fiscal avec la déclaration des revenus locatifs, et d’autre part, il y a l’enjeu du logement dans les zones tendues notamment. C’est pourquoi les sanctions en cas de non-respect de la réglementation sont strictes.
Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024 (article L. 324-1-1 du Code du tourisme), les sanctions ont été relevées :
Le défaut d'autorisation de changement d'usage pour une résidence secondaire mise en location saisonnière dans les communes qui l'exigent reste sanctionné d'une amende civile pouvant atteindre 50.000 €.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
Fiche mise à jour le
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