Article mis à jour le 17 août 2018

Comment devenir auto-entrepreneur dans le e-commerce ?

Aurore Fontan
Diplômée de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Aurore est spécialisée dans l’accompagnement juridique des entrepreneurs. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

Vous souhaitez vous lancer dans l’e-commerce et créer une boutique en ligne, mais vous ne savez pas si vous préférez être auto-entrepreneur ou créer votre société. L’enjeu est important car il faut tenir compte de vos prévisions financières et de vos perspectives d’évolution pour anticiper votre chiffre d’affaires.

De la même façon, si vous souhaitez entreprendre seul, l’auto-entreprise est un statut adéquat, mais si vous souhaitez être accompagné par un salarié ou un associé, une société est plus adaptée.

auto entrepreneur e-commerce

La possibilité d’être auto-entrepreneur e-commerce

Avant même de créer votre site e-commerce, vous allez devoir réfléchir au statut juridique qui va porter votre projet.

Le statut d’auto-entrepreneur permet de commencer une activité e-commerce sans contrainte car il a été spécialement conçu pour promouvoir l’entrepreneuriat en FranceC’est l’opportunité de créer votre entreprise très rapidement et sans débourser un seul euro, ou presque.

Ce statut peut être un bon moyen de tester sans grands risques votre activité, avant de passer à une société en cas de dépassement des seuils de chiffre d’affaires auto-entrepreneur. Lorsque vous allez réfléchir à comment ouvrir votre boutique en ligne, c'est un élément qui peut être intéressant à prendre en compte. 

Les avantages du statut d’auto-entrepreneur e-commerce

Nombreux sont les avantages d’exercer une activité d’e-commerce par le biais du statut d’auto-entrepreneur.

Le statut d’auto-entrepreneur est la forme juridique la plus facile à créer en comparaison avec une société : une simple déclaration du statut d'auto-entrepreneur en ligne suffit.

Si vous êtes salarié, sachez que vous pouvez cumuler les statuts d'auto-entrepreneur et de salarié. Ainsi, vous pouvez rester salarié et être auto-entrepreneur dans le e-commerce sur votre temps libre ! Le statut d’auto-entrepreneur offre une grande flexibilité.

Un autre avantage réside dans la spécificité du régime de TVA pour les auto-entrepreneurs : en tant qu'auto-entrepreneur vous bénéficiez d'une franchise de TVA, ce qui signifie que vous n'êtes pas assujetti à la TVA et que vous ne facturez donc pas de TVA à vos clients. Vos produits seront moins chers que ceux de vos concurrents qui appliquent la TVA car vous leur proposerez un prix HT.

Enfin, vous profitez d'un régime fiscal et social très simple administrativement parlant et en principe avantageux pour vous. Les obligations comptables sont également limitées. En résumé, choisir d'être auto-entrepreneur e-commerce, c'est faire le choix de la simplicité. Pour autant, il n'y a évidemment pas que des avantages, sinon la question du choix de la forme juridique ne se poserait jamais.

Les inconvénients du statut d’auto-entrepreneur e-commerce

Le statut d’auto-entrepreneur est limité car vous ne devez pas dépasser les plafonds auto-entrepreneur. Ainsi, votre chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser 170.000 euros si vous vendez des biens en ligne et 70.000 euros si vous offrez des prestations de services en ligne.

Autant dire qu’avec de tels seuils, la perspective d’agrandissement se réduit largement puisque l’embauche d’un seul salarié vous amènerait certainement à dépasser le seuil de chiffre d’affaires annuel. Il faut souhaiter entreprendre seul !

Il faut également que vous ayez conscience que les charges fiscales et sociales sont calculées sur votre chiffre d’affaires et non sur votre bénéfice effectif. Cela signifie en pratique qu'il est possible de payer des charges alors même que vous n'avez pas de bénéfice effectif.

Pour finir, n’oubliez pas qu’une auto-entreprise vous engage personnellement et de manière illimitée. En effet, le statut d’auto-entrepreneur ne fait pas écran et votre patrimoine personnel est confondu avec celui de votre auto-entreprise. Pour faire simple, si vous ne réalisez pas de chiffre d’affaires et que vous devez de l’argent à des fournisseurs, rien ne les empêche de venir se payer sur votre propre compte bancaire.

Dans quel cas privilégier la société e-commerce ?

Si vous prévoyez que le chiffre d’affaires annuel de votre première année d’activité dépassera le seuil de 170.000 euros (pour la vente de biens en ligne) ou 70.000 euros (pour la vente de prestations de services en ligne), oubliez le statut d’auto-entrepreneur !

Si vous êtes auto-entrepreneur et que vous avez récemment dépassé les seuils, pas de panique, une période de tolérance vous est accordée. Pour plus d'informations à ce sujet, rendez-vous sur notre fiche expliquant les conséquences du dépassement des plafonds auto-entrepreneur.

En cas de dépassement des plafonds auto-entrepreneur, vous quitterez donc le régime social et fiscal de l’auto-entreprise pour être soumis à la taxation au réel et à la TVA. Ainsi, si vous êtes spécialisé dans l’achat/vente de biens en ligne, vous passerez au régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Si vous êtes spécialisé dans les prestations de services en ligne, vous serez soumis au régime des bénéfices non commerciaux (BNC).

Plusieurs possibilités s’offrent à vous si vous dépassez les seuils ou si vous avez dès aujourd'hui des perspectives importantes de développement de votre entreprise d’e-commerce : SARL, SAS, EURL, SASU, EIRL, etc.  Si vous hésitez, découvrez notre outil qui vous aidera à choisir la forme juridique qui vous convient. 

Le choix de votre structure juridique va être important pour ouvrir votre e-commerce, mais n'oubliez vos autres obligations, comme celle de rédiger vos conditions générales de vente e-commerce.

Si vous souhaitez avoir plus d'informations juridiques avant de vous lancer, pensez à consulter notre fiche d'expert sur le e-commerce.

Mise à jour : 17/08/2018

Rédacteur : Aurore Fontan, diplômée de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Aurore est spécialisée dans l’accompagnement juridique des entrepreneurs. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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