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Article mis à jour le 25 octobre 2018

Tout savoir sur le métier d’ébéniste

Héloïse FOUGERAY
Diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
Temps de lecture : 3 min

Vous aimez les métiers manuels et vous avez une sensibilité particulière pour le bois? Le métier d’ébéniste est fait pour vous !

Derrière le métier d’ébéniste, se cache une multitude de professions différentes, unies par un point commun : le goût pour le travail du bois. En fonction de vos préférences, vous pouvez vous orienter vers les métiers d’artisan-ébéniste, d’ébéniste-restaurateur, d’ébéniste-menuisier ou encore d’ébéniste-agenceur. Ce métier peut s’exercer dans une entreprise, par exemple en tant qu’ébéniste industriel, ou en indépendant, en créant son entreprise.  

Pour vous aider à mieux appréhender le métier d’ébéniste et ses multiples facettes, on vous explique en quoi consiste le métier d’ébéniste, comment le devenir et comment choisir une forme d'entreprise adaptée à cette profession.

Comment devenir ébéniste

Quelle est la définition du métier d’ébéniste?

Façonner le bois est le coeur du métier d’ébéniste, qui se décline en plusieurs catégories de professions. Faire la différence entre les métiers d'ébéniste et de menuisier n’est pas forcément évident car ces fonctions sont souvent exercées conjointement.

Pour vous guider dans vos choix d’orientation, on fait le point sur les particularités des différentes déclinaisons du métier d’ébéniste :

  • L’ébéniste-menuisier : cette profession se confond avec le métier de menuisier bois. L’ébéniste-menuisier a pour rôle de concevoir et de poser des aménagements en bois extérieurs (fenêtres, vérandas, etc.) ou intérieurs (escaliers, portes, placards, etc.), sur mesure ou en série. Généralement, l’ébéniste menuisier travaille aussi d’autres matériaux que le bois comme, par exemple, le PVC, le lamellé-collé, les panneaux de fibres et l’aluminium.
  • L’ébéniste-artisan : c’est un spécialiste de la création de meubles en bois (chaises, tables, armoires, etc.). Il doit maîtriser à la perfection les techniques de fabrication de mobilier en bois, qu’il peut produire en exemplaire unique ou en édition limitée. Les ébénistes-artisans peuvent vendre leur mobilier au sein de leur propre boutique ou par le biais d’autres commerçants. Les plus créatifs d’entre eux pourront prétendre au titre d’ébéniste d’art.  
  • L’ébéniste d’art : il est spécialisé dans la création de meubles originaux et créatifs, en exemplaire unique ou en édition limitée. Véritable artiste, il crée des meubles de design relevant du champ des arts décoratifs. Le mobilier qu’il produit peut être vendu en galeries d’art ou en maisons de ventes aux enchères.
  • L’ébéniste-restaurateur : lorsqu’un meuble, généralement d’époque, a subi des altérations, liées au passage du temps ou à un choc, l’ébéniste-restaurateur doit rendre au meuble qu’on lui confie son éclat originel. Pour cela, il doit avoir de très bonnes connaissances en histoire de l’art. Être ébéniste-restaurateur permet notamment de travailler pour le compte de musées, de fondations, de galeries d’art ou encore de maisons de ventes aux enchères.
  • L’ébéniste-agenceur :  il est expert dans l’agencement et l’installation de meubles en bois sur mesure. Il fabrique des meubles qui sont destinés à faire partie d’un ensemble (fenêtre, escalier, portes, etc.). Il élabore ses meubles à partir des plans qui lui sont fournis. Il doit donc être particulièrement attentif aux dimensions des meubles qu’il produit car l’imbrication dans l’ensemble doit être parfaite. Il peut notamment participer à l’agencement de bureaux, de magasins, de logements, etc.

Généralement, un pour devenir ébéniste, il est conseillé de cumuler plusieurs fonctions. Par exemple, nombre d’entre eux exercent à la fois les fonctions d’artisan-ébéniste, d’ébéniste-menuisier et d’ébéniste-restaurateur. Sachez que devenir ébéniste d’art est réservé aux plus créatifs alors qu’être ébéniste-agenceur est plus adapté à ceux qui ont une bonne appréhension des volumes et de leur assemblage.

Bon à savoir :  la vente de mobilier auprès des particuliers et l’agencement sont les spécialisations qui sont actuellement les plus porteuses.

Quelle formation ébéniste pour se lancer? Quelles qualités?

Quelles qualités pour devenir ébéniste?

Dessiner un modèle, découper des pièces, raboter, aplanir, assembler poncer, cirer et vernir le bois sera votre lot quotidien en tant qu’ébéniste. Pour cette raison, pour devenir ébéniste, vous devez posséder un esprit créatif, être doué pour les travaux manuels, être patient mais également précis afin d’être capable de produire des meubles esthétiques et de qualité.

Savoir dessiner (esquisses, modèles…) et posséder une bonne perception des volumes sont également des qualités indispensables pour devenir ébéniste. 

Quelles formations ébénistes?

Comment devenir ébéniste ? Pour cela, plusieurs parcours sont possibles. 

Dès la sortie du collège, il est possible s’orienter vers l'ébénisterie en préparant un CAP Ebéniste”, “Arts du bois” ou “Dessinateur industriel d’ameublement”. Cette formation d’ébéniste dure deux ans et peut être complétée par un BMA “Ebéniste” (Brevet des Métiers d'Art).

Ensuite, vous pourrez poursuivre vos études avec un bac pro “Artisanat et Métiers d’art”, option “Ébénisterie”. Pour ceux qui se sont orientés vers un bac général, il est recommandé de passer par une MANAA (Mise à niveau en Arts Appliqués), qui est une classe de préparation (1 an) permettant aux étudiants qui n’ont pas suivi un cursus artistique au lycée d'intégrer plus facilement un BTS d’art ou certaines écoles d'art.

Une fois le bac en poche, il est conseillé de s’orienter vers un DMA “Arts de l’habitation” (Diplôme des Métiers d'Art), option “Décors et mobiliers” (2 ans) ou “Restauration de mobilier” ou encore vers un DN MADE, mention “Objet” (Diplôme National des Métiers d'Art et du Design) qui dure 3 ans.

Si vous souhaitez vous orienter plutôt vers les métiers de créateur ou de restaurateur de mobilier design, une formation complémentaire dans des écoles réputées comme l’Ecole Boulle ou encore l’ENSAD seront un véritable atout.

Ces formations vous permettront d’acquérir des compétences indispensables pour devenir ébéniste, et notamment des connaissances pointues en matière d’essences de bois (acajou, merisier, chêne, noyer...) et de techniques pour travailler ce matériau.   

Reconversion ébéniste : comment faire?

Comment devenir ébéniste dans le cadre d'une reconversion ? Des formations ébénistes destinées aux adultes en reconversion existent. Pour devenir ébéniste, vous pouvez suivre un CAP “Arts du Bois” ou “Ébéniste”, dispensé par un CFA (Centre de Formation d’Apprentis), une école supérieure ou bien certains lycées professionnels.

Quelle forme juridique pour devenir ébéniste indépendant?

Ébéniste et auto-entrepreneur : compatible?

Parmi les ébénistes qui décident de se lancer en indépendant, la plus grande majorité se lance sous le statut d’auto-entrepreneur ! Ce statut vous évite d’avoir à remplir les formalités de création d’entreprise et vous garantit une gestion simplifiée de votre entreprise. Cette forme juridique se révèle donc très utile lors des débuts de votre activité d’ébénisterie.

Sachez que certains seuils de chiffres d’affaires doivent être respectés pour pouvoir bénéficier du régime d’auto-entrepreneur. Or, l’activité d’ébéniste est souvent une activité dite “mixte” (qui mêle vente de marchandises et prestation de services). Il convient donc de distinguer deux hypothèses :

  • Si votre activité consiste uniquement à vendre des meubles en bois (par exemple, dans votre boutique) : vous ne devez pas dépasser 170 000€ de chiffres d’affaires annuel. A défaut, vous passerez automatiquement sous le statut d’entrepreneur individuel.  
  • Si, en plus de la vente de mobilier, vous proposez des prestations annexes (par exemple, vous participez à l'aménagement et à l'installation des meubles, à des chantiers...) : vous relevez des deux seuils. De fait, votre chiffre d’affaires annuel global ne doit pas excéder 170 000€ et votre chiffre d’affaires annuel relatif aux services annexes ne doit pas dépasser 70 000€.

Quels sont les autres statuts juridiques pour devenir ébéniste indépendant?

Les entreprises dans l’ébénisterie sont généralement de petite taille. Toutefois, pour ceux qui souhaitent développer une activité plus importante et recruter des salariés, adopter une forme sociale est plus adapté.

  • Parmi les  formes juridiques existantes, vous pouvez opter pour la SARL, forme juridique la plus choisie par les ébénistes en France. Si vous vous lancez seul, l’EURL (SARL avec un seul associé) sera plus adaptée. Ces deux formes juridiques limitent votre responsabilité à vos apports personnels. Si vous êtes associé majoritaire de SARL (vous détenez plus de la moitié du capital social), vous serez affilié à la Sécurité sociale des Indépendants (ex-RSI). Cela peut vous permettre de payer moins de cotisations sociales que si vous étiez rattaché au régime général.
  • La SAS est également un statut juridique très répandu auprès des ébénistes. Si vous souhaitez être l'unique associé de votre entreprise, vous pouvez également choisir la SASU. Ces deux statuts juridiques offrent les mêmes garanties que la SARL et l'EURL en terme de protection du patrimoine personnel. De plus, ils offrent davantage de souplesse pour définir les modalités de gestion de votre entreprise d’ébénisterie. Ils vous permettent également de bénéficier du régime général de la Sécurité social en tant qu'assimilé-salarié, plus protecteur que le régime social des indépendants.  

Votre rêve est d’exercer un métier vous permettant d’exprimer votre créativité mais vous n’êtes pas particulièrement habile de vos mains ? D’autres opportunités dans le domaine de l’art s’offrent à vous. Vous pouvez, par exemple, vous renseigner sur comment devenir designer indépendant.


Mise à jour le : 26/10/2018

Rédacteur : Héloïse Fougeray, diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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