Créer une association en 2026 : tout ce qu’il faut savoir
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Régie par la loi du 1er juillet 1901, la forme associative est l'une des plus répandues en France, aussi bien dans le secteur sportif, culturel, humanitaire que dans l'économie sociale et solidaire.
Comment fonctionne une association ? Peut-on rémunérer son dirigeant sans perdre les avantages fiscaux ? Quels types d'associations existent et quelles différences entre eux ? Voici les réponses aux questions essentielles sur le fonctionnement d'une association.
Mini Sommaire

Une association est un groupement d'au moins deux personnes qui décident de mettre en commun leurs connaissances ou leur activité de façon permanente dans un but autre que le partage de bénéfices. Cette définition est posée par la loi du 1er juillet 1901, texte fondateur du droit associatif français.
Le principe fondamental qui distingue l'association de toute autre forme juridique est son caractère non lucratif : les excédents dégagés doivent obligatoirement être réinvestis dans l'objet associatif et ne peuvent pas être distribués aux membres. La liberté contractuelle est par ailleurs au cœur du modèle associatif : les membres fixent librement les règles de fonctionnement dans leurs statuts, sans modèle imposé par la loi.
À noter : la loi de 1901 s'applique à toutes les associations ayant leur siège en France, à l'exception de celles d'Alsace-Moselle, qui relèvent d'un régime spécifique issu du droit local.
Le fonctionnement interne d'une association est librement défini dans ses statuts. Il n'existe aucun modèle imposé par la loi, sauf pour les associations agréées ou reconnues d'utilité publique qui doivent respecter certaines exigences de fonctionnement démocratique. En pratique, la majorité des associations sont dirigées par un bureau composé d'un président, d'un secrétaire et d'un trésorier, et d'un conseil d'administration.
L'assemblée générale réunit les membres et constitue l'organe souverain de l'association. Elle approuve les comptes, élit les dirigeants et délibère sur les grandes orientations de la structure.
Bon à savoir : la gestion juridique et fiscale d’une association peut rapidement devenir complexe. Legalstart peut vous accompagner dès la création afin de vous éviter des erreurs administratives et que vous puissiez vous concentrer sur votre activité.
Dans la majorité des associations, les dirigeants restent bénévoles : la rémunération est strictement encadrée et rarement utilisée dans les petites structures. Toutefois, mettre en place une rémunération du dirigeant de l’association est possible dans deux situations sans remettre en cause le caractère non lucratif.
Le premier régime, dit de tolérance administrative, s'applique à toutes les associations sans condition de taille : la rémunération de chaque dirigeant ne peut pas dépasser les 3/4 du SMIC, soit 1 367,27 € brut par mois au 1er janvier 2026. Ce plafond s'apprécie par dirigeant et par an, toutes associations confondues si la même personne dirige plusieurs structures.
Le second régime, dit légal, s'applique aux associations ayant au moins 4 ans d'existence et des ressources annuelles moyennes supérieures à 200 000 € sur les 3 derniers exercices. La rémunération peut alors dépasser les 3/4 du SMIC, dans la limite de 3 fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale (12 015 € brut/mois en 2026), pour un maximum de 1 à 3 dirigeants selon le niveau des ressources :
Si vous voulez en apprendre plus sur les règles applicables à la rémunération du dirigeant, vous pouvez consulter l’article dédié à ce sujet sur service-public.gouv.fr.
Attention : si une association rémunère ses dirigeants au-delà des plafonds autorisés, elle perd son caractère non lucratif et devient assujettie aux impôts commerciaux.
La loi du 1er juillet 1901 distingue quatre grandes formes d'association, qui correspondent à des niveaux croissants de formalisation et de capacité juridique.
L'association de fait, aussi appelée association non déclarée, est un groupement de personnes qui n'a accompli aucune formalité administrative de déclaration ni de publication. Elle peut se constituer librement, fonctionner et se dissoudre sans aucune démarche. Ses règles de fonctionnement sont librement déterminées par ses membres.
En contrepartie de cette simplicité, l'association de fait ne dispose d'aucune personnalité morale. Tous les actes accomplis sont réputés faits par les membres eux-mêmes, qui en sont personnellement responsables.
Ce type d'association convient uniquement aux groupements dont les actions ne nécessitent aucune relation avec des tiers.
C'est la forme la plus courante. Une association déclarée est celle dont les fondateurs ont accompli les formalités de déclaration auprès de la préfecture et dont la création a été publiée au Journal officiel des associations. Dès cette publication, l'association acquiert la personnalité morale et une capacité juridique.
Elle peut dès lors agir en son nom propre et peut donc ouvrir un compte bancaire, passer des contrats, ester en justice et employer des salariés.
La déclaration est la condition obligatoire pour recevoir des subventions publiques et pour prétendre à un agrément.
À noter : lors de sa déclaration, l'association reçoit un numéro RNA (Répertoire National des Associations). Elle peut également obtenir un numéro SIRET si elle emploie des salariés, reçoit des subventions publiques ou exerce une activité économique.
L'association agréée est une association déclarée qui a obtenu un agrément délivré par un ministère, en lien avec son domaine d'activité. L'agrément n'est pas une forme juridique distincte : il s'agit d'une reconnaissance complémentaire accordée pour une durée de 5 ans renouvelables.
Pour l'obtenir, l'association doit
Attention : l'agrément est parfois obligatoire pour exercer dans certains domaines (domaine sportif ou sanitaire).
L'association reconnue d'utilité publique (ARUP) est la forme la plus aboutie. Elle est accordée par décret en Conseil d'État, après instruction par le ministère de l'Intérieur, à des associations ayant démontré un engagement exceptionnel au service de l'intérêt général.
Plusieurs conditions cumulatives sont exigées :
Les cotisations des membres constituent le moyen de financement des associations le plus courant. Leur montant est librement fixé dans les statuts ou lors de l'assemblée générale. Les membres peuvent également réaliser des apports : mise à disposition de matériel, de locaux ou de sommes d'argent.
Les associations peuvent recevoir des dons manuels sans formalisme particulier.
Bon à savoir : Lorsqu'une association est reconnue d'intérêt général ou d'utilité publique, elle peut délivrer des reçus fiscaux à ses donateurs, leur permettant de bénéficier d'une réduction d'impôt.
La collecte de fonds auprès du public est également possible, sous forme d'appels aux dons en ligne ou lors d'événements. Certaines associations peuvent aussi organiser des tombolas, des ventes de bienfaisance ou des manifestations payantes.
Les associations peuvent solliciter des subventions publiques auprès de l'État, des collectivités locales ou d'organismes parapublics. Les subventions privées, notamment via le mécénat d'entreprise, sont également accessibles sous certaines conditions.
Le dépassement de certains seuils de subventions publiques peut entraîner des obligations comptables renforcées, comme la nomination d'un commissaire aux comptes.
Bon à savoir : LS Compta, cabinet d'expertise comptable du groupe Legalstart, accompagne les associations dans la tenue de leur comptabilité, le suivi de leurs subventions et la préparation de leurs obligations fiscales annuelles.
La fiscalité de l'association répond à un principe simple : l’association n’est en principe pas soumise aux impôts commerciaux. Cette exonération porte sur l'impôt sur les sociétés (IS), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la contribution économique territoriale (CET).
Pour en bénéficier, trois conditions cumulatives doivent être réunies :
Si une association exerce des activités lucratives dans des conditions similaires à celles d'une entreprise commerciale, elle peut être assujettie aux impôts commerciaux. L'administration fiscale apprécie cette situation selon la règle des "4 P" :
Toutefois, une association dont les activités lucratives restent accessoires peut bénéficier d'une franchise d'impôts commerciaux (IS, TVA, CET) si ses recettes lucratives ne dépassent pas 80 011 € HT (seuil 2025, revu chaque année par le BOFiP). Au-delà de ce seuil, l'association devient imposable sur ses activités lucratives. Une sectorisation fiscale reste possible sous conditions, à condition que les activités non lucratives demeurent comptablement dissociables et prépondérantes.
Concernant maintenant la TVA, les associations ne sont normalement pas redevables de la TVA. Mais si elles exercent des activités commerciales régulières et concurrentielles, elles peuvent devenir assujetties.
En 2026, les seuils de franchise en base de TVA s'établissent à 37 500 € pour les prestations de services et 85 000 € pour les ventes de marchandises.
Une association déclarée est une personne morale qui peut voir sa responsabilité civile engagée en cas de dommage causé à un tiers dans le cadre de ses activités. Elle peut être condamnée à verser des dommages et intérêts.
La souscription d'une assurance RC est fortement recommandée, voire obligatoire pour certaines structures sportives.
Les dirigeants d'une association peuvent voir leur responsabilité personnelle engagée en cas de faute de gestion, d'irrégularités comptables ou de violation des statuts. Si la faute est commise dans le cadre de leurs fonctions et ne présente pas de caractère détachable, la responsabilité est portée par l'association elle-même. Une faute personnelle grave et intentionnelle peut en revanche engager la responsabilité personnelle du dirigeant, indépendamment de la structure.
À noter : les membres d'une association de fait sont personnellement responsables de tous les actes accomplis au nom du groupement, faute de personnalité morale distincte.
Certains manquements peuvent engager la responsabilité pénale des dirigeants : abus de confiance, escroquerie, travail dissimulé ou non-respect des obligations comptables.
Les associations employant des salariés sont soumises au Code du travail et doivent respecter les règles en matière de paie, de contrats et de déclarations sociales.
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Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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