Cession d’actions de SASU : tout savoir en 2026
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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L'essentiel de l'article :
Lorsque certains associés d’une société souhaitent vendre des titres de société, ils peuvent réaliser une plus-value de cession de parts sociales. Comment est calculée la plus-value en question ? Comment fonctionne alors l’imposition sur cette plus-value ? Et existe-t-il des cas d’exonération ou d’abattement possibles ? Voici ce que prévoit la réglementation en 2026.
Mini-Sommaire
En SARL, EURL ou SCI, les associés possèdent ce qu’on appelle des parts sociales de la société. C’est comme posséder un bout de l'entreprise en question. Il leur est possible de vendre tout ou partie de ces parts sociales.
Parfois, cette cession est soumise à une autorisation des autres associés : on appelle cette démarche la procédure d’agrément. Elle intervient quand la cession se fait à des tiers. La cession de parts sociales a plusieurs conséquences fiscales, notamment liées à l’imposition.
À noter : dans les entreprises de type SAS ou SASU, on ne parle pas de parts sociales, mais d’actions. Le régime d'imposition de la plus-value est le même, seul le droit d'enregistrement diffère.
Une plus-value sur cession de parts sociales correspond au bénéfice que fait le cédant dans cette vente. Il s’agit de la différence (positive) de prix entre l’acquisition et la cession. Si cette différence est négative, on parle alors d'une moins-value.
La plus-value de cession de parts sociales est imposable conformément à l'article 150-0 A du Code général des impôts, comme nous allons le voir plus bas. Si le vendeur détient les parts en son nom propre, il est donc lui-même imposable, à titre personnel, à moins que ces parts ne soient détenues par une holding.
Question fréquente : une holding est une société dont l'activité principale consiste à détenir des parts sociales ou des actions dans d'autres sociétés.
La plus-value est constatée lors de la cession des parts sociales. Elle concerne le prix des valeurs, titres ou droits, nets de frais et de taxes. Cette plus-value correspond au bénéfice réalisé lorsque ce prix de cession est supérieur au prix auquel le cédant avait lui-même acquis ces parts sociales.
Pour calculer la plus-value de cessions des parts sociales, il est indispensable d’évaluer le prix de cette cession. Il y a différents types de cessions et la définition du prix varie selon ce critère, que votre expert-comptable pourra vous aider à comprendre :
À noter : la soulte est une somme d'argent versée en cas d'inégalité entre les lots échangés. C'est une compensation financière.
Le prix de cession correspond au prix effectif de cession auquel on retranche les charges et indemnités éventuelles que le vendeur a dû supporter pour cette cession. Il faut également en déduire le montant versé au titre de la clause de garantie de passif, si elle a été mise en jeu. Cette garantie protège l'acheteur en cas de surestimation de la valeur des parts sociales.
Le prix d’acquisition correspond à celui que le cédant a versé pour acquérir ces parts sociales. Il faut lui ajouter aussi les charges et les indemnités qu'il a dû payer à cette occasion : frais de courtage, frais d’actes, honoraires d’experts, droits d'enregistrement, etc. Si ces parts ont été reçues à titre gratuit, lors d’une succession ou d’une donation, la valeur d’acquisition retenue est celle retenue pour la détermination des droits de mutation.
Attention : si le cédant a bénéficié de la réduction d'impôt Madelin pour investissement au capital des PME, il faut diminuer du prix d'acquisition le montant de cette réduction d'impôt.
Le calcul de la plus-value lors d’une cession de parts sociales est important pour déterminer ensuite le régime fiscal le plus adapté. Pour trouver le montant de cette plus-value, c’est assez simple :
Plus-value = prix de cession - prix d'acquisition
Les frais engagés par l'acheteur au moment du rachat n'entrent pas dans ce calcul, puisqu'ils concernent sa propre situation fiscale et non celle du cédant.
Prenons le cas de Claire, associée d'une SARL de menuiserie. Elle a souscrit 200 parts pour 20.000 € en 2015 et a payé 600 € de droits d'enregistrement et d'honoraires à cette occasion. Elle les revend 52.000 € en 2026, en supportant 2.000 € d'honoraires de conseil sur la vente. Son prix de cession net s'établit à 50.000 €, son prix d'acquisition majoré à 20.600 €, et sa plus-value imposable à 29.400 €.
Attention : le fonctionnement est différent pour les SCI soumises à l'impôt sur le revenu. On parle alors de “plus-value immobilière des particuliers”, avec des abattements possibles sur les prélèvements sociaux et l’IR, selon la durée de détention des parts.
Cette option est ouverte à tous les cédants, quelle que soit la date d'achat des parts. Elle présente surtout un intérêt pour les parts sociales achetées avant le 1er janvier 2018, seules éligibles aux abattements pour durée de détention. Le taux d’imposition varie alors en fonction de la situation personnelle du cédant, entre 0 % et 45 %. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans les mêmes conditions.
Attention, ce régime n'est plus le régime par défaut. Pour en bénéficier, le cédant doit opter spécifiquement pour ce régime lors de sa déclaration annuelle. Cette option est expresse, irrévocable et globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values mobilières du foyer pour l'année concernée. Si les parts ont été acquises avant le 1er janvier 2018, l'abattement pour durée de détention peut alors s'appliquer.
Autre avantage de cette option : une partie de la CSG devient déductible. Sur les 10,6 % de CSG dus en 2026 sur les revenus du patrimoine, 6,8 % viennent en déduction du revenu global de l'année de leur paiement.
En ce qui concerne les plus-values sur cession de parts sociales, d'une EURL ou d'une SARL par exemple, réalisées depuis] le 1er janvier 2018, c'est le principe de la flat tax qui s'applique par défaut. Ce prélèvement concerne les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu (IR), avec un taux de 31,4 % en 2026 : 12,8 % pour l’IR et 18,6 % pour les prélèvements sociaux.
Sous la flat tax, la plus-value est imposée sur son montant intégral : les abattements pour durée de détention ne s'appliquent pas. Seul l'abattement fixe réservé aux dirigeants qui partent à la retraite reste possible. Sur la plus-value de 29.400 € de Claire, la flat tax représente 9.232 €, dont 3.763 € d'impôt sur le revenu et 5.468 € de prélèvements sociaux.
Bon à savoir : si le cédant choisit l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu plutôt que la flat tax, il peut bénéficier des abattements pour durée de détention, à condition que ses parts aient été acquises avant le 1er janvier 2018. S'il reste à la flat tax, ces abattements ne s'appliquent pas.
La plus-value des cessions de parts sociales peut mener à deux types d’abattement lors de leur imposition : l’abattement général ou l’abattement renforcé. Ces abattements, de droit commun comme renforcé, sont réservés aux titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018. Ils ne s'appliquent que si le cédant opte pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, et non pour le PFU (article 150-0 D du Code général des impôts). Pour les titres acquis à compter du 1er janvier 2018, aucun abattement pour durée de détention ne s'applique.
Bon à savoir : un abattement de 500.000 € est possible sur les droits d'enregistrement, et non sur la plus-value, si la cession en pleine propriété se fait à un salarié de l'entreprise ou à un proche du cédant (conjoint ou partenaire de PACS, ascendant ou descendant en ligne directe, frère ou sœur). L'acquéreur doit alors assurer la direction effective de l'entreprise pendant cinq ans (article 732 ter du Code général des impôts). Ce montant s'applique aux rachats réalisés depuis le 1er janvier 2024, il était de 300.000 € auparavant.
L’abattement pour durée de détention de droit commun se nomme aussi “abattement général”. Sous réserve que les parts aient été acquises avant le 1er janvier 2018 et que le cédant ait opté pour le barème progressif, il est appliqué sur la seule fraction de la plus-value soumise à l'IR, selon la durée de détention des parts par le cédant :
À noter : le cédant doit toujours s'acquitter des prélèvements sociaux à un taux fixe de 18,6 % en 2026, sur la totalité de la plus-value de cession de parts sociales. L'abattement ne s'applique pas sur cette partie.
Soumis aux mêmes conditions (parts acquises avant le 1er janvier 2018 et option pour le barème progressif, l’abattement renforcé permet de bénéficier d’un taux plus important et donc plus avantageux fiscalement :
Pour bénéficier de l’abattement renforcé sur les plus-values pour cession de parts sociales, il faut se trouver dans l’un des cas suivants :
Si la cession de parts sociales concerne une SARL et se fait au sein du groupe familial, la plus-value n'est pas exonérée. Le cédant bénéficie en revanche de l'abattement renforcé pour durée de détention, à condition que ses parts aient été acquises avant le 1er janvier 2018 et qu'il opte pour le barème progressif. Trois conditions s'ajoutent :
Lors de son départ à la retraite, le gérant d'une SARL qui cède ses parts bénéficie d'un abattement fixe de 500.000 € sur la plus-value (article 150-0 D ter du Code général des impôts). Le dispositif s'applique aux cessions réalisées jusqu'au 31 décembre 2031, quel que soit le régime d'imposition choisi, flat tax comprise. Il n'est pas cumulable avec l'abattement pour durée de détention : le cédant applique l'un ou l'autre, jamais les deux.
Quelques règles sont à respecter pour en bénéficier :
En pratique : l'UE définit la PME comme une société employant moins de 250 salariés, réalisant un CA annuel inférieur à 50 millions d'euros ou présentant un bilan total inférieur à 43 millions d'euros.
|
Type de cessions |
Plus-value imposable ou non ? |
|
Valeurs mobilières |
Oui |
|
Parts sociales d’une société |
Oui |
|
Opérations en bourse |
Oui |
|
Titres détenus sur un PEE |
Non |
|
Titres détenus sur un PEA (retrait après 5 ans) |
Non |
|
Titres détenus sur un PEA (retrait avant 5 ans) |
Oui |
|
Fonds de placement à risques |
Sous conditions |
|
Fonds communs de placement |
Oui |
Résumer cet article avec :
Pierre Aïdan
Docteur en droit et diplômé de Harvard.
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